Musique dégénérée

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Caricature de l'exposition Entartete Musik de 1938. Un musicien de jazz noir, portant l'étoile juive, joue du saxophone. Le jazz noir américain est interdit sur les radios allemandes dès 1935, après avoir été interdit de se produire par le gouvernement von Papen dès 1932. Affiche de Ludwig (Lucky) Tersch.

Musique dégénérée est la traduction littérale de l’allemand : entartete Musik (prononcé en allemand : [ɛntaʁtɛtə muziːk]), appliqué aux musiques interdites dans les années 1930 en Allemagne par le gouvernement nazi, à l'encontre de certaines formes de musiques, considérées comme nuisibles ou décadentes. La préoccupation du gouvernement nazi pour la « musique dégénérée » faisait partie d'une campagne plus grande, contre l'art dégénéré (« entartete Kunst »). Dans les deux cas, le gouvernement a tenté d'isoler, de discréditer, de décourager ou d'interdire les œuvres. Leurs idées ont produit des décennies d'écrits antisémites sur la musique et un débat sur la relation entre la musique et la maladie mentale[réf. nécessaire]

Racisme[modifier | modifier le code]

Les compositeurs juifs tels Felix Mendelssohn et Gustav Mahler ont été décriés et condamnés par les nazis[1]. À Leipzig, une statue en bronze de Mendelssohn est enlevée. Le régime commande de la musique pour remplacer sa musique de scène pour Ein Sommernachtstraum (Le Songe d'une nuit d'été)[1].

Discrimination[modifier | modifier le code]

Un élément de l'exposition de 2007, « Le saxophone suspect ». Musique dégénérée dans l'état nazi.
Le Kunstpalast à Düsseldorf (photographié en 1902).
Couverture de la partition de l'« opéra jazz » Jonny spielt auf (1927), du compositeur autrichien, émigré aux États-Unis en 1937, Křenek ; inspiration de la caricature nazi montrée plus haut.

Dès la prise de pouvoir par les nazis, ces compositeurs ont éprouvé de plus en plus de difficultés et souvent l'impossibilité de trouver du travail ou de faire jouer leur musique. Beaucoup se sont exilés, notamment Arnold Schönberg, Kurt Weill, Paul Hindemith, Berthold Goldschmidt ; ou se sont retirés dans un exil intérieur tels Karl Amadeus Hartmann et Boris Blacher ; ou ont fini dans les camps de concentration, comme c'est le cas, notamment, de Viktor Ullmann et Erwin Schulhoff.

En tant qu'« art dégénéré », des exemples de cette musique dégénérée ont été montrés en Allemagne dans des expositions publiques, au début de 1938. L'une des premières d'entre elles a été organisée à Düsseldorf par Hans Severus Ziegler (en), à l'époque directeur du Théâtre national de Weimar. Il a expliqué dans son discours d'ouverture, que la décadence de la musique était « en raison de l'influence du Judaïsme et du capitalisme ». L'exposition de Ziegler était organisée en sept sections, consacrées à[2] :

  1. l'influence du Judaïsme,
  2. à Schönberg,
  3. à Kurt Weill et Ernst Křenek,
  4. « au bolcheviques mineurs » (Schreker, Alban Berg, Ernst Tochetc.),
  5. à Leo Kestenberg (de), directeur de l'éducation musicale avant 1933,
  6. aux opéras et oratorios de Hindemith,
  7. et à Igor Stravinsky.

À partir du milieu des années 1990, le label Decca a publié une série d'enregistrements sous le titre de Entartete Musik : Musique supprimée par le Troisième Reich, couvrant des œuvres moins connues de plusieurs de ces compositeurs discrédités et interdits.

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Degenerate music » (voir la liste des auteurs).

  1. a et b Petit et Giner 2005.
  2. Anonyme 1938, p. 629.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]