Nathan Mayer Rothschild (1777-1836)

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Nathan Mayer Rothschild
Description de l'image Nathan Rothschild.jpg.
Naissance
Francfort
Décès (à 58 ans)
Londres
Profession
Ascendants
Famille

Nathan Mayer Rothschild, né à Francfort le 16 septembre 1777 et mort à Londres le 28 juillet 1836, est l'héritier du premier des Rothschild connu (Mayer Amschel Rothschild) et fait partie de la branche financière des Rothschild.

Biographie[modifier | modifier le code]

Envoyé par son père en Angleterre une fois ses études terminées, le jeune Nathan commença à faire fortune dans le domaine du textile anglais (produit de grande qualité et de renommée internationale à l'époque). Puis il joua un rôle très important au moment des guerres napoléoniennes en permettant aux armées anglaises en campagne de financer leurs dépenses avec des pièces d'or et d'argent. C'est à ce moment-là qu'il devint un partenaire indispensable de la couronne. En 1814, il avait avancé 1,2 million de livres au gouvernement anglais. Lors du retour de Napoléon pour les Cent-Jours, il fut capable de fournir 9,5 millions de livres en pièces d'or aux armées coalisées.

Selon une affirmation, très répandue dès le XIXe siècle[1], son plus grand coup financier, se serait produit lors de la bataille de Waterloo en juin 1815 dont il connut l'issue deux jours avant l'opinion publique anglaise grâce à son réseau d'informateurs. Beaucoup de versions de l'affaire ont circulé. On a souvent dit que Rotschild avait fait courir le bruit de la victoire de Napoléon pour s'emparer des actions de l'industrie anglaises en forte baisse. Niall Ferguson, professeur à Harvard et à Oxford, donne une version différente. Selon lui, Rothschild aurait été pris de court par la victoire rapide de Wellington et se serait retrouvé avec trop d'or sur les bras avec le risque que le cours du métal jaune ne baisse rapidement. Toujours selon Niall Ferguson, il aurait alors décidé d'acheter le maximum de titres d'emprunts publics du gouvernement britannique, faisant le pari que leur valeur allait augmenter puisque la guerre était gagnée. Opération réussie, quand il revendit ses obligations en 1817, il avait gagné 600 millions de livres.[citation nécessaire]

Selon le chercheur Victor Rothschild, cette histoire proviendrait d'un pamphlet antisémite de 1846, "Rothschild Ier Roi des Juifs"[1], rédigé par le polémiste Georges Dairnvaell sous le pseudonyme de "Satan". Une affirmation de cet écrit, selon lequel ""Rothschild a fait de grands achats de titres." fut repris, en 1848, par l'historien Archibald Alison et attribué par erreur au London Courrier du 20 juin 1815 qui n'en contient pourtant aucune trace. Victor Rothschild a également retrouvé dans les archives familiales une lettre d'un employé de banque à Nathan Rothschild qui déclarait : "J'ai été informé par le commissaire White que vous avez bien agit avec les informations précoces que vous avez acquises à Waterloo.". Ceci confirme que Nathan Rotshild a pu faire des profits bien que l'état du marché à l'époque et l'absence de fausse rumeur indiquent que ce profit ne pouvait s'élever à plusieurs millions, comme le suggère le pamphlet de Georges Dairnvaell[2]

Optimiste, avisé, sûr et solide financièrement, Nathan Mayer Rothschild était le pilier de la place financière de Londres, alors très portée sur le financement de la croissance aux États-Unis: les banques anglaises refinançaient en particulier les crédits de la multitude de banques américaines créées dans les années 1830. Son décès à Francfort, où il assistait au mariage de son fils, a fait fondre l'optimisme ambiant. Le 2 août 1836, un pigeon voyageur se pose à Londres: "il est mort," annonce le message enroulé autour de patte de l'oiseau, qui déclenche de fortes fluctuations boursières. Dans les six mois qui ont suivi, une crise financière a secoué l'Europe et les États-Unis, la Panique de 1837, qui va déclencher une dépression économique.

Vie familiale[modifier | modifier le code]

Le 22 octobre 1806, à Londres, il épouse Hannah Barent Cohen (1783–1850), fille de Levy Barent Cohen (en) (1747–1808). Ils eurent :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Victor Hugo : « Un million joyeux sortit de Waterloo », Les Contemplations, « Melancholia ».
  2. (en) « The Rothschild Libel: Why has it taken 200 years for an anti-Semitic »,‎ (consulté le 7 septembre 2016)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]