Najib Razak

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Najib Razak
Illustration.
Najib Razak en 2008.
Fonctions
Premier ministre de Malaisie

(9 ans, 1 mois et 7 jours)
Monarque Mizan Zainal Abidin
Abdul Halim Muadzam Shah
Muhammad Faris Petra
Prédécesseur Abdullah Ahmad Badawi
Successeur Mahathir Mohamad
Ministre des Finances

(9 ans, 7 mois et 23 jours)
Monarque Mizan Zainal Abidin
Premier ministre Abdullah Ahmad Badawi
Lui-même
Prédécesseur Abdullah Ahmad Badawi
Successeur Lim Guan Eng
Vice-Premier ministre

(5 ans, 2 mois et 28 jours)
Monarque Sirajuddin
Mizan Zainal Abidin
Premier ministre Abdullah Ahmad Badawi
Prédécesseur Abdullah Ahmad Badawi
Successeur Muhyiddin Yassin
Ministre de la Défense

(3 ans, 10 mois et 17 jours)
Monarque Sirajuddin
Mizan Zainal Abidin
Premier ministre Mahathir bin Mohamad
Abdullah Ahmad Badawi
Successeur Abdullah Ahmad Badawi
Biographie
Nom de naissance Mohammad Najib bin Tun
Haji Abdul Razak
Date de naissance (66 ans)
Lieu de naissance Kuala Lipis (Fédération de
Malaisie
)
Nationalité malaisienne
Parti politique Organisation nationale unifiée malaise
Père Abdul Razak
Conjoint Puteri Zainah Eskandar
(1976–1987)
Rosmah Mansor
(depuis 1987)
Diplômé de Université de Nottingham
Religion Islam
Résidence Seri Perdana, Putrajaya

Najib Razak
Premiers ministres malaisiens

Dato' Seri Mohammad Najib bin Tun Abdul Razak, dit Najib Razak, né le , est un homme d'État malaisien. Dirigeant du parti United Malays National Organisation, il est Premier ministre de Malaisie de 2009 à 2018.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et vie privée[modifier | modifier le code]

Son épouse, Rosmah Mansor, en 2010.

Najib Razak naît le 23 juillet 1953 à la résidence officielle du secrétaire de l'État de Pahang à Bukit Bius, Kuala Lipis. Il est le premier des six fils du deuxième Premier ministre malaisien Abdul Razak et le neveu du successeur de ce dernier, Hussein Onn. Son frère cadet, Dato' Seri Mohd Nazir Abdul Razak, dirige Bumiputra-Commerce Holdings (en), la deuxième plus grande société de prêt du pays. Najib Razak est également l'un des Quatre Aristocrates du Pahang Darul Makmur (cour royale) en vertu du titre dont il a hérité, Orang Kaya Indera Shahbandar (en).

Il effectue son éducation primaire puis secondaire à la St. John's Institution (en) à Kuala Lumpur. Il suit ensuite les cours du Malvern College (en), en Angleterre, puis fréquente l'université de Nottingham, où il obtient un baccalauréat universitaire en organisation industrielle en 1974. Il retourne la même année en Malaisie pour faire son entrée dans le monde des affaires, travaillant brièvement à la Bank Negara Malaysia, avant d'entrer chez Petronas (la compagnie pétrolière nationale malaisienne) comme directeur des affaires publiques[1].

En 1976, il se marie avec Tengku Puteri Zainah Tengku Eskandar (dite « Kui Yie »), avec laquelle il a trois enfants : Mohd Nizar Najib (en 1978), Mohd Nazifuddin Najib et Puteri Norlisa Najib. Le couple divorce en 1987. Najib Razak épouse ensuite Datin Seri Rosmah Mansor, et le couple a deux enfants : Mohd Norashman Najib et Nooryana Najwa Najib. Sa fille Nooryana est mariée au neveu de l'ancien président kazakh Nursultan Nazarbayev.

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Najib Razak est l'un des hommes politiques malaisiens ayant occupé le plus de fonctions régaliennes : ministre de la Défense et vice-Premier ministre dans le gouvernement de Abdullah Ahmad Badawi (2004-2008), il est également ministre des Finances (2008-2009 et à nouveau dans son propre gouvernement depuis 2009).

Le , il est nommé Premier ministre par le roi Mizan Zainal Abidin. Il est alors aussi président de l'Organisation nationale unifiée malaise (UMNO), parti membre de la coalition Barisan Nasional, au pouvoir depuis l'indépendance en 1957.

Débuts[modifier | modifier le code]

Le fils aîné du Premier ministre malaisien, Abdul Razak Hussein, est élu au parlement de Malaisie en 1976, remplaçant son père décédé dans la circonscription de Pekan, dans la région du Pahang. Le chagrin national consécutif à la mort de Tun Razak et le respect pour son père aidèrent Najib Razak à remporter l'élection sans opposant à l’âge de 23 ans. Najib Razak est réélu en 1986.

Il entre pour la première fois au gouvernement en 1978 lorsqu'il est nommé, à l'âge de 25 ans, ministre adjoint de l'Énergie, des Télécommunications et des Postes, devenant le plus jeune ministre adjoint du pays. Il fut, entre 1982 et 1986, le Menteri Besar (ministre en chef) du Pahang, devenant à nouveau le plus jeune Menteri Besar de l'état à prendre ses fonctions lorsqu'il est nommé à l'âge de 29 ans[2]. En 1986, il est nommé ministre de la Culture, de la Jeunesse et des Sports dans le cabinet de Mahathir Mohamad. Il se concentra sur l'amélioration des sports malaisiens et instaura en 1988 la politique nationale des Sports. Ainsi, en 1989, la Malaisie atteignit une performance qu'elle n'a jamais égalée lors des Jeux d'Asie du Sud-Est à Kuala Lumpur.

Fonctions à l’UMNO[modifier | modifier le code]

En 1976, Najib Razak est nommé à la tête de la branche de Pekan des jeunesses de l'United Malays National Organisation (UMNO) et devient alors membre du conseil exécutif (Exco) des jeunes de l'UMNO. En 1981, il est sélectionné pour être membre du conseil suprême de l'UMNO, avant d'obtenir en 1982 le poste de vice-président des jeunes UMNO[3],[4].

Il est nommé en 1987 chef par intérim des jeunes de l'UMNO par Dato' Seri Anwar Ibrahim après qu'il a été demandé à Anwar de se présenter pour le poste de vice-président du parti. À la suite de tensions ethniques grandissantes, des opinions anti-chinois se sont fait entendre au cours d'un rassemblement des jeunes UMNO à Kampung Baru auquel participait également Najib Razak qui y tint un discours. Des tensions s'accentuant ont ensuite mené à la montée de la peur de violences ethniques et se conclut par une opération de sécurité, connue sous le nom de d’opération Lalang, qui inclut de nombreuses rétentions administratives. En juin 2009, Najib Razak annula une règle qui imposait 30 % de propriété malaisienne dans les sociétés, et autorisa les malaisiens non ethniques, tels que les chinois ou les indiens, à exercer plus de contrôle financier en Malaisie. Najib Razak a aussi œuvré pour l'amélioration des relations avec Singapour, ce qui a été vu par beaucoup comme un encouragement à investir plus massivement dans l'économie malaisienne. À la suite d’une importante réorganisation et la fondation du « nouvel » UMNO engagées par Tun Dr. Mahathir Mohamad après la crise constitutionnelle malaisienne de 1988 (en), Najib est promu président des jeunes UMNO en 1988.

En 1993, Najib Razak est élu pour être l'un des six vice-présidents de l'UMNO en réponse à la décision d'Anwar de se présenter pour le poste de président adjoint de l'UMNO[3]. Il continue à défendre sa position aux élections du parti de 1993, 1996 et 2004[5].

Le 12 mai 2018, après les élections législatives, il démissionne de la présidence de l'UMNO et de celle du Barisan Nasional. Il est remplacé par un vice-président de l'UMNO, Hishammuddin Hussein (en).

Au Gouvernement[modifier | modifier le code]

Ministre de la Défense (1991-1995)[modifier | modifier le code]

En 1991, Mahathir le nomme ministre de la Défense. En 1993, les troupes malaisiennes sont déployées pour assister les Nations unies dans ses efforts de maintien de la paix en Bosnie. Les forces malaisiennes sont bien accueillies par les bosniens mais aussi par les serbes et les croates. La Malaisie apporte aussi son soutien aux opérations de maintien de la paix en Somalie, perdant un soldat lorsque les troupes malaisiennes soutiennent les soldats américains pendant la bataille de Mogadiscio. Najib critique ensuite l'opération des Nations unies en Somalie, celles-ci accordant selon lui trop d'importance à l'action militaire. La Malaisie présente ensuite une préférence pour la participation aux missions d’« application de la paix » du chapitre VI plutôt qu'à celles de « maintien de la paix » du chapitre VII de la charte des Nations unies. Après quatre ans au ministère de la Défense, Najib Razak devient ministre l'Éducation.

Ministre de l'Éducation (1995-2000)[modifier | modifier le code]

Durant ses cinq années à l’Éducation, il crée une structure de société indépendante pour les universités publiques et encourage la collaboration avec des institutions et universités étrangères. La loi de 1996 sur les institutions privées d'enseignement supérieur permet aux universités étrangères d'implanter en Malaisie des écoles conférant des diplômes, ce qui apporte des opportunités éducatives aux Malaisiens et positionne le pays comme un centre régional pour l'apprentissage. Il promeut également le certificat d'enseignement au statut de diplôme, les enseignants ainsi diplômés pouvant alors recevoir un meilleur salaire au début de leur carrière.

Lors des élections législatives de 1999, Najib Razak subit un important revers ; il est lui-même réélu au Parlement de justesse, avec une avance de seulement 241 voix, soit bien moins que les 10 000 voix d'avance qu'il avait lors des élections précédentes.

Scandale 1MDB[modifier | modifier le code]

En juillet 2015, le Wall Street Journal fait part de soupçon de détournement de fonds au profit de Najib Razak portant sur un demi-milliard d'euros (le scandale 1MDB). L'intéressé qui fait preuve d'un autoritarisme croissant et prend des mesures liberticides, évite de s'impliquer directement dans la polémique laissant à ses adjoints le soin de le défendre[6],[7].

Le , deux jours après son départ de la tête du gouvernement, à la suite de la défaite de son parti aux élections législatives malaisiennes de 2018, au profit de la coalition d'opposition Pakatan Harapan, il est interdit de sortie du territoire[8], à la demande de Mahathir[9], alors qu'il s'apprêtait à se rendre en Indonésie pour une « pause »[10]. Durant la campagne, son rival l'ancien Premier ministre Mahathir Mohamad, qui lui a finalement succédé, a déclaré vouloir le poursuivre, éventuellement « par Interpol s'il s'enfuyait »[11].

Ensuite, son domicile, où des sacs de luxe et des diamants sont découverts, est perquisitionné et Razak est entendu par l'agence anticorruption le 22 mai[12]. Ces biens sont saisis par la police[13].

Le , il est arrêté puis inculpé le lendemain de quatre chefs de corruption[14]. Il est ensuite libéré sous caution[15].

Il est de nouveau arrêté le 19 septembre 2018[16] et inculpé le lendemain de quatre nouveaux chefs de blanchiment d'argent[17]. Il est peu après libéré sous caution[18]. Le 4 octobre 2018, son épouse est à son tour inculpée pour détournement de fonds[19]

Son procès débute le 3 avril 2019[20].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Najib Razak », sur britannica.com (consulté le 13 avril 2019)
  2. (en) « Najib Razak », sur thefamouspeople.com (consulté le 13 avril 2019)
  3. a et b (en) « Najib is Deputy PM, Cabinet reshuffled », sur thestar.com (consulté le 13 avril 2019)
  4. (en) « TIMELINE: The rise of Najib, Malaysia's sixth Prime Minister », sur in.reuters.com, (consulté le 13 avril 2019)
  5. (en) « Dato' Seri Najib Razak Biography », sur perdana.org (consulté le 13 avril 2019)
  6. Le Monde du 14 octobre 2015 p. 4
  7. Randeep Ramesh, « De Bangkok à LA, le roman d'une arnaque mondiale », Vanity Fair no 42, décembre 2016 - janvier 2017, pages 105-109.
  8. « Malaisie : Najib, interdit de voyager, abandonne ses fonctions politiques », sur L'Orient-Le Jour (consulté le 12 mai 2018)
  9. Le Point, magazine, « L'ex-Premier ministre Najib, soupçonné de corruption, interdit de sortir de Malaisie », sur Le Point (consulté le 13 mai 2018)
  10. Laurence Defranoux, « Malaisie: le Premier ministre sortant empêché de quitter le pays », sur Libération, (consulté le 13 mai 2018) (inscription nécessaire)
  11. « Malaisie : victoire historique de l’opposition », sur Le Monde.fr (consulté le 10 mai 2018)
  12. « MALAISIE - 1MDB, le plus gros scandale financier de la planète ? » (consulté le 25 mai 2018)
  13. Le Point, magazine, « Malaisie: près de 30 millions de dollars saisis chez l'ex-Premier ministre », sur Le Point (consulté le 25 mai 2018)
  14. « Malaisie : l’ancien premier ministre Najib Razak inculpé de corruption », sur Le Monde.fr (consulté le 5 juillet 2018)
  15. « L’ex-premier ministre malaisien Najib Razak arrêté pour blanchiment », sur Le Monde.fr (consulté le 20 septembre 2018)
  16. « L'ex-Premier ministre Najib Razak a été arrêté », sur tdg.ch/ (consulté le 19 septembre 2018)
  17. « Malaisie: de nouveaux chefs d'accusation contre l'ex-Premier ministre Najib Razak », sur L'Orient-Le Jour (consulté le 20 septembre 2018)
  18. « Malaisie: le chef de l'opposition inculpé dans une affaire de corruption », sur Le Figaro (consulté le 19 octobre 2018)
  19. « Malaisie : Rosmah Mansor, l’épouse de l’ancien premier ministre, inculpée de détournement de fonds », sur Le Monde.fr (consulté le 6 octobre 2018)
  20. « Malaisie : l’ex-premier ministre Najib Razak devant les juges », sur Le Monde.fr (consulté le 4 avril 2019)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]