Nadejda Tolokonnikova

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Nadejda Tolokonnikova
Description de l'image Nadezhda Tolokonnikova (2012-02-04; Denis Bochkarev).jpg.
Naissance (28 ans)
Norilsk (kraï de Krasnoïarsk)
Nationalité Drapeau de Russie Russe
Pays de résidence Russie
Profession
Artiste, étudiante en philosophie
Activité principale
Formation
Conjoint
Piotr Verzilov
Descendants
1 fille, Gera[1]

Nadejda Andreyevna Tolokonnikova (en russe Надeжда Андрeевна Толокoнникова), née le à Norilsk dans le kraï de Krasnoïarsk, est une étudiante en philosophie, artiste et militante politique russe.

Biographie[modifier | modifier le code]

Étudiante en philosophie à l'université d'État de Moscou, elle rejoint avec son compagnon Piotr Verzilov le collectif artistique et protestataire Voïna (« guerre », en russe)[2]. Elle réalise de nombreuses performances artistiques parfois engagées politiquement et avec le groupe de punk rock féministe russe Pussy Riot[3].

En février 2008, afin de protester contre l'élection de Dmitri Medvedev, elle participe en étant enceinte à des relations sexuelles publiques avec d'autres membres du collectif dans le Musée des Sciences Naturelles à Moscou[4].

En mars 2012, elle est placée en détention provisoire pour « hooliganisme »[5] à la suite d'une « prière punk » dans la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou le . Cette « prière punk », intitulée Marie mère de Dieu — chasse Poutine ![6], contient entre autres les paroles « Sainte Marie mère de Dieu, deviens féministe », « merde, merde, merde du Seigneur », « la Gay Pride est envoyée en Sibérie » et « chasse Poutine »[7]. Elle est finalement condamnée à deux ans de camp de travail[8]. Elle purgera sa peine dans un ancien Goulag soviétique, en Mordovie à 600 km à l'est de Moscou. Elle décrit des conditions de détention difficile : les prisonniers travaillent entre 16 et 17h par jour, avec seulement 4h de sommeil chaque nuit et une journée de repos toutes les six semaines uniquement [9].

Fin septembre 2013, Nadejda Tolokonnikova écrit un texte « Lettre du camp 14 de Mordovie » (en référence à l'immatricule de la colonie IK-14) dénonçant les conditions de détention et de travail des femmes dans la colonie avant d'entamer sa première grève de la faim. Certains médias russes publient sa lettre ouverte[10]. En France, l'actrice Jeanne Moreau lira la lettre en marque de soutien sur France Culture[11].

En novembre 2013, en guise de répression lié au retentissement de sa lettre[12], elle est envoyée par l'administration pénitentiaire dans un camp à Krasnoïarsk en Sibérie. Elle est libérée le 23 décembre suivant en vertu d'une loi d'amnistie[13].

Depuis 2014, elle travaille comme mannequin[14]; elle a notamment posé pour Terry Richardson[15].

En juin 2015, elle a été de nouveau interpellée à Moscou[16] alors qu'elle militait pour les droits des prisonniers.

Vie artistique[modifier | modifier le code]

Fin 2017, elle met en scène les conditions de sa détention dans une pièce de théâtre immersion à Londres[17]. Le projet est monté via une plateforme de financement participatif.[18]

Vie privée[modifier | modifier le code]

Mariée avec Piotr Verzilov, elle est mère d'une fille, née le 4 mars 2008[19] et prénommée Hera (également retranscrit Gera) en référence à la déesse Héra[20].

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Nadejda Tolokonnikova apparaît dans le film documentaire Pussy Riot: A Punk Prayer (2013).

Livres[modifier | modifier le code]

Nadejda Tolokonnikova est l'auteur de l'essai Désirs de révolution[21] dans lequel elle fait le récit de son séjour en détention, où elle a commencé à écrire, mais aussi la genèse de son engagement et le choix de l'actionnisme. Le livre n'est pas édité en Russie, mais disponible sur internet[22].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1].
  2. « Voïna, cinq ans d'activisme iconoclaste », sur liberation.fr, (consulté le 28 avril 2018)
  3. Hélène Despic, « Pussy Riot, les chattes qui chatouillent la Russie », Libération,‎ (lire en ligne).
  4. (en) Miriam Elder, « Pussy Riot profile: Nadezhda Tolokonnikova », The Guardian,‎ (lire en ligne).
  5. « « Prière punk » dans une cathédrale russe : les suspectes restent en détention ».
  6. « AFP : Des punk anti-Poutine en grève de la faim après une décision de justice ».
  7. « Paroles des chansons des Pussy Riot sur le site officiel de soutien au groupe »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?).
  8. « Pussy Riot : l'énoncé du jugement ».
  9. « "Vladimir Poutine finance le Front national", selon Nadejda Tolokonnikova, des Pussy Riot », sur rtl.com, (consulté le 29 avril 2018)
  10. « Russie : Nadezhda Tolokonnikova dénonce les conditions de vie au Goulag », Ekaterina Agafonova, Le Journal International, 29 septembre 2013.
  11. « Jeanne Moreau, en soutien aux Pussy Riot, lit la «Lettre du camp 14 de Mordovie» », sur https://www.mediapart.fr/, (consulté le 27 avril 2018)
  12. « Pussy Riot: l'étrange disparition de Nadejda Tolokonnikova en Russie », sur bfm.fr, (consulté le 27 avril 2018)
  13. « Pussy Riot, la fin d'un calvaire en camp de détention », L'Express, 23 décembre 2013.
  14. [2].
  15. [3].
  16. [4].
  17. « La Pussy Riot Nadejda Tolokonnikova invente le théâtre-prison », sur http://www.rfi.fr/, (consulté le 27 avril 2018)
  18. « Les Pussy Riot recréent leur prison sibérienne dans un spectacle », sur www.lemonde.fr/, (consulté le 27 avril 2018)
  19. [5].
  20. [6].
  21. Désirs de révolution, Flammarion (ISBN 9782081359444, OCLC 949983147, lire en ligne)
  22. Benoît Vitkine, « Nadejda Tolokonnikova, des Pussy Riot, icône anti-Poutine », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]