Nadine Ribault

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Nadine Ribault
Naissance
Paris
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture français
Genres

Œuvres principales

  • Festina lente (2000)
  • Le Vent et la lumière (2006)
  • Les Sanctuaires de l'abîme - Chronique du désastre de Fukushima (2012)
  • Carnets de Kyôto (2013)
  • Carnets de la Côte d'Opale (2016)

Nadine Ribault, née à Paris le 20 janvier 1964, est un écrivain français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le père de Nadine Ribault est né sur l’île de La Réunion en 1935, dans une famille de 9 enfants, sur une plantation de cannes à sucre. Sa mère est née la même année en Charente-Maritime, d’une famille paysanne et ouvrière. Ses parents se rencontrent à Paris où son père est soudeur et quittent la France pour la Côte d’Ivoire où Nadine Ribault et son frère passent leurs premières années d’enfance.

Après des années de vie en région parisienne, en Écosse, aux Pays-Bas, la famille s’installe à Metz où Nadine Ribault commence des études de lettres qu’elle poursuit à Paris tout en ayant, quatre années durant, à lutter contre la maladie. Elle quitte l'université. Elle enseigne en France puis au Japon, et décide, en 1995, d’arrêter ce travail. Elle vend les livres qu’elle a acquis durant ses études et ses quelques années d’enseignement, continue de s’adonner à la calligraphie et se reconstitue, peu à peu et selon ses choix, une bibliothèque.

Retirée dans la forêt, au pied des Alpes japonaises elle écrit son premier recueil de nouvelles, Un caillou à la mer, découvre les écrits japonais, indiens (Krishnamurti, la Bhagavad-Gîtâ), russes (Tchekhov, Anna Akhmatova), antiques (Lucrèce, Ovide, Sophocle), allemands (Nietzsche, Novalis, Hölderlin) et revient toujours à la lecture des romantiques et des surréalistes.

Ses voyages l’ont menée en Chine, en Nouvelle-Zélande, dans différents pays européens. La France n’était parfois qu’un pays de passage et le voyage, suivant ce principe de Germaine Tillon, lui laisse penser qu’on peut s’essayer à voir de loin pour mieux voir de près.

Nadine Ribault vit près de la mer du Nord, sur la Côte d'Opale.

En 2012, elle publie ses Carnets des Cévennes et Carnets des Cornouailles, aux Éditions Le mot et le reste. Ces livres inaugurent une série qu’elle appelle « Points d’Appui ». N’y est pas tenu le détail d’un voyage, qui en ferait des carnets dits « de voyage », mais celui d’un rapport à un certain monde en voie avancée de disparition. C’est ce dernier qui, constituant le point d’appui, permet de se remettre du vertige éprouvé dans l’acte d’écriture d’un roman.

Toujours en 2012, elle publie, en collaboration avec Thierry Ribault, Les Sanctuaires de l'abîme - Chronique du désastre de Fukushima[1] aux Éditions de l'Encyclopédie des Nuisances, ouvrage qui traite de la catastrophe de Fukushima. Nadine Ribault était présente au Japon où elle a fait depuis vingt ans de nombreux séjours[2],[3],[4]. Nadine et Thierry Ribault dénoncent notamment dans cet ouvrage le "négationnisme nucléaire" qui renvoie à "la négation, par de multiples procédés, de la réalité des conséquences du rayonnement sur la santé des populations, en dépit des preuves attestées d'existence de tels effets sur les différentes formes de vie"[5].

En 2013, 2016, 2018 paraissent, aux Éditions Le mot et le reste, les tomes 3, 4 et 5 des Points d'Appui, Carnets de Kyôto, Carnets de la Côte d'Opale et Carnets de la Mer d'Okhotsk. Elle écrit dans ces derniers, face au monde blanc des rivages du nord du Japon :

« Quelle que fût la perdition, le sans-remède où elle était lancée, je restais attachée à la Terre. Je la cherchais. J’avais pensé ne pas être dans une fuite en avant et cependant, je poursuivais certains lieux spécifiques, certains îlots réconfortants où je pouvais me détourner du désastre, où ce dernier n’avait pas achevé ses ravages, où je ne voyais pas les tours de refroidissement et les enceintes de confinement que notre civilisation sème partout. Je persistais à lire la Terre tel le point d’appui de ma vie, l’axe qui me traversait de part en part et m’attachait à ses quelques aires de sauvagerie plus ou moins réelle qui subsistaient, pour les parcours nouveaux et surprenants, pour les rivages infinis, pour les falaises, pour la poésie de ses beautés les plus étonnantes, pour les êtres troublants qui, malgré leur désespoir aux angles cassants, ne fléchissaient pas et qui, vivant par l’esprit et par le cœur, mettaient au-dessus de tout l’absolu de la liberté, de l’amour et de la poésie. [6]»

De 2016 à 2018, elle publie plusieurs recueils de poèmes.

En 2018, elle est co-commissaire de l'exposition Valentine Hugo, le carnaval des ombres, qui se tient à la Bibliothèque des Annonciades à Boulogne-sur-Mer du 17 mars au 9 juin 2018. Elle dirige l'ouvrage du même titre, publié par les Éditions Invenit à l'occasion de l'exposition, premier ouvrage en couleurs réalisé sur cette artiste bouleversante. Nadine Ribault y défend l'idée que Valentine Hugo, proche des surréalistes, était une artiste ardente et puissante et l'une des grandes amoureuses absolue d'André Breton qu'elle aima passionnément.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Tout est conçu par Nadine Ribault comme création poétique : romans, nouvelles...etc. Elle consacre plusieurs années d’écriture à chacun de ses romans et y défend, à travers la création d’héroïnes marquées par l’influence du roman anglo-saxon (Jane Austen, Virginia Woolf, Henry James, Nathaniel Hawthorne) et du roman du XIXe siècle (Stendhal, Lautréamont, Novalis), les notions d’ardeur et de ferveur.

La description occupe dans ses livres une place centrale, ses personnages établissant avec la nature un rapport intense. Descriptions et monologues permettent d’appréhender le déchirement vécu par l’héroïne entre monde intérieur et monde extérieur et la nécessité où elle se trouve de se découvrir elle-même, découverte qui ne peut se faire qu'à travers celle de l'amour.

Cependant, elle a dû se défier des mots, à un moment ou à un autre, puisque, en 2010, cherchant à s'échapper de la littérature et plonger dans le monde des images merveilleuses, elle commence des collages qui sont régulièrement exposés en France et au Japon. Après l'accident nucléaire de Fukushima de 2011, elle se replonge dans la lecture des Chants de Maldoror d'Isidore Ducasse, comte de Lautréamont, et fait, à partir de cet ouvrage violemment fondamental, 33 dessins qui sont exposés à Tôkyô et publié aux Éditions des Deux Corps en 2018.

Romans[modifier | modifier le code]

Nouvelles[modifier | modifier le code]

  • Un caillou à la mer, Actes Sud, Leméac, 1999. Traduit en anglais sous le titre A pebble into the sea, VVV Éditions, Canada, 2004
  • Cœur anxieux, Actes Sud, 2004
  • Matière première, D'un Noir si Bleu, 2014

Essais[modifier | modifier le code]

  • Les Sanctuaires de l'abîme - Chronique du désastre de Fukushima, Éditions de l'Encyclopédie des Nuisances, (avec Thierry Ribault), 2012
  • Carnets des Cévennes - Les clochers de tourmente (Point d'Appui 1), aux Éditions Le mot et le reste, 2012
  • Carnets des Cornouailles - Cette pause sur le bord d'un abîme (Point d'Appui 2), aux Éditions Le mot et le reste, 2012
  • Carnets de Kyôto - Dans la forêt de la vérité (Point d'Appui 3), aux Éditions Le mot et le reste, 2013
  • Carnets de la Côte d'Opale - L'infini arrive pieds nus sur cette terre (Point d'Appui 4), aux Éditions Le mot et le reste, 2016
  • Carnets de la Mer d'Okhotsk - L'éternité et les mortes saisons (Point d'Appui 5), aux Éditions Le mot et le reste, 2018

Traductions[modifier | modifier le code]

Ouvrages collectifs et catalogues[modifier | modifier le code]

  • La Robe noire in Noir(s), Centre historique minier de Lewarde et La Nuit myrtide, 2001
  • National Library in The Best New Zealand Fiction : vol.1, édité par Fiona Kidman, Vintage/Random House, New Zealand, 2004
  • Transfiguration in Catalogue Nathalie Grall, Éditions Galerie Capazza, 2005
  • Breathless et Visiting Janet Frame in The Color of Distance, édité par Jenny Bornholdt and Gregory O'Brien, Victoria University Press, New Zealand, 2005
  • Nadine Ribault, collages 2010-2014, catalogue présenté par Kanji Matsumoto, Éditions Irène, Kyôto, 2014
  • Valentine Hugo, le carnaval des ombres, ouvrage dirigé par Nadine Ribault, textes de Victoria Combalia, Dominique Rabourdin et Nadine Ribault, Éditions Invenit, 2018

Ouvrages à tirage limité[modifier | modifier le code]

  • La cordelette jaune, gravures de Nathalie Grall, Michèle Broutta, 2004
  • Noyé de brume et de silence, gouaches de Marie-Christine Dubois, L'Espace du Dedans, 2010
  • Conversation avec le graveur Nathalie Grall, introduction La gravure bouleversée, Éditions Tandem, 2010
  • Une semaine dans la vie d’Immalie, ouvrage fait main, accompagné de 31 dessins de N. Ribault, Nao Paper, 2012
  • Dans la chambre des captures, collages et emblème de Yoko Yamashita, Éditions Irène, Kyôto, 2014
  • L'iris noir, collages de Laure Missir, Éditions des Deux Corps, 2015
  • La mâle soif et l'entêté désir, collages de Laure Missir, Éditions des Deux Corps, 2017
  • Aller rêvant - Ode à Annie Le Brun, Éditions Venus d'Ailleurs, 2017
  • Nous sommes dans une nuit d'hiver, 33 dessins de Nadine Ribault à partir des Chants de Maldoror d'Isidore Ducasse, comte de Lautréamont, Éditions Les Deux Corps, 2018

Expositions[modifier | modifier le code]

  • Exposition collective, collages, Librairie6, Tôkyô, 2013
  • Collages 2010-2012, exposition particulière, L'Espace du Dedans, Lille, 2013
  • Lawrence Jordan et autres collagistes (Lawrence Jordan, Bona de Mandiargues, Jan Švankmajer, Yoko Yamashita, Yuri Nonaka...), Librairie6, Tôkyô, 2014
  • Collages 2010-2014, exposition particulière, Galerie Chefs d'Œuvre, Osaka, 2014
  • Nue no Tora, exposition collective, collages, Librairie6, Tôkyô, 2013
  • Les mythologies bibliques, collages, exposition particulière, L'Espace du Dedans, Lille, 2014
  • Les Songes, collages 2010-2015, exposition particulière, Enssib, Villeurbanne, 2016
  • Les métamorphoses d'Iseut, collages, exposition particulière, L'Espace du Dedans, Lille, 2016
  • Arcane 17, l'âme du rêve, exposition collective des Éditions Venus d'Ailleurs, galerie SAGA Sinkié, Hellemmes, 2017
  • Artistes et livres Venus d'ailleurs, galerie L'Espace du dedans, Lille, 2017
  • Maldoror no Uta, exposition individuelle, dessins et collages, Librairie6, Tôkyô, 2018
  • Mic Mac, exposition collective des Éditions Venus d'Ailleurs, galerie 100, Paris, 2018
  • Tous mes jours sont des adieux, collages, exposition particulière, L'Espace du Dedans, Lille, 2018

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]


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