Muscat de Mireval

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Muscat de Mireval
image illustrative de l’article Muscat de Mireval
Bouteille de muscat de Mireval

Désignation(s) Muscat de Mireval
Appellation(s) principale(s) muscat de Mireval
Type d'appellation(s) AOC-AOP
Reconnue depuis
Pays Drapeau de la France France
Région parente Languedoc-Roussillon
Sous-région(s) plaine du Languedoc
Localisation Hérault
Climat tempéré méditerranéen
Superficie plantée 288 hectares
Cépages dominants muscat blanc à petits grains B[1]
Vins produits vin de liqueur et VDN blancs
Production 8 000 hectolitres
Pieds à l'hectare minimum 4 000 pieds par hectare
Rendement moyen à l'hectare maximum 25 hectolitres par hectare en vdn + 5 hectolitres par hectare en muscat sec

Le muscat de Mireval est un vin doux naturel produit dans le département français de l'Hérault en région Occitanie.

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

En 1122, les premières traces de transaction attestent la présence de muscat à cette époque[2].

Dès le début du XVIe siècle, la culture de la vigne languedocienne étant devenue plus rentable que celle des céréales, les coteaux et les terrasses devinrent insuffisants. Dès 1520, les vignobles de Frontignan, Mireval et Vic-la-Gardiole descendirent en plaine[3]. Ce fut à cette époque que François Rabelais trouva à Montpellier des « bons vins de Mirevaux et joyeuse compagnie », tandis qu'à Avignon, il rencontra des « femmes qui jouent volontiers du serre-croupière parce que c'est terre papale »[4].

Toujours au XVIe siècle, Guy de Chauliac reconnaît certaines vertus médicamenteuses au Muscat de Mireval[2].

Période moderne[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, les producteurs se désinterressent du muscat pour se tourner vers le vin rouge, plus rentable à cette époque[2].

En 1886, le phylloxéra met en crise le vignoble et oblige d'en replanter une partie[2].

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

Le Muscat de Mireval est protégé depuis le par une appellation d'origine contrôlée (VDN),

Étymologie[modifier | modifier le code]

Situation géographique[modifier | modifier le code]

Mireval et une partie de son vignoble

Le vignoble est situé dans l'Hérault à mi-chemin entre Montpellier et Agde et il est proche de Sète. Son terroir viticole jouxte celui du Muscat de Frontignan.

Orographie[modifier | modifier le code]

Les vignes sont plantées sur des pentes du massif de la Gardiole. Elles sont orientées Sud-Est et protégées par les collines des vents froids du nord.

Géologie[modifier | modifier le code]

Les sols qui affleurent datent du Kimméridgien et de l'Oxfordien. Ils sont composés d'une argile très ferrugineuse fortement colorée en rouge. Cette argile est mêlée à du calcaire. Dans la partie sud du vignoble le taux de calcium est extrêmement élevé, ce qui impose de recourir à des porte-greffes très résistants.

Climatologie[modifier | modifier le code]

Diagramme climatique de la station météorologique de Sète (période 1961-1990)

Le climat de Mireval est typiquement méditerranéen, caractérisé par des hivers doux et humides, des étés chauds et secs et des précipitations concentrées en automne et en hiver, souvent orageuses. La tramontane, vent du nord-ouest, s'y fait fréquemment sentir en hiver.

La moyenne des températures annuelles moyennes relevées à la station météorologique départementale de Sète, sur une période de trente ans (1961-1990) s'élève à 14,7 °C avec des moyennes maximales et minimales de 17,9 °C et 11,4 °C. Juillet est le mois le plus chaud avec une moyenne mensuelle de 19,1 °C et janvier le plus froid avec 4,7 °C. Les records de température ont été enregistrés à 39 °C le [5] et −12,0 °C le . Les gelées sont rares du fait de la proximité de la mer, mais se produisent périodiquement, rendant aléatoire la culture de plantes sensibles, tels les palmiers.

L'ensoleillement annuel moyen est supérieur à 2500 heures[6].

La moyenne des précipitations annuelles est relativement basse, elle s'élève à 627 millimètres, avec une répartition inégale, les mois de juin, juillet et août étant les plus secs et la période allant d'octobre à mars la plus pluvieuse, le mois d'octobre recevant à lui seul 106 mm en moyenne, soit environ un sixième du total annuel[7].

La région est relativement venteuse, principalement du fait de la tramontane, vent froid et sec, fréquent en hiver et au printemps, qui souffle du nord-ouest. Ce vent, qui a franchi le seuil de Naurouze entre Pyrénées et Massif Central, y est cependant affaibli comparativement aux régions situés plus à l'ouest. C'est un vent sec, qui chasse les nuages, et augmente l'insolation et l'évaporation. Les vents de secteurs est / sud-est, marin et grec, sont des vents humides et doux qui soufflent de la mer et amènent la pluie. Ils s'accompagnent d'une houle parfois importante et peuvent être violents, dépassant les 130 km/h.

Vignoble[modifier | modifier le code]

Présentation[modifier | modifier le code]

Le vignoble s'étend sur les communes de Mireval et Vic-la-Gardiole.

Encépagement[modifier | modifier le code]

Grappe de Muscat

Seul le cépage muscat blanc à petits grains B est admis.

Méthodes culturales et réglementaires[modifier | modifier le code]

Le rendement de base est de 28 hl/ha.

Vinification et élevage[modifier | modifier le code]

La règlementation exige au moins 252 grammes de sucre par litre. La fermentation alcoolique est stoppée par l'addition d'alcool à 95 %. Il doit alors rester au moins 125 grammes par litre de sucre dans le vin.

Terroir et vins[modifier | modifier le code]

Muscat de Mireval

Le terroir de l'appellation est essentiellement caillouteux et sec. Les flancs de la Gardiole sont plus calcaires et la plaine littorale est plus argileuse à proximité des étangs. Les influences maritimes sont fortes, avec des températures estivales significativement plus fraiches que dans l'intérieur des terres lorsque le vent souffle depuis la mer.

Structure des exploitations[modifier | modifier le code]

Entre la reconnaissance en appellation (1959) et le début des années 2000, le vignoble a été multiplié par six et a produit jusqu'à 8 000 hectolitres de vin avec soixante-dix producteurs (cave coopérative locale) et quelques vignerons indépendants qui commercialisent leur propre vins. Ces chiffres ont fortement chuté depuis le début des années 2000 sous la conjonction de plusieurs facteurs et notamment les départs à la retraite de viticulteurs et une focalisation croissante sur la qualité plutôt que sur les rendements.

Type de vins et gastronomie[modifier | modifier le code]

C'est l'apéritif qui a fait la fortune du muscat de Mireval. Sucré, capiteux, long en bouche, il était consommé avant les repas. La dégustation du muscat s'est depuis diversifiée, en accompagnement du foie gras et de nombreux fromages forts à pâte molle (époisses, maroilles, munster ...). Le muscat sec, qui est vinifié comme un vin blanc, sans mutage à l'alcool, en fait un vin blanc typé et raffiné pour accompagner les fruits de mer, les poissons et les salades. La vinification en vin naturellement doux (sans mutage à l'alcool) produit un vin épicé faisant penser au Xérès et accompagne les repas de poissons ou de crustacés.

Le muscat de Mireval intervient comme ingrédient dans de nombreuses recettes, et notamment pour la préparation du foie gras. Ses arômes muscaté et de raisin frais le font aussi intervenir dans la préparation de cocktails, amuse-gueules, potages, entrées, poissons et crustacés, volailles et viandes, légumes et desserts, dont les salades de fruit[8].

La sauce au vin muscat est l'une des nombreuses déclinaisons culinaires de ce vin doux naturel.

Commercialisation[modifier | modifier le code]

Les caves et domaines du muscat de Mireval sont notamment :

  • Cave coopérative Rabelais[9]
  • Cave Aymes (Domaine du Moulinas)[10]
  • Cave le Placard à Pinard[11]
  • Domaine de la Capelle[12]
  • Domaine de la Rencontre[13]
  • Domaine Mas Jacquet[14]
  • Domaine Le Clos de Miège[15]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le code international d'écriture des cépages mentionne la couleur du raisin de la manière suivante : B = blanc, N = noir, Rs = rose, G = gris.
  2. a, b, c et d Revue d'information municipale Printemps 2009, pp.13-16
  3. Alain Laborieux, op. cit., p. 109.
  4. Michel Bideaux, Les échanges entre les universités européennes à la Renaissance, Chap. Rabelais, les Universités et la mobilité.
  5. Hubert Reboul, Effeuill'Agde, op. cit. p.54
  6. Climatologie du Languedoc-Roussillon Drire Languedoc-Roussillon
  7. Climatologie mensuelle - Sète, France.
  8. Marie Christian, Ma cuisine au muscat
  9. Site de la cave coopérative Rabelais
  10. Site de la cave Aymes
  11. « Cave à vins bio naturels à Vic la Gardiole | Le Placard à Pinard », sur Le Placard à Pinard (consulté le 5 novembre 2017)
  12. Fiche sur vigneron-independant.com
  13. Site de Domaine de la Rencontre
  14. « Vic la Gardiole | Mas de Jacquet », sur Vacances | Vic la Gardiole | Mas de Jacquet (consulté le 5 novembre 2017)
  15. « Les Clos de Miège | Tendre des ponts entre les temps », sur lesclosdemiege.fr (consulté le 5 novembre 2017)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles Pomerol, sous la direction de, Terroirs et vins de France. Itinéraires œnologiques et géologiques, Éd. du BRGM, Orléans, 1990 (ISBN 2715901062)
  • Alain Laborieux, Muscats, des vins, des terroirs, une histoire, Éd. Sud Espace, Montpellier, 1997 (ISBN 2-906334-55-3).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]