Nelly Martyl

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Nelly Martyl ( à Paris - à Versailles), née Nelly Adèle Anny Martin, est une chanteuse d'opéra et infirmière française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Nelly Adèle Anny Martin est née à Paris, fille de Jules Édouard Martin et Hélène Fleming. Sa mère est anglaise. Elle suit une formation de chanteuse au Conservatoire de Paris[1] et obtient un premier prix de chant.

Carrière[modifier | modifier le code]

Martyl est une chanteuse d'opéra soprano[2]. Elle débute en 1907 dans Armide de Gluck. En 1909, elle rejoint l'Opéra-Comique[3]. Elle apparait lors des premières de La Catalane de Leborne (1907), La Sorcière d'Erlanger (1912) et l'Amadis de Massenet (1922). Martyl chante au Covent Garden en 1910[4] et enregistre un duo en 1911.

Elle apparait régulièrement dans des magazines de mode, portant des robes de créateurs parisiens[5],[6].

Martyl chante La Marseillaise dans un hôpital écossais pendant la Première Guerre mondiale

Pendant la Première Guerre mondiale, après une formation d'infirmière de la Croix-Rouge, elle s'engage dans l'armée[7],[8]. Elle sert à la bataille de Verdun en 1916, où elle est surnommée « la fée de Verdun », et lors de la deuxième bataille de l'Aisne en 1917. Elle donne des récitals dans les hôpitaux militaires et chante lors de concerts de bienfaisance[9],[10].

Martyl parcourt les cantonnements pour redonner du courage aux combattants, dispense les soins aux blessés qu'elle va chercher jusqu'en première ligne. Elle est nommée caporal, puis sergent[11].

Malgré plusieurs blessures, elle continue après la fin de la guerre, comme infirmière pendant l'épidémie de grippe de 1918. En 1920, elle est décorée de la Croix de guerre avec la carte du combattant[12], et reçoit la Légion d'honneur.

Après la guerre, Martyl crée une fondation médicale caritative avec la pilote automobile Magdeleine Goüin, comtesse de Ganay. Le dispensaire de la Fondation Nelly-Martyl, reconnue d'utilité publique, ouvre en 1929 à Paris, au no 129 rue de Belleville. Le bâtiment est finalement rasé en 2017, malgré les efforts pour le préserver[13].

Vie privée[modifier | modifier le code]

En 1909, Nelly Martyl épouse l'artiste français Georges Scott[14]. Elle meurt en 1954, à l'âge de 69 ans, à Versailles. En 2016, à l'occasion du centenaire de Verdun, un roman de Philippe Nessmann, La fée de Verdun illustre la vie de Martyl[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les Annales du théâtre et de la musique, Charpentier et cie, , 7 p. (lire en ligne)
  2. Lastret, « D'autres cantatrices », Musica,‎ , p. 11 (lire en ligne)
  3. Petronius, « European Supplement », The Theatre, vol. 14,‎ , p. 36 (lire en ligne)
  4. « Singer from Paris Captures London », The Philadelphia Inquirer,‎ (lire en ligne, consulté le 16 août 2020)
  5. « Midsummer Fashion Fancies », Theatre Magazine, vol. 16,‎ (lire en ligne)
  6. "Mlle Nelly Martyl de l'Opéra-Comique, Habillée par Germaine Fassy" Les Modes (1919): 15.
  7. (en) Gertrude Atherton, For France, Doubleday, Page, , 56-60 p., « Two Heroines of France »
  8. Jean-Marc Binot, Les Héroïnes de la Grande Guerre, Fayard, (ISBN 978-2-213-64549-0, lire en ligne)
  9. « Coal Shortage Shifts Concert Season in Paris », Musical America, vol. 26,‎ , p. 26 (lire en ligne)
  10. Watkins, « The Theatre at the Front », Leslie's Illustrated Weekly Newspaper, vol. 124,‎ , p. 533 (lire en ligne)
  11. Pierre Auzerau, « La fée de Verdun », sur https://www.defense.gouv.fr/, (consulté le 10 octobre 2020)
  12. (en) Alison S. Fell, Women as Veterans in Britain and France after the First World War, Cambridge University Press, , 101 p. (ISBN 978-1-108-42576-6, lire en ligne)
  13. Nessmann, « Triste journée pour Nelly Martyl », Philippe Nessmann, (consulté le 16 août 2020)
  14. (en) Robert Barrie, My Log, Franklin Press, , 116-118 p. (lire en ligne)
  15. Philippe Nessmann, La fée de Verdun, Paris (ISBN 978-2-08-149793-1, OCLC 1155438937)

Liens externes[modifier | modifier le code]