Nemossos

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Ne doit pas être confondu avec Nemausus.

Nemossos ou encore Némossus est selon le géographe grec Strabon, écrivant au début du Ier siècle, le nom de la capitale des Arvernes[1] avant le règne d'Auguste. Sa localisation exacte n'est pas connue avec certitude[2].

Un nom qui peut témoigner d'une influence du sud de la Gaule[modifier | modifier le code]

Le chef-lieu des Arvernes est appelé Nemossos par Strabon, Nemetum par Pline. Ce toponyme se rattachant à la racine celtique nemeton, bois, et au suffixe préceltique -ossos qui évoque un lieu sacré. Le nom gaulois peut ainsi décrire originellement un bosquet sacré. Nemetum peut aussi être une romanisation légère de nemeton, sanctuaire en gaulois[3].

Localisations possibles[modifier | modifier le code]

C'est seulement à partir de l'époque augustéenne que l'on connaît avec certitude l'emplacement de la capitale arverne, désormais appelée Augustonemetum, "le sanctuaire d'Auguste", situé sur la butte où a été construite l'actuelle cathédrale de Clermont-Ferrand. C'est dans ses environs qu'était né vers 72 av. J.-C. le chef arverne Vercingétorix, qui s'illustra lors de la guerre des Gaules en prenant la tête du soulèvement de la Gaule contre l'envahisseur romain. Nemossos était également situé non loin du plateau de Gergovie, où Vercingétorix avait — quelques mois avant de capituler à Alésia — repoussé les assauts des légions romaines de Jules César, lors du siège de Gergovie, en 52 av. J.-C. Augustonemetum  est un nom formé par adjonction du nom de l'empereur Auguste à la latinisation du nom gaulois Nemetos ou Nemeton, désignant un sanctuaire[4] . Par la suite la ville moderne de Clermont-Ferrand changea plusieurs fois de nom au cours de l'histoire, Arvernis, au IIIe siècle, en prenant le nom — comme cela s'était beaucoup pratiqué dans d’autres villes de Gaule à cette époque — du peuple que ses murs abritaient, et enfin, en 848, Clairmont (nom de Clermont en ancien français), en référence au château fort de Clarus Mons. C'est le nom qu'elle porta pendant près de 900 ans avant la fusion avec la ville voisine et rivale de Montferrand, imposée autoritairement au XVIIe siècle par Louis XIII (édit de Troyes du 15 avril 1630, premier Édit d'union) et confirmée un siècle plus tard par Louis XV (1731, second édit d'union) qui donna naissance à la ville de Clermont-Ferrand.

On a pu suggérer aussi de reconnaître Nemossos dans l'agglomération celtique d'Aulnat[5].

Les récentes et importantes découvertes archéologiques à Corent et dans l'oppidum de Gondole[6] ainsi que la reprise des fouilles à Gergovie imposent de reconsidérer la question. Ainsi l'archéologue Vincent Guichard propose plusieurs options. Une autre hypothèse privilégiée par Matthieu Poux dans le cadre de sa thèse d'habilitation (inédite) soutenue en 2005 à l'Université de Provence est de « considérer pour le milieu du Ier siècle av. J.-C. ces différents pôles d’activité proches comme les éléments d’une seule métropole au tissu très lâche, qui pourrait être la Nemossos de Strabon » ; une dernière possibilité est de « réduire Gergovie au statut de première capitale romaine du peuple arverne, dans les décennies qui suivent la guerre des Gaules. Reste que les dégagements sont encore limités sur chacun des gisements en termes de surface explorée et portent sur des vestiges de nature différente : le cœur de l’oppidum à Corent, les fortifications à Gergovie, une périphérie de l’oppidum à Gondole. Il est donc prématuré de conclure »[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Les Arvernes sont fixés au bord de la Loire. Leur capitale (métropole) est Némossus, qui est située sur le fleuve ». Strabon, Géographie, IV, 2, 3, tr. fr. F. Lasserre, Paris, 1966, p. 148
  2. « Son identification reste incertaine. » Venceslas Kruta, Les Celtes. Histoire et dictionnaire, Paris, 2000, p. 752.
  3. André-Georges Manry, Histoire de Clermont-Ferrand, Bouhdiba, , p. 22
  4. Venceslas Kruta, Les Celtes. Histoire et dictionnaire, Paris, 2000, p. 751.
  5. Possibilité évoquée par Venceslas Kruta, Les Celtes. Histoire et dictionnaire, Paris, 2000, p. 752.
  6. Voir l'article du site de l'ARAFA sur l'oppidum de Gondole http://gondole.arafa.fr/
  7. Vincent Guichart, « Les Arvernes, peuple celtique d'Auvergne », site de l'ARAFA http://arafa.fr/SPIP/spip.php?article28

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]