Napoléon Gourgaud (1881-1944)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Gourgaud et Napoléon Gourgaud.
Page d'aide sur l'homonymie Pour les autres membres de la famille, voir Famille Gourgaud.
Napoléon Gourgaud
Baronne Gourgaud et son fils.jpg
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nationalité
Activité
Collectionneur d'artVoir et modifier les données sur Wikidata
Père
Napoléon Gourgaud (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Père-Lachaise - Division 23 - Gourgaud 01.jpg

Vue de la sépulture.

Le baron Napoléon Gourgaud est un collectionneur d'art et mécène français né en 1881 et mort en 1944. Il est aussi le « sauveur » de l'Île d'Aix.

Biographie[modifier | modifier le code]

Portrait enfant de Napoléon Gourgaud (1881-1944) avec sa mère la baronne Gourgaud, née Henriette Chevreau (1889).

Marie-Amédée-Henri-Napoléon Gourgaud est le petit-fils du baron Napoléon Gourgaud (1823-1879) et du ministre Henri Chevreau, et l'arrière-petit-fils du général Gaspard Gourgaud, qui fut compagnon de Napoléon Ier en exil à Sainte-Hélène.

Il posséda le château de la Grange à Yerres et son domaine de 1 200 hectares, que ses héritiers conservèrent jusqu'en 1990.

Le 25 septembre 1917 il épouse la riche héritière américaine Eva Gebhard (1876-1959), fille unique du banquier américain William Henri Gebhard et de Cora Wilkinson (1854-1928), qui fut l'institutrice de sa nièce avant de devenir sa maîtresse, et qu'il épousa le 10 décembre 1875.

Le couple vivra à Paris dans un hôtel particulier loué à famille de Sainte-Croix au 77, rue de Lille dans lequel il accumule de remarquables collections de tableaux d'impressionnistes et modernes, tel que les portraits de la baronne par Matisse[1]) et par Marie Laurencin fin 1922 [2], et beaucoup de mobilier, objets d'art et bijoux de prix, principalement du Premier Empire; sur ce dernier portrait, voir le témoignage écrit de René Gimpel dans son Journal d'un collectionneur marchand de tableaux (Calmann-Lévy, 1963, p.p. 219 et 220).

« Très tôt le baron amoureux de l’Empire a rencontre Élie Fabius. En 1911, déjà il achète un dessin représentant la tête de Napoléon. Dans les décennies qui suivent il dépense des sommes remarquables pour enrichir son musée napoléonien de l’Île d'Aix, plus de 8 000 francs pour la seule année 1937 (...) objets divers, statuettes de l’Empereur en céramique, 43 pipes et des assiettes à son effigie, une pendule dorée séditieuse « Napoléon en Sylla », un flambeau en bronze orné d’un aigle avec plaque en lithophanie le représentant, deux lampes à huile provenant de la chapelle ardente de La Belle Poule (1834) en 1840, etc. Élie fera quelques dons au musée[3]. »

Gabriel-Louis Pringué l'évoque ainsi : « Le baron fut tout sa vie un mécène, un artiste, un hôte délicat et affectueux, dont le physique aristocratique et la conversation spirituelle charmait »[4].

Le baron Gourgaud fut maire de l'île d'Aix de 1932 à 1937, et jusqu'à sa mort en 1944 membre assidu très actif de l'association des charentais de Paris « La Cagouille ».

Le Musée napoléonien de l'île d'Aix[modifier | modifier le code]

Deux articles du journaliste d'origine saintongeaise Pierre Chanlaine parus dans Le Matin le 1er mai 1925 et dans L'Illustration, celui-ci ayant vu l'état de la bâtisse, demande que la maison du commandant de la place soit classée et sauvée de l'oubli, ce dernier alerte Yvon Delbos, sous-secrétaire d'État aux Beaux-Arts. Entre-temps le baron Napoléon Gourgaud, séjournant à l'époque à Cannes, ayant lu l'article, contacte rapidement Pierre Chanlaine, et le 4 juillet suivant est constituée la Société des Amis de l'île d'Aix, dont il fut le président-fondateur, le vice-président étant le duc de Trévise, par ailleurs président de la Société pour la Sauvegarde pour l'Art Français; cette association est devenue la Fondation Gourgaud.

Le 25 septembre 1925 l'ancienne maison du commandant de la place est classée Monument historique avant d'être acquise en décembre 1926 par les Gourgaud qui la transforment, avec plusieurs personnalités locales, dont le baron Coudein, en un Musée napoléonien ; ils y rassemblent des meubles et objets de l'époque napoléonienne ainsi que de nombreux dons de souvenirs de l'Empereur, qu'il enrichissent d'archives, de collections et d'objets personnels.

L'ancienne maison du commandant de la place transformée en Musée napoléonien.

Le musée de l’Île d'Aix ouvre au public le et est inauguré le 16 septembre par Édouard Herriot, ministre de l'Instruction Publique et des Beaux-Arts. Les Gourgaud, qui divorceront en 1939 (pour des raisons fiscales selon Pincemaille (op. cit.) légueront l'immeuble à l'État avec réserve d'usufruit en 1933 et acquirent la quasi-totalité des maisons du village pour y loger les habitants, où ils disposent d'une résidence, « La Maison Rose », dominée par un petit belvédère sur le garde-corps duquel se lit l'inscription sibylline « Jane's tooth.

De juillet 1940 à fin 1942, ils louèrent à des cousins éloignés du baron le château de l'Herbaudière à Salles-sur-Mer (17), où la baronne emporta deux pièces insignes des riches collections napoléoniennes de son mari : l'épée portée par Bonaparte pendant la première campagne d' Italie, et le sabre du général Gourgaud.

Le baron mourut sans descendance de la maladie de Parkinson le 30 août 1944, et son ex-épouse le 14 juillet 1959, l'un et l'autre au château de La Grange.

Le musée napoléonien de l'Ile d'Aix est aujourd'hui géré par le Conservatoire des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau.

Son neveu et héritier, Napoléon Gourgaud du Taillis (1922-2010), présida de 1983 à 1997 l'association Le Souvenir Napoléonien puis, à la suite du legs de Martial Lapeyre, fut une des co-fondateurs en novembre 1987 de la Fondation Napoléon, dont il fut le premier président de 1987 à 2005, puis le président d'honneur.

Le Musée africain de l'île d'Aix[modifier | modifier le code]

Face au musée napoléonien, dans la rue Napoléon, le Musée Africain, ouvert en 1933, rassemble les collections issues des chasses et safaris africains de Gourgaud qui chassa avec entre autres le baron suédois Bor Blixen. Il abrite le dromadaire d'Arabie du général Bonaparte lors de sa Campagne d'Egypte et bien d'autres animaux, tambours et armes de guerre africaines.

Donation aux Musées Nationaux[modifier | modifier le code]

Le baron Napoléon Gourgaud lègue aux Musées Nationaux français - par l’intermédiaire de sa veuve, disparue en 1959 - une quarantaine de tableaux de Corot, Delacroix, Ingres, Monet, Renoir, Cézanne, Van Gogh, Seurat, Picasso, Léger, Bonnard, Braque, Matisse; ce dernier orna une page de l’album amicorum du couple exposé au musée charentais créé par le collectionneur, et peignit un portrait de la baronne (Musée de Grenoble).

Hommage[modifier | modifier le code]

De 1961 à 1992, une vedette à passagers de la "Régie Départementale des Passages d'Eaux" assurant la liaison Fouras / Île d'Aix porta le nom de « BARON GOURGAUD », en hommage à cet homme d'allure aristocratique, grand mécène fortuné, qui fit beaucoup pour l'île d'Aix et sa région.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (Musée de Grenoble.
  2. Musée national d'Art moderne.
  3. Olivier Gabet Un marchand entre deux Empires - Élie Fabius et le monde de l’art Skira Flammarion, 2011, p. 47.
  4. 30 ans de dîners en ville, éditions Revue Adam, 1948, p. 95 et 96.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christophe Pincemaille, La folie Gourgaud : les musées nationaux de l'île d'Aix, Geste, 2009, 133 p. (ISBN 9782845615724);
  • Collectif, Dictionnaire biographique des Charentais et de ceux qui ont illustré les Charentes (Paris, Le Croît Vif, 2005, p. 626).

Liens externes[modifier | modifier le code]