NGC 5548

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NGC 5548
Trou noir supermassif au centre de NGC 5548[1]
Trou noir supermassif au centre de NGC 5548[1]
Données d’observation
(Époque J2000.0)
Constellation Bouvier
Ascension droite (α) 14h 17m 59,513s[2]
Déclinaison (δ) 25° 08′ 12,45″ [2]
Distance environ 75,01 Mpc (∼245 millions d'a.l.)[3]
Magnitude apparente (V) 13.283[4]
Dimensions apparentes (V) 1,7' × 1,5' minutes d'arc[5]
Redshift 0,016 51 ± 0,001 89
Vitesse radiale 5 178 km/s

Localisation dans la constellation : Bouvier

(Voir situation dans la constellation : Bouvier)
Boötes IAU.svg
Caractéristiques physiques
Type d'objet Galaxie
Type de galaxie SAO/a pec[6]
Découverte
Désignation(s) Mrk (en) 1509, UGC 9149[7]
Liste des galaxies

NGC 5548 est une galaxie de Seyfert de type I relativement bien étudiée avec un noyau central brillant et actif[8]. Cette activité est causée par de la matière qui s'engouffre au centre de la galaxie dans un trou noir supermassif dont la masse est estimée à 65 millions de masses solaire[9]. Morphologiquement, elle entre dans la catégorie des galaxies lenticulaires avec de petits bras spiraux étroitement enroulés autour du centre. La coquille et la queue suggère qu'elle a subi une collision ou une interaction récente[6]. NGC 5548 est à environ 245 millions d'années-lumière[3] de la terre et apparaît être dans la constellation du Bouvier. La magnitude visuelle apparente de NGC 5548 est d'environ 13,3[4] dans la bande V.

Historique[modifier | modifier le code]

En 1943, cette galaxie fait partie des douze nébuleuses listées par l'astronome américain Carl Keenan Seyfert qui possèdent de larges raies d'émissions dans leur noyau[10],[11]. Au cours des années 1960, les observations de NGC 5548 avec des radiotélescopes montrent un flux élevé dans les ondes radio[12]. Des analyses spectroscopiques du noyau faites en 1966 précisent que cette région énergétique est confinée dans un volume de seulement quelques parsecs, où la température avoisine les 14 000 kelvins (K) et le plasma qui le compose a une vitesse de dispersion d'environ 450 km/s[13].

Trou noir supermassif[modifier | modifier le code]

Parmi les astronomes, l'explication la plus généralement acceptée pour expliquer le niveau d'énergie du noyau de NGC 5548 est l'accrétion de matière dans un trou noir supermassif qui se trouverait à son centre. Cet objet est entouré d'un disque d'accrétion de matière qui est aspiré des alentours. Au moment ou la matière atteint les limites externes du disque, elle s'excite et s'ionise, produisant une grande quantité d'émissions dans le spectre visible et l'ultraviolet. Un vent de matière ionisée, qui s'organise en structure filamenteuses et à une distance de 1 à 14 années-lumière du centre, s'écoule vers l'extérieur de manière perpendiculaire au plan du disque d’accrétion[8].

La masse du trou noir central peut être estimée à l'aide des propriétés des raies d'émissions dans la région centrale. Les mesures effectuées mènent vers une estimation de 6.54+0.26
−0.25
×107
masses solaires (). Ce résultat est consistant avec les autres méthodes de mesures pour estimer la masse du trou noir supermassif[9]. La matière s'engouffre dans ce trou noir à une vitesse de 0.03 par année, à l'instar du centre où la matière s'échappe à une vitesse de 0.92 par année. La partie interne du disque d’accrétion entourant le TRSM forme une épaisse couronne chaude couvrant plusieurs heures-lumière qui émet des rayons X. Lorsque cette radiation atteint la partie la plus visiblement épaisse du disque à un rayon d'environ 1 à 2 jours-lumière, les rayons X se transforment en chaleur.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Swiftly moving gas streamer eclipses supermassive black hole », ESA/Hubble Press Release,‎ (lire en ligne)
  2. a et b (en) M. F. Skrutskie, R. M. Cutri, R. Stiening, M. D. Weinberg, S. Schneider, J. M. Carpenter, C. Beichman, R. Capps, T. Chester, J. Elias, J. Huchra, J. Liebert, C. Lonsdale, D. G. Monet, S. Price, P. Seitzer, T. Jarrett, J. D. Kirkpatrick, J. E. Gizis, E. Howard, T. Evans, J. Fowler, L. Fullmer, R. Hurt, R. Light, E. L. Kopan, K. A. Marsh, H. L. McCallon, R. Tam, S. Van Dyk et S. Wheelock, « The Two Micron All Sky Survey (2MASS) », Astrophysical Journal, vol. 131, no 2,‎ , p. 1163–1183 (DOI 10.1086/498708, Bibcode 2006AJ....131.1163S)
  3. a et b (en) Aidan C. Crook, John P. Huchra, Nathalie Martimbeau, Karen L. Masters, Tom Jarrett et Lucas M. Macri, « Groups of Galaxies in the Two Micron All Sky Redshift Survey », The Astrophysical Journal, vol. 655,‎ , p. 790–813 (DOI 10.1086/510201, Bibcode 2007ApJ...655..790C, arXiv astro-ph/0610732)
  4. a et b (en) W. Z. Wisniewski et D. E. Kleinmann, « 16. Multicolor photometry of Seyfert galaxies and measurement at 1.55 microns of the jet in M 87 », Astronomical Journal, vol. 73,‎ , p. 866–867 (DOI 10.1086/110721, Bibcode 1968AJ.....73..866W)
  5. (en) Christopher M. Springob, Martha P. Haynes, Riccardo Giovanelli et Brian R. Kent, « A Digital Archive of H I 21 Centimeter Line Spectra of Optically Targeted Galaxies », The Astrophysical Journal Supplement Series, vol. 160, no 1,‎ , p. 149–162 (DOI 10.1086/431550, Bibcode 2005ApJS..160..149S, arXiv astro-ph/0505025) See footnote 2.
  6. a et b (en) L. Slavcheva-Mihova et B. Mihov, « Optical multiband surface photometry of a sample of Seyfert galaxies. I. Large-scale morphology and local environment analysis of matched Seyfert and inactive galaxy samples », Astronomy and Astrophysics, vol. 526,‎ , A43 (DOI 10.1051/0004-6361/200913243, Bibcode 2011A&A...526A..43S, arXiv 1011.1772) See Table 1.
  7. (en) « NED results for object NGC 5548 », NASA/IPAC Extragalactic Database (consulté le 27 mai 2013)
  8. a et b (en) W. Kollatschny et M. Zetzl, « Accretion disk wind as explanation for the broad-line region structure in NGC 5548 », Astronomy & Astrophysics, vol. 551,‎ , p. L6 (DOI 10.1051/0004-6361/201220923, Bibcode 2013A&A...551L...6K, arXiv 1301.7704)
  9. a et b (en) Misty C. Bentz, Kelly D. Denney, Edward M. Cackett, Matthias Dietrich, Jeffrey K. J. Fogel, Himel Ghosh, Keith D. Horne, Charles Kuehn, Takeo Minezaki, Christopher A. Onken, Bradley M. Peterson, Richard W. Pogge, Vladimir I. Pronik, Douglas O. Richstone, Sergey G. Sergeev, Marianne Vestergaard, Matthew G. Walker et Yuzuru Yoshii, « NGC 5548 in a Low-Luminosity State: Implications for the Broad-Line Region », Astronomy & Astrophysics, vol. 662, no 1,‎ , p. 205–212 (DOI 10.1086/516724, Bibcode 2007ApJ...662..205B, arXiv astro-ph/0702644)
  10. (en) Carl K. Seyfert, « Nuclear Emission in Spiral Nebulae », Astrophysical Journal, vol. 97,‎ , p. 28 (DOI 10.1086/144488, Bibcode 1943ApJ....97...28S) See footnote 2.
  11. (en) E. Margaret Burbidge, G. R. Burbidge et K. H. Prendergast, « The Rotation and Physical Conditions in the Seyfert Galaxy NGC 7469 », Astrophysical Journal, vol. 137,‎ , p. 1022 (DOI 10.1086/147580, Bibcode 1963ApJ...137.1022B)
  12. (en) H. M. Tovmassian, « On the radio emission from some peculiar galaxies », Australian Journal of Physics, vol. 19,‎ , p. 565 (DOI 10.1071/ph660565, Bibcode 1966AuJPh..19..565T)
  13. (en) É. A. Dibai, V. F. Esipov et V. I. Pronik, « The Nucleus of the Seyfert Galaxy NGC 5548 », Soviet Astronomy, vol. 11,‎ , p. 553 (Bibcode 1968SvA....11..553D)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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