Narek

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Page d'aide sur l'homonymie Pour l’article homonyme, voir Narek (Ararat)
Narek
Le monastère dans les années 1900.
Le monastère dans les années 1900.
Présentation
Nom local (hy) Նարեկ
Culte Abandon (anciennement apostolique arménien)
Type Monastère
Début de la construction Xe siècle
Style dominant Arménien
Géographie
Pays Turquie
Région Van
Province historique Vaspourakan
Coordonnées 38° 17′ 49″ N 42° 55′ 42″ E / 38.296875, 42.928256 ()38° 17′ 49″ Nord 42° 55′ 42″ Est / 38.296875, 42.928256 ()  

Géolocalisation sur la carte : Turquie

(Voir situation sur carte : Turquie)
Narek

Narek (en arménien Նարեկ) ou Narekavank (Նարեկավանք) est un monastère arménien du Vaspourakan fondé au Xe siècle sur la rive méridionale du lac de Van, dans l'est de l'actuelle Turquie. Le monastère, un important centre intellectuel dont l'élève le plus célèbre est Grégoire de Narek, a été détruit en 1915, dans le cadre du génocide arménien.

Situation géographique[modifier | modifier le code]

Article général Pour un article plus général, voir Vaspourakan.

Le monastère est situé dans le village du même nom, dans le canton du Rechtouniq, dans l'ancienne province arménienne du Vaspourakan[1]. Il est situé à vol d'oiseau à 5 km du lac de Van et à 9 km de l'île d'Aghtamar[2]. À son emplacement se dresse l'actuel village de Yemişli (province de Van, Turquie)[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le monastère est fondé en 935-940[4] par des moines chassés de Cappadoce en raison de leur rejet du chalcédonisme, et suit la règle de saint Basile[5].

Narek accueille très tôt une école qui en fera un important foyer intellectuel arménien[6]. Fondée par Anania de Narek, cette école est renommée pour son enseignement de la littérature (et notamment de la poésie), de la philosophie et de la musique sacrée[7], « véritable “Port-Royal” de la renaissance arménienne »[8]. Parmi ses élèves passés à la postérité figurent Grégoire de Narek[9] et Oukhtanès de Sébaste[10].

En 1021, lorsque le Vaspourakan passe dans l'escarcelle byzantine[11], une partie importante des moines suivent les souverains arçrouni et quittent le monastère ; celui-ci connaît toutefois un renouveau au XVe siècle en tant que scriptorium[12]. Il est restauré au XVIIIe siècle et devient le siège d'un évêché, et fait à nouveau l'objet de rénovations en 1843[12].

Dans le cadre des massacres hamidiens, le monastère est pillé par des Kurdes en 1895[7]. Une reconstruction est débutée à partir de 1904 mais n'est toujours pas terminée en 1915[12]. Le monastère est entièrement détruit en 1915 au cours du génocide arménien[7].

Bâtiments[modifier | modifier le code]

Article général Pour un article plus général, voir Architecture arménienne.

Le monastère est composé de deux églises (Sourp Sandoukht, « Sainte-Sandoukht », et Sourp Astvatsatsin, « Sainte-Mère-de-Dieu »), d'un jamatoun, d'un clocher, du mausolée de Grégoire de Narek et de bâtiments annexes[13], le tout entouré de remparts[14]. Des reliques de saint Thomas et de saint Jacques de Nisibe y sont conservées[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. René Grousset, Histoire de l'Arménie des origines à 1071, Paris, Payot,‎ 1947 (réimpr. 1984, 1995, 2008) (ISBN 978-2-228-88912-4), p. 468.
  2. Grégoire de Narek, Jean-Pierre et Annie Mahé, Tragédie: Matean ołbergutʻean : le livre de lamentation, Peeters, Louvain, 2000 (ISBN 978-9042908956), p. 42.
  3. Jannic Durand, Ioanna Rapti et Dorota Giovannoni (dir.), Armenia sacra — Mémoire chrétienne des Arméniens (IVe ‑ XVIIIe siècle), Somogy / Musée du Louvre, Paris, 2007 (ISBN 978-2-7572-0066-7), p. 468.
  4. Krikor Beledian, « L'espace et le temps dans l'œuvre de Grégoire de Narek », dans René Lebrun (dir.), Sagesse de l'Orient ancien et chrétien, Beauchesne, Paris, 1993 (ISBN 978-2701012858), p. 12.
  5. Gérard Dédéyan (dir.), Histoire du peuple arménien, Toulouse, Éd. Privat,‎ 2007, 991 p. (ISBN 978-2-7089-6874-5), p. 281.
  6. Jannic Durand, Ioanna Rapti et Dorota Giovannoni (dir.), op. cit., p. 340.
  7. a, b, c et d Jean V. Guréghian, Les monuments de la région Mouch - Sassoun - Van en Arménie historique, Sigest, Alfortville, 2008 (ISBN 978-2-917329-06-1), p. 12.
  8. Grégoire de Narek, Jean-Pierre et Annie Mahé, op. cit., p. 45.
  9. (en) Agop Jack Hacikyan (dir.), The Heritage of Armenian Literature, vol. II : From the Sixth to the Eighteenth Century, Détroit, Wayne State University Press,‎ 2002 (ISBN 978-0814330234), p. 275.
  10. (en) Agop Jack Hacikyan (dir.), op. cit., p. 250.
  11. Jean-Claude Cheynet (dir.), Le monde byzantin, vol. II : L'Empire byzantin (641-1204), coll. « Nouvelle Clio — L'histoire et ses problèmes », Presses universitaires de France, Paris, 2006 (ISBN 978-2-13-052007-8), p. 38.
  12. a, b et c Grégoire de Narek, Jean-Pierre et Annie Mahé, op. cit., p. 40.
  13. Jean V. Guréghian, op. cit., p. 11.
  14. (en) Richard G. Hovannisian (dir.), Armenian Van/Vaspourakan, Costa Mesa, Calif., Mazda Publishers, coll. « Historic Armenian Cities and Provinces »,‎ 2000 (ISBN 978-1-568-59130-8), p. 102.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

  • (en) « Cultural Genocide », sur The Armenian Genocide Museum-Institute (consulté le 8 avril 2009).
    Cette page reprend notamment une photographie du monastère dans les années 1900.