Muscardinus avellanarius

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Muscardin, Loir muscardin, Muscardin des noisetiers

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Muscardinus avellanarius
Description de cette image, également commentée ci-après

Photographie d'un muscardin adulte

Classification selon MSW
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Ordre Rodentia
Sous-ordre Sciuromorpha
Famille Gliridae
Sous-famille Leithiinae
Genre Muscardinus

Nom binominal

Muscardinus avellanarius
(Linnaeus, 1758)

Répartition géographique

Description de l'image Muscardinus avellanarius distribution.svg.

     /    Aire de répartition de Muscardinus avellanarius

Statut de conservation UICN

( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Le Muscardin (Muscardinus avellanarius) est une espèce de micromammifères (rongeur). Il est classé dans la famille des Gliridae (ou des Myoxidae, selon les classifications). C'est un animal essentiellement nocturne qui hiberne durant près de 6 mois de l'automne au printemps. Son aire de répartition recouvre presque toute l'Europe, à l'exception des régions les plus nordiques et de la péninsule Ibérique.

Description[modifier | modifier le code]

Illustration représentant deux muscardins (de Thorburn Archibald), datée de 1919
Gravure représentant une famille de muscardin et un nid, datée de 1883, d'après un dessin de A. Müller
Muscardin dans Pyracantha coccinea
Muscardin et son petit
Muscardin adulte saisissant un petit dans sa bouche pour le transporter au nid.

Il a à peu près la même taille que celle de la souris commune : une longueur totale de 14 à 16 cm, dont 7 cm pour la queue.

Il possède une queue touffue et de grands yeux noirs qui lui donnent une bonne vision nocturne. Son pelage est roux (parfois un peu plus clair, et dans un cas unique noir ; forme mélanique découverte en 2016 au Royaume-Uni, dans les Blackdown Hills dans le comté de Somerset[1].

Alimentation[modifier | modifier le code]

Elle varie considérablement selon la saison[2], car il se nourrit de bourgeons, de fleurs, de baies, de graines et d'insectes. Il complète ce menu de végétarien-frugivore en mangeant certains insectes et quelques œufs d'oiseaux (notamment d'oiseaux nichant dans le bois mort et les arbres creux[3],[4]) en cas de disette, ce qui a été confirmé par des analyses isotopiques montrant qu'une partie de sa nourriture a bien une provenance animale[5]. Son régime présente une certaine plasticité, qui lui permet de s'adapter aux variations saisonnières de nourriture et à des sources alimentaires moins variées ou différentes en limite de son aire naturelle de répartition, au nord notamment[6]

Comportement[modifier | modifier le code]

Gîte estival de muscardin
Gîte estival de muscardin.

Mode de vie : Ce micromammifère est arboricole. Il vit plutôt dans les zones de végétation buissonnante ; ronciers notamment. Il vit aussi dans les arbres et y circule avec agilité, jusque sur les branches les plus minces. Des adaptations morphologiques et microanatomiques lui permettent de rester accroché à des branches ou pétioles de feuilles presque sans efforts, notamment grâce à un système de blocage de certains tendons[7] ( En cas d'alerte, il est peut ainsi rester immobile pendant plusieurs dizaines de minutes, accroché à une branche comme une feuille morte. En automne, il consomme noisettes et faînes).

Hibernation : À l'approche de l'hiver, ayant constitué d'appréciables réserves de graisses, il construit un nid au niveau du sol sous les feuilles mortes, dans lequel il passera l'hiver en hibernation à une température corporelle très basse car il ne compense pratiquement pas les variations de température ambiante (la température de sa peau peut alors descendre jusqu'à - 2,9 ° C)[8]. Cette léthargie (entrecoupée de quelques courtes périodes de réveil) peut perdurer plus de la moitié de l'année dans les pays froids (Ex : 6 à 7 mois d'hibernation en Lituanie[9]).

Construction de nids : A la belle saison il construit des nids globuleux dans les broussailles. la forme et les proportions de ce nid changent selon la saison. Le nid d'été, individuel, sert à la reproduction de la femelle.
L'hiver, le nid est le refuge d'une dizaine de muscardins qui hibernent en communauté.

Pseudo-autotomie : Le muscardin est capable de détacher la fourrure de sa queue, par une sorte d'autotomie un peu comme les lézards, lorsqu'il est attaqué par un prédateur[10].

Taxonomie ; classification scientifique[modifier | modifier le code]

Cette espèce a été décrite pour la première fois en 1758 par le naturaliste suédois Carl von Linné (1707-1778).

C'est le seul représentant actuel du genre Muscardinus[11].

Dénominations et synonymies[modifier | modifier le code]

Cet animal a porté localement de nombreux noms vernaculaires, Georges-Louis Leclerc de Buffon le qualifiait de rat[18], ainsi il a été appelé Ratdort[18], ou rat d'or plus poétiquement[19], en Bourgogne par exemple. Les termes de taupe muscardine, ou, des corruptions comme muscadin[20] se trouvent également. Mathurin Jacques Brisson l'appelle le Croque-noix[21] et il semble avoir été aussi nommé croque-noisette. Le terme de muscardin provient de l'italien moscardino[22],[18] et pourrait évoquer la légère odeur de musc qui émane de sa fourrure.

Synonymes [11] :

  • abanticus Kivanc, 1983
  • anglicus Barrett-Hamilton, 1900
  • corilinum (Fatio, 1869)
  • kroecki Niethammer and Bohmann, 1950
  • muscardinus (Schreber, 1782)
  • niveus Altobello, 1920
  • pulcher Barrett-Hamilton, 1898
  • speciosus (Dehne, 1855)
  • trapezius Miller, 1908
  • zeus Chaworth-Musters, 1932

État des populations, pressions, menaces[modifier | modifier le code]

Cette espèce-spécialiste est considérée comme devenue rare, voire menacée dans une grande partie de l'Europe (sauf localement comme en Lituanie - au nord de son aire naturelle de répartition - où l'espèce est encore abondante (malgré des taux de mortalité hivernale très élevé[6])).

  • Cette espèce dépend de certains milieux. Elle se montre très sensible et vulnérable à l'interruption de ses corridors biologiques[23].
  • Les hivers, surtout s'ils sont longs et froids sont également une période critique pour la survie des muscardins : deux études lituaniennes ont mis en évidence une mortalité hivernale de 64% et 72% de deux populations de muscardins étudiées en Lituanie ; ces études ont aussi montré que la mortalité hivernale varie selon l'âge distincts : Les muscardins adultes survivent mieux (56% en moyenne dans chaque population), alors que les jeunes nés en Août-Septembre sont décimés par l'hiver (78% et 84%), par contre les auteurs n'ont pas observé de différence de mortalité hivernale entre mâles et femelles, quel que soit le groupe d'âge[9]. Le poids au moment de la pré-hibernation n'est pas prédictif des chances de survie à l'hiver, chez l'adulte, comme chez les jeunes nés en Mai-Juillet[9].
    Par contre les jeunes nés tardivement ne peuvent pas accumuler assez de graisse pour l'hiver et ont peut de chance d'y survivre.
  • Inversement des hivers trop chauds ou irréguliers peuvent aussi affecter négativement le muscardin qui alors se réveille plusieurs fois dans l'hiver en brûlant considérablement plus de graisses que la normale et avant la fin de l'hibernation[8].
  • Rimvydas Justaitis, l'un des spécialistes européen de l'espèce suggère qu'outre les conditions météorologiques, l'un des principaux facteurs de mortalité hivernale est la prédation, notamment par le renard roux et le sanglier qui trouvent facilement les animaux endormis dans le sol, surtout les hivers sans neige[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références taxonomiques[modifier | modifier le code]

Notes et références autres que taxonomiques[modifier | modifier le code]

  1. Blackdown hills natural futures (2016) [1], Blackdown Hills Natural Futures is run by the Blackdown Hills AONB Partnership Nouvelle datée du 03 octobre 2016
  2. Juškaitis, R., & Baltrūnaitė, L. (2013). Seasonal variability in the diet of the forest dormouse, Dryomys nitedula, on the north-western edge of its distributional range. Folia Zool, 62(4), 311-318.
  3. Adamík P & Král M (2008). Nest losses of cavity nesting birds caused by dormice (Gliridae, Rodentia). Acta theriologica, 53(2), 185-192.
  4. Adamík, P., & Král, M. (2008). Climate‐and resource‐driven long‐term changes in dormice populations negatively affect hole‐nesting songbirds. Journal of Zoology, 275(3), 209-215 (résumé).
  5. Sarà M & Sarà G-L (2007) Trophic habits of Muscardinus avellanarius (Mammalia Gliridae) as revealed by multiple stable isotope analysis. Ethology Ecology & Evolution, 19(3), 215-223.
  6. a et b Juškaitis, R., & Baltrūnaitė, L. (2013). Feeding on the edge: the diet of the hazel dormouse Muscardinus avellanarius (Linnaeus 1758) on the northern periphery of its distributional range. Mammalia, 77(2), 149-155.
  7. Haffner, M. (1996). A tendon‐locking mechanism in two climbing rodents, Muscardinus avellanarius and Micromys minutus (Mammalia, Rodentia). Journal of morphology, 229(2), 219-227. (résumé)
  8. a et b Pretzlaff, I., & Dausmann, K. H. (2012). Impact of climatic variation on the hibernation physiology of Muscardinus avellanarius. In Living in a Seasonal World (pp. 85-97). Springer Berlin Heidelberg
  9. a, b, c et d Juskaitis, R. (1999). Winter mortality of the common dormouse (Muscardinus avellanarius) in Lithuania. Folia Zoologica-Praha, 48, 11-16.
  10. L. Cuénot, L'Autotomie caudale chez quelques rongeurs- ARCH. DE ZOOL. EXP. ET (JÉN. — 4' SÉRIE. — T. VI. D- Lire le texte
  11. a et b Mammal Species of the World, consulté le 6 déc. 2013
  12. UICN, consulté le 6 déc. 2013
  13. Nom vernaculaire français d'après Dictionary of Common (Vernacular) Names sur Nomen.at
  14. a et b Meyer C., ed. sc., 2009, Dictionnaire des Sciences Animales. consulter en ligne. Montpellier, France, Cirad.
  15. Nom vernaculaire en français d’après Termium plus, la banque de données terminologiques et linguistiques du gouvernement du Canada
  16. a, b et c (en) Murray Wrobel, 2007. Elsevier's dictionary of mammals: in Latin, English, German, French and Italian. Elsevier, 2007. (ISBN 0444518770 et 9780444518774). 857 pageRechercher dans le document numérisé
  17. Voir cette espèce sur le site Inventaire National du Patrimoine Naturel (INPN)
  18. a, b et c Buffon, Quadrupède, vol. II (lire en ligne)
  19. Frédéric Georges Cuvier, Dictionnaire des sciences naturelles,... suivi d'une biographie des plus célèbres naturalistes..., F.G. Levrault, (lire en ligne)
    Notes sur l'article: v.44
  20. Jacques Eustache de Sève, Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle, appliquée aux arts, à l'agriculture, à l'économie rurale et domestique, à la médecine, etc: Cal-Cez, vol. Notes sur l'article: v.22 MU-NIL, Deterville, (lire en ligne)
  21. Brisson, Regn. anim. pag. 162.
  22. Définitions lexicographiques et étymologiques de « Muscardin » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
  23. Bright P.W (1998) Behaviour of specialist species in habitat corridors: arboreal dormice avoid corridor gaps. Animal behaviour, 56(6), 1485-1490. (résumé)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Berg, L. (1996). Small-scale changes in the distribution of the dormouse Muscardinus avellanarius (Rodentia, Myoxidae) in relation to vegetation changes. Mammalia, 60(2), 211-216 (résumé).
  • Berg, L., & Berg, Å. (1999). Abundance and survival of the hazel dormouse Muscardinus avellanarius in a temporary shrub habitat: a trapping study. In Annales Zoologici Fennici (pp. 159-165). Finnish Zoological and Botanical Publishing Board. janv 1999.
  • Berg, L., & Berg, Å. (1998). Nest site selection by the dormouse Muscardinus avellanarius in two different landscapes. In Annales zoologici fennici , janv. 1998 (pp. 115-122). Finnish Zoological and Botanical Publishing Board (résumé).
  • Bright, P. W., & Morris, P. A. (1992). Ranging and nesting behaviour of the dormouse Muscardinus avellanarius, in coppice‐with‐standards woodland. Journal of Zoology, 226(4), 589-600.(résumé)
  • Bright, P. W., & Morris, P. A. (1993). Foraging behaviour of dormice Muscardinus avellanarius in two contrasting habitats. Journal of Zoology, 230(1), 69-85 (résumé).
  • Bright, P. W., & Morris, P. A. (1990). Habitat requirements of dormice Muscardinus avellanarius in relation to woodland management in Southwest England. Biological Conservation, 54(4), 307-326. (résumé)
  • Bright, P. W., Morris, P. A., & MITCHELL‐JONES, A. J. (1996). A new survey of the Dormouse Muscardinus avellanarius in Britain, 1993‐4. Mammal Review, 26(4), 189-195. (résumé)
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