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NGC 6819

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NGC 6819
Image illustrative de l’article NGC 6819
L'amas ouvert NGC 6819 par le relevé Pan-STARRS
Données d’observation
(Époque J2000.0)
Constellation Cygne[1]
Ascension droite (α) 19h 41m 18,09s[2]
Déclinaison (δ) 40° 11′ 12,3″ [2]
Magnitude apparente (V) 7,3[3],[4]
8,21 dans la Bande B[5].
Dimensions apparentes (V) 6,9[5]

Localisation dans la constellation : Cygne

(Voir situation dans la constellation : Cygne)
Astrométrie
Vitesse radiale 2,99 ± 0,52 km/s [a],[6]
Distance 2 605 ± 205 pc (∼8 500 al)[b],[6]
Caractéristiques physiques
Type d'objet Amas ouvert
Classe I1r[4],[1],[3]
Galaxie hôte Voie lactée
Dimensions 12,4 ± 1,0 al
Âge 1,49 G a [7]
Découverte
Découvreur(s) Caroline Herschel [1]
Date [1]
Désignation(s) OCL 155 [4]
Liste des amas ouverts

NGC 6819, aussi appelé Amas de la Tête de Renard[5], est un amas ouvert très âgé situé dans la constellation du Cygne. Il a été découvert par l'astronome allemande Caroline Herschel en 1784[1].

La taille apparente de l'amas est de 5 minutes d'arc, ce qui, compte tenu de la distance égale à 2 605 ± 205 pc (∼8 500 al) et grâce à un calcul simple, équivaut à une taille réelle de 12,4 ± 1,0 al années-lumière.

Selon la classification des amas ouverts de Robert Trumpler, cet amas renferme plus de 100 étoiles (lettre r) dont la concentration est forte (I) et dont les magnitudes se répartissent sur un petit intervalle (le chiffre 1)[4],[1],[3]. Le site Lynga indique que le nombre d'étoiles observables est de 929, sans toutefois préciser le nombre d'étoiles membres de l'amas.

Observation[modifier | modifier le code]

La magnitude visuelle de 7,3 ne permet pas de voir cet amas à l'œil nu, mais on peut l'observer assez aisément avec des jumelles ou un petit télescope.

Emplacement de NGC 6819 dans la constellation du Cygne.
Position de NGC 6819 par rapport à deux étoiles du Cygne.

NGC 6819 est à environ 5,0 au sud-ouest de l'étoile Fawaris (delta Cygni) et à 7,8 de Sadr (gamma Cygni).

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Distance et vitesse[modifier | modifier le code]

Quatre valeurs de la distance sont indiquées sur la base de données Simbad : 2,799 ± 0,392 kpc (∼9 130 al)[8], environ 2 765,0 pc (∼9 020 al)[9], environ 2 412 pc (∼7 870 al)[10] et 2 444 ± 54 pc (∼7 970 al)[11]. La distance moyenne de ces quatre valeurs est égale à 2 605 ± 205 pc (∼8 500 al).

La grandeur de la vitesse radiale de l'amas a été rapportée dans huit publications récentes (de à )[6]. Trois de ces valeurs présentent cependant une incertitude relative très élevée, 43%, 63% et 200%. Selon les cinq autres valeurs, la vitesse moyenne de l'amas est égale à 2,99 ± 0,38 km/s, où l'incertitude de 0,38 est la moyenne des incertitudes des vitesses et non l'écart-type de l'ensemble qui est moins grand.

Métallicité et âge de l'amas[modifier | modifier le code]

Simbad rapporte onze valeurs de la métallicité (Fe/H) comprises entre -0,06 et 0,11. Cela signifie que le pourcentage d'éléments lourds (plus lourd que l'hydrogène et l'hélium) de cet amas est compris entre 87% (10-0,06) et 129% (100,11) de celui du Soleil. Cette valeur de la métallicité confirme l'âge avancé de cet amas.

Le site WEBDA indique un âge de 1,49 milliard d'années (log Age = 9.174, soit 109,1746 = 1,49 Ga), mais d'autres sources lui assignent une valeur beaucoup plus grande, 3,47 Ga selon Lynga[3], 2,0 Ga selon une publication parue en [12] et 2,5 Ga selon une autre plus récente [13]. En fait, il s'agit de l'un des plus vieux amas ouverts connus[12].

Étoiles[modifier | modifier le code]

NGC 6755 renferme de nombreuses étoiles traînardes bleues, au moins 29 selon Llorente et Morales-Durán[14].

Des observations astrosismologiques réalisées avec le télescope Kepler permettent d'estimer la masse, le rayon et d'en déduire l'âge des étoiles de la branche des géantes rouges. Les résultats conduisent à un âge de 2 à 2,4 milliards d'années pour NGC 6819[15]. Le télescope Kepler a aussi permis de découvrir dans l'amas une binaire à éclipses de longue période (771,8 jours), le système WOCS 23009. Ce système contient une étoile évoluée qui a presque tout consommé l'hydrogène de son cœur et une étoile de faible masse (0,45 ). Cette découverte a permis d'estimer l'âge de l'amas à 2,62 ± 0,25 Ga[16].

Simbad montre aussi un bouton nommé Children. En cliquant sur ce bouton, on atteint une section de cette base de données qui renferme un tableau contenant 3897 entrées pour NGC 6819. Cependant, des étoiles (les Children) peuvent apparaître plusieurs fois dans la deuxième colonne du tableau, d'où le nombre de liens bibliographiques qui est supérieure au nombre d'étoiles. La quatrième colonne de ce tableau indique la probabilité que l'étoile appartienne à l'amas. En cliquant sur le titre de cette colonne, on peut classer la probabilité par ordre croissant ou décroissant. En cliquant sur la désignation de l'étoile, on atteint la page de Simbad qui résume ses propriétés.

NGC 6819 en infrarouge par le relevé 2MASS.

Source rayon X[modifier | modifier le code]

On a aussi utilisé l'observatoire spatial XMM-Newton pour rechercher des sources de rayon X dans l'amas. En deçà du rayon effectif de l'amas, 12 sources X ont été découvertes, dont une binaire X à faible masse au repos ( qLMXB quiescent low-mass X-ray binary), une variable cataclysmique et deux systèmes binaires actifs. La présence d'une source qLMXB dans un amas ouvert a été une surprise étant donné que ce type de source est aussi peu fréquent dans les amas globulaires[17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La moyenne et l'écart-type des six valeurs des huit valeurs indiquées sur la base de données astronomique Simbad.
  2. La moyenne et l'écart-type des valeurs de quatre publications récentes (de à )

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f (en) Courtney Seligman, « Celestial Atlas Table of Contents, NGC 6800 - 6849 » (consulté le ).
  2. a et b (en) « Results for object NGC 6819 », NASA/IPAC Extragalactic Database (consulté le ).
  3. a b c et d (en) « WEBDA page for open cluster NGC 6819, LYNGACLUST - Lynga Open Clusters Catalog, (Miscellanous (Lynga Info)) » (consulté le )
  4. a b c et d « Les données de «Revised NGC and IC Catalog by Wolfgang Steinicke», NGC 6800 à 6899 », sur astrovalleyfield.ca (consulté le ).
  5. a b et c (en) « NGC 6819 - Open Cluster in Lyra », The Sky Live (consulté le )
  6. a b et c (en) « NGC 6819 -- Open Cluster », Simbad (consulté le )
  7. (en) « WEBDA page for open cluster NGC 6819, A site Devoted to Stellar Clusters in the Galaxy and the Magellanic Clouds » (consulté le )
  8. Lorenzo Spina, Yuan-Sen Ting, Gayandhi M. De Silva et et al., « The GALAH survey: tracing the Galactic disk with Open Clusters », Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, vol. 503, no 3,‎ , p. 3279-3296 (DOI 10.1093/mnras/stab471, lire en ligne [PDF])
  9. E. Poggio, R. Drimmel, T. Cantat-Gaudin et et all., « Galactic spiral structure revealed by Gaia EDR3. », Astronomy & Astrophysics, vol. 651, no A104,‎ , p. 10 pages (DOI 10.48550/arXiv.2103.01970, lire en ligne [PDF])
  10. A. V. Loktin et M. E. Popova, « Updated version of the `homogeneous catalog of open cluster parameters' », Astrophysical Bulletin, vol. 72, no 3,‎ , p. 257-265 (DOI 10.1134/S1990341317030154, Bibcode 2017AstBu..72..257L, lire en ligne [html])
  11. Wilton Wilton S. Dias, Héktor Monteiro, Aandré Moitinho, Jácques R. D. Lépine, Giovanni Carraro, Ernst Paunzen, Bruno Alessi et Lázaro Villela, « Updated parameters of 1743 open clusters based on Gaia DR2 », Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, vol. 504, no 1,‎ , p. 356-371 (DOI 10.1093/mnras/stab770, lire en ligne [PDF])
  12. a et b G. Lindoff, « The old open cluster NGC 6819 », Astronomy and Astrophysics Suppl., vol. 7, no 497,‎ , p. 497 (Bibcode 1972A&AS....7..497L, lire en ligne [PDF])
  13. Katelyn E. Milliman, Robert D. Mathieu, Aaron M. Geller, Natalie M. Gosnell, Søren Meibom et Imants Platais, « WIYN OPEN CLUSTER STUDY. LX. SPECTROSCOPIC BINARY ORBITS IN NGC 6819 », The Astronomical Journal, vol. 148, no 2,‎ , p. 20 pages (DOI 10.1088/0004-6256/148/2/38, lire en ligne [PDF])
  14. Félix Llorente de Andrés et Carmen Morales-Durán, « Open clusters: time-scales, core collapse and blue stragglers », American Journal of Astronomy and Astrophysiscs, vol. 9, no 4,‎ , p. 52-66 (DOI 10.48550/arXiv.2211.10915, Bibcode 2022AmJAA...9...52L, lire en ligne [PDF])
  15. Sarbani Basu, Frank Grundah, Dennis Stello et et al., « SOUNDING OPEN CLUSTERS: ASTEROSEISMIC CONSTRAINTS FROM KEPLER ON THE PROPERTIES OF NGC 6791 AND NGC 6819 », The Astrophysical Journal Letters, vol. 729, no 1,‎ , six pages (DOI 10.1088/2041-8205/729/1/L10, lire en ligne [html])
  16. Eric L. Sandquist, Robert D. Mathieu, Karsten Brogaard et et al., « A LONG-PERIOD TOTALLY ECLIPSING BINARY STAR AT THE TURNOFF OF THE OPEN CLUSTER NGC 6819 DISCOVERED WITH KEPLER », The Astrophysical Journal, vol. 762, no 1,‎ , p. 14 pages (DOI 10.1088/0004-637X/762/1/58, lire en ligne [html])
  17. Natalie M. Gosnell, David Pooley, Aaron M. Geller, Jason Kalirai, Robert D. Mathieu, Peter Frinchaboy et Enrico Ramirez-Ruiz, « AN UNEXPECTED DISCOVERY IN THE RICH OPEN CLUSTER NGC 6819 USING XMM-NEWTON », The Astrophysical Journal, vol. 745, no 1,‎ , p. 13 pages (DOI 10.1088/0004-637X/745/1/57, lire en ligne [html])

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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