Musurgia universalis

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Musurgia universalis
Image illustrative de l'article Musurgia universalis
Musurgia universalis, page de titre de l'édition originale

Auteur Athanasius Kircher
Pays Flag of the Papal States (pre 1808).svg États pontificaux
Genre Traité
Version originale
Langue latin
Éditeur Haeredum Francisci Corbelletti / Ludovici Grignani
Lieu de parution Rome
Date de parution 1650
Version française
Nombre de pages 1152 (plus les index)

Musurgia universalis est un vaste traité sur la musique publié en 1650, rédigé en latin par le jésuite allemand, Athanasius Kircher, professeur à l'Université grégorienne, éminent esprit encyclopédique et un des scientifiques les plus importants de l'époque baroque.

Contenu[modifier | modifier le code]

page du traité
Une page du traité de Kircher.

Connu pour être l'un des premiers égyptologues, érudit, chercheur et observateur insatiable, Kircher veut dans son traité présenter une théorie globale des sons et de la musique[1], ce qui en fait une œuvre majeure de son corpus.

Les lecteurs ont certes épinglé les erreurs ou naïvetés d'un auteur qui n'a pas la rigueur intellectuelle de son contemporain Marin Mersenne dans son Harmonie universelle, publiée quatorze ans plus tôt, en 1636. Par exemple lorsqu'il traite de l'orgue à cylindre, il l'attribue à Pythagore. L'instrument mécanique n'est qu'une serinette actionnée par un système hydraulique. Le mouvement actionne aussi des automates[2]. Cependant, l'ampleur de l'œuvre lui a valu le succès pendant un siècle par les rééditions et il est considéré comme l'un des théoriciens du XVIIe siècle parmi les plus influents[3].

Animé d'un principe encyclopédique, il n'hésite pas à annexer à son propos principal, ses connaissances en physique, en architecture ou en médecine, présentant des planches anatomiques des organes de l'ouïe et de la voix[4], ou d'autres sur les cris des gallinacés[1] – objet d'œuvres de musicien comme Biber : Sonata representiva.

Homme du XVIIe siècle, Kircher est fasciné par les automates et autres cabinets de curiosités, notamment celui de Michele Todini dont il est l'ami[5], qui dans sa Galleria armonica rassemblait nombre d'instruments de musique extraordinaires, comme la Macchina di Polifemo e Galatea ou la Macchina Maggiore[6] le plus vaste ensemble conçu par Todini : par un clavier unique le musicien pouvait jouer sept instruments : clavecin, trois types d'épinettes, orgue, violon et une lira ad arco[7] et que Kircher reproduit dans Phonurgia nova, paru vingt ans après Musurgia.

Fasciné par la production, la propagation du son et la découverte de l'acoustique, il analyse les phénomènes à partir de lieux célèbres[8] depuis l'antiquité connus pour leur écho ou amplification du son[1].

Il associe l'orgue à tuyaux au Créateur, et les six registres correspondant aux jours de la création[9],[10].

Kircher a laissé un autre traité important concernant l'acoustique, Phonurgia nova (1673).

Plan[modifier | modifier le code]

  • Volume 1
    • Livre I – De Natura Soni & Vocis
    • Livre II – De Musica & Instrumentis Hebræsorum & Græcorum (p. 42-)
    • Livre III – De Harmonieorum numerorum doctrina (p. 80-)
    • Livre IV – De Geometrica diuisione Monochordi (p. 158-)
    • Livre V – De componendarum omnis generis melodiarum certà (p. 200-)
    • Livre VI – De Musica Instrumentali (p. 420-)
    • Livre VII – De Musica Antiqua & Moderna (p. 531-690, plus index alphabétique des idées)
  • Volume 2
    • Livre VIII – De Musurgia Mirifica, feu Artificio componendi quafuis nouo, ac faciilimo componendi quafuis cantilenas (p. 20-)
    • Livre IX – De Magià Consoni & Dissoni, in quà reconditiora sonorum per varias experientias in lucem proferuntur ac declarantur (p. 200-)
    • Livre X – De Organo decaulo in quo per 10. Registra demonstratur naturam rerum in omnibus obseruasse musicas harmonicas proportiones (p. 364-462, plus index)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrage anciens[modifier | modifier le code]

Ouvrages modernes[modifier | modifier le code]

  • Matherine Massip, Le chant d'Euterpe : L'aventure de la musique, Paris, Éditions Hervas, , 188 p. (ISBN 2903118671, OCLC 33034446, notice BnF no FRBNF36660441), p. 49-51
  • (en) Patrizio Barbieri, « Michele Todini's galleria armonica : its hitherto unknown history », Early Music, vol. 30, no 4,‎ , p. 565-583 (lire en ligne)

Articles[modifier | modifier le code]

  • Bruno Pinchard, « Musique, logique et rhétorique dans la Musurgia Universalis de Kircher (éléments pour une philosophie du style) », Enciclopedismo in Roma barocca, Venise,‎ , p. 87-100 (OCLC 887218743)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Massip 1991, p. 49
  2. Tome II, folio 347.
  3. (en) Eric Chafe, Analyzing Bach cantatas, Oxford University Press, 2003, p. xi : « Athanasius Kircher, perhaps the most influential seventeenth-century music theorist ».
  4. Tome I, folio 14 et 22.
  5. Barbieri 2002, p. 571
  6. (la) « L'archiclacycembalum par Kircher », sur gallica.bnf.fr (consulté le 2 février 2015)
  7. Barbieri 2002, p. 567
  8. Par exemple, folio 264.
  9. Massip 1991, p. 51
  10. « Paragraphe Harmonia Mundi (et passim pour un perspective bachinenne) », sur www.peiresc.org (consulté le 2 février 2015)

Articles contextuels[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]