Nâdir Châh

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Nâdir Châh
Nâdir Châh (1774, Abol-Hassan).
Nâdir Châh (1774, Abol-Hassan).
Titre
Chah de Perse
Prédécesseur Abbas III
Successeur Adil Châh
Biographie
Dynastie Afsharides
Date de naissance
Date de décès (à 58 ans)
Lieu de décès Ghouchan
Père Imam Qouli Beg Afshar
Enfants Reza Quli Mirza (en)

Nâdir Châh (en persan : نادر شاه), de son vrai nom Nader Khan Qirqlu Afshar (en persan : نادر خان افشار), né le et mort le , fut chahanchah de Perse et fondateur de la dynastie des Afsharides. Il régna de 1736 jusqu'à sa mort. Il est surtout connu pour ses conquêtes. On le surnommera plus tard « le Napoléon iranien »[1].

Ascension[modifier | modifier le code]

Il naît dans la région de Dastgerd (en) de la province du Khorassan en Iran. Son père, Emam Qouli Beg Afshar, un modeste berger, meurt alors que Nâdir est encore enfant. Nâdir et sa mère sont ensuite pris comme esclaves par les Ouzbeks, mais Nâdir parvient à s'échapper. Il rejoint une bande de voleurs dont il devient le chef en 1717.[réf. nécessaire]

En 1719, Mahmoud Ghilzai de la tribu afghan Hotaki fait le siège d'Ispahan et prend le pouvoir en Perse. Avec cinq mille hommes, Nâdir soutient Tahmasp II Safavides dans sa guerre contre l'Afghan Mahmoud. C'est en se mettant au service de Tahmasp qu'il prend le nom Nader Qoli Beig. Plus tard, Nâdir destitue Tahmasp II, place le fils de celui-ci, Abbas III, encore enfant, sur le trône, et se déclare régent en 1732.

Nâdir défait les Afghans à la bataille de Damghan en 1729. Il boute hors du pays les Afghans, qui occupaient la Perse depuis 1730

En 1733, il remporte la bataille de (en) Kirkouk contre le grand vizir ottoman Topal Osman Pacha, victoire décisive dans la guerre ottomano-persane de 1730-1735 (en).

Par le traité de Rasht (en) (1732) et le traité de Gandja (en) (1735), il assure la sécurité de ses frontières avec la Russie et détourne les ambitions des Russes vers l'Empire ottoman.

Il monte sur le trône de Perse en 1736, prenant le titre de Nâdir Châh.

Apogée et fin[modifier | modifier le code]

En 1738, il conquiert Kandahar et Kaboul en Afghanistan, puis continue par l'invasion de l'Inde, défaisant la grande armée de l'Empire moghol de Mohammad Shâh à la bataille de Karnal le .

Le , Nâdir Châh prend la ville de Delhi qu'il fait piller et ordonne le massacre de trente mille de ses habitants. Il retourne ensuite en Perse au début de mai 1739 avec d'immenses trésors, dont le Trône du Paon, qui sert ensuite de symbole de la force impériale persane, quelque mille femmes indiennes (hindoues et musulmanes), un grand nombre de garçons comme esclaves et des milliers d'éléphants, de chevaux et de chameaux chargés avec le butin que ses hommes ont rassemblé et le diamant de Koh-i Nor. Un autre diamant disparaît, le Grand Mogol[2] à l'occasion du pillage de Delhi. Cependant, celui-ci n'ayant jamais réapparu par la suite, il n'est pas certain que Nâdir Châh soit le responsable du vol. La légende voudrait que des démons aient emporté le diamant. Les richesses saisies en Inde sont si importantes que Nâdir Châh arrête la perception des impôts en Iran pendant les trois années suivantes.

En 1741, après l'échec d'une tentative d'assassinat contre lui, Nâdir Châh suspecte son fils aîné, Reza Quli Mirza (en), d'en être responsable et lui fait crever les yeux.

La fin de son règne est marquée par une nouvelle guerre ottomano-persane (1743-1746) (en). Nâdir Châh échoue à prendre Bagdad mais, par le traité de Kordan (en) (1746), obtient que les Ottomans renoncent à soutenir les prétendants au trône de Perse, échangent leurs prisonniers et accordent le libre passage aux Persans pour le pélerinage de La Mecque.

Il est assassiné en 1747 et son neveu Ali lui succède sous le nom d'Adil Châh. Mais l'empire conquis par Nâdir Châh s'effondre peu après. En effet en 1747, Ahmad Khan, jeune commandant afghan de Nâdir Châh, proclame son indépendance et prend le nom d'Ahmad Shâh. Il fonde la dynastie Durrani qui règne sur l'Afghanistan jusqu'en 1826.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Yves Bomati, Houchang Nahavandi, Les grandes figures de l'Iran, Perrin (ISBN 978-2-262-04732-0), « Nader Shah Afshar, le mythe du sauveur. »
  2. http://www.24hgold.com/francais/contributor.aspx?article=2096667904G10020&contributor=Diamants+C%C3%A9l%C3%A8bres.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Foad Saberan, Nader Chah, ou la folie au pouvoir dans l'Iran du XVIIIe siècle, L'Harmattan, 2013
  • (fr) Vladimir Minorsky, Esquisse d'une histoire de Nader-Chah, 1934
  • (fr) Mohammad Mahdi Khan, Histoire de Nader Chah, connu sous le nom de Thomas Kuli Khan, traduite par M. William Jones, 1770