Napoléon-Alexandre Comeau

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Napoléon-Alexandre Comeau
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Napoléon-Alexandre Comeau vers 1900

Alias
« Roi de la Côte-Nord »
Naissance
Îlets-Jérémie
Décès (à 75 ans)
Godbout
Nationalité Drapeau du Canada Canada
Pays de résidence Drapeau du Canada Canada

Napoléon-Alexandre Comeau (1848-1923) est un naturaliste canadien, d'origine acadienne, de la province de Québec.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Napoléon-Alexandre Comeau nait le aux Îlets-Jérémie (situés dans la municipalité de Colombier), non loin de la réserve amérindienne Innu de Betsiamites, sur la Côte-Nord. Il est l'aîné d'une famille de onze enfants[1]. Son père, Antoine-Alexandre Comeau, est employé de la compagnie de la Baie d'Hudson. Sa mère, Mary-Luce Hall-Bédard, est d’origine irlandaise. Napoléon-Alexandre Comeau passe son enfance dans les bois, au Labrador, au poste de North-West River, puis aux îles de Mingan, en compagnie des Innus (Montagnais) et des Inuits[2], qui lui apprennent à chasser, pêcher et s'orienter en forêt.

À l'adolescence, il parle couramment le français, le montagnais, le naskapi et l’inuktitut[3]. En 1859, il est envoyé dans une école anglaise à Trois-Rivières, où il apprend à lire, écrire et parler l'anglais.

Débuts professionnels[modifier | modifier le code]

En 1860, Napoléon-Alexandre Comeau rejoint son père Antoine à Baie-Trinité et qui le nomme, à quatorze ans, « gardien de la rivière Godbout ». Celle-ci, une des 116 rivières à saumon du Québec, est alors un territoire de pêche privé, propriété d'Agar Adamson. Napoléon-Alexandre Comeau conservera ce poste toute sa vie. Il complète sa formation grâce à ses nombreuses lectures. En compagnie du chasseur Innu (montagnais) Ashini, il apprend la trappe et approfondit ses connaissances sur la faune et la flore[2].

Il travaille, pendant 15 ans, comme trappeur professionnel[2]. Il épouse, le 14 juin 1871, Marie-Antoinette Labrie. Il est, en 1877, nommé maître des postes de Godbout[4]. Il est ensuite adjoint du coroner régional ; pratiquant même la médecine, (il met au monde plus de 250 nouveau-nés[3]) avant de devenir, en 1879, surintendant des Pêcheries pour le gouvernement canadien.

En 1883, il devient télégraphiste à Godbout. En janvier 1886, à la suite du sauvetage de ses beaux-frères Alfred et François Labrie sur le Saint-Laurent, au cours duquel il va parcourir 60 km sur les glaces, il est décoré, ainsi que son frère Isaïe, par le gouvernement canadien[3].

En 1888, son épouse Antoinette est emportée par le cancer. Napoléon-Alexandre Comeau, qui n'a pas eu d'enfants de son premier mariage, se remarie, en 1889, avec sa belle-sœur, Victoria Labrie, avec laquelle il aura douze enfants[4].

Il est invité, par les Dr Stevenson et Dr Ahearn, à séjourner à l’hôpital Jeffrey Hale, à Québec, pour parfaire ses connaissances[1] en médecine.

À Godbout, où il meurt le 17 novembre 1923, un monument, dont il existe aussi une copie identique dans l'arrondissement Charlesbourg de la Ville de Québec, est dédié à sa mémoire en 1927 et sur lequel on peut lire : « Humble enfant du Nord, il sut, avec autorité, lire dans le grand livre de la nature tout en servant les siens et son pays ». Sa maison est appelée le « château Comeau »[3]. De plus, son nom a été donné à la ville de Baie-Comeau. En 1998, la Société canadienne des postes émet un timbre à l'occasion du 150e anniversaire de sa naissance[2].

Le naturaliste[modifier | modifier le code]

Stèle élevée en 1925 à l'emplacement de la résidence érigée par Napoléon-Alexandre Comeau à Godbout.

À partir de 1882, Napoléon-Alexandre Comeau se lie avec les naturalistes Elliot Coues et Hart Merriam, de la Smithsonian Institution de Washington (D. C.). N.-A. Comeau leur remet une liste d'oiseaux de la Côte-Nord, qui est publiée dans le bulletin de Madison du Nutall Ornithology Club, en 1882, et dans la revue The Auk, en juillet 1884, et leur fournit même des spécimens d’oiseaux[4]. Il prend également de nombreuses photographies, pour la plupart malheureusement perdues à ce jour[1].

Cette même année 1882, il devient membre de l'American Ornithological Union de New York, avant d'aller chasser le bison au Wyoming en compagnie du baron Ernest de la Grange. Le 6 mars 1883, il prononce une conférence devant la Société de géographie du Québec, intitulée « La géographie physique de la partie nord de la province de Québec ». La même année, il collabore à la prestigieuse revue américaine Forest and Stream[4].

En 1914, il collabore à une étude du gouvernement canadien sur la pêche dans l’Arctique et le potentiel touristique de la Baie d’Hudson. Cinq ans plus tard, il contribue à la fondation de la Société Provancher d'histoire naturelle du Canada[4].

Baie-Comeau[modifier | modifier le code]

La ville de Baie-Comeau prend son nom de Napoléon-Alexandre Comeau[5]. À Baie-Comeau, l'édifice d'un musée d'histoire est nommé en son honneur[6].

Publication[modifier | modifier le code]

  • « Life and sport on the North Shore of the lower St. Lawrence and Gulf: containing chapters on salmon fishing, trapping, the folklore of the Montagnais Indians and tales of adventure on the fringe of the Labrador Peninsula », 1908.
    • traduction française : « La vie et le sport sur la Côte-Nord », 1945, ré-édité en 1983.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Napoléon-Alexandre Comeau », grandquebec.com (consulté le 26 avril 2010)
  2. a, b, c et d « Napoléon-Alexandre Comeau », Remarquables Oubliés, Radio-Canada, (consulté le 26 avril 2010)
  3. a, b, c et d « Napoléon Alexandre Comeau Le Géant de la Côte », Histoires oubliées, Les Productions Vic Pelletier inc. (consulté le 26 avril 2010)
  4. a, b, c, d et e Vicky Lapointe, « Ces gens qui ont marqué notre histoire : Napoléon-Alexandre Comeau », Patrimoine, Histoire et multimédia, (consulté le 26 avril 2010)
  5. « Fiche descriptive - Baie-Comeau », Commission de toponymie du Québec (consulté le 26 avril 2010)
  6. « Maison du patrimoine Napoléon-Alexandre-Comeau », Ville de Baie-Comeau (consulté le 26 avril 2010)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Frenette, Napoléon-Alexandre Comeau, Lidec, Montréal, 1981, 63 pages (Coll. Célébrités canadiennes)
  • Pierre Frenette, « COMEAU, NAPOLÉON-ALEXANDRE (baptisé Alexandre-Napoléon) », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 15, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 8 avril 2017, http://www.biographi.ca/fr/bio/comeau_napoleon_alexandre_15F.html.
  • Réjean Beaudin, « Napoléon-Alexandre Comeau. Le héros légendaire de la Côte-Nord », Editions XYZ, collection Les grandes figures, Montréal, 16 février 2006 (ISBN 978-2-89261-459-6).
  • Victor-Alphonse Huard, « Labrador et Anticosti », C.-O. Beauchemin & Fils, Montréal, 1897.
  • Revue d’histoire de la Côte-Nord, no 25-26, 1997.
  • Pauline L. Boileau, « La Côte-Nord contre vents et marées », Septentrion.
  • Yves Thériault, « Roi de la Côte-Nord (La vie extraordinaire de Napoléon-Alexandre Comeau) », Éditions de l'homme, 1960.

Liens externes[modifier | modifier le code]