Muscari

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Muscari Mill. est un genre de plantes à fleurs de la famille des Asparagaceae, autrefois classé dans celle des Liliaceae. Au stade de plantule, les muscaris ne présentent qu'un seul cotylédon, ce qui le classe parmi les Monocotylédones. Aussi appelés « jacinthes à grappes », les muscaris sont des plantes bulbeuses d'assez petite taille, parmi lesquelles on distingue une quarantaine d'espèces La floraison, généralement d'un bleu-violet soutenu, a lieu tôt, au printemps. Le Muscari d'Arménie (Muscari armeniacum) est l'espèce la plus cultivée, dont les variétés horticoles peuvent être de diverses nuances de bleu, blanc ou rose.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Bien que la plupart des muscaris actuellement cultivés sont inodores, le nom de « Muscari » vient du grec muschos, (musqué), car certaines variétés ont une odeur musquée [3].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le muscari a des feuilles vertes un peu charnues, étroites et alongées qui apparaissent en général après l'inflorescence et qui tendent à sortir en automne[3].

Selon les espèces ou cultivars, les muscaris peuvent mesurer de 10 à 60 cm de hauteur, et les fleurs être de couleur bleu pâle à bleu sombre ou encore blanches ou rose.

L'inflorescence est en épi. La fleur a une forme arrondie ainsi qu'une petite ouverture à l'extrémité[3].

La plante forme un bulbe et se reproduit principalement par multiplication végétative. Les fleurs supérieures ne servent qu'à attirer les pollinisateurs et ces graines sont généralement stériles[3].

Comme il entre en dormance en été, il est particulièrement résistant à la sécheresse[4].

Écologie[modifier | modifier le code]

Ils sont originaires du centre et sud de l'Europe, nord de l'Afrique, ouest, centre et sud-ouest de l'Asie, et se sont naturalisés dans plusieurs pays tempérés[3].

Propriétés[modifier | modifier le code]

Des alcaloïdes pyrrolizidiniques sont présents dans les bulbes de muscari [5].

Taxonomie et classifications[modifier | modifier le code]

Selon la classification employée, le genre Muscari fait partie de la famille :

Principales espèces[modifier | modifier le code]

Voir plus bas la liste extensive des espèces.

Le genre muscari compte environ 40 espèces[3] dont les plus connues sont les suivantes :

  • Muscari armeniacum Leichtl. ex Baker - Muscari d'Arménie. Fleurs bleu de cobalt. Les feuilles apparaissent à l'automne. Espèce très appréciée dans les jardins, qui se naturalise aisément.
Note : Le taxon appelé Muscari szovitsianum Baker est considéré actuellement comme une variante locale de M. armeniacum.
  • Muscari azureum Fenzl - Plante de 10 à 15 cm de haut, à fleurs campanulées bleu clair, striées à la face externe. Originaire du Caucase et du nord de la Turquie. Il en existe une variété à fleurs blanches.
Synonymes : Hyacinthella azurea (Fenzl) Chouard, Pseudomuscari azureum (Fenzl) Garbari & Greuter
  • Muscari botryoides (L.) Mill. - Muscari botryde ou botryoïde. Rencontré dans les forêts clairsemées et les alpages. Fleurs bleues à violettes inodores avec une bordure blanche. Feuilles dressées et rigides, s'élargissant vers le haut. Il en existe une variété à fleurs blanches.
  • Muscari comosum (L.) Mill. - Muscari à toupet. Espèce assez différente des autres. Les grappes de fleurs sont grandes, à longs pédoncules, surmontées d'une sorte de bouquet de fleurs stériles. Les fleurs n'ont pas d'odeur.
Synonyme : Leopoldia comosa (L.) Parl.
  • Muscari latifolium Kirk : espèce horticole généralement à une seule feuille assez large. Originaire du nord de la Turquie.
  • Muscari neglectum Guss. ex Ten. - Muscari à grappes, muscari négligé. L'espèce la plus commune, qui pousse dans les prés, certains champs et vignes, au bord des chemins. Fleurs bleues à violettes plus ou moins parfumées. Les feuilles apparaissent à l'automne.
Synonymes : Muscari racemosum (L.) Medik., Muscari atlanticum Boiss. & Reut.
  • Muscari macrocarpum Sweet, Plante de 10 à 15 cm de haut, à fleurs tubulaires jaunes, originaire de Grèce et de Turquie.
Synonyme : Muscari muscarimi Medik. var. flavum.
  • Muscari tenuiflorum est une herbacée persistante dont la taille atteint 20 à 50 cm. Ce géophyte se régénère par ses oignons blancs ; la largeur de ses feuilles allongées, à limbe uni, varie entre 2 et 12 mm.

Horticulture[modifier | modifier le code]

Sentier de muscari au parc floral Keukenhof

La culture est facile; le muscari tolère les sols pauvres et requière peu de soin, mais il préfère un emplacement ensoleillé au printemps[3]. Il est cultivé en tant que plante ornementale, principalement. Son bulbe étant légèrement toxique, ils sont rarement mangés par des animaux[3].

Le Muscari d'Arménie (Muscari armeniacum) est l'espèce la plus cultivée[3]. Elle se ressème abondamment et est rustique en zone 3[3].

Aspects culturels et historiques[modifier | modifier le code]

Le muscari est l'une des quatre plantes retrouvées dans la tombe d'un individu néandertalien, à Shanidar, un site archéologique en Irak [6].

Alimentation[modifier | modifier le code]

En ethnobotanique, l'usage alimentaire du muscari est attesté depuis l'Égypte antique[7], et notamment en Grèce en Espagne et Turquie[8], mais il est

Le Lampascioni sott'olio est un plat gastronomique traditionel de la région des Pouilles en Italie - Bulbes apprêtés de Muscari comosum

particulièrement consommé en Italie[9]. Ce n'est pas une plante ayant été domestiquée ni cultivée ; elle est principalement récoltée à l'état sauvage[7].

La consommation traditionnelle de bulbes de muscari, particulièrement ceux du muscari à toupet, a eu une valeur culturelle importante pour les immigrants italiens aux États-Unis, bien que les bulbes contiennent des molécules hépatotoxiques :

« Les muscaris appartiennent à une famille de Monocotylédones, les Hyacinthacées, où les substances dangereuses ne sont pas rares, comprenant des molécules hépatotoxiques susceptibles d’induire des affections graves par effet cumulatif. Le bulbe de muscari à toupet (lampascioni, lampagione, cipollaccio) a une valeur identitaire à ce point élevée que les immigrés italiens aux États-Unis en importaient par cargos entiers à l’occasion des festivités commémoratives, en importent peut-être encore. Il reste très apprécié en plusieurs provinces de la Péninsule, apprêté à l’huile, à la façon des tomates sèches. Les toxicités masquées, qui induisent à long terme des affections sans rapport manifeste avec les substances ingérées, que les sociétés traditionnelles ne relient pas à leurs pratiques alimentaires, sont fréquentes sous toutes les latitudes. »[10]

Liste d'espèces[modifier | modifier le code]

Selon BioLib (3 mars 2019)[2] :


Selon Kew Garden World Checklist (3 mars 2019)[11] :


Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Tropicos, consulté le 3 mars 2019
  2. a b c d e f et g BioLib, consulté le 3 mars 2019
  3. a b c d e f g h i et j « Le muscari: des bulbes faciles à cultiver », sur Le Soleil, (consulté le 3 mars 2019)
  4. Les 2 muscaris sur nature en ville à Cergy Pontoise
  5. Naoki Asano, Hiroyo Kuroi, Kyoko Ikeda et Haruhisa Kizu, « New Polyhydroxylated Pyrrolizidine Alkaloids from Muscari armeniacum: Structural Determination and Biological Activity. », ChemInform, vol. 31, no 24,‎ , no–no (ISSN 0931-7597 et 1522-2667, DOI 10.1002/chin.200024211, lire en ligne, consulté le 3 mars 2019)
  6. Jan Lietava, « Medicinal plants in a Middle Paleolithic grave Shanidar IV? », Journal of Ethnopharmacology, vol. 35, no 3,‎ , p. 263–266 (ISSN 0378-8741, DOI 10.1016/0378-8741(92)90023-k, lire en ligne, consulté le 3 mars 2019)
  7. a et b (en) Paolo Casoria, Bruno Menale, Rosa Muoio and Orto botanico, « Muscari comosum, Liliaceae, in the Food Habits of South Italy », Economic Botany, vol. 53, no 1,‎ , p. 113-115
  8. Wright, Clifford A., Mediterranean vegetables : a cook's ABC of vegetables and their preparation in Spain, France, Italy, Greece, Turkey, the Middle East, and north Africa with more than 200 authentic recipes for the home cook, Harvard Common Press, (ISBN 1558321969 et 9781558321960, OCLC 46402006, lire en ligne)
  9. (en-GB) Giorgio Locatelli, « Giorgio Locatelli: Lampascioni », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le 3 mars 2019)
  10. Pierre Lieutaghi, « Aux frontières (culturelles) du comestible », Ethnologie française, vol. 3, no 34,‎ , p. 485 à 494 (lire en ligne)
  11. Kew Garden « World Checklist », consulté le 3 mars 2019

Liens externes[modifier | modifier le code]

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