National Air and Space Museum

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National Air and Space Museum
Le National Air and Space Museum. Vue extérieure du site principal : au premier plan, la sculpture Ad Astra, en acier inoxydable (hauteur : 30 m).
Le National Air and Space Museum. Vue extérieure du site principal : au premier plan, la sculpture Ad Astra, en acier inoxydable (hauteur : 30 m).
Informations géographiques
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
Ville Washington
Adresse National Mall
Coordonnées 38° 53′ 18″ nord, 77° 01′ 12″ ouest
Informations générales
Nom local Smithonian Air and Space Museum
Date d’inauguration

Géolocalisation sur la carte : États-Unis

(Voir situation sur carte : États-Unis)
National Air and Space Museum

Le National Air and Space Museum (musée national de l'air et de l'espace) de la Smithsonian Institution à Washington, aux États-Unis, possède la plus grande collection d'avions et de véhicules spatiaux du monde. C'est également un centre de recherches sur l'histoire, les sciences et techniques de l'aviation et du vol spatial, ainsi qu'en sciences planétaires.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le musée a été créé le par le Congrès des États-Unis, sous le nom de « National Air Museum ». La course à l'espace des années 1950 et 1960 a permis au musée d'adopter son nom actuel.

Dans sa configuration actuelle, le musée a été inauguré le , lors des célébrations du bicentenaire de la Déclaration d'indépendance des États-Unis, par le président Gerald Ford, Michael Collins, directeur du musée et ancien membre de la prestigieuse mission Apollo 11 et Sidney Dillon Ripley, secrétaire de la Smithsonian Institution[1].

En raison du développement considérable en aéronautique et en astronautique, une annexe a été ouverte le 15 décembre 2003, supérieure en taille au site principal : le Steven F. Udvar-Hazy Center, situé à Chantilly, près de l'aéroport Dulles.

Collections[modifier | modifier le code]

Sur l'ensemble de ses deux sites, le musée rassemble plus de 60 000 objets[2] parmi lesquels plusieurs centaines d'engins (avions, hélicoptères, fusées, missiles, drones et vaisseaux spatiaux) essentiellement américains. Certains sont exposés à même le sol, d'autres sont suspendus à des câbles d'acier, ce qui rend la présentation particulièrement attrayante. Des milliers d'autres objets sont visibles : des maquettes, des tenues vestimentaires de pionniers de l'aviation ou d'astronautes ainsi que des ustensiles qu'ils ont manipulés mais aussi des environnements reconstitués tels que la section d'un porte-avions avec différents appareils à l'intérieur.

Site principal[modifier | modifier le code]

List of aircraft in the Smithsonian Institution (en)

Le site principal se trouve au cœur de la capitale Washington D.C., sur le National Mall, entre le National Museum of the American Indian et le Hirshhorn Museum and Sculpture Garden. Comptant parmi les destinations touristiques les plus visitées de la ville, sa visite est gratuite, comme pour tous les musées situés sur le Mall.

Toutes les époques et tous les types de matériel sont représentés. Les plus importants sont ici recensés.

Les premiers avions[modifier | modifier le code]

Le Flyer des frères Wright.

Si l'on doit à l'Allemand Otto Lilienthal d'avoir effectué deux mille vols planés de 1891 à 1896 (l'un de ses planeurs est exposé au musée) et si l'on estime que le Français Clément Ader a réalisé en 1897 le premier décollage motorisé, ce sont les Américains Orville et Wilbur Wright qui ont réalisé les premiers vols contrôlés. Le musée leur consacre toute une salle. On peut notamment y découvrir :

  • Une réplique du Flyer, sur lequel, le 17 décembre 1903 à Kitty Hawk en Caroline du Nord, les deux frères ont effectué le premier vol contrôlé avec moteur[3]. Il s'agit donc du tout premier avion jamais construit dans le monde.
  • Le Vin Fiz Flyer (en), à bord duquel le pilote Calbraith Perry Rodgers effectua la première traversée des États-Unis d'est en ouest, du 17 septembre au 5 novembre 1911.

Parmi les autres premiers avions du monde, on peut découvrir :

  • Un Blériot XI, dont plusieurs centaines d'exemplaires ont été produits entre 1909 et 1931, après que son concepteur, le français Louis Blériot, s'en soit servi pour traverser la Manche.

La Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En raison de l'importance des tensions internationales au début des années 1910, les gouvernements européens se sont intéressés à l'aviation en tant qu'arme de guerre. Les avions ont alors été produits en série et confiés à des pilotes professionnels. Des progrès considérables ont été faits en matière de vitesse, de capacité d'emport et de fiabilité.

De nombreux modèles sont exposés au musée, dont :

  • Le De Havilland DH-4 (Grande-Bretagne, 1916), tout premier bombardier, fabriqué en série en 1917 aux États-Unis ;
  • Le Voisin VIII (France, 1916) ;
  • L'Albatros D.V (Allemagne, 1917) ;
  • Le Spad XIII (France, 1917), chasseur réputé à l'époque pour sa rapidité (350 km/h) ;
  • Le Sopwith Snipe (Grande-Bretagne, 1918) ;
  • Le Fokker D.VII (Allemagne, 1918), réputé pour sa maniabilité, même à haute altitude.

L'entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

En matière d'aéronautique, et jusqu'au début des années 1930, les biplans à haubans et le cockpit ouvert sont restés la norme. Des progrès techniques ont toutefois été menés qui ont donné lieu à un grand nombre de records (vitesse, altitude, durée du trajet...). Sont entre autres exposés au musée :

Au premier plan, dans l'un des trois halls du musée, le Ford Trimotor.
  • Le Douglas World Cruiser, baptisé « Chicago », à bord duquel une équipe de pilotes effectua en 1924 le premier vol autour du monde (en six mois).
  • L'hydravion[4] Curtiss R3C qui permit au pilote Jimmy Doolittle de franchir en 1925 la vitesse de 395 km/h.
  • le Ford Trimotor, dont 200 exemplaires ont été fabriqués de 1926 à 1933 et achetés par quasiment toutes les compagnies aériennes américaines. Il n'emportait que quatorze passagers.
  • Le Spirit of St. Louis, dans lequel Charles Lindbergh a effectué la première traversée (en solo et sans escale) de l'océan Atlantique, les 20 et 21 mai 1927.
  • Le Lockheed Vega (appareil construit à partir de 1927 pour transporter six passagers sur des longues distances) à bord duquel, en 1932, Amelia Earhart devint la première femme à traverser l'Atlantique en solitaire et sans escale.
  • Un Beechcraft Staggerwing, biplan produit à 785 exemplaires entre 1932 et 1949 et dont le faible coût a inauguré l'« âge d'or » de l'aviation aux États-Unis.

L'époque a été également marquée par la réalisation des toutes premières fusées à propulsion liquide, prélude à l'astronautique. On peut ainsi découvrir au musée :

  • les répliques des fusées conçues par l'ingénieur Robert Goddard : Nell qui décolla (en 1926 à Auburn, Massachusetts) à une vitesse proche de 100 km/h et atteint une altitude de 14 mètres. Et celle qui, en 1932, fut la première fusée stabilisée par gyroscope.

L'année 1933 a marqué une révolution dans l'histoire de l'aviation : le Boeing 247 (non exposé ici) fut le tout premier monoplan métallique avec ailes montées en cantilever sous la carlingue et train d'atterrissage escamotable. Offrant une moindre résistance à l'avancement dans l'air, la vitesse des avions s'accrût considérablement. Sont exposés ici :

  • Le Hughes H-1, sur lequel a été établi le record du monde de vitesse (567 km/h en 1935) et le record de vitesse transcontinental (Los Angeles - New York en h 28 en 1937).
  • Un Douglas DC-3, qui pouvait transporter 32 passagers (construit de 1936 à 1945). Avec le Boeing 247, il inaugura l'ère des avions de ligne.

Les années 1930 sont enfin marquées par l'utilisation des premiers ballons stratosphériques. En 1931, le suisse Auguste Piccard atteint 17 kilomètres d'altitude. C'est le point de départ d'une nouvelle course aux records[5]. On peut découvrir au musée :

  • La nacelle Explorer II (en), qui permit en 1935 à deux officiers américains de s'élever jusqu'à 22 km d'altitude.

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

La Seconde Guerre mondiale a accéléré considérablement la recherche d'augmentation des performances aériennes dans tous les pays industrialisés. En Europe, la suprématie de l'Allemagne (notamment par rapport à la France) explique en partie qu'elle ait pu dominer durablement le conflit.

Un Macchi C.202 Folgore (Italie) et un P-51D Mustang (États-Unis).

Sont notamment exposés ici :

Le conflit a surtout été l'occasion d'une nouvelle révolution : l'avion à réaction [6]. Le principe de base du moteur à réaction repose sur la projection d'un fluide (gaz ou liquide) vers l'arrière ; par réaction, il transmet au véhicule qui en est équipé une poussée de force égale et de direction opposée, vers l'avant. Bien plus efficace que le moteur à piston et l'hélice, il va accroître considérablement les performances.

Le musée présente notamment :

La fin du conflit est enfin marquée, en Allemagne, par l'utilisation du tout premier missile balistique. Est ici exposé :

  • Le V2, qui fit d'importants dégâts à Londres (1944) et dont le principal concepteur, Werner von Braun, sera après la guerre fait prisonnier par les Américains et qui finira, 25 ans plus tard, par concevoir pour eux la fusée Saturn V, celle qui expédiera les premiers hommes sur la Lune.

L'après-guerre[modifier | modifier le code]

La guerre est pour les constructeurs américains l'occasion d'améliorer considérablement leurs performances, notamment en matière de vitesse. Ainsi, en 1947, se joue le record de dépassement de la vitesse du son entre trois avions américains. Le Lockheed P-80 Shooting Star (en juin) et le Douglas Skystreak (en août) s'en approchent sans l'atteindre. Le musée expose l'avion ayant remporté le challenge :

Le X1, premier avion supersonique.

Depuis cette date, presque tous les records de vitesse sont détenus par les Américains.

Ceux-ci pulvérisent également les records d'altitude. Au début des années 1950, la limite des 20 km est franchie. Le but recherché par l'armée américaine est de disposer d'appareils pouvant évoluer hors de portée des défenses anti-aériennes. Est ainsi présenté au musée :

Le tronçon avant d'un Boeing 747.

Les avancées techniques réalisées au titre de l'effort de guerre sont réinvesties dans le domaine de l'aviation commerciale. Expérimenté en 1949 et commercialisé en 1952, le quadriréacteur anglais De Havilland Comet (non exposé au musée) est le premier avion de ligne à réaction à entrer en production[7]. Les avions transportent de plus en plus de passagers et sont produits en très grand nombre. Ainsi le Boeing 737 (non exposé), commercialisé en 1968 pour transporter entre 100 et 200 voyageurs, reste l'avion le plus vendu au monde. Ces appareils étant volumineux, on les trouve essentiellement dans l'annexe du musée. Mais dans le site du Mall, on peut visiter :

  • La partie avant d'un Boeing 747, avion qui, de 1970 à 2007, détint le record de la capacité de passagers : jusqu'à 600[8].

En marge de l'aviation commerciale, des appareils surprenants font leur apparition, notamment, en 1966, le Harrier GR-Mk, le tout premier avion à décollage et atterrissage vertical et, en 1989, le Boeing-Bell Osprey, appareil mi-avion, mi-hélicoptère. Ces engins ne sont pas visibles au musée mais, parmi les principales curiosités, on peut découvrir :

  • Une réplique du Grumman X-29, avion expérimental conçu en vue d'étudier les performances des appareils à voilure en flèche inversée et dont l’ordinateur de bord effectuait en moyenne quarante corrections par seconde afin d'assurer sa stabilité (premier vol en 1984).
  • L'avion Voyager, à bord duquel son concepteur, Burt Rutan et la pilote Jeana Yeager ont réalisé le premier vol autour du monde sans escale ni ravitaillement en neuf jours, du 14 au 23 décembre 1986.

La conquête spatiale[modifier | modifier le code]

Le 4 octobre 1957, l'URSS devint la première puissance spatiale en expédiant le tout premier satellite artificiel : Spoutnik 1. Et le 12 avril 1961, pour la première fois également, elle envoya sur orbite un homme, Youri Gagarine. À deux reprises, donc, et en plein climat de Guerre froide, les États-Unis se voyaient doublés par le régime communiste. Le 25 mai 1961, soit trois semaines après le vol de Gagarine, le président Kennedy prononçait un discours dans lequel il s'engageait à ce qu'un Américain foule le sol lunaire et en revienne vivant avant la fin de la décennie. Débuta alors une véritable compétition et ce furent les Américains qui la gagnèrent, déposant quatre d'entre eux sur la Lune avant la date fatidique du 31 décembre 1969... tandis qu'aucun soviétique ne parvienne jamais ne serait-ce qu'à se mettre en orbite autour de notre satellite.

La plupart des objets exposés au musée, pratiquement tous américains, sont les témoins de cet affrontement ; les autres sont des répliques des premiers engins partis à la conquête de l'espace interplanétaire et dont certains ont quitté le système solaire.

  • La fusée Juno-1 qui, le 31 janvier 1958, expédia le tout premier satellite américain, Explorer 1, quatre mois après le Spoutnik soviétique.
  • Le premier des trois exemplaires du X-15, avion-fusée construit en 1959, qui - largué depuis un Boeing B-52 - pulvérisa tous les records (altitude et vitesse). Neil Armstrong le pilota à sept reprises avant de devenir astronaute, en 1962.
  • Côte à côte : les combinaisons portées par les premiers hommes mis en orbite autour de la Terre : le Russe Gagarine (1961) et l'Américain Glenn (1962).
  • Une réplique de l'atterrisseur Surveyor, dont le premier exemplaire se posa sur la Lune le 30 mai 1966 (trois mois après l'engin soviétique Luna-9) ainsi que la caméra de Surveyor 3, posé sur la Lune en 1967, et que - deux ans plus tard - les astronautes de la mission Apollo 12 ont récupéré afin que soient étudiées les conditions de vieillissement de matériels sur le sol sélène.
  • Quatre capsules spatiales américaines : Mercury MA-6 (Glenn, premier Américain en orbite, 1962, un an après Gagarine) ; Gemini 4 (White, premier Américain à effectuer une sortie dans l'espace, deux mois et demi après Leonov, 1965) ; Apollo 11 (Armstrong et Aldrin, premiers hommes sur la Lune, 1969)[9] ; Skylab 4, le plus long vol jamais effectué par les Américains en 1973-1974 : 84 jours[10].
L'un des deux LEM non utilisés par la NASA, identique à celui d'Apollo 11, constitue l'une des pièces les plus spectaculaires du musée.
  • Un exemplaire du module lunaire (construit en 1968) et les mannequins de deux astronautes évoluant près de lui. L'engin, qui pèse environ quinze tonnes, se décompose en deux parties : le module de descente (qui reste sur la lune) et le module de remontée (qui permet à deux astronautes de séjourner au maximum trois jours sur la Lune et de revenir vers le module de commande et de service resté en orbite[11]).
  • Les combinaisons portées par trois des douze hommes ayant marché sur la Lune : Aldrin (1969), Scott (1971) et Cernan (1972) et les répliques de nombreux instruments scientifiques qu'ils y ont déposés ainsi que du LRV, la « jeep » sur laquelle six astronautes s'y sont déplacés, lors des trois derniers vols Apollo.
  • Un échantillon de roche lunaire ramené par les astronautes d'Apollo, un des rares que le public peut toucher.
  • Un des avions d'essai américains dits « corps portant », construit pour la NASA : le Northrop M2-F3 (1970). Ce genre d'engin était conçu dans le cadre de l'élaboration de la navette spatiale, dont on attendait qu'elle ramène les astronautes en vol plané sur une piste d'atterrissage pour être réutilisée ensuite plusieurs fois[12].
  • La réplique des sondes interplanétaires Pioneer 10 et 11 qui, envoyées dans l'espace en 1972 et 1973, furent les premières à s'approcher des planètes Jupiter et Saturne et qui, depuis, ont quitté le système solaire[13].
  • Une réplique de la sonde Mariner 10, lancée en 1973 pour étudier les planètes Vénus et Mercure. Elle est le premier engin à avoir utilisé l'assistance gravitationnelle d'une planète pour modifier sa trajectoire.
  • Le modèle de rechange de Skylab, première station spatiale américaine. Trois équipages de trois astronautes y effectuèrent successivement des longs séjours, en 1973-1974, acheminés par des vaisseaux Apollo. Le public peut traverser l'un de ses étages.
Le complexe Apollo-Soyouz.
Un SS-20 (Union soviétique) et un Pershing II (États-Unis).

Missiles[modifier | modifier le code]

Les premiers missiles intercontinentaux furent, en 1957, le soviétique R-7 Semiorka[16] puis l'Américain SM-65 Atlas. En 1962 éclata la crise des missiles à la suite du déploiement de missiles nucléaires soviétiques à Cuba. L'équilibre géopolitique international a alors été lié aux négociations passées entre les deux superpuissances (SALT 1, 1972). En 1977, débuta la Crise des euromissiles : les Soviétiques ont installé sur leur territoire des missiles SS-20, missiles à charge nucléaire de moyenne portée (de 500 à 5 000 km), capables, donc, d'atteindre l'Europe de l'Ouest, le Moyen-Orient, la Chine et le Japon. Du fait de la dégradation des relations est-ouest après l'invasion soviétique en Afghanistan, en 1979, les États-Unis n'ont pas ratifié les accords SALT 2. En 1983, ils mirent en place (essentiellement en RFA) des missiles Pershing II. Chacun des blocs pointait vers l'autre une armada d'une puissance jusque-là inégalée sur une si faible surface de la terre. Dans la pratique, les accords ont cependant été respectés.

On peut aujourd'hui découvrir au musée ces deux engins, côte à côte :

On peut également découvrir un missile conçu en 1966, testé quatre ans plus tard et qui, depuis 2005, est le seul ICBM actif aux États-Unis :

Il sert de complément aux missiles Trident (lancés depuis la mer) et aux bombes nucléaires transportées par les bombardiers stratégiques.

Drones[modifier | modifier le code]

Les drones sont des aéronefs sans pilotes, le plus souvent télécommandés, à usages civil et militaire et dont la masse peut aller de quelques grammes à plusieurs tonnes. Inventés dès la première Guerre mondiale, c'est au début de la Guerre froide, donc durant les années 1950 (Guerre de Corée) et 1960 (Guerre du Viêt Nam), qu'ils ont commencé à se développer, produits essentiellement par les États-Unis à des fins de surveillance et d’intervention militaire sans encourir les risques de pertes humaines. Mais c'est l'État d'Israël, dans les années 1980, qui a assuré au drone militaire la réputation qu'il a aujourd'hui. Durant les années 1990, la doctrine « zéro mort » contribue à leur essor à travers le monde et, au cours des années 2000, ils sont de tous les conflits. Le marché du drone est actuellement en pleine expansion, le chiffre d'affaires étant passé de 62 millions d'euros en 2012 à environ 288 millions d'euros en 2015.

Le Boeing X-45, l'un des plus récents drones militaires américains.

Plusieurs drones de combat américains sont exposés au musée, dont :

Une maquette de la série Star Trek.

Autres[modifier | modifier le code]

Le public peut également découvrir différents objets symbolisant le mythe de la conquête de l'espace, dont la maquette de tournage originale de l'USS Enterprise (NCC-1701) de la série télévisée Star Trek (1966-1969).

Il peut aussi avoir accès à une bibliothèque et profiter de différentes attractions : une salle de cinéma IMAX, des simulateurs de vol et le planétarium Albert Einstein.

Le musée accueille enfin un centre de recherche, le Center for Earth and Planetary Studies (en) (centre d'études terrestres et planétaires).

Galerie[modifier | modifier le code]

Annexe du musée[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Steven F. Udvar-Hazy Center.
L'annexe du musée.

Située en Virginie à l'écart de Washington, et de dimensions plus importantes que le site principal, l'annexe du musée présente quelques engins ayant fait date dans l'histoire mais a surtout vocation à accueillir des appareils particulièrement volumineux. Comme sur le site du Mall, différentes périodes sont représentées.

L'entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

La pièce la plus renommée de cette époque est :

  • Le Lockheed Vega type 5C, baptisé « Winnie Mae », à bord duquel Wiley Post effectua deux tours du monde en huit jours (record) : le premier en 1931 en duo ; le second en 1933 en solo, utilisant le pilote automatique et la boussole en lieu et place du navigateur, devenant ainsi le premier homme à accomplir cet exploit.

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Parmi les multiples avions que l'on peut découvrir, deux avions allemands ayant été récupérés en 1945 lors de l'Operation Lusty (en) (« Lusty » pour « LUftwaffe Secret TechnologY ») :

Le B-29 Enola Gay.

L'une des spécificités de l'aviation militaire américaine était de disposer, dès 1938, d'un bombardier aux capacités surdimensionnées, le B-17, la célèbre « forteresse volante » construite par Boeing en près de 13 000 exemplaires et capable chacune de larguer une tonne de bombes. Le modèle suivant était le B-29, construit en près de 4 000 exemplaires à partir de 1940 et qui fut utilisé pendant vingt ans. L'exemplaire le plus célèbre de ce nouveau modèle est celui qui, les 6 et 9 août 1945, largua des bombes atomiques sur deux villes japonaises, Hiroshima et Nagasaki causant ainsi environ 300 000 morts :

Parmi les curiosités de cette période visibles au musée figure la première aile volante produite aux États-Unis :

  • Le Northrop N-1M, qui a effectué son premier vol en 1941 mais a été retiré quatre ans plus tard.

L'aviation commerciale[modifier | modifier le code]

Pendant la Guerre, les constructeurs américains ont recyclé dans le domaine de l'aviation commerciale les avancées techniques opérées au titre de l'effort de guerre. Boeing et Lockheed, notamment, ont repris les chaînes de production de leurs bombardiers pour lancer des appareils commerciaux aux dimensions et aux performances alors inédites. En premier lieu :

  • Le Boeing 307 Stratoliner, conçu pour 33 passagers, qui a effectué son premier vol en 1938 et qui est devenu en 1940 le premier avion commercial pressurisé du monde; l'avion a été utilisé jusqu'en 1975, le modèle exposé au musée est l'un des derniers exemplaires ;
  • Le Lockheed Constellation, conçu pour 40 passagers, qui fut utilisé en 1943 puis construit en 856 exemplaires jusqu'en 1958.

L'après-guerre[modifier | modifier le code]

À la fin du conflit, la disponibilité d'avions en grand nombre et de pilotes démobilisés a accompagné le renouveau économique de l'après-guerre par la création et la remise en fonctionnement de nombreuses lignes aériennes et d'avions de lignes toujours plus performants. En 1952, le De Havilland Comet (non exposé ici) a été le tout premier avion de ligne à à réaction. Le coût de la place au kilomètre a chuté de 30 %, ce qui a permis de démocratiser le voyage aérien, tandis que les vitesses de vol se sont élevées de 450 à 800 km/h. Le Douglas DC-8 (commercialisé en 1959) a connu également un grand succès.

Cockpit d'un Boeing 707.

De cette période de mutation est simplement exposé au musée :

  • Un Boeing 367-80, prototype du Boeing 707, avion qui a été construit à plus de mille exemplaires entre 1958 et 1979 et qui, selon les versions, offrait une capacité de 140 à 189 passagers et une autonomie entre 4 630 et 10 650 km. Le modèle exposé a volé en 1954.

Par ailleurs, alors que les premiers hélicoptères ont été expérimentés au début des années 1920 et que leur usage s'est développé à la fin des années 1930, la collection du musée en rassemble assez peu. On recense cependant :

  • Un Sikorsky H-34, utilisé de 1954 à 1973, réputé pour sa robustesse et capable de transporter seize soldats ;
  • Un Sikorsky HH-52A Seaguard (ou S-62) mis en service en 1961 et connu pour avoir récupéré les astronautes des premières missions spatiales américaines dans l'océan.

Les supersoniques[modifier | modifier le code]

Après que Chuck Yeager ait franchi pour la première fois le mur du son à bord du X-1, en 1947, et alors que se développait le climat de rivalité entre les USA et l'URSS, ces deux pays (puis ceux qui leur étaient alignés) se sont équipés en avions supersoniques. Construit en 1955, l'U-2 américain (présenté dans le site principal du musée) est l'un des plus célèbres.

Le SR-71 Blackbird.

Deux bombardiers sont ici exposés :

Tous deux font partie de la première génération de chasseurs supersoniques américains, connue sous le nom de « Century Series Fighters » et employés essentiellement au début de la guerre du Viêt Nam.

On peut également découvrir un exemplaire d'un avion aux capacités longtemps inégalées :

  • Le SR-71 Blackbird, appareil de reconnaissance en haute altitude (ou « avion-espion ») qui effectua son premier vol en 1964 et fut utilisé entre 1968 et 1990. Pouvant voler jusqu'à 26 000 mètres (comme le U-2, pour échapper aux missiles anti-aériens russes), sa voilure le rendait indétectable par les radars. Le 27 juillet 1976, il établit un record simultané d'altitude et de vitesse en atteignant 3 529,56 km/h à 25 929 mètres[17]. Le développement des satellites d'observation militaires, aux images de plus en plus précises, l'a toutefois rendu obsolète.

Pour des raisons de coûts, les avions supersoniques militaires n'ont connu que deux équivalents dans le secteur de l'aviation civile : le soviétique Tupolev Tu-144 (premier vol en 1968 ; commercialisé jusqu'en 1978) et le franco-britannique Concorde (premier vol en 1969, commercialisé jusqu'en 2003). Est ici exposé :

  • Un exemplaire du Concorde : le F-BVFA (205) d'Air France, qui a volé entre 1976 et 2003.

Suite à un tragique accident survenu à Paris lors de la phase de décollage, il fut mit un terme à la commercialisation de cet appareil.

Le secteur spatial[modifier | modifier le code]

Deux pièces des années 1960 sont exposées :

Mais la pièce majeure exposée au musée est la navette spatiale. Pour faire suite aux cabines spatiales, coûteuses car non réutilisables, les Américains décidèrent en 1972 de construire un engin combinant les qualités de vaisseau spatial et de planeur : la navette. Cinq exemplaires fut construits et volèrent de 1981 à 2011. Les deux premiers, Columbia et Challenger, ayant été accidentellement détruits en missions, c'est la troisième navette qui est ici exposée :

La navette Discovery.

On doit entre autres à Discovery d'avoir mis sur orbite le télescope Hubble (vol STS-31, en 1990); d'avoir opéré un rendez-vous avec la station Mir, ce qui marquait la reprise de la collaboration entre Américains et Soviétiques, vingt ans après le vol Apollo-Soyouz (vol STS-63, 1995); d'avoir envoyé John Glenn pour la deuxième fois dans l'espace, 37 ans après son vol Mercury et alors âgé de 77 ans (STS-95, 1998) et d'avoir été le premier vaisseau spatial commandé par une femme (Eileen Collins, STS-114, 2005). À douze reprises (de 1999 à 2011), elle s'est arrimée à la station spatiale internationale, pour contribuer à sa construction, l'approvisionner en vivres et renouveler ses équipages.

Autres[modifier | modifier le code]

Les grandes premières ne sont pas exclusivement l'œuvre des grandes nations et des grands constructeurs. Profitant des avancées technologiques, notamment la réalisation de matériaux composites ultra-légers, des petites entreprises s'enhardissent et remportent différents challenges, dont le prix Kremer.

Différents engins insolites voient ainsi le jour, parmi lesquels on peut découvrir  :

Dans l'annexe de Chantilly, on peut par ailleurs visiter la Tour Donald D. Engen, laquelle offre un panorama à 360 degrés sur l'aéroport international Dulles.

Galerie[modifier | modifier le code]

Annexes non accessibles au public[modifier | modifier le code]

Restauration d'un moteur F-1 ayant équipé le premier étage de la fusée Saturn V.

L'atelier de restauration[modifier | modifier le code]

Un certain nombre d'objets nécessitant des travaux de restauration, ceux-ci sont effectués au site de préservation, de restauration et de stockage Paul E. Garber (en)[19], situé à Suitland, dans le Maryland. Acquis par la Smithsonian Institution en 1952, et tenant son nom d'un ancien conservateur du musée, ce site est composé de 32 bâtiments.

Y sont restaurés non seulement des avions et engins spatiaux mais de nombreux objets tels que les combinaisons spatiales d'astronautes.

Les archives[modifier | modifier le code]

Situées en partie dans le bâtiment principal, sur le Mall, en partie à Suitland, les archives du musée ne sont ouvertes qu'aux historiens et aux personnes mandatées.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Newsdesk, Newsroom of the Smithsonian, 27 juin 2016
  2. Le musée donne ce chiffre, précisant que 20 000 de ces objets sont consignés sur son site Web.
  3. Durant les quatre années précédentes, les ailes avaient été essayées sur des modèles utilisés d'abord comme cerfs-volants puis comme planeurs. Avec le Flyer II (1904) et surtout le Flyer III (1905), les frères Wright maîtriseront leurs déplacements.
  4. Le premier hydravion fut piloté en 1910 par l'ingénieur français Henri Fabre.
  5. Dernier record d'une nacelle habitée : l'Américain Alan Eustace a dépassé les 41 km en 2014.
  6. En 1930, l'anglais Frank Whittle a déposé le premier le brevet du réacteur mais c'est en 1939 et en Allemagne que le premier avion à réaction, le Heinkel He 178, a pris son envol.
  7. Sa vitesse de croisière avoisinait les 800 km/h et sa cabine pressurisée offrait à une quarantaine de voyageurs des vols relativement silencieux sur une distance de 2 400 kilomètres.
  8. En mai 1991, dans le cadre de l'Opération Salomon, un modèle de la compagnie israélienne El Al transporta 1 222 passagers.
  9. Lors de la mission , le module lunaire Eagle déposa Armstrong et Aldrin sur la Lune pendant que le module de commande et de service, piloté par Collins et baptisé Columbia, restait en orbite. Ce qui est exposé au Museum est le module de commande, l'unique partie du matériel qui revenait sur Terre, alors que la fusée Saturn V qui l'avait expédié dans l'espace mesurait 110 mètres de hauteur.
  10. Record maintes fois battu ensuite par les Soviétiques.
  11. Douze exemplaires ont été fabriqués par l'entreprise Grumman : trois sont allés dans l'espace pour des essais ; six se sont posés sur la Lune ; un autre ne s'y est pas posé suite à l'échec de la mission (Apollo 13) ; les deux derniers (LM-2 et LM-9) n'ont jamais été utilisés et c'est le no 2 qui est exposé ici
  12. De fait, le projet de navette spatiale sera amorcé deux ans plus tard, en 1972.
  13. Le dernier contact avec Pioneer 10 a été établi le 23 janvier 2003
  14. Mais il faudra attendre l'effondrement du bloc soviétique, au début des années 1990; pour que s'amorce une véritable collaboration entre les deux pays.
  15. Où sont les sondes « Voyager » lancées il y a quarante ans dans l’espace ? Le Monde, 5 septembre 2017
  16. C'est à partir de ce missile qu'ont été fabriquées les fusées qui lancèrent par la suite Spoutnik 1, premier satellite artificiel, puis tous les cosmonautes soviétiques, jusqu'aux actuels Soyouz.
  17. Le 16 novembre 2004, un X-43A Scramjet a battu le record mondial de vitesse en atteignant 11 236,68 km/h (Mach 9.1).
  18. Navette spatiale : le dernier voyage d'Endeavour - Olivier Lascar, Sciences et Avenir, 19 septembre 2012
  19. (en) Paul E. Garber Facility - Site officiel du musée

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Official Guide to the National Air and Space Museum, Smithsonian books, Washington D.C. Troisième édition, 2009

Liens externes[modifier | modifier le code]