Mythologie grecque dans l’art et la littérature occidentaux

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On dit souvent que La Naissance de Vénus de Botticelli (vers 1485-1486, huile sur toile, Galerie des Offices, Florence) — une Vénus pudique ressuscitée pour une nouvelle vision de l’Antiquité païenne – incarne parfaitement l’esprit de la Renaissance selon les observateurs contemporains[1].

Avec la redécouverte de l’Antiquité classique pendant la Renaissance, la poésie d’Ovide a beaucoup influencé l’imagination des poètes et des artistes et est restée une influence fondamentale sur la diffusion et la perception de la mythologie grecque pendant de nombreux siècles[2]. Dès les premières années de la Renaissance, des artistes ont représenté des sujets de la mythologie grecque en même temps que des thèmes chrétiens plus conventionnels. Parmi les sujets les plus connus d’artistes italiens, on retrouve La Naissance de Vénus et Pallas et le Centaure de Botticelli, Leda et le Cygne de Léonard de Vinci et Michel-Ange, et Le Triomphe de Galatée de Raphaël[2]. Grâce au latin et aux œuvres d’Ovide, la mythologie grecque a influencé des poètes pendant le Moyen Âge et la Renaissance tels que Pétrarque, Boccace and Dante en Italie[1].

En Europe du Nord, la mythologie grecque n’a jamais eu le même effet sur les arts visuels, mais ses effets ont été évidents sur la littérature. Les textes grecs et latins classiques ont été traduits pour que les histoires de la mythologie soient disponibles. En Angleterre, Chaucer, les Elisabéthains et John Milton faisaient partie de ceux influencés par les légendes grecques ; presque tous les principaux poètes anglais de Shakespeare à Robert Bridges se sont tournés vers la mythologie grecque pour trouver l’inspiration. Jean Racine en France et Goethe en Allemagne ont relancé le théâtre grec[2]. Racine a redonné vie aux anciennes légendes, y compris celles de Phèdre, Andromaque, Œdipe et Iphigénie[3].

Au XVIIIe siècle, la révolution philosophique des Lumières s’est répandue dans toute l’Europe. Elle fut accompagnée d’une certaine réaction à l’encontre de la mythologie grecque ; on insistait souvent sur les prouesses scientifiques et philosophiques de la Grèce et de Rome. Toutefois, les légendes continuaient de servir de matière première pour les dramaturges, y compris ceux qui ont écrit le Livret pour les opéras de Handel, Admeto et Semele, de Mozart, Idomeneo, re di Creta, et de Gluck, Iphigénie en Aulide[3]. À la fin du siècle, le Romantisme a initié une vague d’enthousiasme pour tout ce qui se rapporte à la Grèce, dont la mythologie grecque. En Grande-Bretagne, c’était une période idéale pour de nouvelles traductions des tragédies grecques et des œuvres d’Homère. Celles-ci ont à leur tour inspiré des poètes contemporains tels que Keats, Lord Byron et Shelley[4]. L’hellénisme du poète lauréat de la reine Victoria, Alfred Tennyson, était tel que même ses portraits de la cour anglaise typique du roi Arthur étaient couverts de références aux épopées homériques. Les arts visuels suivaient, stimulés par l’acquisition des marbres du Parthénon en 1816 ; un certain nombre de peintures « grecques » de Lord Leighton et Lawrence Alma-Tadema étaient vraiment admis comme faisant partie de la transmission de l’idéal hellénique[5].

Des auteurs américains du XIXe siècle tels que Thomas Bulfinch et Nathaniel Hawthorne, croyaient que les mythes devaient procurer du plaisir. Ils soutenaient que l’étude des mythes classiques était essentielle à la compréhension de la littérature anglaise et américaine[6]. Selon Bulfinch, « Les soi-disant divinités de l’Olympe n’ont pas un seul fidèle parmi les hommes. Ils n’appartiennent désormais plus au domaine de la théologie mais à ceux de la littérature et du goût. »[7] Plus récemment, les thèmes classiques ont été réinterprétés par des dramaturges célèbres tels que Jean Anouilh, Jean Cocteau et Jean Giraudoux en France, Eugene O'Neill en Amérique et T. S. Eliot en Angleterre, et par de très grands romanciers tels que l’irlandais James Joyce et le français André Gide. Richard Strauss, Jacques Offenbach et bien d’autres encore ont appliqué les thèmes mythologiques grecs à la musique[1].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c « Greek Mythology », dans Encyclopaedia Britannica,
  2. a b et c « Greek mythology », dans Encyclopaedia Britannica,
    * L. Burn, Greek Myths, 75
  3. a et b L. Burn, Greek Myths, 75
  4. L. Burn, Greek Myths, 75-76
  5. L. Burn, Greek Myths, 76
  6. Klatt-Brazouski, Ancient Greek and Roman Mythology, 4
  7. T. Bulfinch (1855). The Age of Fable: Or, Stories of Gods and Heroes, p. 11. Sanborn, Carter, and Bazin.