Nelly Roussel

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Nelly Roussel
Nelly Roussel 1.jpg
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 44 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nationalité
Activités
Féministe, franc-maçon, anarchisteVoir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Henri Godet (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Nelly Roussel, née le et morte le , est une libre penseuse, franc-maçonne, féministe, antinataliste, néomalthusienne et femme de lettres libertaire française.

En 1902, elle est la première femme à se déclarer en faveur de la contraception. Avec Madeleine Pelletier, elle souligne l'importance de l'éducation sexuelle des filles.

Biographique[modifier | modifier le code]

Nelly Roussel est une militante antinataliste[1],[2]. Comme Madeleine Pelletier, elle est l'une des premières femmes en Europe à revendiquer publiquement le droit des femmes à disposer de leurs corps et à prôner une politique de contrôle des naissances. En 1902, elle est la première à se déclarer en faveur de la contraception, ce qui déclenche d’abord une grande hostilité chez les féministes[3]. Avec Madeleine Pelletier, elle souligne l'importance de l'éducation sexuelle des filles[4]. Pour elles, un objectif prime : dissocier la maternité de la sexualité. Il ne s’agit pas de promouvoir l’amour libre, comme veulent bien croire leurs opposants (y compris féministes), mais de revendiquer le droit des femmes qui vivent en couple, mariées ou non, au plaisir et à l’expression de leur sexualité sans maternité non-souhaitée. La femme doit pouvoir choisir d’être mère[5] en autorisant le recours aux contraceptifs et à l'avortement. Elle adhère au mouvement néo-malthusianiste de Paul Robin qui soutient que le contrôle des naissances, la « prudence parentale », est un moyen d'émancipation des classes sociales les plus pauvres[réf. souhaitée].

Nelly Roussel en 1896.

Elle lutte pour modifier l'image traditionnelle de la femme. C'est ainsi que l'action, la vie et la pensée de Nelly Roussel s’insurgent contre ce modèle, développant au contraire celui de la « nouvelle femme », bien représenté aux États-Unis. Au travers d'une femme sportive, active, investie dans une profession valorisante. Elle oppose à « l’éternel féminin » ce qu’elle nomme « l’éternelle sacrifiée » (c’est le titre de l’un de ses livres) . La femme, écrit-elle : « est en effet sacrifiée non seulement par Dieu et par la Nature mais aussi par la société républicaine elle-même. »[6].

Elle est initiée en franc-maçonnerie à la Grande Loge symbolique écossaise. Proche du noyau fondateur de l'Ordre maçonnique mixte international « le Droit humain »[7], elle est affiliée à la loge no 4[8].

Elle épousa le sculpteur Henri Godet, dont elle eut trois enfants. Elle décède de la tuberculose en 1922.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Quelques lances rompues pour nos libertés, Paris, Giard et Brière, 1910, (OCLC 864483092).
  • Paroles de combat et d'espoir (discours choisis), préf. Madeleine Vernet, éditions de l’Avenir social, 1919, (OCLC 61392146).
  • Trois conférences de Nelly Roussel, Paris, Marcel Giard, 1930, (OCLC 222947805).
  • Derniers combats : recueil d'articles et de discours (1911-1922), préf. Han Ryner, Paris, L'Émancipatrice, 1932, (OCLC 459988678).
  • Centenaire Nelly Roussel : 1878-1922, à l'avant-garde des combats actuels, féminisme, libre pensée, droit au travail…, Paris, Bibliothèque féministe Marguerite Durand, 1978, (OCLC 461654575)[9].
  • L'Éternelle sacrifiée (conférence du 28 janvier 1906 à l’université populaire de Lille), éd. préf. et notes par Maïté Albistur, Daniel Armogathe, Paris, Syros, Coll. Mémoire des femmes, 1979, (OCLC 5613557).
  • Féminisme, Le Libertaire, 13 février 1904, texte intégral.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jeffrey Tyssens, Le monument Ferrer ou l’histoire d’une statue mal aimée in Francisco Ferrer, cent ans après son exécution. Les avatars d'une image, Actes du colloque organisé en octobre 2009 par le Centre interdisciplinaire d’étude des religions et de la laïcité et le Centre d’Histoire et de Sociologie des Gauches de l'Université libre de Bruxelles, La Pensée et les Hommes, 2011, note 32.
  2. Dictionnaire des anarchistes, « Le Maitron » : notice biographique.
  3. CIDEM, Les dates-clefs de l'égalité entre les hommes et les femmes, Centre d'information civique, ars 2005, lire en ligne.
  4. Yvonne Knibiehler, L'éducation sexuelle des filles au XXe siècle, Clio. Histoire‚ femmes et sociétés, 4|1996, lire en ligne, DOI:10.4000/clio.436.
  5. Anne Epstein, Anne Cova, Féminismes et néo-malthusianismes sous la IIIe République : « La liberté de la maternité », Clio, 2|2012, lire en ligne.
  6. Nicole Edelman, « Elinor Accampo, Blessed Motherhood, Bitter Fruit. Nelly Roussel and the Politics of Female Pain in Third Republic France », Revue d'histoire du XIXe siècle, no 35,‎ , p. 161-208 (lire en ligne).
  7. Dominique Ségalen, Marie Béquet de Vienne : une vie pour l'enfance, Les Presses maçonniques - Conform, 2013, lire en ligne.
  8. Francis Ronsin, La grève des ventres – Propagande néo-malthusienne et baisse de la natalité en France, 19e – 20e siècles, Paris, Aubier Montaigne, , 255 p. (ISBN 978-2-7007-0177-7, présentation en ligne), p. 154.
  9. Publié à l'occasion de l'exposition Centenaire Nelly Roussel, Bibliothèque féministe Marguerite Durand, Paris, 5 janvier-4 mars 1978. Recueil de textes de Nelly Roussel, extraits de diverses revues et publications, 1908-1919. Notice Sudoc.

Annexes[modifier | modifier le code]

Archives[modifier | modifier le code]

Les archives de Nelly Roussel se trouvent à la bibliothèque Marguerite-Durand, 79 rue Nationale, 75013 Paris.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claude Maignien et Salwan Magda, Deux féministes, Nelly Roussel, Madeleine Pelletier, bibliothèque Marguerite-Durand, 1975.
  • Le Grief des femmes. Anthologie de textes féministes du Second Empire à nos jours, textes présentés par Maïté Albistur et Daniel Armogathe, Paris, Hier et demain, 1978, 320 p.
  • The new biography. Performing femininity in nineteenth-century France, vol. 38 Studies on the history of society and culture, edited by Jo Burr Margadant, University of California Press, 2000.
  • Elinor Accampo,
  1. Industrialization, Family and Class Relations : Saint Chamond, 1815-1914, Berkeley et Los Angeles, University of California Press, 1989.
  2. Blessed Motherhood, Bitter Fruit. Nelly Roussel and the Politics of Female Pain in Third Republic France, Baltimore, The Johns Hopkins University Press, 2006, 312 p. (ISBN 978-0-8018-8404-7).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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