Naadam

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Le Naadam, festival traditionnel mongol *
UNESCO logo.svg Patrimoine culturel immatériel
de l’humanité
Cérémonie du Naadam en 2006
Cérémonie du Naadam en 2006
Pays * Drapeau de la Mongolie Mongolie
Région * Asie et Pacifique
Liste Liste représentative
Fiche 00395
Année d’inscription 2010
* Descriptif officiel UNESCO

Le Naadam (en mongol : Наадам, en mongol classique : Naɤadum, signifiant « jeux ») est l’abréviation de Eriin gurvan naadam (Эрийн гурван наадам, « Trois jeux virils ») [1] est un festival et une fête nationale qui célèbre aujourd'hui en Mongolie l'indépendance de la Mongolie par rapport à la Chine. Il a lieu chaque année les 11 et 12 juillet à Oulan-Bator, et se compose des 3 sports traditionnels mongols : Le tir à l'arc, la course de chevaux et la lutte mongole. Depuis 1998 leur est adjoint un quatrième jeu : Le jet d'osselets (shagai).

Suite au Naadam de la capitale, ont lieu au niveau de chaque aïmag et de nombreux sum des Naadam régionaux et locaux.

Le Naadam aurait été fondé en 1206 par Gengis Khan et s'est prolongé pendant toute l'existence de l'Empire Mongol. Ce festival a été restauré en 1921 lors de l'indépendance de la Mongolie.

Course de chevaux[modifier | modifier le code]

On donne un nom différent aux chevaux selon leur âge[1],[2] :

  • унага (unaga) : Poulain
  • даага (daaga) : Poulain de 2 ans
  • шүдлен (tsüdlen) : Cheval âgé de trois ans.
  • хязаалан (khyazaalan) : Cheval âgé de quatre ans
  • соёолон (soëolon) : Cheval âgé de cinq ans
  • их нас (ikh nas) : Six ans et plus

Les courseurs partent du point d'arrivée et font le trajet inverse. Une fois arrivé au point de départ, ils font demi-tour et courent jusqu'à l'arrivée.

Les cinq premiers arrivants sont gagnants, ils sont appelés airgiin tav (айргийн тав, les cinq de l'aïrag), tandis que le dernier de la course des jeunes poulains (daaga) est appelé « riche estomac » (Баян ходоод / bayan khodood). Ils sont tous les 6 aspergés d'aïrag et reçoivent des louanges. Des rites chamaniques accompagnent les courses. Les rites bouddhiques n'y ont été que très rarement observés. En revanche parmi les nombreuses louanges faites aux chevaux lors de ces cérémonies, certaines empreintes des éléments aux symboles bouddhiques[1].

La course est pratiquée par des enfants de 6 à 12 ans, garçons ou filles. La défaite du coursiers perdant (l'estomac riche) est mis sur le dos de la malchance, de l'inexpérience du cavalier, ou sur la mauvaise préparation par l’entraîneur, jamais sur le cheval dont les qualités seront toujours mis en avant. En dehors de cela, les cavaliers, généralement les enfants des éleveurs, entraînés de façon informelle pendant le mois précédant la course ne sont pas réellement considérés dans les courses. C'est sur l’entraînement du cheval qu'est surtout porté l'attention. L'honneur revient surtout aux chevaux et aux entraîneurs[1].

Des bâtons de sueur sont utilisés pour récupérer la sueur des chevaux, elles sont ensuite placées sous les toits pour porter chance[1].

Si en France le poids et la taille des jockeys est réglementé de 46 à 54 Kg pour une taille de 1 55 m pour ne pas handicaper les chevaux[3], dans le naadam, les cavaliers sont choisis jeunes afin d'éviter que leur poids ne ralentissent trop les chevaux. D'autant plus que les chevaux mongols sont petits et classés dans les poneys. Afin d'être plus légers, les cavaliers ne portent pas de chaussures, ils sont vêtus d'un deel. Il n'y a généralement pas d'étrier et pas de selle ou une selle rudimentaire. Symboliquement, la victoire confirme le bon choix du cheval, son bon entraînement, mais également le bon entraînement du cavalier et le bon choix du harnais[4].

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Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (mn) Галиндив Р.,Өсөхбаяр Р., Эрийн гурван наадам [Les trois jeux virils], Улаанбаатар, улсын хэвлэлийн газар (УХГ),‎ , 92 p..
  • Gaëlle Lacaze, « Les parfaits coursiers du Naadam », Études mongoles et sibériennes, centrasiatiques et tibétaines,‎ (DOI 10.4000/emscat.1618).
  • Rite de renouveau ou fête nationale : la lutte et le tir à l’arc dans les jeux virils mongols,‎ (ISBN 9782252033005).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Lacaze 2010
  2. (mn) « “ШАНДАСТ” САР ШИНИЙН БЭЛГИЙН КАРТ ХУДАЛДААНД ГАРЛАА », sur unitel.mn
  3. « LE JOCKEY : Un sportif de haut niveau », sur Association des Jockeys
  4. Lacaze 2010, section « Le cavalier et sa monture »

Voir aussi[modifier | modifier le code]