N'Djaména

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N'Djaména
Fort-Lamy
نجامينا Nijāmīnā
N'Djaména
Administration
Pays Drapeau du Tchad Tchad
Députés 21
Délégué général du gouvernement Dago yakouba (2016)

Commissaire cenral,: Hachim Haroun deby(2016)

Maire Mme Djimet Ibet Mariam 2016
Démographie
Population 1 092 066 hab. (2012)
Coordonnées 12° 06′ 59″ nord, 15° 04′ 20″ est
Coordonnées 12° 07′ N, 15° 03′ E
Localisation
Image illustrative de l'article N'Djaména

N'Djaména (étymologiquement « nous sommes soulagé »[réf. nécessaire], Fort-Lamy avant 1973) est la capitale administrative et la plus grande ville de la République du Tchad. Sa population compte 1 092 066 habitants (estimation de 2012). Elle est également la capitale économique du pays et vit une croissance économique sans précédent depuis l'avènement de l'ère pétrolière, et grâce à la pérennisation de la paix dans le pays depuis 2009. Néanmoins, l'instabilité dans les pays voisins (Nigeria, Cameroun, Libye) empêche la ville de profiter pleinement de son vrai potentiel et de ses deux atouts que sont l'exportation du bétail (au Nigeria principalement) et le lac Tchad (grenier agricole, gisements pétroliers identifiés mais non exploitables à cause de Boko Haram).

La ville a longtemps souffert du manque d'électricité, mais de nouvelles centrales ont permis d'améliorer significativement la fourniture en énergie. Elle souffre également d'une croissance démographique exceptionnelle due à l'exode rural, qui oblige les autorités à investir de façon massive dans les infrastructures. Les populations nouvelles, désœuvrées pour la plupart, vivent souvent à la périphérie de la ville, où les services de l'État sont inexistants.

Le boom économique tchadien de ces dernières années y est visible à l’œil nu. Les chantiers sont innombrables, et, malgré la récente chute des prix du pétrole qui a mis à mal les finances publiques, le FMI prévoit une croissance de 7,6 % au Tchad en 2015. De plus, la Banque Mondiale et le FMI ont annoncé le 28 avril 2015 que le pays avait atteint le point d'achèvement de l'initiative pays pauvres très endettés.

Situation[modifier | modifier le code]

N'Djaména est située au centre-ouest du pays, au confluent des fleuves Chari et Logone, sur la rive droite du Chari. Deux ponts relient N'Djaména à la rive gauche du Chari : un à voie unique (le pont de Chagoua), et un à double voie (le pont de Taiwan). La ville camerounaise de Kousséri est située à environ 10 km de N'Djaména, sur la rive gauche du fleuve Logone, qui marque la frontière et qui est accessible par le pont de N'gueli.

N'Djaména se situe à une centaine de kilomètres, à vol d'oiseau, au sud du lac Tchad.

Bien qu'excentrée, N'Djaména est le principal nœud de communication du Tchad. Les principales routes goudronnées du pays s'organisent autour de la capitale. N'Djaména est ainsi située à 450 km de la seconde ville du pays, Moundou, et à 750 km d'Abéché, la plus grande ville de l'Est du Tchad.

Histoire[modifier | modifier le code]

N'Djamena a été fondée par l'explorateur et administrateur français Émile Gentil le 29 mai 1900 sur l'emplacement d'un petit village kotoko sous le nom de Fort-Lamy, en souvenir du commandant François Joseph Amédée Lamy, décédé à la bataille de Kousséri quelques jours plus tôt. Le , pendant sa campagne d'Authenticité, le président François Tombalbaye la renomme N'Djaména, du nom d'un village arabe voisin (Am Djamena, signifiant « le lieu où l'on se repose »).

La ville a subi de lourdes destructions en 1979 et surtout en 1980 au moment de la guerre civile communément appelée la « guerre de Tizah chuhur ». Une bonne partie de la population d'origine méridionale a alors quitté la ville.

N'Djaména s'est fortement repeuplée depuis sans grands travaux d'aménagement ni même de réparation. Les infrastructures existantes ne sont pas suffisantes (voirie, alimentation en eau, drainage, ordures ménagères, électricité).

Article détaillé : Bataille de N'Djaména (2008).

Le 2 février 2008, dans le contexte de la guerre civile tchadienne, les rebelles parviennent à entrer dans la capitale, N'Djaména et se dirigent vers le palais présidentiel où se déroulent d'importants combats avec les forces gouvernementales.

Après deux jours de combat, le 4 février, Idriss Déby qui dispose d'un avantage matériel certain sur ses adversaires car il peut aligner trois hélicoptères et plusieurs chars T-55, repousse les rebelles et sauve son gouvernement. Ces derniers ne concèdent toutefois pas de défaite et battent alors en retraite vers Mongo et Bitkine.

Administration[modifier | modifier le code]

N'Djamena est la capitale et la plus grande ville du Tchad. Depuis 2002, elle a un statut particulier. Devenue une région cette même année, elle est divisée en dix arrondissements municipaux et 64 quartiers.

Arrondissement Quartiers
(nbre)
Population
(2009)
Noms des quartiers
1er arrondissement 11 75 203 Allaya • Amsinéné • Ardeb-Timan • Djougoulier • Farcha • Guimeye • Karkandjeri • Madjorio • Massil Abcoma • Milezi • Zaraf
2e arrondissement 5 59 260 Bololo • Djamba Ngato • Goudji • Klémat • Mardjandaffack
3e arrondissement 6 40 928 Ambassatna • Ardep • Djoumal • Djambalbarh • Gardolé1 • Kabalaye • Sabangali
4e arrondissement 4 72 067 Blabine • Naga I • Naga II • Repos
5e arrondissement 3 100 948 Am-Riguebé • Champ de Fils • Ridina
6e arrondissement 2 45 500 Moursal • Paris-Congo
7e arrondissement 10 223 231 Ambatta • Amtoukoui • Atrone • Boutalbagara • Chagoua • Dembé • Gassi • Habena • Kilwiti • Kourmanadji
8e arrondissement 6 184 641 Angabo • Diguel • Machaga • Ndjari • Zaffaye-Est • Zaffaye-Ouest
9e arrondissement 7 75 593 Digangali • Gardolé 2 • Kabé • Ngoumna • Ngueli • Toukra • Walia
10e arrondissement 10 74 047 Achawayil • Djaballiro • Fondoré • Gaoui • Goudji-Charffa • Gozator • Hillé Houdjaj • Lamadji • Ouroula • Sadjeri
N'Djaména 64 951 418

Démographie[modifier | modifier le code]

En 1911, l'agglomération comptait 4 000 habitants, vivant dans quatre quartiers, non compris celui des Européens. Deux groupes d'importance numérique égale se détachent alors, chacun comptant 700 personnes : les Arabes et les Sara.

La population de N'Djaména est de 993 492 habitants en 2009 (RGPH 2009).

Évolution de la population
1937 1940 1947 1968 1993 2005 2009 2012
9 976 12 552 18 375 126 483 529 555 721 000 993 492 1 092 066

Composition ethno-linguistique en 1993 :

(groupes représentant plus de 2 % de la population, RGPH 1993)

  • Ngambay : 14,41 %
  • Arabes : 11,08 %
  • Ouaddaï: 9 %
  • Hadjeray : 7,15 %
  • Haoussa : 7 %
  • Daza : 6,97 %
  • Bilala : 5,83 %
  • Kanembou : 5,80 %
  • Marba : 8,84 %
  • Kanouri : 4,39 %
  • Gore : 3,32 %
  • Kouka : 3,10 %
  • Toupouri : 3,05 %
  • Shara : 2,24 %
  • Barma : 2,10 %
  • Zakhawa :6,10 %

Climat[modifier | modifier le code]

N'Djaména a un climat climat aride, proche de celui de Khartoum. Les précipitations sont nulles pendant 5 mois de l'année de novembre à mars tandis que les mois de juillet et août sont bien arrosés avec respectivement 144 mm et 175 mm.

Relevé météorologique de N'Djaména-altitude: 295 m-latitude: 12°08'N
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 14,3 16,6 21 24,8 25,8 24,7 23,1 22,4 22,7 21,8 17,8 14,8 20,8
Température maximale moyenne (°C) 32,4 35,2 38,7 41 39,9 37,2 33,5 31,6 33,7 36,9 35,8 33,5 35,8
Précipitations (mm) 0 0 0,3 10,3 25,8 50,3 144 174,4 84,3 20,3 0,1 0 509,8
Source : Le climat à Ndjamena (en ° C et mm, moyennes mensuelles) Climate-Charts.com


Économie[modifier | modifier le code]

N'Djaména est souvent considérée comme la capitale politique du Tchad alors que Moundou serait la capitale économique. Cela est principalement du au fait que Moundou est le centre cotonnier du pays et que les régions du Logone Oriental et Logone Occidental entourant Moundou sont les principales zones pétrolifères. D'autres industries sont implantées à Moundou mais N'Djaména retrouve peu à peu son statut de capitale économique du pays notamment de par sa forte croissance démographique, le déclin du secteur cotonnier au Tchad, la proximité de la frontière camerounaise stimulant les échanges et l'achèvement de la raffinerie de Djermaya. D'autre part, l'essor progressif de l'économie tchadienne est principalement visible à N'Djaména qui timidement se modernise.

Selon une étude mesurant le coût de la vie pour les expatriés dans les villes du monde entier publiée par le groupe de consultants américain Mercer en 2011, N'Djaména est la troisième ville la plus chère du monde[1]. Elle souffre, comme d'autres villes africaines, du manque de logements aux normes attendues par les expatriés occidentaux.

L'aéroport international de N'Djaména est le principal point d'entrée au Tchad.

Éducation[modifier | modifier le code]

N'Djaména abrite une soixantaine d'établissements scolaires et universitaires.

Lycées et écoles:

  • Lycée Félix Éboué (public)
  • Lycée technique commercial (public)
  • Lycée du Sacré-Cœur (privé catholique)
  • Lycée-Collège évangélique (privé protestant)
  • Lycée français Michel Eyquem de Montaigne (semi-public)
  • Lycée Ibnou - Cinna (bilingue Français - Arabe)
  • Lycée Roi Faycal (arabe)
  • Lycée koweïtien (arabe)
  • Lycée d'Amériguebé (public)
  • Lycée Mht Brahim Itno de Farcha (public)
  • Lycée technique industriel
  • Lycée du Pont de Chagoua
  • Lycée de Waliya
  • Lycée de La Liberté
  • Lycée des étoiles brillantes
  • Lycée de la Paix
  • Lycée Thilam-thilam[2]
  • Lycée de la Fidélité
  • Lycée Amoul de Farcha
  • Lycée de l'amitié soudano-tchadienne
  • Lycée Elite (privé)
  • Lycée Espoir de Farcha (privé)
  • Lycée Féminin
  • Lycée Bilingue du Centre (privé)
  • Lycée de la paix (public)
  • Lycée Tchado-Turc (privé)
  • Lycée Jean-Paul Sartre (privé)
  • Lycée Jimmy Carter (privé)
  • Lycée Alpha 3 (privé)
  • Lycée Jeanne d'Arc (privé)
  • Lycée Source Progrès (privé)
  • Lycée mixte solidarité (privé)
  • Lycée La Révélation (privé)
  • Lycée Adventiste (privé)
  • Lycée Sans Frontière de Nguéli (privé)
  • Lycée de Ngardolé 2 (public)
  • Lycée de Gassi (public)
  • Lycée d'Amtoukouin (public)
  • Lycée UNESCO d'Abena (privé)
  • Lycée La Francophonie (privé)
  • Lycée d'Abena (public)
  • Lycée Gabriel Lissette (privé)
  • Lycée Patriote (privé)
  • Lycée Hérédité (privé)
  • Lycée Montaigne de N'Djamena (EN) (privé)
  • American International School of N'Djamena (EN) (privé)
  • George Washington International Academy (privé)
  • N'Djamena English International School (privé)
  • Wellsprings Academy (privé)
  • Les Etoiles Brillantes (privé)
  • Lycée de la Montagne de Gassi (privé)
  • Lycée La Destinée (privé)

Universités :

créée en 1970
  • Université Roi Fayçal[3] (privée islamique)

Écoles Supérieures :

  • ISSED: Institut Supérieur des Sciences de l'éducation
  • ISG : Institut Supérieur de Gestion
  • ENAM: École Nationale d'administration et de Magistrature
  • IEP: Institut évangélique Polytechnique
  • ISPF: Institut Supérieur Polytechnique "La Francophonie"
  • EIE: École Supérieure d'électronique et d'Informatique
  • ENASS: École Nationale des Sciences Infirmières et Sociales
  • INJS: Institut Supérieur de la Jeunesse et des Sports
  • ENS: École Normale Supérieure
  • ISP: Institut Supérieur Polytechnique
  • ENTP: École Nationale des Travaux Publics
  • ISTAP: Institut Supérieur des Techniques Appliquées
  • CTAP: Centre Technique d'Apprentissage et de Perfectionnement
  • HEC-TCHAD: Hautes Études Économiques, Comptables, Commerciales et Communication du Tchad
  • ESIG: École Supérieure d'Informatique appliquée à la Gestion
  • Sup' Management École supérieure de management

Centres Culturels

  • Markas-al-Nour[4]
  • Centre de Culture Évangélique (CCE)
  • Institut Français du Tchad (ex Centre Culturel Français CCF)
  • Centre Culture Al Mouna
  • Centre Culturel Baba Moustapha
  • Centre Don Bosco
  • Centre Emmanuel
  • Centre Catholique Universitaire (CCU)
  • Centre culturel libyen
  • Centre de Formation Almadina Al-mounawara.(Français)

Maires et administrateurs[modifier | modifier le code]

N'Djaména bénéficie d'un statut particulier défini par la loi no 009/PR/05 du 15 juillet 2005.

Liste des administrateurs :

Maires (nommés selon le journal Échos de la commune n° 012/07/2000) :

  1. Gabriel Lisette (1956-1961) ;
  2. Jean Baptiste (en 1961) ;
  3. Toura gaba (1961-1962) ;
  4. Barka Mahamat Scoa (1962-1963) ;
  5. Béchir Sow (1963-1965) ;
  6. Mahamat Yakouma (1965-1971) ;
  7. Morbaye Jacques (1971-1972) ;
  8. Mahamat Djarma Khatir[5] (1972-1975) ;
  9. Mahamat Djibert (1975-1980) ;
  10. Hassana Abdoulaye (1980-1981) ;
  11. Hassane Filedjé (1981-1982) ;
  12. Mahamat Djibert (1982-1986) ;
  13. Bachar Abdoulaye (1986-1989) ;
  14. Ali Salim (1989-1991) ;
  15. Lol Mahamat Choua (1991-1992)
  16. Djibrine Hisseine Grinky (1992-1993) ;
  17. Abderhaman Moussa (1993-1996) ;
  18. Ali Haroun ;
  19. Dago Yacouba ;
  20. Simon Béasngar ;
  21. Adoudou Adil Artine ;
  22. Mahamat Zen Bada (3 mai 2007-janvier 2010);
  23. Marie-Thérèse Mbailemdana (à partir du 28 janvier 2010);
  24. Issa Adjideï (intérim de Marie-Thérèse Mbailemdana) de 2011 à 2012 ;

Liste des maires élus :

  1. Djimet Ibet (2012) ;
  2. Saleh Abdelaziz Damane (depuis 11/2012) ;

Liste des délégués généraux du gouvernement :

  • 15 septembre 2008 - Juillet 2012 : Hassana Abdoulaye
  • Juillet 2012 - Mars 2013 : Issa Adjideï
  • Depuis mars 2013 : Haoua Outman Djamé

Politique[modifier | modifier le code]

Liste des députés :

  • Nassour Guelendouksia Ouaïddou
  • Fandéo Klong Ma Djongwé
  • Yorongar N'garledji Lemoiban
  • Fati Douga 2e arrondissement
  • Mme Derssou née Kalbanssou
  • Dangbayaola Hapkreo
  • Ali Golor
  • Kaguer Darabo
  • Moussa Dassidi
  • Saleh Kebzabo
  • Jean Alingué Baoweyeu
  • Mersilé Atti Mahamat (RPR LINGUI) 3e arrondissement
  • Beral Mbaîkoubou (6e arrondissement)
  • Brahim Bichara (2e arrondissement)

Cité Toumaï[modifier | modifier le code]

Projet de développement urbain[6].

Galerie de photos[modifier | modifier le code]

Les photographies suivantes ne sont pas datées mais elles sont prises probablement dans les années 1960.

Jumelage et accords de coopération[modifier | modifier le code]

Divers[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.mercer.com/articles/1095320
  2. Lycée Thilam-thilam
  3. Université Roi Fayçal
  4. Centre Culturel Markas-al-Nour
  5. Gondeu Ladiba, L'émergence des organisations islamiques au Tchad : Enjeux, acteurs et territoires, Éditions L’Harmattan, (ISBN 9782296479531, lire en ligne), p. 79
  6. Cité Toumaï
  7. Jumelage avec Toulouse
  8. Jumelage avec Marseille

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alain Vivien, N'Djamena (naguère Fort-Lamy). Histoire d'une capitales africaine, Sépia, Paris, 2006 (ISBN 2842801083)
  • Claude Arditi, Tchad : de Fort-Lamy à N'Djamena, 1992.

Articles connexes[modifier | modifier le code]