Nat Turner

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Turner.
Nat Turner
Description de cette image, également commentée ci-après

Gravure des années 1880 montrant l'arrestation de Nat Turner.

Nom de naissance Nathaniel Turner
Naissance
Comté de Southampton, Virginie
Décès (à 31 ans)
Jerusalem[note 1], Virginie
Pays de résidence États-Unis
Profession

Nathaniel dit Nat Turner, né le et mort pendu le , est un esclave afro-américain. En 1831, il conduit une révolte dans le comté de Southampton en Virginie. Cet épisode de violence extrême de la part d'esclaves noirs mène à une répression sanglante et à l'émergence de nouvelles lois dans les États du Sud, plus restrictives encore vis-à-vis des esclaves.

Enfance[modifier | modifier le code]

Nat Turner naît dans le comté de Southampton où il restera toute sa vie. Il doit son nom à son propriétaire, Benjamin Turner. Il ne sait que peu de choses sur son père, qui s'est échappé de la plantation lorsque Nat était enfant ; il entretient en revanche des relations proches avec sa grand-mère paternelle, issue de la communauté Kormantin, enlevée en Afrique (dans l'actuel Ghana) et déportée en Amérique à l'âge de 13 ans.

Turner est un enfant précoce ; il apprend à lire très tôt et développe une profonde religiosité[1]. Il lit la Bible avec ferveur, et se persuade qu'il a un grand destin à accomplir au nom de Dieu[note 2],[2].

La révolte de 1831[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Révolte de Nat Turner.

Le , voyant en une éclipse annulaire de soleil le signe divin qu'il attendait, il décide de mener une action contre les propriétaires d'esclaves. Initialement prévue pour le 4 juillet, jour de fête nationale, la révolte est repoussée pour des raisons d'organisation. Un second événement stellaire intervient le , jour où le soleil se teinte d'une ombre verdâtre, sans doute due aux suites d'une éruption volcanique géante du mont Saint Helens[2] : Turner y voit un signe déclencheur et la révolte éclate une semaine plus tard, le .

Cette révolte dure deux jours, pendant lesquels sa bande, qui comporte jusqu'à 70 hommes, massacre une soixantaine de blancs, hommes, femmes ou enfants[3]. Une milice deux fois plus puissante que la faction d'esclaves révoltés finit par mettre fin à ses agissements. Toutefois, Nat Turner n'est capturé que le 30 octobre. Il est jugé le dans la ville de Jerusalem en Virginie et pendu le 11 novembre avec dix-huit de ses complices, son corps étant ensuite mutilé[2]. Avant son exécution, l'homme de loi Thomas Ruffin Gray l'interroge et recueille ses paroles dans un ouvrage ensuite publié sous le nom de Confessions de Nat Turner[4] et qui constitue un document historique essentiel pour mieux comprendre le personnage de Turner.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Les craintes d'une révolte des esclaves comme celle de Saint-Domingue s'exacerbent au sein des élites esclavagistes du Sud et les relations inter-raciales se durcissent. Les autorités du Sud se montrent de plus en plus réticentes aux doctrines plus libérales des Nordistes vis-à-vis de l'esclavage, ce qui constitue une pierre d'achoppement importante dans les événements qui mèneront quelques années plus tard à la guerre de Sécession.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La ville de Jerusalem sera renommée en 1888, prenant le nom de Courtland.
  2. Le professeur Rothman interroge toutefois ce mysticisme en soulignant qu'il est difficile de décider si Turner s'est lui-même persuadé ou si ce messianisme n'a pas été largement provoqué par son entourage. Voir Teachinghistory.org, consulté le 11 novembre 2012.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Terry Bisson, Nat Turner: Slave Revolt Leader, Chelsea House Publishers (Philadelphie), , p. 76
  2. a, b et c Frédéric Lewino, Gwendoline Dos Santos, « 11 novembre 1831. Pendu, écorché et décapité, Nat Turner paie la première révolte d'esclaves aux USA », C'est arrivé aujourd'hui, sur LePoint.fr, e11 novembre 2012 (consulté le 11 novembre 2012).
  3. (en) Stephen B. Oates, The fires of jubilee: Nat Turner's fierce rebellion, HarperPerennial (NY), (ISBN 0-06-091670-2)
  4. (en) The Confessions of Nat Turner, consulté le 11 novembre 2012.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]