NGC 4567

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NGC 4567 et NGC 4568
Image illustrative de l’article NGC 4567
La galaxie spirale NGC 4567
Données d’observation
(Époque J2000.0)
Constellation Vierge
Ascension droite (α) 12h 36m 32,7s[1]
Déclinaison (δ) 11° 15′ 29″ [1]
Magnitude apparente (V) 11,3[2]
12,1 dans la Bande B [2]
Brillance de surface 13,38 mag/am2[3]
Dimensions apparentes (V) 3,1 × 2,2[2]
Décalage vers le rouge 0,007495 ± 0,000005[1]
Angle de position 85°[2]

Localisation dans la constellation : Vierge

(Voir situation dans la constellation : Vierge)
Virgo IAU.svg
Astrométrie
Vitesse radiale 2 247 ± 1 km/s[4]
Distance 31,4 ± 2,2 Mpc (∼102 millions d'a.l.)[5].
Caractéristiques physiques
Type d'objet Galaxie spirale
Type de galaxie SA(rs)bc[1],[2] Sbc[6],[7]
Dimensions 92 000 a.l.[8]
Découverte
Découvreur(s) William Herschel[6]
Date [6]
Désignation(s) PGC 42064
UGC 7777
MCG 2-32-151
CGCG 70-189
VCC 1673
IRAS 12340+1130
VV 219 [2]
Liste des galaxies spirales

NGC 4567 est une galaxie spirale située dans la constellation de la Vierge à environ 102 millions d'années-lumière de la Voie lactée. Avec NGC 4568, elle forme une paire de galaxies en interaction gravitationnelle que certains ont surnommé les galaxies du Papillon ou encore les Jumelles siamoises. Cette paire de galaxies a été découverte par l'astronome germano-britannique William Herschel en 1784.

NGC 4567 a été utilisé par Gérard de Vaucouleurs comme une galaxie de type morphologique SA(rs)bc dans son atlas des galaxies[9],[10].

La classe de luminosité de NGC 4567 est II-III et elle présente une large raie HI. Elle renferme également des régions d'hydrogène ionisé[1]. Les trois supernovas observées dans la paire de galaxie se sont produites dans NGC 4568.

NGC 4567 et NGC 4568 faisaient partie des galaxies étudiées lors du relevé de l'hydrogène neutre de l'amas de la Vierge par le Very Large Array. Les résultats de cette étude sont sur cette page du site du VLA[11].

NGC 4567 présente un disque tronqué[12],[13] et en raison de son mouvement dans le milieu intergalactique dans l'amas de la Viege, elle subit une pression dynamique qui la dépouille de ses gaz, mais elle présente un taux normal de formation d'étoiles [12].

Des mesures non basées sur le décalage vers le rouge (redshift) donnent une distance de 23,700 ± 5,793 Mpc (∼77,3 millions d'a.l.)[14], ce qui est tout juste à l'extérieur des distances calculées en employant la valeur du décalage[5].

Distance de NGC 4567[modifier | modifier le code]

Comme pour les autres galaxies du groupe de M88 décrit par A.M. Garcia[15], les mesures non basées sur le décalage donnent une distance inférieure à la distance de Hubble. D'ailleurs, cette galaxie, comme plusieurs de l'amas de la Vierge, est relativement rapprochée du Groupe local et on obtient souvent une distance très différente en se basant sur le décalage. Cela est sans doute dû à la faible gravité exercée par le Groupe local ou par l'amas de la Vierge lui-même, certaines galaxies se dirigeant vers le centre de l'amas en s'éloignant ou en s'approchant de la Voie lactée. Ceci contrebalance l'expansion de l'Univers et qui rend ainsi la loi de Hubble moins applicable. Selon les deux mesures (31,4 Mpc pour la distance de Hubble et 23,7 Mpc) , NGC 4567 se dirige vers le centre de l'amas en direction opposée de la Voie lactée. La distance de 23,700 Mpc est sans doute plus près de la réalité. À cette distance, la taille maximale de la galaxie est de 70 kal.

Fusion et collision[modifier | modifier le code]

L'image du relevé SDSS ainsi que celle du télescope spatial Hubble montre clairement que ces deux galaxies se superposent, mais puisque NGC 4568 est à une distance de 31,5 ± 2,2 Mpc (∼103 millions d'a.l.) comparé à 31,4 ± 2,2 Mpc (∼102 millions d'a.l.) pour NGC 4567 avec une incertitude de 7 millions d'années-lumière sur ces valeurs, la distance entre elles pourrait être de quelques millions d'annés-lumière et donc il se pourrait que ce soit un alignement purement optique.

NGC 4567 et NGC 4568 par le télescope spatial Hubble.

Les preuves d'une réelle collision entre ces deux galaxies ont commencé à s'accumuler au début des années 2010 grâce à des études réalisée dans le domaine des ondes radio. En 2010, une étude[16] de contenu en gaz des deux galaxies réalisée avec le radiotélescope de l'observatoire radio de Nobeyama au Japon a révélé que la distribution du monoxyde de carbone (CO) et de l'hydrogène neutre était plus grande dans la région de superposition des deux galaxies, suggérant ainsi une réelle collision. Une autre étude publiée en 2013 réalisée avec le même radiotélescope et portant sur la distribution des gaz moléculaires a confirmé ces résutats[17].

Finalement, on a découvert en étudiant la paire de galaxies avec le réseau de radiotélescopes ALMA le front de collision moléculaire du CO des deux galaxies. La longue structure filamentaire du front de collision s'étend sur une distance de environ 1 800 pc (∼5 870 a.l.) et sa largeur est d'environ environ 350 pc (∼1 140 a.l.)[18]. Les deux galaxies sont donc en collision et au début d'un processus de fusion et elles formeront une seule galaxie dans un avenir lointain.

Groupe de M88, de M60 et l'amas de la Vierge[modifier | modifier le code]

Selon A.M. Garcia, NGC 4567 et NGC 4568 font partie du groupe de M88 (NGC 4501). Ce groupe de galaxies comprend au moins 44 membres, dont 17 apparaissent au New General Catalogue et 18 à l'Index Catalogue[15].

D'autre part, la plupart des galaxies du New General Catalogue, dont NGC 4567 et NGC 4568, et seulement trois de l'Index Catalogue du groupe de M88 apparaissent dans une liste de 227 galaxies d'un article publié par Abraham Mahtessian en 1998[19]. Cette liste comporte plus de 200 galaxies du New General Catalogue et une quinzaine de galaxies de l'Index Catalogue. On retrouve dans cette liste 11 galaxies du Catalogue de Messier, soit M49, M58, M60, M61, M84, M85, M87, M88, M91, M99 et M100.

Toutes les galaxies de la liste de Mahtessian ne constituent pas réellement un groupe de galaxies. Ce sont plutôt plusieurs groupes de galaxies qui font tous partie d'un amas galactique, l'amas de la Vierge. Pour éviter la confusion avec l'amas de la Vierge, on peut donner le nom de groupe de M60 à cet ensemble de galaxies, car c'est l'une des plus brillantes de la liste. L'amas de la Vierge est en effet beaucoup plus vaste et compterait environ 1300 galaxies, et possiblement plus de 2000[20], situées au coeur du superamas de la Vierge, dont fait partie le Groupe local[21],[22].

De nombreuses galaxies de la liste de Mahtessian se retrouvent dans onze groupes décrits dans l'article d'A.M. Garcia [15], soit le groupe de NGC 4123 (7 galaxies), le groupe de NGC 4261 (13 galaxies), le groupe de NGC 4235 (29 galaxies), le groupe de M88 (13 galaxies, M88 = NGC 4501), le groupe de NGC 4461 (9 galaxies), le groupe de M61 (32 galaxies, M61 = NGC 4303), le groupe de NGC 4442 (13 galaxies), le groupe de M87 (96 galaxies, M87 = NGC 4486), le groupe de M49 (127 galaxies, M49 = NGC 4472), le groupe de NGC 4535 (14 galaxies) et le groupe de NGC 4753 (15 galaxies). Ces onze groupes font partie de l'amas de la Vierge et ils renferment 396 galaxies. Certaines galaxies de la liste de Mahtessian ne figurent cependant dans aucun des groupes de Garcia et vice versa.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e (en) « NASA/IPAC Extragalactic Database », Resultats pour NGC 4567 (consulté le 1er septembre 2020)
  2. a b c d e et f « Les données de «Revised NGC and IC Catalog by Wolfgang Steinicke» sur le site ProfWeb, NGC 4500 à 4599 »
  3. La brillance de surface (S) se calcule à partir de la magnitude apparente (m) et de la surface de la galaxie selon l'équation
  4. On obtient la vitesse de récession d'une galaxie à l'aide de l'équation v = z×c, où z est le décalage vers le rouge (redshift) et c la vitesse de la lumière. L'incertitude relative de la vitesse Δv/v est égale à celle de z étant donné la grande précision de c.
  5. a et b On obtient la distance qui nous sépare d'une galaxie à l'aide de la loi de Hubble : v = Hod, où Ho est la constante de Hubble (70±5 (km/s)/Mpc) . L'incertitude relative Δd/d sur la distance est égale à la somme des incertitudes relatives de la vitesse et de Ho
  6. a b et c (en) « Site du professeur C. Seligman » (consulté le 1er septembre 2020)
  7. (en) « NGC 4567 sur HyperLeda » (consulté le 1er septembre 2020)
  8. On obtient le diamètre d'une galaxie par le produit de la distance qui nous en sépare et de l'angle, exprimé en radian, de sa plus grande dimension.
  9. Atlas des galaxies de Vaucouleurs sur le site du professeur Seligman, NGC 4567
  10. (en) « The Galaxy Morphology Website, NGC 4567 » (consulté le 21 septembre 2020)
  11. (en) « VLA Imaging of Virgo in Atomic Gas, NGC 4567*8 » (consulté le 31 août 2020)
  12. a et b Rebecca A. Koopmann et Jeffrey D. P. Kenney, « Hα Morphologies and Environmental Effects in Virgo Cluster Spiral Galaxies », The Astrophysical Journal, vol. 613, no 2,‎ , p. 866-885 (DOI 10.1086/423191, Bibcode 2004ApJ...613..866K, lire en ligne [PDF])
  13. « disque galactique - Galactic disc » (consulté le 8 septembre 2020)
  14. « Your NED Search Results », sur ned.ipac.caltech.edu (consulté le 1er septembre 2020)
  15. a b et c A.M. Garcia, « General study of group membership. II - Determination of nearby groups », Astronomy and Astrophysics Supplement Series, vol. 100 #1,‎ , p. 47-90 (Bibcode 1993A&AS..100...47G)
  16. H. Kaneko, N. Kuno, D. Iono, T. Tosaki, T. Sawada, H. Nakanishi et A. Hirota, « Molecular Gas in the Early Stage of Interacting Galaxies: The NGC 4567/8 Pair », Galaxy Wars: Stellar Populations and Star Formation in Interacting Galaxies ASP Conference, vol. 423,‎ , p. 26 (Bibcode 2010ASPC..423...26K, lire en ligne)
  17. Hiroyuki Kaneko, Nario Kuno, Daisuke Iono, Yoichi Tamura, Tomoka Tosaki, Koichiro Nakanishi et Tsuyoshi Sawada, « Properties of Molecular Gas in Galaxies in Early and Mid Stages of the Interaction. I. Distribution of Molecular Gas », Publications of the Astronomical Society of Japan, vol. 65#1,‎ , p. 28 pages (DOI 10.1093/pasj/65.1.20, lire en ligne)
  18. Hiroyuki Kaneko, Nario Kuno et Takayuki R. Saitoh, « Discovery of a Molecular Collision Front in Interacting Galaxies NGC 4567/4568 with ALMA », The Astrophysical Journal Letters, vol. 860#1,‎ , p. 6 pages (DOI 10.3847/2041-8213/aac895, lire en ligne)
  19. Abraham Mahtessian, « Groups of galaxies. III. Some empirical characteristics », Astrophysics, vol. 41 #3,‎ , p. 308-321 (DOI 10.1007/BF03036100, lire en ligne, consulté le 21 septembre 2018)
  20. (en) « Cosmos, Virgo Cluster » (consulté le 22 avril 2020)
  21. (en) P. Fouque, E. Gourgoulhon, P. Chamaraux, G. Paturel, « Groups of galaxies within 80 Mpc. II - The catalogue of groups and group members », Astronomy and Astrophysics Supplement, vol. 93,‎ , p. 211-233 (Bibcode 1992A&AS...93..211F, lire en ligne)
  22. (en) Tully, R.B., « The Local Supercluster », Astrophysical Journal, vol. 257,‎ , p. 389-422 (DOI 10.1086/159999, Bibcode 1982ApJ...257..389T, lire en ligne)
  23. (en) « Judy Schmidt sur flishr » (consulté le 2 septembre 2020)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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