Najia Mehadji

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Najia Mehadji
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Najia Mehadji lors de l'exposition « 20 ans d'œuvres » à l'Atelier 21.
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Najia Mehadji, née à Paris en 1950 d'un père marocain et d'une mère française,vit et travaille entre Paris et Essaouira.

Son œuvre picturale est une synthèse entre cultures occidentales et orientales dont la force du symbolique en est l'expression et le geste l'essence.

Biographie[modifier | modifier le code]

Najia Mehadji est une artiste reconnue internationalement pour avoir exposé depuis les annèes 80 dans plusieurs grands musées dont celui du centre Georges-Pompidou à Paris (exposition collective), le musée de l'Institut du monde arabe à Paris(expositions collectives ),les musées des beaux arts de Caen et de Poitiers(expositions personnelles en 1986 et 1987) , le musée de Montbéliard(expositions collectives) ,le musée d'art moderne de Céret (rétrospective en 2018),le musée de Gajac(rétrospective en 2019),le MACAALà Marrakech(expositions collectives), la Villa des Arts de Casablanca et de Rabat(rétrospective en 2019) le musée d'art moderne et contemporain Mohammed VI à Rabat(expositions collectives)

Années 1970[modifier | modifier le code]

Elle étudie à l'école des Beaux Arts de Paris et obtient, au milieu des années 1970, une maîtrise d’arts plastiques et d’histoire de l’art à Paris I sur Paul Cezanne, ainsi qu’une licence de théâtre à Paris VIII. Cette dernière lui donne l’occasion de travailler avec Peter Brook et le Living Theatre, groupes d’avant-gardes engagés ouverts aux cultures dites « extra-européennes »et à la performance avec lesquels elle explorera un travail inédit sur le corps et le geste qui marquera profondément sa démarche picturale en lui donnant une singularité et un style inédits.

Durant ces années de recherche elle effectue des performances avec des instrumentistes en musique contemporaine, dessinant sur de grandes feuilles de papier préalablement sonorisées par des microcontacts, notamment au CAPC de Bordeaux en 1979. Elle fréquente, à la même époque, le collectif Femmes/Art et participe à la revue de femmes Sorcières où elle publie ses premiers dessins en noir et blanc rappelant l' aspect vibratoire d'un sonogramme. Elle enseignera de 1973 à 1980 au conservatoire expérimental de musique de Pantin, crée en 1968 en banlieue parisienne, ou elle donnera des cours en collaboration avec des compositeurs de musique contemporaine sur la relation entre son et dessin, timbre et diagramme.

Années 1980[modifier | modifier le code]

Pendant la période des années 1980 / 90 elle est représentée par la galerie Montenay à Paris et par la galerie L' Atelier à Rabat.

En 1985, elle part un an à Essaouira avec une bourse « Villa Médicis Hors les murs » et y retournera régulièrement jusqu'à y installer un atelier.C’est durant ce séjour qu’elle peint ses premières toiles autour du mythe d’Icare, « symbole de la prise de risque de toute liberté », sur de grandes toiles brutes où se juxtaposent l’empreinte de gestes corporels et des collages transparents aux formes géométriques très architecturées : ces œuvres seront montrées pour sa première exposition personnelle aux musées des beaux arts de Caen et de Poitiers en 1986/87 et figurent aujourd'hui dans plusieurs collections muséales prestigieuses dont celle du centre Pompidou à Paris.

Années 1990[modifier | modifier le code]

En 1991-92 elle crée une série d'œuvres géométriques à partir de polyèdres en référence au Timée de Platon : les Rhombe. Puis de 1993 à 1995, réagissant aux crimes de guerre commis contre les Bosniaques en ex-Yougoslavie, elle crée la série des Coupoles, qui atteste de son intérêt pour les formes universelles dans l’architecture (notamment l’octogone), tout en faisant référence à la représentation de la cosmologie dans les arts de l’Islam. Plus tard, en 2005, elle reviendra sur ce drame avec les œuvres numériques War Flower.

En 1998,elle enseigne le dessin à l'École Nationale Supérieure des Beaux Arts de Paris en tant qu'artiste invitée pour l 'année par son directeur Alfred Pacquement.

Années 2000[modifier | modifier le code]

À partir de 1996 et pendant une quinzaine d'années, Najia Mehadji dessine sur des toiles de grand format avec des craies à l’huile de couleur intense ses célèbres peintures/dessins monochromes issues de formes et thèmes symboliques universaux tels que la sphère, l'arborescence (ou arbre de vie), la fleur de Grenade, la pivoine etc. qu’elle décline en autant de « structures de flux  » captant aussi bien l’éphémère de la vie, le passage, que la notion d'infini ou encore la dualité entre Eros et Thanatos. Elle change de technique en 2010 en peignant avec un très large pinceau des lignes courbes en « arabesques » très lumineuses sur fond noir. Elle invente ainsi une gestuelle singulière qui deviendra sa "marque" dans un geste continu et dynamique, en expansion, incarnant la synthèse du corps et de la pensée..

Parallèlement à sa pratique de la peinture et du dessin, poursuivant son engagement contre les violences de la guerre , notamment contre les civils et les femmes, elle crée, à partir de 2005, des œuvres numériques en y intégrant des détails agrandis de gravures de Goya ( La Tauromachie et Les Désastres de la guerre) au sein de peintures de fleurs fluorescentes – dans une tension entre vie et mort, opposant la beauté à la barbarie.

Années 2010[modifier | modifier le code]

Pendant une dizaine d'années elle crée de nouvelles séries de peintures et d'images numériques de grand format qui donnent un aspect sculptural à ses gestes en les dynamisant : ce sont les Volutes, Arabesque, Mystic Dance, Enroulement, Vague, dont les lignes continues, la gestualité libre, et les références à la calligraphie orientale et au soufisme, sont autant de propositions formelles qui lui permettent de s'approprier, en tant que femme et de façon personnelle, des pratiques habituellement dévolues aux hommes. Elle invente ainsi une peinture et un style libérés de toute tradition et proche de la performance. Elle peint également une série d'œuvres d'après El Greco, puis en référence à la célèbre sculpture La Valse de Camille Claudel. Elle passera ensuite du rythme révélateur du drapé à la métaphore soufie de la vague dans son mouvement de flux et de reflux avec ses séries Blue Wave (2016), Vague (2017), Chute (2018).


Années 2020

En 2020 et 2021 en pleine pandémie du COVID 19 elle réalise les oeuvres "Ligne de vie" et "Liberté, j'écris ton nom" en hommage au poème de Paul Eluard et contre toute forme d'enfermement. Une partie de ces oeuvres figurent dans l'exposition collective contre la peine de mort "Le droit de vivre" au musée d'Art et de Culture de Marrakech du 10 octobre 2021 au 28 février 2022, ainsi que dans l'exposition personnelle "Ligne de vie" à la Galerie l'Atelier 21 à Casablanca en décembre 2021.

Expositions[modifier | modifier le code]

Ses principales expositions personnelles ont eu lieu, en France, aux musées des beaux-arts de Poitiers, de Caen, d’Épinal, de Céret et de Villeneuve sur Lot ; à la galerie Montenay (Paris), Claude Lemand (Paris) et La Navire (Brest). Au Maroc, à la Galerie Nationale Bab Rouah (Rabat) ; à l’espace Actua de l’Attijariwafabank (Casablanca) ; à la galerie Delacroix (Tanger) ; à la galerie Shart et à la galerie l'Atelier 21 (Casablanca) ; à la Villa des Arts de Casablanca et de Rabat ainsi que dans les Instituts Français d'Essaouira, de Rabat, de Fes et de Tétouan. En Tunisie, à la galerie Le Violon Bleu (Sidi Bou Said). Elle a également exposé à Amman en Jordanie (fondation Shoman), à la foire de Bâle, à l’Arco de Madrid, à l'Alliance Française de New York, à l'Institut français de Bamako au Mali et dans de nombreuses autres institutions dans le monde.

Elle participe en 2009 à l'exposition elles@centrepompidou au Musée National d'Art Moderne du centre Georges-Pompidou (Paris)qui révélera sa série de dessins "Fleur de Grenade", et celle de Traversées à Rabat avec ses "War Flower".

En 2010, à la Foire d'art contemporain de Dubaï, à l'exposition Résonances au musée de Marrakech ainsi qu'à Marrakech Art Fair avec la galerie Shart de Casablanca.

En 2011, à l'exposition collective Architectures/Dessins/Utopies au musée national d'art contemporain de Bucarest ; à Nature et Paysages à l'espace d'art de la Société Générale de Casablanca ; et à Drawing Now Paris au Carrousel du Louvre. Elle expose dans Sens & Essences à l'Institut français de New York et à la Villa Roosevelt à Casablanca sa série Mystic Dance.

Elle est l'une des artistes présentes à «Traits d'Union - Paris et l'art contemporain arabe » à la Villa Emerige à Paris : exposition muséale réalisée par la revue Art absolument regroupant une douzaine d'artistes, qui sera présentée également à Beyrouth, Sanaa, et Rabat.

En 2012-2013, elle expose à la Galerie Shart, à Casablanca ; à Proche à la galerie Albert Benamou à Paris et à Art Paris Art Fair. Elle expose ses œuvres numériques Mystic Dance à «25 ans de créativité arabe » à l'Institut du monde arabe qui ira ensuite à Emirates Palace à Abu Dhabi, et à Manama au Barheïn.

Elle participe en 2013 à la vente aux enchères « Syriart », à Paris et à Beyrouth, pour soutenir les victimes civiles du peuple syrien en révolte.

Début 2014 elle fait une exposition personnelle « New Arabesque » à la galerie Le Violon Bleu à Tunis. Participe à Art Dubai (Selma Feriani Gallery Londres) ainsi qu'à Art Paris Art Fair (galerie Claude Lemand Paris). En été 2014, sa série d'œuvres numériques Suites goyesques ; Tauromachie sont montrées au musée d'art moderne de Céret dans « Le peintre et l'arène : art et Tauromachie de Goya à Barceló ». Elle participe à l'exposition inaugurale du musée Mohammed VI d'art moderne et contemporain de Rabat « 1914-2014, 100 ans d'art au Maroc », ainsi qu'à celle de l'Institut du monde arabe à Paris, « Le Maroc contemporain ». En , elle expose « 20 ans d'œuvres » à la galerie l'Atelier 21 à Casablanca qui lui organise sa première rétrospective au Maroc. Elle est présentée à Art Paris Art Fair, au Grand palais, par la galerie Claude Lemand. En 2016 elle inaugure le MACMA à Marrakech avec l'exposition "Najia Mehadji / Mahi Binebine  : Face à l'Histoire" et participe à l'exposition "Femmes Artistes Marocaines de la Modernité 1960\2016" au Musée d'Art Moderne et contemporain Mohammed VI à Rabat.

En 2018, une rétrospective de son œuvre se tient au musée d'art moderne de Céret, en France[1]pendant quatre mois (du au ) et remporte un grand succès avec plus de 35 000 visiteurs. Par ailleurs une exposition personnelle "L'invention du geste" a lieu à la galerie l'Atelier 21, à Casablanca en octobre. La donation France et Claude Lemand inaugurée le fait entrer 17 œuvres majeures de l'artiste au musée de l'Institut du monde arabe à Paris.

En 2019 une nouvelle rétrospective de son œuvre a lieu simultanément aux Villas des Arts de Casablanca et de Rabat. Le musée de Gajac à Villeneuve sur Lot lui organise une importante exposition personnelle, "Le temps de la ligne " durant l'été. Elle est présentée également dans des expositions collectives au musée des Beaux arts de Rennes "Créatrices, l'émancipation par l'art ", et au musée Camille Claudel à Nogent sur Seine "A rebrousse Temps". En elle expose à la galerie Le Violon Bleu à Sidi Bou Said "Les Fleurs du Temps", une exposition rétrospective dont le fil conducteur est le motif de la fleur comme symbole de paix et de volupté en contrepoint aux violences contemporaines.

En septembre 2020 elle montre des œuvres numériques "Mystic Dance" et "Arabesque" à Art Paris Art Fair, au grand Palais sur le stand de la galerie Véronique Rieffel (Paris/Abidjan). Les œuvres "Ligne de Vie" réalisées pendant le confinement sont un hymne à la vie et seront montrées à la Galerie l'Atelier 21 à Casablanca en juin ainsi qu'en ligne à la foire d'art contemporain africain AKAA (galerie Véronique Rieffel)

En 2021 elle crée la série d'œuvres "Liberté j'écris ton nom" pour une exposition contre la peine de mort, qui juxtapose des sérigraphies de grand format à exemplaire unique et des lignes sinueuses qui expriment aussi le désir de liberté face à l'enfermement lié à la pandémie du COVID 19. Une rétrospective de ses œuvres numériques "White Dance" se tient à la chapelle des Dames Blanches à La Rochelle en juin /juillet. Elle expose en septembre les peintures "Ligne de vie" dans l'espace de la galerie Véronique Rieffel à Art Paris / Art Fair au Grand Palais Éphémère. Puis dans l'exposition pour l'abolition de la peine de mort "Le droit de vivre" au MACMA de Marrakech d'octobre 2021 à février 2022.

Les œuvres de Najia Mehadji sont présentes dans de nombreuses collections publiques dont une salle au musée d'art moderne et contemporain Mohammed VI à Rabat, au Musée National d'Art Moderne (Centre Georges Pompidou) à Paris, à l'Institut du Monde Arabe à Paris, au musée des beaux arts de Caen, au musée de Montbéliard, au musée d'art moderne de Céret, au musée de Gajac (Villeneuve-sur-Lot) ainsi que dans les collections privées marocaines de la Société Générale, de la Fondation ONA, de l'Attijari Waffabank, de l'OCP à Casablanca et du MACAAL à Marrakech.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Expositions collectives[modifier | modifier le code]

  • « Al Musiqa », Philharmonie, Paris, du  au 10 août 2018 [1]
  • « E-Mois autobiographie d'une collection », Musée d'art contemporain africain Al Maaden (MAACAL), Marrakech, du au [2]
  • « Résonance. De l'original au multiple », Centre Cristel Éditeur d'Art, Saint-Malo, du au [2]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Najia Mehadji, Édition Somogy, 2008. Textes d'Alain Tapié, Christine Buci-Glucksmann, Jean-Louis Baudry, Mohamed Rachdi et Henri-François Debailleux. 160 pages, textes français/anglais, 130 illustrations couleur.
  • Revue étoiles d'encre no 42, 2010, « Célébration », entretien avec Peggy Inès Sultan
  • Monographie Najia Mehadji , Les Éditions Art Point, collection Moroccan Art Books, 2012 : textes de Pascal Amel, Rémi Labrusse, Véronique Rieffel, Christine Buci-Glucksmann, Ghita Triki, Philippe Piguet, Anne Dagbert, Peggy Inès Sultan, Mohamed Rachdi, Henri-François Debailleux. 280 pages, 10 textes français/anglais, 330 illustrations couleur.
  • La révélation du geste, Édition Somogy, 2011, Textes de Pascal Amel, Véronique Rieffel, Abdelwahab Meddeb, Rémi Labrusse et Christine Buci-Glucksmann. 160 pages, textes français/anglais.
  • Najia Mehadji, La trace et le souffle, Co-édition Édition Somogy / Musée d'art moderne de Céret, 2018. Textes de Pascal Amel, Christine Buci-Glucksmann, Nathalie Galissot, Mohamed Rachdi.
  • Sur les traces d'Empédocle, 60 poèmes de Pascal Amel et 60 dessins en noir et blanc de Najia Mehadji. 134 pages, Editions Mare Martin (Paris), 2019.
  • Catalogue des expositions Le trait et la forme 1985-2018 à Villa des arts de Casablanca et Le flux et la danse 2011-2018 à Villa des arts de Rabat (Textes de N. Gallissot, B. Azami, C.Buci-Glucksmann et M. Rachdi), 2019, Fondation ONA

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Tom Laurent, « Najia Mehadji, Danser la peinture », art absolument,‎ (ISSN 1634-6556)
  2. Christophe Penot, « Exposition Résonance », Centre Cristel Editeur d'Art,‎ du 30 janvier au 19 mars 2016 (lire en ligne, consulté le )

Liens externes[modifier | modifier le code]