Naïo Technologies

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Naïo Technologies
logo de Naïo Technologies
Logo de Naïo Technologies

Création 29/11/2011
Fondateurs Aymeric Barthès
Gaëtan Séverac
Forme juridique Société par actions simplifiée
Siège social Escalquens
Drapeau de la France France
Direction Aymeric Barthès
Activité Ingénierie, études techniques

Ape : 7112B

Produits Robots agricoles
SIREN 538 138 033
Site web www.naio-technologies.com

Fonds propres 2 262 600 € au 31/12/2017
Chiffre d'affaires 1 545 800 € au 31/12/2017
Résultat net -1 338 300 € au 31/12/2017

Naïo Technologies est une startup de la région toulousaine spécialisée en robotique agricole, créée en 2011 par les ingénieurs Aymeric Barthès et Gaëtan Séverac.

Histoire de l'entreprise[modifier | modifier le code]

Contexte et création[modifier | modifier le code]

Oz, le premier robot, est destiné au secteur du maraîchage.

Tout commence en 2010 dans les landes, lors de la fête de l'asperge à Pontonx-sur-l'Adour, Gaëtan Séverac, doctorant en robotique, discute avec un producteur d'asperges qui lui raconte ses difficultés à trouver de la main d’œuvre pour le ramassage de légumes parce que la tâche est difficile et pénible[1]. Gaëtan Séverac s'associe avec Aymeric Barthès, un de ses camarades de promo de l'institut méditerranéen d'étude et recherche en informatique et robotique[1],[2]. Ayant tous les deux de la famille dans le milieu agricole, ils ont conscience des difficultés de la profession[1].

Fondée en 2011, la startup Naïo Technologies développe et commercialise des robots à destination des agriculteurs. La robotique est employée pour faire gagner du temps aux exploitants en automatisant des tâches répétitives et pénibles pour l'homme[2],[3]. L'apport des nouvelles technologies a pour objectif de développer une agriculture plus saine, plus productive et plus respectueuse de l'environnement[4]. L'année suivante, Naïo Technologies fait appel au Fablab de Toulouse pour concevoir les prototypes de son premier robot autonome agricole, nommé Oz et conçu pour aider les maraîchers au désherbage[1],[5].

Oz et les levées de fonds[modifier | modifier le code]

En 2013, grâce à une quarantaine d'actionnaires, Naïo Technologies bénéficie d'une première levée de fonds de 82 000 euros. La seconde levée a lieu en 2014 avec 730 000 euros obtenus auprès des plateformes de financement participatif Wiseed et Smart Angels. Cela permet de lancer la commercialisation de Oz. La troisième levée de fonds s'élève à trois millions d'euros en 2015. Deux nouveaux actionnaires, les fonds spécialisés Emertec et CapAgro, entrent au capital de la société[6],[7]. Le nombre de salariés et le chiffre d'affaires doublent chaque année depuis 2014. En 2016, ce chiffre atteint 600 000 euros[8].

Durant l'année 2015, le Centre national d'études spatiales et le laboratoire de test Guide proposent à Naïo Technologies de tester sur Oz un algorithme de positionnement par satellites doté d'une précision de 4 cm près nommé PPP-CNES, PPP signifiant Positionnement Ponctuel Précis. Durant l'été de l'année suivante, des expérimentations en milieux réels ont lieu dans deux exploitations maraîchères et un vignoble de la région Occitanie. En , le CNES signe un accord de partenariat avec la startup Géoflex afin de commercialiser cette technologie de positionnement. À l'aide de Géoflex, Naïo Technologies envisagent d'équiper ses trois autres projets robotiques, Dino, Ted et Bob[9].

Diversification des robots[modifier | modifier le code]

La même année, Naïo Technologies présente Ted, son robot enjambeur adapté au désherbage des vignes. Ce dernier est développé en partenariat avec l'institut français de la vigne et du vin, le laboratoire d'analyse et d'architecture des systèmes et le groupe coopératif Vinovalie[6],[10]. Pour entraîner le robot, un partenariat a été mis en place entre l'université Paul Sabatier (UPS) de Toulouse et la société afin de construire trois rangées de vignes de 15 mètres de long. La première a fourni une parcelle prévue à l'agroécologie et la seconde des plants de vigne. L'université renforce son lien avec les entreprises locales et permet à ses étudiants en robotique d'assister aux séances du robot[11].

Naïo Technologies participe au salon international de l'agriculture de 2016 à Paris en étant présent sur trois stands : Passion Céréales, Ferme du futur et la coopérative Terrena[12]. La même année, la startup lance le Forum international de la robotique agricole (FIRA) qui se déroule à Toulouse[13]. Au début de l'année 2017, Groupama, première société d'assurance mutuelle du marché agricole français, s'associe à Naïo Technologies, pour proposer une couverture de risque adaptée au matériel robotique[14]. L'entreprise s'installe à Escalquens en avril 2017 après avoir eu des locaux à Ramonville-Saint-Agne et, avant cela, à Toulouse[15].

Robots agricoles[modifier | modifier le code]

Naïo Technologies proposent quatre types de robot agricole[16].

  • Oz, le robot de désherbage tout terrain
  • Bob, le robot de désherbage vignes sur chenilles
  • Ted, le robot enjambeur viticole
  • Dino, le robot grandes cultures légumières

Oz, robot de désherbage[modifier | modifier le code]

Le robot Oz est un robot mobile autonome de binage et de transport. Pour effectuer ces tâches, il dispose d'outils classiques en agriculture comme des bineuses à soc, une bineuse à ressort, une rasette à brosse, une herse étrille, une herse droite et une remorque de transport. Ces équipements sont changeables et réglables par l'agriculteur avec des brides à papillons[7],[17],[18]. En mode suivi de personne, l'engin à la capacité de transporter des charges ou de tracter une remorque, pour assister à la récolte[18]. L'engin autonome peut être configuré pour divers types de cultures tant que l'espacement entre rangs est supérieur à la largeur du véhicule qui est de 40 cm[19]. Les algorithmes de navigation sont développés en interne, certains en collaboration avec le laboratoire d'analyse et d'architecture des systèmes[7],[20].

Le robot possède quatre roues motrices, quatre moteurs électriques de 100 watts et deux batteries électriques[7],[21]. Celles au plomb lui fournissent une autonomie de trois à quatre heures, celles au Li-ion, de dix à douze heures[7]. Avec une autonomie de quatre heures, le robot peut biner l'équivalent de 26 rangées de 100 mètres de long ce qui correspond à une surface de 0,25 hectare[21]. Le robot est muni d'un système de guidage qui nécessite comme données d'entrée le nombre de rangées à traiter, leur largeur et leur longueur[7]. Le prix de vente de Oz est compris entre 21 000 et 25 000 euros. Il fluctue en fonction des options choisies[21],[22]. Le robot peut également se louer environ 4 000 euros la saison[23].

Bob, robot de désherbage des vignes[modifier | modifier le code]

Ce robot mobile autonome évolue dans le vignoble et désherbe mécaniquement grâce à un inter-cep. Comme pour Oz, le désherbage mécanique permet de réduire l’utilisation de produits phytosanitaires. Son système de guidage est basé en partie sur le GPS. Des capteurs laser et optiques permettent de détecter le rang de vigne et de réaliser les changements de rang. Il peut travailler à 4 km/h et son autonomie est de 8 heures[24].

Ted, robot enjambeur viticole[modifier | modifier le code]

Ce robot mobile autonome sert à désherber et à biner aux pieds des vignes. Il se localise dans le vignoble grâce à une géolocalisation basée sur le GPS[11].

Dino, robot grandes cultures légumières[modifier | modifier le code]

Le robot Dino a d'abord travaillé sur les plantations de salades.

Dino est un robot mobile autonome qui désherbe plusieurs rangs de légumes à la fois. Il est adapté aux grandes exploitations légumières. Sa largeur est variable entre 1,20 mètre et 1,50 mètre. Pour se localiser dans les parcelles, il emploie un GPS et une caméra. En 2017, les algorithmes d'analyse d'image de sa première version commerciale, lui permettent de reconnaître des plantations de salades. Les futures versions du logiciel devraient élargir son champ d'application aux autres cultures légumières[25]. Le prix de vente de Dino est compris entre 75 000 et 100 000 euros. Il fluctue en fonction des options choisies[22]

Concours Move Your Robot[modifier | modifier le code]

Depuis 2015, la startup Naïo Technologies organise le concours Move Your Robot, un concours national de robotique qui s'adresse aux écoles d'ingénieurs et universités. Les objectifs sont d'améliorer le logiciel de guidage du robot Oz[26]. La notation pour le classement prend en compte différents critères : la manière avec laquelle le robot se déplace dans le simulateur, les techniques employées, l'esthétisme de l'interface graphique et les propositions dites « champs libres »[27].

Ce dernier critère porte sur des nouvelles fonctionnalités du robot. Ces contributions sont diverses et variées. Pour exemple, en 2016, les participants proposent une solution d'alimentation avec un panneau solaire adaptable au robot, une interface homme-machine tactile, un laboratoire d'analyse du sol embarqué sur le robot, un système de guidage vocal et un canon à bruit pour effaroucher les oiseaux[27].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Florine Galéron, « Naïo Technologies : Qui sont les créateurs des robots des champs ? », La Tribune,‎ (lire en ligne)
  2. a et b Myriam Roche, « Pour Naïo Technologies, la robotique fait partie de l'avenir de l’agriculture », sur frenchweb.fr, (consulté le )
  3. Laurent Marcaillou, « Naïo Technologies lance le robot Dino pour l'agriculture bio », Les Échos,‎ (lire en ligne, consulté le )
  4. « Naïo Technologies, les magiciens d'Oz », sur entraid.com, (consulté le )
  5. Laurent Ricard, Ophelia Noor et Camille Bosqué, FabLabs, etc. : Les nouveaux lieux de fabrication numérique, Eyrolles, , 208 p. (ISBN 9782212257847, lire en ligne), p. 150
  6. a et b Marina Angel, « Naïo Technologies lève 3 millions d’euros pour industrialiser ses robots agricoles », Usine Digitale,‎ (lire en ligne, consulté le )
  7. a b c d e et f Olivier Barrellier, « Le robot de Naïo Technologies soulage les maraîchers », La Tribune,‎ (lire en ligne, consulté le )
  8. « Ramonville d'Avenir visite Naïo Technologies », La Dépêche du midi,‎ (lire en ligne, consulté le )
  9. « [#SIA2017] Robot agricole "OZ" : vers un positionnement par satellite au cm près », sur cnes.fr, (consulté le )
  10. Raphaël Lecocq, « Naïo Technologies vise la vente de 40 robots en 2016 », sur pleinchamp.com, (consulté le )
  11. a et b Helene Menal, « VIDEO.Toulouse: La fac de sciences plante des vignes pour entraîner Ted, le premier robot vigneron », 20 minutes,‎ (lire en ligne)
  12. Gil Bousquet, « Les robots de Naïo au salon de l'agriculture », La Dépêche du Midi,‎ (lire en ligne, consulté le )
  13. C. Le Gall, « Le Fira se tiendra les 29 et 30 novembre », sur lafranceagricole.fr, (consulté le )
  14. Philippe Rioux, « Groupama noue un partenariat avec le Toulousain Naïo Technologies », La Dépêche du Midi,‎ (lire en ligne, consulté le )
  15. Florian Moutafian, « Escalquens : Naïo Technologies crée des robots pour faciliter le travail des agriculteurs dans les champs », Voix du Midi Lauragais,‎ (lire en ligne)
  16. « Machines agricoles », sur www.naio-technologies.com (consulté le )
  17. « Trophées PME Bougeons-Nous : Naïo Technologies », sur rmc.bfmtv.com, (consulté le ) [vidéo]
  18. a et b Pierre Criado, « Oz de Naïo Technologies, descriptif complet du fonctionnement de l'automoteur », sur terre-net.fr, (consulté le )
  19. (en) Stéphanie Bonadies, Alan Lefcourt et S. Andrew Gadsden, « A survey of unmanned ground vehicles with applications to agricultural and environmental sensing », SPIE Prooceedings, Autonomous Air and Ground Sensing Systems for Agricultural Optimization and Phenotyping, vol. 9866,‎
  20. (en) Daniel Tortei, Co-design of architectures and algorithms for mobile robot localization and model-based detection of obstacles (thèse de doctorat), Université Paul Sabatier, , 131 p. (lire en ligne)
  21. a b et c Raphaël Lecocq, « Oz, un robot électrique pour cultures maraîchères », sur pleinchamp.com, Plein Champ, (consulté le )
  22. a et b Pierre Thouverez, « Naïo Technologies robotise le désherbage ! », Éditions techniques de l'ingénieur,‎ (lire en ligne, consulté le )
  23. « Oz le robot toulousain est l'ami du bio », La Dépêche du midi,‎ (lire en ligne, consulté le )
  24. « 5 entreprises innovantes récompensées par le Viteff », (consulté le )
  25. Samantha Sales, « À Toulouse, le robot désherbeur de Naïo Technologies est unique au monde », La Tribune,‎ (lire en ligne, consulté le )
  26. Aurélie de Varax, « Robotique. Coup d'envoi du concours « Move Your Robot » 2017 », sur touleco-green.fr/, (consulté le )
  27. a et b Benoît Egon, « Naïo Technologies : finale du concours étudiant Move your robot 2016 », sur terre-net.fr, (consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]