Natrix maura

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Couleuvre vipérine, Couleuvre mauresque

Natrix maura
Description de cette image, également commentée ci-après
Couleuvre vipérine (Hérault, France)
Classification selon ReptileDB
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Reptilia
Sous-classe Lepidosauria
Ordre Squamata
Sous-ordre Serpentes
Infra-ordre Alethinophidia
Famille Natricidae
Genre Natrix

Nom binominal

Natrix maura
(Linnaeus, 1758)

Synonymes

  • Coluber maurus Linnaeus, 1758
  • Coluber viperinus Sonnini & Latreille, 1802
  • Natrix cherseoides Wagler, 1824
  • Natrix ocellata Wagler, 1824

Statut de conservation UICN

( LC )
LC  : Préoccupation mineure

La couleuvre vipérine (Natrix maura), aussi appelée couleuvre mauresque, est une espèce de serpents de la famille des Natricidae[1].

Répartition[modifier | modifier le code]

Aire de répartition

Elle se rencontre dans le sud-ouest de l'Europe et dans l'ouest de l'Afrique du Nord[1] :

Habitat[modifier | modifier le code]

Natrix maura est un serpent aquatique, vivant dans des milieux humides de zones chaudes. Elle passe toute sa période d'activité, d'avril à octobre, dans des points d'eau (mares, lacs ou cours d'eau n'ayant pas beaucoup de courant). Elle est souvent observée en train de nager et de plonger, ou de se chauffer au soleil au bord de l'eau. C'est une très bonne nageuse qui peut rester sous l'eau plus de quinze minutes. C'est la plus aquatique du genre Natrix.

Description[modifier | modifier le code]

Natrix maura, deux rangées de taches noires parcourent son dos (Zamora, Espagne).
La couleuvre vipérine, avec son motif en forme de ∧
La couleuvre vipérine d'Arganil au Portugal.
La couleuvre vipérine à Olargues en France.

La couleuvre vipérine mâle fait en général moins de 70 cm ; les femelles, plus grandes, peuvent atteindre jusqu'à un mètre[2].

Elle possède une tête bien distincte et assez large, et des yeux avec des pupilles rondes. La coloration, assez variable, est généralement marron ou grisâtre mais peut être teintée de jaune olivâtre ou de rouge. Sur le dos, s'alignent deux rangées de taches décalées, sombres, fusionnant souvent pour former des barres ou un zigzag bien marqué.

La tête comporte un motif caractéristique en forme de chevron (« ∧ ») sur le haut de la tête et le cou. Le ventre est blanchâtre, jaune, rouge ou marron avec un motif en damiers noirs.

Mimétisme[modifier | modifier le code]

Elle est appelée « vipérine » car ses motifs en zigzags sur le dos ressemblent à ceux de certaines vipères. Contrairement à celles-ci, elle ne possède pas de venin et présente des pupilles rondes et non fendues verticalement, et les écailles sur sa tête sont plus grosses. Souvent confondue avec Vipera aspis atra, de couleur grise, et Vipera aspis francisciredi, marron orangé, elle partage une partie de son aire de répartition avec celles-ci. Cette stratégie adaptative lui permet de faire croire à de potentiels prédateurs qu'elle est venimeuse, à l'instar de la vipère aspic.

Cette confusion a par ailleurs donné naissance au mythe de « l'aspic d'eau » qui serait une vipère vivant dans les cours d'eau. Il s'agit en réalité de la couleuvre vipérine et non de la vipère aspic puisque cette dernière ne fréquente généralement pas les milieux humides.

Comportement et écologie[modifier | modifier le code]

La couleuvre vipérine est une espèce diurne, parfois crépusculaire ou nocturne par temps chaud.

Elle est carnivore et se nourrit de petits poissons et d'amphibiens comme des grenouilles du genre Pelophylax en rivière, ou des rainettes (genre Hyla) dans les trous d'eau. Elle chasse souvent dans l'eau en se guidant avec son odorat et son toucher, pour déloger les petits animaux cachés sous les pierres ou dans la végétation aquatique. Elle chasse également à terre des vers de terre et de petits mammifères. Les jeunes se nourrissent de têtards, d'insectes et de petits poissons.

C'est avec la couleuvre à collier la seule couleuvre de France que l'on peut voir nager à la surface de l'eau. Contrairement à cette dernière, il arrive à la couleuvre vipérine de plonger pour nager plus en profondeur.

Elle se retire dans l'eau quand elle est dérangée mais, si elle se sent menacée, elle siffle, aplatit la tête et peut attaquer à plusieurs reprises.

La reproduction a lieu au printemps, à la sortie de l'hivernation. L'accouplement dure une heure. La femelle pond de 3 à 16 œufs d'environ de 28 à 40 mm sur 14 à 19 mm, au fond d'un trou près des berges. Les œufs éclosent au bout de 6 à 13 semaines, pour donner des nouveau-nés de 14 à 22 cm de long.

Menaces[modifier | modifier le code]

L'espèce n'est pas considérée par l'UICN comme une espèce menacée[3]. Toutefois, elle est indirectement menacée par la pollution de l'eau qui fait décroître les populations de proies potentielles (poissons, amphibiens). Par ailleurs, à cause de sa ressemblance avec la vipère aspic, ce serpent est souvent tué par des personnes ignorantes croyant tuer une vipère, bien que cette couleuvre soit inoffensive et protégée dans certains pays. Enfin, en Tunisie, des spécimens morts sont vendus aux touristes en guise de souvenirs.

Cette espèce est citée en annexe III de la Convention de Berne. Elle est par ailleurs protégée par la loi en France et en Suisse.

Étymologie[modifier | modifier le code]

En latin natrix signifie « hydre, serpent d'eau » et maura signifie « de Maurétanie »[4].

Publication originale[modifier | modifier le code]

  • Linnaeus, 1758 : Systema naturae per regna tria naturae, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis, ed. 10 (texte intégral).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Reptarium Reptile Database, consulté lors d'une mise à jour du lien externe
  2. (fr) Nicholas Arnold et Denys Ovenden, Le guide herpéto : 228 amphibiens et reptiles d'Europe, Delachaux & Niestlé, , 287 p. (ISBN 9782603016732)
  3. UICN, consulté lors d'une mise à jour du lien externe
  4. Jean Lescure et Bernard Le Garff, L'étymologie des noms d'amphibiens et de reptiles d'Europe, Belin, coll. « Éveil nature », , 207 p. (ISBN 2-7011-4142-7)