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Naine rouge

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Représentation d'une naine rouge.

En astronomie, une étoile rouge de la séquence principale, appelée communément naine rouge, est une étoile de type spectral M V, c'est-à-dire une étoile appartenant à la séquence principale (classe de luminosité V) de type spectral M (étoile rouge). Les étoiles K dites tardives (naines orange les plus froides) sont parfois incluses parmi les naines rouges.

Ces étoiles sont peu massives et leur température de surface peu élevée. Ayant une masse comprise entre 0,075 et 0,6 masse solaire (M) et une température inférieure à 4 000 K en surface, ce sont des étoiles peu lumineuses, les plus grosses d'entre elles émettant de l'ordre de 10 % de la luminosité solaire. En dessous de 0,08 M, on a affaire à un objet substellaire, à une naine brune ou à une planète géante gazeuse. La limite entre étoile naine rouge et naine brune de type spectral M est généralement au niveau du type M 6.5.

Les naines rouges seraient de loin les étoiles les plus nombreuses de l'Univers[1]. Les modèles stellaires actuels les décrivent comme entièrement convectives, c'est-à-dire que l'hydrogène est constamment brassé par convection dans l'ensemble de l'étoile de sorte que l'hélium issu de la réaction proton-proton au cœur de l'astre ne peut s'y accumuler. Les naines rouges pourraient ainsi briller de façon relativement constante pendant des centaines ou milliers de milliards d'années[2], des durées de vie de l'ordre de cent ou mille fois l'âge actuel de l'Univers : les naines rouges actuelles n'en sont qu'au début de leur existence.

Découverte

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Les premières naines rouges ont été découvertes au XXe siècle, respectivement en 1915 pour Proxima du Centaure et en 1916 pour l'étoile de Barnard par l'astronome américain Edward Emerson Barnard.

Caractéristiques

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Propriétés typiques des étoiles de type M sur la séquence principale[3],[4],[5]
Type
spectral
[6]
Masse (M) Rayon (R) Luminosité (L) Température
effective

(K)
Indice de
couleur

(B − V)
M0V 0,57 0,588 0,069 3850 1,42
M1V 0,50 0,501 0,041 3660 1,49
M2V 0,44 0,446 0,029 3560 1,51
M3V 0,37 0,361 0,016 3430 1,53
M4V 0,23 0,274 7,2 × 10-3 3210 1,65
M5V 0,162 0,196 3,0 × 10-3 3060 1,83
M6V 0,102 0,137 1,0 × 10-3 2810 2,01
M7V 0,090 0,120 6,5 × 10-4 2680 2,12
M8V 0,085 0,114 5,2 × 10-4 2570 2,15
M9V 0,079 0,102 3,0 × 10-4 2380 2,17

Masse et rayonnement

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Elles sont de type spectral « K » ou « M ». Elles ont une masse comprise entre 8 et 40 % celle du Soleil (voire 60 % au maximum)[7] et une température de surface inférieure à 3 500 K. Leur luminosité peut être très variable, mais elle est grandement inférieure à celle du Soleil : de moins de 0,001 % de celle du Soleil, jusqu'à 3 ou 4 % au maximum pour les plus volumineuses[8]. Ce sont des étoiles entrées dans la séquence principale, très peu massives, voire à la limite entre un objet substellaire (naine brune) et une étoile. En raison de leur faible masse, leur température centrale n'est pas très élevée.

Un autre type d'étoiles pourrait aussi être appelé naines rouges : des cadavres stellaires d'étoiles peu massives, des naines blanches dont la lumière a décru au fil des milliards d'années. Il semblerait que les naines blanches ne se soient pas refroidies suffisamment pour rayonner dans le rouge, et ainsi devenir des naines rouges ni a fortiori des naines noires.

La naine rouge EBLM J0555-57 Ab est, avec une masse de 0,084 M, très proche de la limite inférieure théorique, et l'étoile de plus faible masse connue.

Cycle de vie

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Elle ne permet que des réactions de fusion nucléaire du type chaîne proton-proton et la conversion de l'hydrogène en hélium s'y effectue à un rythme très lent. Par conséquent, leurs réserves en hydrogène s'épuisent lentement. Ces étoiles possèdent donc une durée de vie bien plus longue que le Soleil, estimée entre quelques dizaines et des milliers de milliards d'années. Plus la masse d'une naine rouge est faible, plus sa durée de vie est longue[9],[10],[11].

L'énergie produite au centre des naines rouges est transportée vers la surface uniquement par convection en raison de l'opacité de leur milieu intérieur. À la différence du Soleil et d'autres étoiles plus massives, l'hélium ne s'accumule donc pas au centre de l'étoile, mais circule à l'intérieur de celle-ci. Elles peuvent donc consommer une plus grande proportion d'hydrogène.

À cause de leur faible température (du fait également de leur petite masse), les naines rouges n'arrivent jamais au stade où les autres étoiles commencent la fusion de l'hélium et ne deviennent donc jamais des géantes rouges. Elles se contractent et s'échauffent lentement jusqu'à ce que tout leur hydrogène soit consommé. Dans tous les cas, il ne s'est pas encore passé suffisamment de temps depuis le Big Bang pour que quiconque ait pu observer la séquence terminale d'une naine rouge.

Un mystère encore non résolu à ce jour est l'absence de naines rouges dépourvues de métaux (en astronomie un métal est un élément plus lourd que l'hydrogène et l'hélium). En effet la théorie du Big Bang prédit que les étoiles de la première génération ne devraient contenir en leur sein que de l'hydrogène, de l'hélium ainsi que du lithium à l'état de trace. Si cette première génération d'étoiles comportait des naines rouges, on devrait en observer aujourd'hui, mais ce n'est pas le cas. L'explication privilégiée actuellement est que seules des étoiles très massives et appartenant à la population III ont pu se former en l'absence d'éléments lourds dans l'univers. Ces étoiles, d'une durée de vie très brève, ont relâché dans le milieu interstellaire des éléments lourds qui ont permis par la suite la formation de naines rouges.

Présence dans la Voie lactée

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L'étoile de Barnard comparée au Soleil et à Jupiter.

Les naines rouges sont probablement les étoiles les plus nombreuses de l'Univers[1].

Proxima du Centaure, la deuxième étoile la plus proche de nous, ou l'étoile de Barnard (2e système à moins de 6 années-lumière, solitaire comme le Soleil) sont des naines rouges, de même que vingt autres parmi les trente étoiles les plus proches, comme l'étoile Wolf 359 par exemple, ou encore la composante principale de WISE 0720-0846 (dite l'étoile de Scholz) découvert en 2013.

Elles représenteraient 80 à 85 % des étoiles de notre galaxie[12],[13], ce qui correspondrait environ à « 160 milliards sur les 200 milliards d'étoiles dans la Voie lactée »[14].

Habitabilité des systèmes autour des naines rouges

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Références

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  1. a et b (en) « The Universe Does Think Small », sur Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics, (consulté le )
  2. http://www.astroscu.unam.mx/rmaa/RMxAC..22/PDF/RMxAC..22_adams.pdf
  3. (en) Mark J. Pecaut et Eric E. Mamajek, « Intrinsic Colors, Temperatures, and Bolometric Corrections of Pre-main-sequence Stars », The Astrophysical Journal Supplement Series, vol. 208, no 1,‎ , p. 9 (DOI 10.1088/0067-0049/208/1/9, Bibcode 2013ApJS..208....9P, arXiv 1307.2657)
  4. (en) Eric Mamajek, « A Modern Mean Dwarf Stellar Color and Effective Temperature Sequence », sur www.pas.rochester.edu, University of Rochester, Department of Physics and Astronomy, (consulté le )
  5. (en) C. Cifuentes et al., « CARMENES input catalogue of M dwarfs. V. Luminosities, colours, and spectral energy distributions », Astronomy & Astrophysics, vol. 642,‎ , article no A115 (DOI 10.1051/0004-6361/202038295, Bibcode 2020A&A...642A.115C, arXiv 2007.15077)
  6. Certaines jeunes naines brunes peuvent également présenter des spectres similaires aux étoiles de type M tardives.
  7. (en) Évolution des étoiles à faible masses, Rochester Institute of Technology.
  8. (en) Relation masse-luminosité des étoiles à petite masse, Astrophysical Journal Letters.
  9. Michael Richmond, « Late stages of evolution for low-mass stars », Rochester Institute of Technology, (consulté le )
  10. Fred C. Adams et Gregory Laughlin, « A Dying Universe: The Long Term Fate and Evolution of Astrophysical Objects », Reviews of Modern Physics, vol. 69, no 2,‎ , p. 337–372 (DOI 10.1103/RevModPhys.69.337, Bibcode 1997RvMP...69..337A, arXiv astro-ph/9701131)
  11. (en) Guillermo García-Segura, Gravitational Collapse : From Massive Stars to Planets : Ensenada, B.C., México, Diciembre 8-12, 2003, UNAM, , 167 p. (ISBN 978-970-32-1160-9, lire en ligne), p. 47
  12. « La plupart des étoiles de la Voie Lactée sont des solitaires », sur Techno-Science.net, (consulté le )
  13. « Des milliards de planètes rocheuses dans la « zone habitable » autour de naines rouges dans la Voie Lactée », sur ESO, (consulté le )
  14. Laurent Sacco, « Les superterres de la Voie lactée : les explications de Xavier Delfosse », sur Futura-Sciences, (consulté le )

Articles connexes

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Autres types

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Liens externes

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