Nathalie Bondil

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Nathalie Bondil est une muséologue française et canadienne, née le à Barcelone. Nommée directrice générale et conservatrice en chef du Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) en 2007, elle est congédiée le 13 juillet 2020. Entrée au Musée en 1999, elle était la première femme à diriger cette institution. Le , Nathalie Blondil est nommée directrice du département du musée et des expositions de l'Institut du monde arabe, à Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née en 1967[1], Nathalie Bondil est diplômée en histoire de l’art de l’École du Louvre. Elle réussit en 1994 le concours de l'école nationale du patrimoine de Paris, où elle obtient en 1996 un diplôme spécialité « musées ». En , elle est nommée conservateur du patrimoine avec une spécialité « monuments historiques »[2]. De 1996 à 1998, elle travaille au musée des Monuments français[réf. nécessaire].

Elle suit à Montréal son ancien professeur à l'École du Louvre Guy Cogeval lorsqu'il est nommé à la tête du Musée des beaux-arts de Montréal[3]. En 1999, elle occupe le poste de conservatrice de l'art européen et coordonnatrice des expositions[4]. En , elle devient conservatrice en chef de l'institution[5]. Elle dirige alors simultanément les services de la conservation, de la restauration, de la bibliothèque, des archives, des éditions scientifiques et des expositions[réf. nécessaire]. Questionnée sur son manque de formation en histoire de l'art du Canada, elle déclare être « consciente du rattrapage qu'elle devra faire » sur ce sujet[6].

En , elle est nommée à la direction du Musée des beaux-arts de Montréal[7], première femme dans cette fonction. Elle en demeure la conservatrice en chef[1]. Le 13 juillet 2020 le conseil d'administration du Musée des beaux-arts de Montréal, dirigé par Michel de la Chenelière, met fin à son contrat. Nathalie Bondil quitte donc l'institution après plus de 21 ans, dans un tumulte médiatique[8],[9].

Il lui est reproché par le président du conseil d'administration « un climat toxique » au sein du musée[10]. Selon d'autres sources, le conflit aurait plutôt éclaté à la suite de soupçons de népotisme lors de la nomination controversée, le 6 juillet, d'une directrice de la conservation, Mary-Dailey Desmarais[11]. Cette dernière, membre d'une grande famille de mécènes proche du Musée des beaux-arts de Montréal, n'était arrivée qu'en quatrième position lors du processus de recrutement[12] et Nathalie Bondil s'est opposée à sa nomination.

La ministre de la Culture et des Communications Québec, Nathalie Roy, a pris la défense de Nathalie Bondil, s'indignant de l'éviction d'une « sommité mondiale dans le monde muséal — et une femme directrice générale, qui plus est ». Par contre, le mécène Pierre Bourgie, un grand donateur du musée a pris ouvertement le parti du conseil d'administration en signant une tribune publique dans laquelle il écrit: « Cette crise aurait pu être évitée, mais en la déplaçant sur la place publique pour des raisons personnelles, Nathalie aura sans doute fragilisé le Musée qui, rappelons-le, doit aussi son succès au soutien de ses bienfaiteurs. L’argent est frileux, ne l’oublions pas. Aurais-je consenti à associer ma famille au Musée lors de la construction du Pavillon d’art canadien et québécois dans un contexte de pareille tension ? Poser la question est y répondre. Dans les circonstances, j’appuie pleinement le conseil d’administration et son président qui ont pris une décision réfléchie et courageuse pour le bien du Musée des beaux-arts de Montréal. La décision de ne pas renouveler le contrat de Nathalie Bondil s’imposait »[13].

Le , Nathalie Blondil est nommée directrice du département du musée et des expositions de l'Institut du monde arabe, à Paris[14]. Le poste est nouveau dans sa définition : la direction du musée et celle des expositions étaient, avant son arrivée, sous deux directions différentes. Jack Lang, président de l'Institut du monde arabe précise sa mission de la façon suivante : « Elle sera chargée de la conception et de la mise en œuvre du nouveau musée de l’IMA, du développement de ses collections et du rayonnement de ses expositions ainsi que de leur itinérance à travers le monde avec les musées, fondations, partenaires et institutions culturelles des pays arabes qui soutiennent l’IMA depuis sa création »[15].

Commissariat[modifier | modifier le code]

Honneurs et distinctions[modifier | modifier le code]

2008
  • Nommée au grade de chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres[16], distinction remise par le gouvernement français afin de souligner son travail de commissaire générale pour l'exposition ¡Cuba! Art et Histoire de 1868 à nos jours, jugée comme étant un projet culturel rassembleur entre le Canada, Cuba et les États-Unis.
2009
  • Élue Personnalité de la semaine par La Presse et Radio-Canada pour son apport considérable au rayonnement de Montréal[1].
  • Le catalogue de l'exposition ¡Cuba! Art et Histoire de 1868 à nos jours, ouvrage qu'elle a dirigé, est sélectionné pour faire partie de la liste des dix meilleurs livres d’art de 2008 par l’American Library Association[17].
2010
  • Prix Femmes de mérite 2010, dans la catégorie Arts et culture, décerné par la Fondation du Y des femmes de Montréal aux femmes qui se sont illustrées dans une sphère d’activité au rayonnement national et international[18].
2011
2012
  • Médaille du jubilé de diamant[21]
2013
  • Doctorat ès lettres honoris causa[22] de l'Université McGill durant l’installation de la professeure Suzanne Fortier à titre de 17e principale et de 13e vice-chancelière de l’Université McGill.
  • Prix Samuel de Champlain[23] de l'Institut France-Canada pour sa contribution exceptionnelle au domaine de la muséologie.
2014
  • Médaille Jacques-Cartier[24] du centre Jacques-Cartier
2015
  • Nommée Membre de l'Ordre du Canada[25] pour sa contribution au rayonnement de la culture et des arts en tant que muséologue et administratrice.
  • Doctorat honoris causa l'Université de Montréal en reconnaissance de sa contribution exceptionnelle au développement du MBAM, à la promotion de la culture et de l'éducation populaire et à la consolidation des relations entre le milieu muséal et l'Université de Montréal[26]
  • Prix Camille-Laurin de l'Office québécois de la langue française[27] pour son engagement et sa contribution remarquable à l'enrichissement et au rayonnement du français dans le milieu culturel et au sein de la société québécoise.
2016
  • Promue au grade d'Officier dans l'ordre des Arts et des Lettres (République française) pour son investissement constant au service de la culture [28].
  • Médaille de l'Assemblée nationale du Québec[29] remise lors de la Journée international de la femme pour ses réalisations exceptionnelles.
  • Personnalité de l'année en culture 2016 (La Presse)[30]
2017
  • Prix Femmes d’affaires du Québec Cadre, dirigeante ou professionnelle, organisme à but non lucratif - Prix Fasken Martineau Réseau des Femmes d’affaires du Québec[31]
  • Prix de la diversité Paul Gérin-Lajoie[32]
2018
  • Prix Peter Herrndorf, récompensant le leadership dans les arts, de l’organisation Affaires / Arts[33]
  • Chevalière de l'Ordre de Montréal[34]
2019
  • Prix Amie pour la paix 2019, Artistes pour la Paix[35]
  • Chevalier de la Légion d'honneur[36]
  • Prix hommage 20 ans de Montréal Centre-Ville  par Destination Centre-Ville

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c « Actualités et Infos au Québec et dans le monde », La Presse,‎ (lire en ligne)
  2. « Décret du 8 août 1996 portant nomination et titularisation de conservateurs du patrimoine », Journal officiel de la République française. Lois et décrets.,‎ (ISSN 0753-2156, lire en ligne)
  3. (de) Stéphane Baillargeon, « L'héritage Cogeval. Parti, le directeur laisse en héritage les expositions Maurice Denis et Il était une fois Disney, sans oublier la directrice par intérim Nathalie Bondil », Le Devoir,‎ , E9 (lire en ligne)
  4. Stéphane Baillargeon, « De l'Est, beaucoup de nouveau », Le Devoir,‎ , B1-B2 (lire en ligne)
  5. « Nominations au Musée des beaux-arts », La Presse,‎ , C8 (ISSN 0317-9249, lire en ligne)
  6. Bernard Lamarche, « Double nomination au Musée des beaux-arts », Le Devoir,‎ , B8 (lire en ligne)
  7. Mario Cloutier, « Musée des beaux-arts. La nouvelle directrice dévoile ses passions », La Presse,‎ , Cahier Arts et Spectacles p.3 (ISSN 0317-9249, lire en ligne)
  8. Guillaume Bourgault-Côté, « Le MBAM congédie Nathalie Bondil », Le Devoir,‎ (lire en ligne)
  9. Zone Arts- ICI.Radio-Canada.ca, « Le Musée des beaux-arts de Montréal montre la porte à Nathalie Bondil », sur Radio-Canada.ca (consulté le )
  10. Agence QMI, « Le Musée des beaux-arts de Montréal se sépare de sa directrice », sur Le Journal de Montréal (consulté le )
  11. « MBAM: le C.A. se penche sur le contrat de Nathalie Bondil », sur La Presse, (consulté le )
  12. « MBAM: le C.A. se penche sur le contrat de Nathalie Bondil », sur La Presse, (consulté le )
  13. « Musée des beaux-arts : attention, fragile ! », sur La Presse, (consulté le )
  14. « Nathalie Bondil nommée à l’Institut du monde arabe de Paris », sur La Presse, (consulté le )
  15. Harry Bellet, « Nathalie Bondil nommée à l’Institut du monde arabe », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  16. La Presse, « Nathalie Bondil décorée par la France », La Presse,‎ , p. C2, Cahier Arts et spectacles
  17. Mario Cloutier, « Le catalogue sur Cuba salué aux États-Unis », La Presse,‎ , p. C2, Cahier Arts et spectacles
  18. http://www.ydesfemmesmtl.org/documents/Annoncelaureates_2010.pdf
  19. « Nathalie Bondil – Ordre national du Québec », sur www.ordre-national.gouv.qc.ca (consulté le )
  20. « Insignes du mérite - 2011 », sur Faculté des arts et des sciences - Université de Montréal (consulté le )
  21. « Centre des médias », sur La gouverneure générale du Canada, (consulté le ).
  22. « Affaires, Économie, finance, finances personnelles, entreprises, PME, monde des affaires, technologies », sur La Presse (consulté le ).
  23. http://www.canadainternational.gc.ca/france/media/prix-Champlain-prize_2013.aspx?lang=fra
  24. http://www.centrejacquescartier.com/prix-et-distinctions/medailles-jacques-cartier/2014/
  25. « Nathalie Bondil est nommée à l'Ordre du Canada », sur Qc.ca (consulté le ).
  26. « Doctorats honoris causa », Forum, vol. 49, no 32,‎ , p. 9 (lire en ligne, consulté le ).
  27. https://www.oqlf.gouv.qc.ca/office/communiques/2015/20150326_camillelaurin-culture.html
  28. Arrêté du 10 février 2016 portant nomination et promotion dans l'ordre des Arts et des Lettres.
  29. « Récipiendaires de la médaille de l'Assemblée nationale », sur assnat.qc.ca.
  30. « Nathalie Bondil. l'art et le vivre-ensemble », sur La Presse+, (consulté le )
  31. Réseau des Femmes d'affaires du Québec, « Félicitations aux 10 lauréates honorées au 17e gala Prix Femmes d'affaires du Québec! », sur www.newswire.ca, (consulté le )
  32. « Nathalie Bondil, lauréate du Prix de la diversité Paul-Gérin-Lajoie : Communiqués du Québec », sur www.arrondissement.com, (consulté le )
  33. Le monde des affaires pour les arts, « Affaires / Arts fête son 40e anniversaire », sur www.newswire.ca, (consulté le )
  34. « Nathalie Bondil », sur Ordre de Montréal, (consulté le )
  35. Rodger Brulotte, « Le prix Artiste pour la paix 2019 », sur Le Journal de Montréal, (consulté le )
  36. « Promotion du Nouvel an 2018 », sur legiondhonneur.fr (consulté le ).

Annexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]