Natalia Nordman

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Natalia Nordman
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OrselinaVoir et modifier les données sur Wikidata
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Bernhard (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Natalia Borissovna Nordman (en russe : Ната́лья Бори́совна Но́рдман), née le à Helsinki en Finlande, et morte le à Orselina à Locarno, en Suisse, de son nom de plume Severova, était une écrivaine russe, militante féministe[1], réformiste sociale et végétarienne. Elle a été l'épouse d'Ilia Répine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Natalia Borissovna est la fille d'un amiral russe d'origine suédoise et d'une noble russe, Maria Arbouzova. Bien que luthérienne, Alexandre II est son parrain à son baptême. Elle reçoit une excellente éducation dans le domicile familial, maîtrise quatre à six langues, et a des connaissances en musique, sculpture, dessin et même en photographie. Elle souffre dans son enfance de la distance que lui montre sa mère, qui la confie comme le font les milieux élevés de l'époque à des nourrices et des femmes de chambre.

Ce sentiment est peut-être à l'origine de son rejet de nombreuses conventions sociales. Dans son récit autobiographique "Maman" (1909), considéré comme l'un des meilleurs récit d'enfance de la littérature russe , elle décrit les effets néfastes de cette mise en nourrice sur la psyché de l'enfant.

En 1884, elle vit un an dans une ferme et travaille comme vachère. Elle joue ensuite dans différents théâtres. Son goût des relations sociales lui fait rencontrer les plus grandes personnalités russes. En 1896, elle fait la connaissance du peintre russe Ilia Répine et lé'pouse en 1890 ou 1900 (les sources divergent, certaines affirment que Natalia Nordman ne se serait jamais mariée par conviction féministe)[2],[3].

Ilia Répine est végétarien depuis 1891, sous l'Influence de Léon Tolstoï[4]. Natalia Nordman adopte le végétarisme en plusieurs étapes, d'abord pour des raisons de santé : elle souffre de la tuberculose et en espére une guérison. Par compassion pour les animaux, elle refuse plus tard le lait, le beurre, les œufs et le miel, et vit de façon quasi végétalienne. Dans ses dernières années de vie, elle ne consomme plus que des aliments crus. Pour elle, le mode de vie végétarien est une question centrale. Elle associe également ses conceptions réformistes avec une vie simple et naturelle.

L'un de ses buts est d'améliorer la situation des employés de maisons. En 1861, Alexandre II a aboli le servage. Le travail pendant 18 heures par jour reste cependant la règle. Natalia Nordman plaide pour la journée de 8 heures, un traitement plus humain et l'amélioration des conditions de travail. Elle défend le point que la réalisation de soi de la femme ne doit pas se limiter à son rôle de mère.

Elle perd sa seule fille, Natacha, en 1898, deux semaines après sa naissance.

Après la mort de la mère, en 1898, elle acquiert une propriété en , au nord-ouest de Saint-Pétersbourg, en Finlande, à Kuokkala, et y commence la construction des Pénates[2]. Elle y installe un théâtre et un lieu de formation. Kuokkala devient à cette époque, un centre culturel dynamique. Elle y construit également un atelier pour Répine, qui s'y installe en 1903 et y vit jusqu'à sa mort. Elle lui en laissera l'usufruit dans son testament[3]. C'est aujourd'hui une maison musée.

Natalia Nordman milite énergiquement pour végétarisme et tient de nombreuses conférences, notamment à l'institut psycho-neurologique de Saint-Pétersbourg, dont le directeur était le neurologue Vladimir Bekhterev. Elle prêche un mode de vie simple, la naturothéraphie, l'hydrothérapie et la phytothérapie. Elle reconnait que l'engagement pour le végétarisme doit être fondé sur base scientifique solide. Elle propose ainsi à Bekhterev la création d'une chaire de végétarisme, mais ne peut donner suite à ce projet à cause de l'aggravation de sa tuberculose.

Elle quitte à la fin de sa vie les Pénates pour se rendre dans un hôpital à l'étranger, ne prenant ni argent ni affaires avec elle. Elle refuse l’aide financière qu’essaient de lui apporter son mari et les amis de celui-ci[5]. Elle meurt en à Locarno[6].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Ses livres ont été publiés seulement avec de petits tirages et sont des raretés : Pages intimesИнтимныя страницы») en 1910, avec le récit Maman et une relation de son séjour avec Ilia Répine à Iasnaïa Poliana chez Léon Tolstoï, et Chaleurs du paradis en 1913. Répine a fait de nombreuses Illustrations pour ses œuvres.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fi) « Kulttuurihistoria | Kuka oli taiteilija Ilja Repinin suomalaissyntyinen rakastettu? Natalia Nordmann oli aikansa feministi, joka kannatti naisten oikeuksia eikä halunnut naimisiin », sur Helsingin Sanomat, (consulté le )
  2. a et b (en) The Moscow Times, « On This Day Ilya Repin Was Born », sur The Moscow Times, (consulté le )
  3. a et b (en) Daniel Coenn, Repin: Drawings, Lulu Press, Inc, (ISBN 978-1-304-27417-5, lire en ligne)
  4. (en-US) « The Real Wives of Russia: 3 things you did not know about Repin's muse », sur The Bossy Times (consulté le )
  5. (ru) Чуковский К. И. (K. I. Tchoukovski), Илья Репин [« Ilia Répine »], Moscou, Искусство, coll. « Жизнь в искусстве »,‎ , 145 p., p. 84
  6. Масанов И.Ф. (I. F. Masanov), Словарь псевдонимов русских писателей, ученых и общественных деятелей: В 4 томах [« Dictionnaire des pseudonymes des écrivains russes, des scientifiques et des personnalités publiques: en 4 volumes »], t. 4, Moscou, Издательство Всесоюзной книжной палаты,‎ (lire en ligne), p. 342

Annexes[modifier | modifier le code]

Portrait de Natalia Nordman de dos à sa table de travail (Ilia Répine, 1903).

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) P. Brang, Ein unbekanntes Russland : Kulturgeschichte vegetarischer Lebensweisen von den Anfängen bis zur Gegenwart [« Une Russie inconnue : histoire culturelle du vegétarisme de ses débuts jusqu'à nos jours. »], Böhlau, (ISBN 3412079022 et 9783412079024, OCLC 51560923, lire en ligne).

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]