Mutigney

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Mutigney
Mutigney
Le château
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Jura
Arrondissement Dole
Intercommunalité Communauté de communes Jura nord
Maire
Mandat
Éric Druot
2020-2026
Code postal 39290
Code commune 39377
Démographie
Gentilé Mustigniens
Population
municipale
172 hab. (2018 en augmentation de 3,61 % par rapport à 2013)
Densité 22 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 16′ 44″ nord, 5° 32′ 40″ est
Altitude Min. 188 m
Max. 233 m
Superficie 8,00 km2
Type Commune rurale
Aire d'attraction Commune hors attraction des villes
Élections
Départementales Canton d'Authume
Législatives Troisième circonscription
Localisation
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Mutigney

Mutigney est une commune française située dans le département du Jura et la région Bourgogne-Franche-Comté.

Ses habitants sont appelés les Mustigniens.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune de Mutigney se situe dans le nord du département du Jura, à la limite de la Haute-Saône et de la Côte-d'Or, sur le flanc d'un léger relief bordant la plaine de la rivière Ognon. Elle est limitrophe et toute proche de Pesmes (Haute-Saône).

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Mutigney est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[1],[2],[3]. La commune est en outre hors attraction des villes[4],[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

La commune de Mutigney fut érigée le long d'une voie antique qui faisait la liaison entre la Séquanie et le pays des Lingons. Une plaque en bronze sculptée dite plaque de Tutillus[6],[7], datée du IIe siècle, fut mise à jour en 2000 le long de la route départementale 314 qui traverse le village.

Les premières mentions d'une occupation apparaissent vers le XIIe siècle. Mutigney est cité pour la première fois dans les chartes de fondation de l'abbaye d'Acey et en 1257 dans un acte de Guillaume, seigneur de Pesmes, sous le nom de Montigny-les-Pesmes[8].

Au XVIIe siècle, les guerres et les grandes pestes dépeuplent totalement le village.

Le village était entouré, jusqu'aux années 1970, d'un réseau dense de chemins creux desservant des potagers et des vergers et assurant la transition avec les pâturages environnants. Le remembrement et le regroupement des terrains, conjugués avec la destruction des haies, ont profondément modifié la structure paysagère, isolant le village dans la plaine.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
vers 1823 18.. Jean Lasnier    
Les données manquantes sont à compléter.
vers 1916 1919 Claude François Boudot   Chevalier de la Légion d'honneur
1919 19.. Pierre Henri Bourlier    
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 mars 2008 André Meux    
mars 2008 2012 René Druot[9]    
2012 2020 Christine Lecomte DVD Fonctionnaire
2020 En cours Éric Druot    

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[10]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[11].

En 2018, la commune comptait 172 habitants[Note 2], en augmentation de 3,61 % par rapport à 2013 (Jura : −0,29 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
278269365316481498478500514
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
491448437468425394373364337
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
346352319278281270258225195
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
200191175169161143147156167
2018 - - - - - - - -
172--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[12] puis Insee à partir de 2006[13].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

La commune de Mutigney fut dès l'origine une commune d'économie agricole. La culture et l'élevage de bovins constituèrent la majeure partie de l'activité des habitants.

À partir du XVIIe siècle, le développement des forges de Pesmes apporta un gisement d'emplois pour les Mustigniens qui n'avaient qu'à franchir l'Ognon pour rejoindre la fabrique.

Dans les années 1930, une fabrique artisanale de fromages s'installa à proximité du château. Ses productions furent diffusées via des grossistes sous les marques Poncelin et Marquis de Saint Souplet. La fabrication cessa vers 1965.

  • Le Chemin de fer vicinal Dole-Pesmes-Gray

La Compagnie générale des chemins de fer vicinaux, issue du groupe Empain, fut constituée le . La ligne était une voie métrique, la traction assurée par une locomotive à vapeur type 030. La section Pesmes-Dole, qui desservait Mutigney à raison de trois trains par jour, fut ouverte le et fermée le . En dehors des passagers, les marchandises transportées, très diverses, allaient du bétail aux vins en passant par le blé, les bois ou matériaux de carrières[14].

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le château[modifier | modifier le code]

Le château de Mutigney fut construit en 1450 par Herman Vaudrey[15], seigneur de Mutigney. Il comporte au nord un corps principal flanqué de deux tours rondes érigés sur une terrasse dominant la plaine de l'Ognon. Une tour octogonale engagée dans le mur sud ceinture l'escalier qui dessert les étages. Six cheminées gothiques subsistent encore dans le corps de logis[8]. Un second corps avec deux tours carrées lui fait face au sud, délimitant une cour intérieure.

Les bâtiments qui fermaient la cour sur les deux autres faces, très dégradés, ont été éliminés lors de la récente restauration.

Le château était défendu par un mur d'enceinte, le côté nord était protégé par les marais.

Le château fut vendu en 1530 à Étienne Le Moyne, conseiller au parlement de Dole. Après le partage de la propriété entre les héritiers Le Moine et Mayrot, le château fut racheté au XVIIIe siècle par François-Marie-Bruno d'Agay à Charles-Léonard-Prosper Mayrot, capitaine de cavalerie. Le nouveau seigneur fit ériger la terre de Mutigney en comté en . M. Guillaumeau, marquis de Saint-Souplet, devint propriétaire du château au XIXe siècle[16]. Au XXe siècle, le domaine passa aux mains de la famille Boiteux[17].

Les rapports du village et de son châtelain furent fixés définitivement, avant la Révolution, par le comte d'Agay. Il proclama lui-même : « Tout ce bien était fief depuis plusieurs siècles et pas un pouce de terrain n'appartenait à aucun autre. » Dans la deuxième moitié du XXe siècle, les villageois respectueux se découvraient toujours au passage de la DS noire du châtelain.

Le château (façades, toitures et les cinq cheminées) fait l'objet d'une inscription au titre des Monuments historiques depuis le [18].

Les lavoirs-fontaines[modifier | modifier le code]

Ils furent érigés au XVIIIe siècle. Par leurs bossages de pierre et leurs fontaines pétrifiées, ils s'apparentent aux réalisations de Claude-Nicolas Ledoux, pour la Saline royale d'Arc-et-Senans.
Ils se situent Rue Saint-Souplet, pour l'un (dit de La Platière), et Rue du Château, pour l'autre, et font l'objet d'une inscription au titre des Monuments historiques depuis le [19],[20],[21],[22].

L'église de l'Assomption[modifier | modifier le code]

Elle fut érigée au XVIIIe, sur l'actuelle Place de la Mairie. Elle est couverte d'un clocher comtois à tuiles polychromes.

  • La croix de chemin, Rue de Chassey;
  • La croix de mission, Place de la Mairie;
  • La chapelle Saint-Michel, Rue de la Chapelle, au hameau de Chassey;
  • La fontaine-abreuvoir (XIXe s), Rue Saint-Souplet;
  • La mairie, Place de la Mairie;
  • Le monument aux morts (XXe s), Place de la Mairie;
  • Le pont des Forges;
  • Le barrage.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 28 mars 2021).
  2. « Commune rurale - définition », sur le site de l’Insee (consulté le 28 mars 2021).
  3. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 28 mars 2021).
  4. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur insee.fr, (consulté le 28 mars 2021).
  5. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le 28 mars 2021).
  6. [1]
  7. Conservée au Musée d'archéologie du Jura de Lons-le-Saunier.
  8. a et b Source: Docteur Boiteux in Vieilles demeures françaises
  9. Préfecture du Jura, Liste des maires élus en 2008, consultée le 2 mai 2010
  10. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  11. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  12. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  13. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  14. Article de l'école de Moissey sur l'histoire du tacot de Moissey
  15. Trois de Vaudrey sont lieutenants généraux d'Aval : Guillaume, seigneur de Courlaoux, en 1454 ; Claude, seigneur de Laigle, en 1480 ; Louis, seigneur de Mutigney, en 1490 MEMODOC
  16. Source: Châteaux et demeures du Jura, cité sur le site Racines Comtoises. [2]
  17. Acquis après la Première Guerre mondiale avec les indemnités obtenues en dommages de guerre pour la destruction de ses exploitations viticoles alsaciennes.
  18. « Château de Mutigney », notice no PA00101966, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  19. La fontaine aux trois bassins de Mutigney, par le Docteur Louis Boiteux, Conseiller général, écrit pour Les Dépêches du 9 juillet 1971
  20. La fontaine aux trois bassins de Mutigney, par Sylvie de Vesvrotte, ingénieur d'études au CNRS-Lyon
  21. « Lavoir 1 », notice no PA00101968, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  22. « Lavoir 2 », notice no PA00101969, base Mérimée, ministère français de la Culture.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Docteur Boiteux, Mutigney (Jura) in Vieilles maisons françaises, no 56, , p. 38-41.