Nadia Remadna

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Nadia Remadna
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Nadia Remadna à Strasbourg.

Naissance (57 ans)
Créteil, Val-de-Marne
Nationalité Drapeau de la France France
Activité principale
Militante associative
Autres activités

Nadia Remadna, née à Créteil le , est une militante associative française. Fondatrice en 2014 de La brigade des mères[1], la publication de son livre Comment j'ai sauvé mes enfants paru en 2016 raconte sa vie en banlieue parisienne et appelle à se mobiliser contre l'embrigadement et la radicalisation de la jeunesse.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née à Créteil avec son frère jumeau dans une famille algérienne, ils sont les benjamins de cinq enfants. Sa mère décède quand elle a deux ans. Elle apprend à 13 ans lors de ses vacances d'été en Algérie que toute la famille va rester au bled. Son père lui indique qu'elle doit dire « adieu à la France » et qu'il va lui trouver un mari[2]. Elle est ensuite déscolarisée alors qu'elle aurait voulu être avocate[3]. À 25 ans, elle s'enfuit en volant les économies de son père pour retourner en France[1].

Divorcée, mère de quatre enfants, elle est d'abord représentante de parents d’élèves puis médiatrice scolaire. Elle travaille dans le social et est aujourd'hui «référente famille» en Seine-Saint-Denis[4].

À l'été 2014, elle fonde à Sevran l’association de la Brigade des mères[5] afin d'apporter des moyens à la dérive des jeunes en difficulté et de soutenir sur le terrain les mères dans les moments difficiles et les aider à s'exprimer[1] car selon elle, « C’est toujours la faute des mères ! On doit toujours prouver plus que les autres »[2]  et elles sont sous-estimées[3]. L'association est composée de mères et de quelques pères mais aussi d'avocates et de membres du corps enseignant[6]. En lien avec Laëtitia Messegue, elle recherche des partenariats pour lancer des projets culturels Paris-Sevran afin de faciliter l'accès à la culture française et au savoir[7].

Nadia Remadna et Abdelghani Merah à Strasbourg le 8 mars 2017.

Le 8 mars 2015, reçue à l’Élysée, elle parle de l'action de son association à François Hollande et lui demande « pourquoi on fait systématiquement appel aux hommes ou aux religieux mais rarement aux femmes, alors qu'elles sont souvent les premières concernées »[8]. Elle souhaite développer une école des mères de la République[9].

Dans son livre paru le , écrit avec Daniel Bernard, grand reporter au magazine Marianne, elle dénonce notamment l'abandon des principes républicains dans les banlieues et le maintien de la population immigrée dans leur culture d'origine, empêchant ainsi leur intégration[10]. Elle se définit comme lanceuse d'alerte[11]. Un communiqué de presse du [12] affirme que Nadia Remadna a fait « l’objet de menaces téléphoniques, inadmissibles et très inquiétantes, le 14 mars dernier en fin de journée. ».

Elle est, depuis la parution de son livre, invitée de manière récurrente dans les médias pour parler des phénomènes d'embrigadement et de radicalisation de la jeunesse, ainsi que des problématiques liées aux banlieues françaises.

Elle a le soutien de la philosophe Elisabeth Badinter qui la considère comme l'une des représentantes actuelles des Lumières[13]. Du fait de ses prises de position, elle a fait l'objet de menaces de mort et son fils a été attaqué physiquement en signe d'avertissement[14].

En décembre 2016, elle participe avec deux autres militantes de la Brigade des mères à un reportage de la journaliste Caroline Sinz de France 2 pour dénoncer la non-mixité qui règne, selon elles, dans la ville de Sevran[15]. Elles se rendent dans un café[16] où, dans cette séquence, on entendait cette phrase : "Dans ce café, il n’y a pas de mixité. On est à Sevran, on n’est pas à Paris. T’es dans le 93 ici ! C’est des mentalités différentes, c’est comme au bled."[17] Après la polémique créée par la diffusion du reportage, Nadia Remadna explique, dans un entretien au Monde, les raisons qui l'ont poussée à faire cette caméra cachée, et que c’est avant tout pour dénoncer le « machisme » et montrer « qu’en 2017 il y a, en France, des endroits qui ressemblent à l’Algérie ». La faute, toujours selon elle, à la « tradition » musulmane qui « pèse de plus en plus sur les quartiers »[18]. Le Bondy Blog publie quant à lui en mars un article remettant en cause le reportage de France 2, affirmant avoir constaté à plusieurs reprises la présence de femmes dans ce café[19],[20],[21]. Un journaliste de France 2 travaillant pour l'émission complément d'enquête envoyé par la suite en immersion au Jockey club y constate aussi la présence de femmes et abandonne alors l'idée d'y tourner un reportage[22]. Le CSA qui a été saisi après la diffusion du reportage a conclu en 2017 que « la chaîne avait respecté ses obligations en matière d’utilisation de la caméra cachée » et que les faits étaient présentés comme représentatifs d’un problème de société global. [23]


Le , Nadia Remadna et la Brigade des mères rejoignent à Strasbourg Abdelghani Merah, frère aîné du terroriste Mohammed Merah, qui sillonne la France pour alerter sur la montée de l'intégrisme[24].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Nadia Remadna, la mère qui fait trembler les maires de banlieue », Le Parisien,‎ (lire en ligne)
  2. a et b « Nadia Remadna, au nom des mères de banlieues », La Croix,‎ (lire en ligne)
  3. a et b « Nadia Remadna : le combat d'une mère », L'Humanité,‎ (lire en ligne)
  4. « Nadia Remadna : «En banlieue, l'islam sert à acheter la paix sociale» », Le figaro,‎ (lire en ligne)
  5. « mamans », sur mamans (consulté le 29 mai 2016)
  6. « [INVITE] Nadia Remadna », sur Les Maternelles- France 5,
  7. « Brigade des mères »
  8. « Sevran : Nadia Remadna, militante associative, a été reçue à l'Elysée », Le Parisien,‎ (lire en ligne)
  9. « Le combat des mères pour lutter contre la radicalisation de leurs enfants », sur www.europe1.fr (consulté le 29 mai 2016)
  10. Kévin « L'Impertinent » Victoire, « Brigade des mères : « Les immigrés sont maintenus dans leur culture » », sur Le Comptoir (consulté le 25 mars 2016)
  11. « "Oui, il y a une grande montée de la radicalisation en France", dénonce Nadia Remadna », sur BFM TV, (consulté le 14 mars 2017)
  12. « Menaces sur Nadia et sa brigade des mères »
  13. « Élisabeth Badinter appelle au boycott des vêtements islamiques », Le Point,‎ (lire en ligne)
  14. « Nadia REMADNA : Les messagers de la haine (2) » (consulté le 31 juillet 2016)
  15. http://www.lesinrocks.com/2016/12/19/
  16. Nadia Remadna, « Un café interdit aux femmes en France, en 2016 ? Oui, c'est la faute des pouvoirs publics », nouvelobs.com, (consulté le 13 mars 2017)
  17. http://www.rtl.fr/08/12/2016
  18. lemonde.fr/societe/article/2017/02/03/
  19. « Bar PMU de Sevran: la contre-enquête du Bondy Blog », mediapart.fr, (consulté le 13 mars 2017)
  20. Nassira el Moaddem, « Bacar PMU de Sevran : la contre-enquête du Bondy Blog », bondyblog.fr, (consulté le 13 mars 2017)
  21. Arrêt sur Images, « Bar PMU de Sevran : "Il n'y aura aucun compromis avec France 2" »,
  22. Daniel Schneidermann, « Contre-enquêtes et bal de journalistes dans les bars perdus de la République », Rue 89, (consulté le 13 mars 2017)
  23. lemonde.fr/les-cafes-a-sevran-aucun-manquement-de-france-2-selon-le-csa_
  24. Véronique Berkani, « La longue marche du frère de Merah », lalsace.fr, (consulté le 13 mars 2017)

Liens externes[modifier | modifier le code]