Nabu Press

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Nabu Press
Fiche d’identité
Site officiel http://bibliolabs.com/

Nabu Press est un « imprint », c'est-à-dire un « nom d'éditeur », dont se sert la société commerciale Nabu, laquelle est une société-sœur de BiblioLabs LLC[1], au champ d'action plus étendu.

Nabu Press se spécialise dans l'édition de livres anciens ou épuisés. Le livre est un livre électronique (pour tablette ou ordinateur) ou un livre imprimé, mais alors selon la formule de l'impression à la demande (le tirage peut n'être que d'un seul exemplaire).

Caractéristiques de Nabu Press[modifier | modifier le code]

  1. Par rapport aux autres livres de BiblioLabs LLC.
    Le livre de Nabu Press n'a pas nécessairement fait l'objet d'une attention humaine[2].
  2. Par rapport aux livres de Gutenberg ou de Wikisource.
    Le livre est payant, même si le texte est dans le domaine public.
  3. Par rapport à l'éditeur traditionnel sur papier.
    L'éditeur traditionnel publie également des textes qui sont dans le domaine public, par exemple un classique de la littérature, mais il y ajoute généralement des notes, une introduction, quand ce n'est pas l'établissement même du texte. De plus, il y a un tirage, un nombre minimum d'exemplaires.

Controverse[modifier | modifier le code]

Nabu Press, et d'autres sociétés du même type[3], arrivent à un moment où il devient possible de rendre disponibles à tous des livres qui n'existaient auparavant que dans quelques bibliothèques.

La controverse vient du fait qu'un copyright est pris sur une œuvre qui est nettement dans le domaine public. De plus, le nouveau livre est payant. L'opération est simple et peu coûteuse : emprunter un livre dans une bibliothèque (ou télécharger un livre gratuit), lui donner une date de copyright, obtenir un nouvel ISBN, et le mettre en vente sur le Web en attendant pour passer à l'action qu'il y ait une commande[4]. Les statistiques sont parlantes : 272 930 livres « édités » en 2009 chez Nabu Press et ses sociétés mères ou sœurs[5].

Cette opération a été baptisée « copyfraud » par Jason Mazzone, professeur de droit à la Brooklyn Law School[6],[7]. Mazzone a été suivi par d'autres qui y voient une dérive du public vers le privé et du gratuit vers le payant[8],[9].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Nabu Press is the imprint of our sister company, Nabu, LLC. » (Site officiel de BiblioLabs, page Projects, section consacrée à Nabu Press). Nabu est mentionné comme un « projet » : la publication sans vérification humaine peut donc être la première étape d'un processus complet de réédition.
  2. « Ce livre peut avoir à l'occasion des imperfections, comme des pages manquantes ou floues, des images de mauvaise qualité, des marques aléatoires, etc. qui ou bien faisaient partie de l'exemplaire original, ou bien ont été introduites par la numérisation. » (Présentation d'un livre, celui de Marcus Meibom sur les trirèmes (1671), édité par Nabu Press. [1])
  3. Par exemple Kessinger (article Kessinger Publishing de la Wikipedia en langue anglaise : en:Kessinger Publishing), Cosimo Inc.. Pour une controverse semblable, voir Livres Groupe (environ 60 000 livres en 2010), branche française de en:Books LLC (224 460 livres en 2009)
  4. Section How to do it du texte de Charles Eicher
  5. [2]
  6. Article Copyfraud de la Wikipedia en langue anglaise : en:Copyfraud
  7. Copyfraud, texte intégral téléchargeable
  8. « Un livre à lire pour tous ceux qui ont à cœur l'avenir de la créativité », dit Jimmy Wales de Copyfraud.
  9. Charles Eicher, L'empoisonnement du domaine public