Miyamoto Musashi

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Miyamoto Musashi est un nom japonais traditionnel ; le nom de famille (ou le nom d'école), Miyamoto, précède donc le prénom (ou le nom d'artiste).
Miyamoto Musashi
Description de cette image, également commentée ci-après
Musashi Miyamoto avec deux bokken, estampe de Utagawa Kuniyoshi.
Nom de naissance Shinmen Bennosuke
Naissance
Harima, Japon
Décès (à 61 ans)
Higo, Japon
Nationalité Japonais
Profession
Kendō (Escrime au sabre)
Autres activités
Ukiyo-e (Estampe japonaise)

Miyamoto Musashi (宮本 武蔵?), né Shinmen Bennosuke (新免辨助?) (-), est l'une des figures emblématiques du Japon, maître bushi, calligraphe, peintre reconnu, philosophe et le plus célèbre escrimeur de l'histoire du pays.

Son nom complet était Shinmen Musashi-no-Kami Fujiwara no Harunobu (新免武蔵守藤原玄信?), Musashi-no-kami était un titre honorifique (et obsolète) dispensé par la cour impériale le rendant gouverneur de la province de Musashi (dans la région de l'actuelle Tokyo). Fujiwara est le nom de la lignée aristocratique à laquelle il appartient. Harunobu était un nom cérémoniel, similaire à un prénom composé pour gentilhomme sinisé, notamment utilisé par tous les samouraïs de haut rang et les nobles de Cour.

Adepte du kenjutsu[modifier | modifier le code]

Ichijoji Sagarimatsu, monument sur le lieu du combat entre Musashi et la koryu Yoshioka.

Son grand-père était un très bon escrimeur et son seigneur, Shinmen Iga-no-kami, en récompense, lui permit de porter son nom de famille. C'est pourquoi Musashi a signé le Livre des cinq anneaux (Go rin no sho) du nom de Shinmen Musashi. Le père de Musashi était connu sous le nom de Muni[1]. Aujourd'hui, il est aussi connu sous le nom de Munisai, nom fictif qui est une création de l'écrivain Yoshikawa Eiji.

Pour des raisons obscures, peut-être à cause de la jalousie qu'il avait suscitée autour de lui, Munisai s'éloigna de l'entourage du seigneur Shinmen et se retira dans le village de Miyamoto-mura situé aux alentours. Il semble que Musashi y soit né et ce serait là l'origine du surnom qui lui fut donné : Miyamoto Musashi. Cependant, au tout début du Rouleau de la terre, dans le Go rin no sho, Musashi écrit : « Je suis né dans la préfecture de Harima » (une partie de l'actuelle Hyōgo). Son lieu de naissance est donc sujet à controverse.

Son père mourut alors qu'il était âgé de 7 ans. Des chercheurs japonais indiquent qu'il s'agirait plutôt de son beau-père. Selon une légende, Miyamoto Musashi se serait moqué de son père escrimeur et aurait fini par l'impatienter. Ce jour-là, Munisai était occupé à se tailler un cure-dent et, lassé des moqueries de son rejeton, il perdit son sang-froid et lança son couteau en direction de son fils qui esquiva l'arme de la tête. Encore plus furieux, Munisai aurait relancé la lame. Mais Musashi sut l'éviter à nouveau. Hors de lui, son père l'aurait chassé de son foyer, ce qui contraignit le petit à passer son enfance sous la tutelle de son oncle, moine et propriétaire d'un monastère.

Il combattit en duel et tua pour la première fois à 13 ans (contre Arima Kihei en 1596). Âgé de 16 ans, il participa à la bataille de Sekigahara (1600) qui vit la victoire de l'armée de Ieyasu Tokugawa à la suite de la mort de Hideyoshi Toyotomi. Engagé dans le camp des perdants, il fut laissé pour mort sur le champ de bataille mais survécut à ses blessures. Jusqu'à l'âge de 29 ans, il participa à une soixantaine de duels, la plupart avec un sabre en bois (bokken) alors que ses adversaires avaient de vrais sabres (nihonto). Il défia et anéantit à lui seul la totalité de l'école d'escrime Yoshioka, en se battant contre 60 combattants ou davantage (certaines sources mentionnent qu'il aurait tué 79 disciples du style Yoshioka lors de l'escarmouche aux pieds du Pin Parasol, au temple de Ichijō-ji de Kyoto). C'est là qu'il pratiqua pour la première fois — sans en avoir conscience — sa technique si célèbre des deux sabres qu'il développa ensuite.

Son dernier duel (le plus fameux) eut lieu le contre l'autre plus grand escrimeur du Japon, Kojirō Sasaki, qu'il vainquit sur l'île de Funa, probablement grâce à un long bokken, qui aurait été taillé dans une rame du bateau qui l'y avait amené, mais les différents récits de cette bataille sont peu sûrs[2]. Aucune source fiable n'indique le nom de Sasaki. Il se pourrait qu'il se soit plutôt appelé Kojirō Ganryū. Musashi entra ensuite au service de la famille des Hosokawa, fidèle famille apparentée à celle du shogun. Il y entra uniquement à titre d'invité, ce qui expliquerait la solde relativement modeste qu'il toucha pour ses services. Il arrêta ensuite les duels.

Dans aucun texte écrit par Musashi, il ne mentionne directement ses adversaires, mis à part Arima Kihei, le premier. Il ne nomme pas Sasaki Kojirō ou Shishido Baiken, pas plus que la famille Yoshioka, pourtant nombre d'entre eux sont restés célèbres, intégrés à sa légende.

Dans l'un de ses combats, Musashi affronte Nagatsune Hachiemon, un maître lancier au service de Tokugawa Yoshinao, d'Owari. Après une conversation, ils décident qu'un duel serait inutile et, à la place, Nagatsune l'invite à disputer une partie au jeu de go contre son fils, ce que Musashi accepte. Pendant la partie, le fils de Nagatsune se révèle fort talentueux et ils sont vite absorbés par le jeu, quand soudain Musashi s'écrie : « N'essaie même pas ! » En effet, Nagatsune s'était faufilé discrètement dans une pièce adjacente et s’apprêtait à poignarder son invité avec sa lance. Ayant brisé l'élan de son opposant, Musashi retourna au jeu sans bouger ni rien dire d'autre, à la grande perplexité de ses deux adversaires. Nagatsune ayant senti que les aptitudes de Musashi étaient supérieures aux siennes s'avoua silencieusement vaincu et Musashi gagna aussi la partie de go[3].

La Grotte Reigandō, où Musashi rédigea son ouvrage majeur (Livre des cinq anneaux), Nishi-ku, Kumamoto.

On sait aussi que Musashi était doué d'une force physique extraordinaire, nécessaire pour trancher les os lorsqu'on utilise un sabre d'une seule main. Dans un passage du Nitenki, le seigneur Nagaoka prie Musashi de l'aider à choisir des bambous pour faire des hampes de drapeau. À sa demande, le seigneur lui apporte tous les bambous disponibles, une centaine au total. Musashi les lance et effectue une attaque rapide dans les airs : tous les bambous se brisent sauf un, qu'il tend au seigneur Nagaoka. Celui-ci lui dit que c'est une excellente façon de les tester, mais que seul Musashi en est capable.

Par la suite, il fut chargé du commandement d'un corps d'armée du seigneur Ogasawara et participa au siège du château de Hara en 1638, lors de la révolte des chrétiens, menés par Shirō Amakusa. Après être retourné à Kumamoto, il se consacra essentiellement à des activités artistiques, mais on sait qu'il garda un esprit vif et certaines capacités physiques. Par exemple, alors qu'il était un vieillard, Musashi fut piégé sur un toit lors d'un incendie ; il utilisa une poutre ou une échelle pour s'enfuir en courant lestement dessus, se rendant sur une autre maison.

Musashi eut deux fils adoptifs : Miyamoto Iori (en)[4] ' [5] et Takemura Yoemon (en) dont les témoignages en tant que disciples sont précieux.

À l'âge de 59 ans, en 1643, Shinmen Musashi-no-kami partit pour le mont Iwato, situé près de Kumamoto, où il s'installa dans la grotte de Reigandō (« Grotte du roc-esprit »). Il y disposa une table basse et commença, le dixième jour du dixième mois, à rédiger le Gorin no shō (Traité des cinq roues).

Derniers jours[modifier | modifier le code]

Portrait de Hosokawa Tadatoshi, protecteur de Miyamoto Musashi.

Au début du printemps 1645, Musashi mit son corps perclus de douleurs à rude épreuve et entreprit la pénible ascension du sentier menant à la grotte Reigandō (霊巌洞, qui signifie « esprit de la grotte »). En avril de la même année, conscient de l'imminence de sa mort, il rédigea une missive courtoise à l'attention des vasseaux supérieurs du clan Hosokawa :

« [...] Dans mon analyse des lois des Deux sabres, je n'ai pas étayé mon exposé de maximes et principes empruntés au confucianisme ou au bouddhisme[6] ; je n'ai pas non plus repris les anecdotes éculées par trop connues des adeptes des arts militaires. J'ai longuement médité sur toutes les voies et réalisations artistiques. Considérez cet effort comme une volonté de me conformer aux principes de l'univers ; et aujourd'hui, je regrette vraiment de n'avoir pas été mieux compris.

Quand je me livre, en ce jour, à une critique du chemin que j'ai parcouru au long de mon existence, je suis tenté de me reprocher un investissement excessif dans les arts guerriers ; cela est certainement imputable à mon syndrome martial. J'ai recherché la gloire et il me semble que je lègue un patronyme empreint de notoriété à ce monde instable. Aujourd'hui toutefois, mes bras et jambes sont usés et je ne peux, sous le poids des années, que de me résoudre à cesser de dispenser moi-même l’enseignement de mon école. Aussi, il me semble, dans ces conditions, bien difficile d'envisager quelque projet ; je ne désire plus que m'isoler de la société et me retirer dans les montagnes en attendant sereinement la mort, ne fût-ce qu'un seul jour. Je vous sais gré de voir dans ces propos l'expression de ma requête. »

— Le 13 avril 1645. Miyamoto Musashi

Peu de temps après avoir expédié cette lettre aux destinataires, Musashi entreprit l'ultime et pénible ascension du Mont Iwato, en direction de la grotte Reigandō où, isolé du commerce des hommes, il attendit sereinement la mort.

Veiller sur le vieux Maître
Donjon du vieux château de Kumamoto, entre 1871 et 1874.

L'homme chargé de veiller au bien-être de Musashi au cours de ses dernières années de vie se nommait Matsui Nagaoka Sado no Kami Okinaga. Eu égard au fait qu'Okinaga avait été, jadis, élève du père de Musashi, il n'est pas étonnant que ce vassal, et Yoriyuki, son fils adoptif, fussent chargés de veiller sur le vieux guerrier. Par un beau jour de printemps, en ce début du mois de mai, prétextant une excursion pour chasser au faucon, Yoriyuki entreprit l'ascension des montagnes, fit un détour par la grotte et le « convainquit » de rentrer avec lui. Le vieillard avait toujours mis un point d'honneur à lutter pour son indépendance et il se retrouvait, là, contraint de redescendre dans la vallée. À cette époque de l'année, le soleil est écrasant sur Kyūshū, mais Yoriyuki ne faillit pas à son devoir et Musashi put bientôt s'étendre sur son futon, à même le sol dans sa résidence du vieux Château de Chiba, étant aux petits soins, sous la bienveillance de ses disciples Terao Kumanosuke et Nakanishi Magonosuke.

Ultimes instructions

Le 12 mai, il fit appeler ses élèves pour leur faire part de ses ultimes instructions. Il commença par offrir ses sabres en souvenir à Okinaga Yoriyuki et à son élève favori, Terao Katsunobu, il offrit l'œuvre qu'il venait juste d'achever, « Livre des cinq anneaux » et, à son frère Terao Kumanosuke, il confia « Les Trente-cinq articles des arts martiaux ». Après avoir ainsi partagé ses biens entre ses élèves, il mit de l'ordre dans ses effets personnels, s'empara pour la dernière fois d'un pinceau et calligraphia un petit manuscrit d'une traite. Il l'intitula « La Voie du solitaire » - ou « Voie de l'indépendance ». Les vingt-et-une maximes qui composent cette œuvre sont en réalité un condensé de son expérience de la vie, sur les plans biographique et spirituel[7].

Musashi décéda le 13 mai 1645, dans sa résidence, dans l'enceinte du Château de Chiba. Il était dans sa soixante-deuxième année. Conformément à ses dernières volontés, son corps fut vêtu d'une armure et d'un casque, équipé des six accoutrements militaires et fut inhumé à Handagun, au village de Tenaga Yuge[8]. C'est le prêtre Katsukawa Shunzan qui officia pour l'occasion dans le temple Taihō-ji, sa pierre tombale est encore en place de nos jours. Peu de temps allait s'écouler avant que d'autres, proches du défunt guerrier, ne passent à leur tour de vie à trépas. Dès le mois de décembre de cette même année Hosokawa Tadaoki et Takuan Sōhō décédaient.

Héritage et continuité

Les secrets relatifs à une manière de manier le sabre ne furent pas l'apanage exclusif de quelques élèves privilégiés (Ishikawa Chikara, Aoki Jœmon, Takemura Yœmon, Matsui Munesato et Furuhashi Sozaemon). Tous étaient d'excellents hommes d'épée. Ainsi, si Le Livre des cinq roues et les Trente-cinq articles des arts martiaux furent offerts comme présents aux frères Terao, ce qu'il transmit réellement à chacun de ses élèves était sa propre détermination d'ordre spirituel à éclaircir la sibylline question de la vie et de la mort.

Avec un pareil legs spirituel pour toile de fond, l'enseignement du maître ne pouvait donner lieu à l'émergence d'une véritable école dotée de ses propres règles, certificats et diplômes. Musashi pouvait enseigner ses techniques, prodiguer des conseils mais, finalement, c'était à l'élève lui-même de mesurer sa propre force, d'évaluer sa Voie et de s'approprier vraiment celle-ci. Ainsi, le style Musashi est encore enseigné de nos jours, mais le contenu véritable du Niten Ichi-ryu disparut en même temps que son fondateur. Comment pouvait-il en être autrement ? Lorsqu'il enseignait à Owari, Yagyū Hyōgonosuke le fit remarquer qui déclara :

« L'épée de Musashi lui appartient à lui seul et nul autre que lui ne saurait la brandir avec autant d'efficacité ».

Mutation[modifier | modifier le code]

Dans le Japon du temps de Musashi, une mutation majeure affectait l'armement. Durant la seconde moitié du XVIe siècle, les mousquets à mèche[9], introduits depuis peu par les Portugais, étaient devenus sur le champ de bataille les armes décisives ; mais dans un pays en paix les samouraïs purent tourner le dos aux armes à feu qui leur déplaisaient, et renouer leur idylle traditionnelle avec le sabre (nihonto (日本刀, « sabre japonais »).

Les école d'escrimes prospérèrent (Budō, Les budō (武道). Toutefois, à mesure que se réduisait la possibilité d'utiliser l'épée dans les combats véritables, les talents martiaux devinrent peu à peu les arts martiaux, lesquels soulignèrent de plus en plus l'importance de la maîtrise intérieure de soi-même et des qualités de l'escrime en vue de la formation du caractère, plutôt que de son efficacité militaire. Il se développa toute une mystique du sabre, plus apparenté à la philosophie qu'à la guerre.

Fluidité[modifier | modifier le code]

Dans la stratégie de l'attaque sans attaque[10], Musashi évoque comment, d'un imperceptible mouvement on passe d'une position à une autre, d'une manière souple et fluide :

« vous devez adopter une attitude qui vous permette de passer à un autre mode de combat sans avoir à prendre une décision consciente. Vous devez être disponible et ne devez pas privilégier une technique particulière au détriment des autres [...]. Un guerrier n'a qu'un seul objectif - détruire l'ennemi quel que soit le moyen employé. »

La fluidité suppose l'absence totale d'entraves, et notamment au niveau de l'esprit. Ne pas créer sois-même les chaînes qui contraindront notre esprit, à ne pas le rigidifier. Dans le Livre du Vent, l'auteur évoque ce principe :

« La connaissance des techniques d'attaque au sabre [...] est indésirable dans les arts martiaux. Réfléchir aux diverses façons de pourfendre l'adversaire confond le mental.
Il est préjudiciable de se spécialiser dans certaines gardes. Créer des vérités immuables à la va-vite n'a rien à voir avec la Voie de la victoire.
En fixant le mental sur un endroit précis, ils le brouillent et contaminent l'art martial. »
Portrait du maître zen Takuan Sōhō.

Une anecdote relative à Musashi et Takuan Sōhō[11] illustre ces propos. Alors qu'ils discutaient des vertus du zen et de ses applications dans la vie quotidienne, le prêtre suggéra à l'homme d'épée de l'attaquer à l'aide d'un sabre de bois. Takuan, lui, se défendrait muni de son seul éventail. On rapporte que Musashi, en garde, se trouva fort embarrassé devant Takuan et ne parvint pas, malgré ses changements de garde, à trouver la faille. Takuan, lui, se tenait là, immobile, l’éventail en main, les bras relâchés. Au bout d'un certain temps, Musashi finit par jeter son arme de dégoût et déclara qu'il n'avait pas trouvé l'ouverture dans laquelle s'infiltrer. L'esprit de Takuan était partout et donc, nulle part ; et, dans cet état de parfaite fluidité, il était devenu inattaquable.

Sans aucun doute, Musashi médita longuement sur cet « affrontement ». C'est fort de cette expérience qu'il écrivit :

« Sans fixer votre esprit nulle part, frappez l'ennemi vite et avec détermination ».

Voilà qui nous donne une perspective différente du vers de Kamo no Chōmei - « Si le débit de la rivière est infini, l'eau qui s'écoule est en perpétuel mouvement » -, une lecture certainement très prisée du vieil anachorète[12].

« La Voie [...] de la victoire consiste à élaborer les difficultés de votre ennemie. »

À l'aube de ses trente ans, Musashi était déjà sortie vainqueur de soixante duels singuliers et, de son propre aveu, cet exploit n'était pas imputable à une force physique, à une vélocité supérieurs ou à des dons peu ordinaires. Errant sur les routes du Japon, on peut penser qu'il réfléchit longuement aux dispositions d'esprit de ses adversaires et - ne l’oublions pas - aux siennes. C'est cette capacité d’introspection, associée à une curiosité naturelle et une recherche constante de l'essentiel qui le distingua à ce point de ses contemporains. C'est en tout cas la raison pour laquelle son ouvrage concis rencontre, de nos jours, un tel succès.

Outre ces principes, il traita également longuement de l'importance de la prise d'initiative en combat, de l'importance liée au fait d'éprouver réellement chacune des armes dont le guerrier dispose, de percevoir les différents rythmes, d'avoir un point de vue à la fois global et précis et, surtout, de lire l'esprit de l'adversaire à livre ouvert sans le laisser lire le vôtre.

Musashi croyait en une somme de principes et non en une association de combines et autres ruses, et il prisait la substance, l'essence aux dépens de la forme et de la mise en scène. Les principes que son expérience lui autorisa de découvrir apparaissent dans le « Livre des cinq anneaux », fût-ce de manière explicite ou implicite.

Pour comprendre le contenu de l'ouvrage, le lire avec attention, à travers le filtre de notre propre expérience. L'auteur n'écrit-il pas :

« Une simple lecture de cet ouvrage ne vous permettra pas d'atteindre l'essence des arts martiaux. En parcourant les lignes du regard, considérez que le contenu vous est spécifiquement adressé et ne vous contentez pas d'un simple écrémage. Imprégnez-vous de leurs enseignement et n'essayez pas de l'imiter. Considérez les principes énoncés comme vôtre, comme s'ils étaient le fruit de votre propre réflexion, et efforcez-vous constamment de les éprouver sur le plan physique. »

Le Japon ferme ses portes au monde extérieur[modifier | modifier le code]

Kumamoto City. En haut: vue du centre de Kumamoto, château de Kumamoto, tramway de la ville, sanctuaire Fujisaki Hachiman-gū, jardin Suizen-ji Jōju-en.

Toyotomi Hideyoshi succède à Oda Nobunaga assassiné en 1582. Inquiet d’une éventuelle colonisation du Japon et de la révolte et conversion de plusieurs seigneurs, il promulgue un décret d’interdiction du christianisme le 24 juillet 1587. Les missionnaires sont interdits de séjour, seuls les navires de commerce des pays chrétiens sont admis. Les massacres sont alors considérables et vont durer plusieurs décennies. Le Japon ferme ses portes au monde extérieur, favorisant dès lors deux cent cinquante ans de paix. Miyamoto Musashi, né en 1584 à Ōhara-Cho dans la Province de Mimasaka est chargé du commandement d'un corps d'armée du seigneur Ogasawara et participe au siège du château de Hara en 1638 contre la révolte des chrétiens menés par Shirō Amakusa.

Finalement il retourne à Kumamoto et se consacre essentiellement à des activités artistiques[13] en tant qu'invité auprès du mécène Hosokawa Tadatoshi[14], troisième seigneur de Kumamoto et descendant d’Hosokawa Gracia, figure éminente convertie au christianisme. Il laisse une œuvre appartennant désormais au trésor national japonais[15].

Artiste[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Peinture japonaise.

Sa notoriété l'autorisa par ailleurs à découvrir, en tant que spectateur, d'autres arts auxquels il manifesta un intérêt certains. Tel fut le cas notamment de la peinture à l'encre de Chine, de la sculpture ou encore de l'art du jardin. C'est à cette période[16] qu'il rencontra le célèbre artiste Kaihō Yūshō.

Il fut un calligraphe et un peintre reconnu dont on peut encore admirer les productions de sumi-e. Ses peintures s'inspiraient de Liang Kai et de l'école Kanō, en vogue à l'époque. L'une de ses œuvres les plus connues est sa représentation de Daruma, le fondateur du zen, qui aurait été louée par le seigneur Hosokawa comme un pur chef-d’œuvre.

達磨 daruma, (Bodhidharma), de Miyamoto Musashi.

Il conçut un jardin à Kumamoto, qui fut détruit pendant la Seconde Guerre mondiale.

Musashi, s’inscrira dans la tradition des grands artistes itinérants de l'archipel nippon - Saigyō Hōshi, Enkū, Matsuo Bashō et Hiroshige, parmi tant d'autres - et sa source d'inspiration artistique provenant du cœur de la nature elle-même.

Peindre avec l'esprit du sabre[modifier | modifier le code]

On ne sait pas exactement quand Musashi commença à manier le pinceau même si, à l'âge précoce de treize ans, il exécuta un portrait de Daruma (japonais : 達磨 daruma) au temple Shōren-in dans la province de Harima, lieu où il élut résidence suite à son départ du foyer paternel.

Il est assuré toutefois que, au moment où il entra dans Kokura, dans le Nord de Kyūshū en 1634, il était doué de talents peu communs. Toutes les peintures qui ont traversé les siècles pour venir jusqu'à nous sont effectivement comprises entre cette année de 1634 et la mort du maître en 1645.

Selon les peintres adeptes du bouddhisme zen, dans le suibokuga, le coup de pinceau donne à lire le tempérament qui anime l'artiste et l'esprit s'incarne spontanément dans l'ustensile. Convaincu que la Voie du sabre était un sésame pour les autres Voies artistiques, Musashi soutenait que fondamentalement, le coup de pinceau et le coup de sabre étaient identiques : ne peut-on, dans les deux cas, lire à livre ouvert dans l'esprit de l'artiste ?[17]

Urbanismes et jardins[modifier | modifier le code]

Le bassin sud du Ritsurin-kōen, un jardin historique dans la ville de Takamatsu, Préfecture de Kagawa.
Article détaillé : Jardin japonais.

Son travail d'urbaniste de la ville fortifiée d'Akashi, pour les Ogasawara dans les domaines de la stratégie défensive et de l'art du jardin lui valut une certaine notoriété, c'est la raison pour laquelle, quelques années plus tard, le Clan Honda, installé à quelques kilomètres de là, à Himeji, s'offrit à son tour les services de l'artiste.

Sans pour autant relâcher les efforts qu'il consacra à la maturation de son propre style, il travailla à Himeji, au plan d'urbanisme de la ville fortifiée et conçut les jardins de certains de ses temples. Les deux clans - Ogasawara et Honda - entretenaient à l'endroit de Musashi un profond respect et accordaient à ses services beaucoup de crédit.

Alors qu'il approchait de la quarantaine, il semble que le temps qu'il partagea entre les nouvelles villes fortifiées de Akashi et Himeji se compte en années. On peut imaginer que sa notoriété et son prestige furent considérables. Dans ces conditions, il fut très certainement capable de préserver sa liberté tant en conservant le statut de « convive » plutôt qu'en endossant celui de « samouraï »[18].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Article connexe : Sumi-e.

En quête de modèles vivants, l'artiste pouvait se rendre sur les berges de la rivière qui coule encore aujourd'hui à l'est du Château de Kumamoto. À l'époque, le cours d'eau traversait une étendue naturelle ; oies, canards, et autres oiseaux s'y épanouissaient en grand nombre. Ces œuvres, à l'instar de nombreuses autres peintures signées du maître, se trouvent désormais à l'abri des murs du Musée Eisei Bunko, ce bâtiment fait office d'entrepôt des trésors amassés par le Clan Hosokawa depuis le XIVe siècle[19].

Art de Musashi: (絵画, かいが , kaiga : peintures)[20]

Auteur[modifier | modifier le code]

Il est l'auteur de plusieurs textes sur le sabre et sa stratégie :

  1. Hyodokyo, Le Miroir de la Voie de la stratégie ;
  2. Hyoho Sanjugo Kajo, Trente-cinq instructions sur la stratégie ;
  3. Hyoho Shijuni Kajo, Quarante-deux instructions sur la stratégie ;
  4. Dokkōdō, La Voie à suivre seul ;
  5. Go rin no sho, Le Traité des cinq roues.

Ces textes sont avant tout des manuels d'étude employés dans son école de sabre. De nombreux arts martiaux se sont inspirés de ses ouvrages.

Go rin no sho[modifier | modifier le code]

Fontaine à l'entrée du Reigandō se forger soi-même physiquement ou spirituellement.

Il est l'auteur d'un ouvrage de stratégie, le Go rin no sho[22], écrit à l'âge de 60 ans, traduit en français par Livre des cinq anneaux ou Traité des cinq roues. Le titre se lit en japonais Gorin sho mais l'habitude a été prise par les traducteurs, selon une lecture actuelle assez courante au Japon, de dire Gorin no sho [23]. Vers la fin de sa vie, il médita et fit une introspection sur son passé et son expérience ; il en déduisit que les principes qu'il avait mis en œuvre dans son art martial (duels) pouvaient aussi être mis en œuvre non seulement en stratégie militaire (affrontement de masse) mais aussi dans tous les domaines. Les « cinq anneaux » ou « cinq cercles » font référence aux cinq étages des monuments funéraires bouddhiques (gorintō) qui représentent les cinq éléments de la tradition japonaise. Le livre comporte donc cinq chapitres :

  • Terre : Musashi explique ici les grandes lignes de sa tactique et pour rendre plus accessibles ses explications il la compare au métier de charpentier.
  • Eau : Musashi expose une méthode destinée à se forger soi-même physiquement ou spirituellement. Il explique comment conserver la vigilance de l'esprit, le maintien du corps, des yeux, comment tenir un sabre et s'en servir, la position des pieds, etc. Tout ce qu'il écrit se fonde sur sa propre expérience, acquise tout au long de sa vie à force de combats et d'exercices menés sans relâche pendant de nombreuses années. Ce qu'il écrit n'est pas le fruit de son imagination ; chacun peut en tirer profit pour soi-même quel que soit le genre de vie qu'on mène.
  • Feu : Musashi explique la tactique à appliquer dans le simple duel et dans les grandes batailles, il pense que les mêmes règles les régissent.
  • Vent : critiquant les caractéristiques des autres écoles, Musashi fait ressortir l'esprit philosophique de son école Niten.
  • Vide : un énoncé de l'idéal du bushi ; la notion de vacuité en tant que but à atteindre est un thème récurrent dans les budō et l'aboutissement de la tactique de Musashi peut se résumer en un mot : Vide. Le Vide est comparable au firmament purifié de tous les nuages de l'égarement. L'idéogramme japonais se lit à la chinoise, et sora à la japonaise. Sora désigne plutôt le ciel, et fait référence à la notion chinoise et bouddhiste de « vide ». Traduire par « vide » est conforme à l'aspect bouddhique de la voie décrite par Musashi.

Dokkōdō[modifier | modifier le code]

Traduction du Dokkōdō

À 60 ans, Musashi écrivit en quelque sorte son testament au travers du Traité des cinq roues. Deux ans plus tard, sentant sa fin approcher, il écrivait le Dokkōdō (en) (La Voie à suivre seul) :

  • Ne pas contrevenir à la Voie immuable à travers les temps.
  • Éviter de rechercher les plaisirs du corps.
  • Être impartial en tout.
  • N'être jamais cupide durant toute la vie.
  • N'avoir aucun regret dans les affaires.
  • Ne jamais jalouser autrui en bien ou en mal.
  • Ne jamais être attristé par toutes séparations.
  • N'éprouver aucune rancune ou animosité vis-à-vis de soi ou des autres.
  • N'avoir aucun désir d'amour.
  • N'avoir aucune préférence en toutes choses.
  • Ne jamais rechercher son confort.
  • Ne jamais rechercher les mets les plus fins afin de contenter son corps.
  • Ne jamais s'entourer, à aucun moment de la vie, d'objets précieux.
  • Ne pas reculer pour de fausses croyances.
  • Ne jamais être tenté par aucun objet autre que les armes.
  • Se consacrer entièrement à la Voie sans même craindre la mort.
  • Même vieux n'avoir aucun désir de posséder ou d'utiliser des biens.
  • Vénérer les bouddhas et divinités mais ne pas compter sur eux.
  • Ne jamais abandonner la Voie de la tactique.

Enseignant[modifier | modifier le code]

Stèle dédiée à Miyamoto Musashi, fondateur de la Hyoho Niten Ichi Ryu. Elle est érigée au pied du château de Kokura, sur le lieu où vécut Musashi. Est inscrite sur la pierre la devise : Seishin Chokudo (誠心直道?), « Cœur sincère, Voie droite ». Kokura est le lieu où se trouve le Hombu dōjō de la Hyoho Niten Ichi Ryu.

Il fonda l'école Niten Ichi Ryu dont la branche maîtresse est la Hyoho Niten Ichi Ryu. Hyōhō Niten Ichi Ryu est traduit par « l’École de la stratégie des deux Ciels comme une Terre ». Aujourd'hui, une lignée de maîtres descend directement des disciples de Musashi.

Cette école de sabre, une koryu de kenjutsu, fut nommée tout d'abord « École des deux sabres » (Niken Ryu), puis « École des deux cieux » (Niten Ryu). Elle reste renommée pour son style hors du commun : utilisation simultanée de deux sabres, l'un court, l'autre long. Le hyōhō, de Hyōhō Niten Ichi Ryu, signifie « stratégie » et constitue un enseignement capital dans l'école.

On retrouve également plusieurs écoles dans le monde, au suffixe Niten Ichiryu, mais elles n'entretiennent officiellement aucune sorte de lien d'héritage avec Hyoho Niten Ichiryu[24]. Certaines écoles descendent authentiquement de Miyamoto Musashi sans être pour autant la branche « mère » et sont considérées comme des koryus. Elles transmettent leur enseignement sur autorisation du soke et doivent expressément démontrer leur lignée de transmission et l'accord formel d'enseigner de la part du soke de cette branche. Toute imprécision ou rétention d'une telle information est l'indice d'un enseignement abusif dans sa référence à l'école de Musashi.

L'école de Musashi transmet son expérience à travers sa technique et son esprit. Ne transmettre que la technique est une amputation grave de l'enseignement du fondateur qui dénature le sens profond d'une koryu : « En Hyoho Niten Ichi Ryu, celui qui succède doit se vouer à l'entraînement et prouver à ses contemporains, par son exemple, que l'enseignement et le kokoro du fondateur sont absolus et authentiques. C'est ma mission en tant que soke[24]. » Ainsi, le soke est seul en mesure d'explorer les nombreux sens de cet enseignement car il possède seul la transmission de l'esprit qui authentifie le geste. Le but de l'élève est alors de s'approcher de l'expérience de Musashi avec la garantie que lui offre la connaissance héritée par le soke. Pour cette raison, tout enseignant de la Hyoho Niten ichi Ryu ou de toute branche authentique de la Niten Ichi Ryu doit cultiver un lien d'apprentissage avec le grand-maître de sa branche.

Sa devise 
Seishin chokudo : « Cœur sincère, Voie droite (誠実な心、正しい方法?) »[25].

Principes[modifier | modifier le code]

L'enseignement de Musashi peut se ramener à neuf principes :

  1. Éviter toutes pensées perverses.
  2. Se forger dans la Voie en pratiquant soi-même.
  3. Embrasser tous les arts et non se borner à un seul.
  4. Connaître la Voie de chaque métier, et non se borner à celui que l'on exerce soi-même.
  5. Savoir distinguer les avantages et les inconvénients de chaque chose.
  6. En toute choses, s'habituer au jugement intuitif.
  7. Connaître d'instinct ce que l'on ne voit pas.
  8. Prêter attention au moindre détail.
  9. Ne rien faire d'inutile.

Les principes sont à étudier, le bokken en main, auprès d'un maître. La particularité de l'enseignement des koryus est qu'il est attendu du soke qu'il incarne et prouve sa maîtrise à chaque génération[26].

Techniques[modifier | modifier le code]

Différents types de bokken. (le 4e bokken partant de la gauche est un Iwama-ken (pour la pratique de l'Aikiken).

Miyamoto Musashi créa une série de seiho, communément appelés katas :

  1. Tachi seiho : 12 seiho au dachi, sabre long. Toutefois, l'étude se fait avec le bokken.
  2. Nito seiho[27] : 5 seiho avec le dachi et le kodachi, sabres long et court, qui correspondent aux 5 seiho du Livre de l’Eau. L'étude se fait avec le bokken.
  3. Kodachi seiho : 7 techniques au kodachi.
  4. Bōjutsu : 20 seiho au , bâton long.

Armes[modifier | modifier le code]

Musashi conçut une paire de bokken d'un poids allégé et d'un profil plus fin[28]. Tous les seiho[29] de sabre de l'école sont exécutés avec le bokken et non le katana. Le bokken préféré de Musashi existe toujours d'ailleurs, objet magnifique en bois sombre, à la poignée percée d'un trou pour faire passer un pompon de soie pourpre ; il est surnommé Jissō Enman no Bokutō, d'après l'inscription qui se trouve sur la face omote. Longtemps transmis de soke en soke, il représente la volonté de préserver le style Niten Ichi Ryu tel quel, sans modifications ou adaptations. Désigné Trésor national, il se trouve désormais en tant que relique au prestigieux sanctuaire d'Usa-jingū pour sa préservation.

Bien sûr, Musashi maniait aussi personnellement des armes en acier. L'une de ses connaissances était le fameux forgeron Izumi-no-kami Kaneshige, qui fut le professeur de Kotetsu, un autre artisan renommé. Le katana surnommé Musashi Masamune lui est parfois associé, bien que cela soit incertain (le nom de Musashi pourrait venir d'ailleurs, et les Masamune étaient jalousés férocement par le clan Tokugawa). On sait aussi qu'à un moment de sa vie, Musashi portait un daishō forgé par Nagakuni, il est inscrit sur leurs nakago (soies) « Shinmen Musashi-no-kami a utilisé ceci ». Le daitō semble se trouver dans un musée, tandis que le shōtō est une propriété privée d'un collectionneur japonais nommé Suzuki Katei. Leur authenticité est admise et Musashi en a vraiment été le propriétaire.

Musashi dans la culture japonaise et mondiale[modifier | modifier le code]

Quand il mourut le 19 mai 1645, les récits de ses exploits étaient passés par quelque quarante années de colportages et enjolivements divers ; et, alors que le gouvernement Tokugawa asseyait son pouvoir sur les plans politique et culturel, et que l’ensemble de la société nippone allait vers toujours plus de conformisme, la notoriété d'un homme qui était certainement devenu le plus grand homme d'épée de son temps sans revendiquer d'un quelconque héritage ou enseignement, et sans sacrifier sa liberté sur l'autel de la reconnaissance sociale, ne pouvait qu'enfler. Tout aussi important dans la genèse puis la maturation du mythe était l'intérêt croissant pour les loisirs et distractions à cette époque.

« Aspire à être comme le Mont Fuji avec une base si large et solide que le plus fort des tremblements de terre ne pourra t’ébranler, et si grand que la plus grande des entreprises des hommes ordinaires te paraîtra insignifiante du plus haut de ta perspective. Si ton esprit peut s’élever aussi haut que le Mont Fuji tu verras toutes choses très clairement. Tu pourras percevoir toutes les forces qui mettent en place les événements, et pas seulement celles qui président à ce qui se passe près de toi. »

— Miyamoto Musashi[30].

Légende et popularité[modifier | modifier le code]

Une pièce de kabuki, vers 1860, Esquisses de coutumes et coutumes japonaises, par J. M. W. Silver.
Articles détaillés : Kabuki, Bunraku et Kōdan.

L'association de la Pax Tokugawa - caractérisée par un contrôle gouvernemental omniprésent dans les diverses strates de la vie sociale - et de la relative prospérité économique - notamment au sein de la classe marchande - engendra une certaine effervescences et une demande accrue en direction des divertissements. Les distractions publiques prirent de nouvelles formes et, même si le Japon possédait déjà une pléthore de héros susceptibles de servir d'alibi à une intrigue, le besoin de nouveauté se faisait toujours sentir.
La légende naissante de Musashi tombait à point nommé. Moins d'un siècle après sa mort, sa biographie - parfois enjolivée à outrance - était portée sur scène dans le Kabuki, et le Bunraku, colportée par des conteurs professionnels. Son personnage était également récurrent sur les toutes nouvelles gravures sur bois produites à l'attention d'un public d'initiés. Dans ces genres artistiques, sa popularité se poursuivit plus de deux siècles durant.

Les temps modernes et les nouveaux médias n'ont fait qu'accentuer cette popularité déjà croissante. À commencer par le best-seller de Eiji Yoshikawa (Musashi (宮本武蔵?)), l'homme d'épée, artiste et écrivain qu'il fut, fut placé au cœur d'un nombre incalculable d’intrigues : romans, films, séries, programmes et jeux télévisés, et même une bande dessinée en plusieurs volumes. Le fondement même de l'homme était de toute façon trop bon pour ne pas être enjolivé ; tant et si bien que tout le monde semblait vouloir accaparer son personnage. Ainsi, au fil des décennies et, au gré des évolutions technologiques des moyens de communication, le public nippon - rejoint par le monde occidental - n'a pas voulu laisser pareille légende s'éteindre.

Peintures et estampes[modifier | modifier le code]

Miyamoto Musashi se voit prédire son avenir, estampe de Utagawa Kuniyoshi
Musashi Miyamoto tuant un nue (monstre), peint par Utagawa Kuniyoshi (1798-1861).
Musashi dans un combat fantastique contre une baleine, par Utagawa Kuniyoshi (1798-1861).

Sous le shogunat Tokugawa, une ère de paix et de prospérité se traduisit par l'émergence d'une bourgeoisie urbaine et marchande. Cette évolution sociale et économique s'accompagne d'un changement des formes artistiques, avec la naissance de l’ukiyo-e et les techniques d'estampe permettant une reproduction sur papier peu coûteuse, bien loin des peintures telles que celles de l'aristocratique Kanō.

Miyamoto Musashi a inspiré des peintres japonais dont Utagawa Kuniyoshi, un grand maître de l'ukiyo-e.

Théâtre nô[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : et Théâtre japonais.

Le nô a évolué de diverses manières dans l'art populaire et aristocratique. Il formera aussi la base d'autres formes dramatiques comme le kabuki. Après que Zeami a fixé les règles du nô, le répertoire s'est figé vers la fin du XVIe siècle et nous demeure encore intact.

Maître Kano Tanshû[31], acteur de nô de l'école Kita, a créé une pièce consacrée à Musashi, Gorin-sho-den, à Aix-en-Provence en 2002. Il a représenté, en septembre 2008, le Gorin-no-sho de Miyamoto Musashi en plein air au bord de la rivière, à Kokura (Fukuoka), sur le lieu où vécut ce samouraï[32].

Livres[modifier | modifier le code]

  • Musashi écrit par Eiji Yoshikawa, traduit en français en deux tomes : La Pierre et le Sabre et La Parfaite Lumière, J'ai lu, coll. « Littérature », vol. 1, 856 p. (ISBN 978-2290300541), vol. 2, 695 p., (ISBN 978-2290307830). Ces deux ouvrages ne sont pas des biographies, mais des romans ; si certains faits historiques et traits marquants sont conservés, la plus grosse partie est inventée.
  • Vagabond, un manga de Takehiko Inoue, adaptation de Musashi.
  • Le manga Usagi Yojimbo fait également référence à Musashi Miyamoto : Stan Sakai y relate les aventures d'un samouraï nommé Miyamoto Usagi (usagi signifie « lièvre » en japonais) devenu rōnin après la bataille d'Adachigahara.
  • Shôtarô Ishinomori, Miyamoto Musashi: One Shot Sensei (manga), Éditions Kana, coll. « Sensei », 2008, 496 p. (ISBN 978-2505004141).
  • Gen Takekura (Musashi), un joueur de football américain du Eyeshield 21 doit son surnom à Musashi Miyamoto.
  • La Voie du Sabre (2002), de Thomas Day, s'inspire de l'histoire de Miyamoto Musashi et le fait intervenir dans un univers de fantasy.
  • Taitei No Ken, vol. 4 (manga) par Yumemakura Baku (scénario), Dohe (dessins), paru aux éditions Glénat, le 21 juillet 2010. Miyamoto Musashi y apparaît comme étant le guerrier légendaire, la plus fine lame du Japon.
  • Dans Soul Eater, le personnage de Mifune tire son nom de Toshirō Mifune, interprète de Miyamoto Musashi dans La Légende de Musashi, d'Hiroshi Inagaki.
  • Dans la trilogie Young Samurai (en), de Chris Bradford, le personnage de Masamoto Takeshi, créateur de la Niten Ichi Ryu, grand samouraï utilisant la « technique des deux ciels », est une utilisation romanesque de Musashi Miyamoto. Il adopte Jack Fletcher et fera de lui un apprenti samouraï.
  • Dans Les Secrets de l'immortel Nicolas Flamel (en particulier dans L'Enchanteresse), Miyamoto Musashi (appelé Niten) joue un rôle assez important.
  • William Scott et Alex Fébo (Traduction), Musashi, le samouraï solitaire : La vie et l'oeuvre de Miyamoto Musashi, Budo Editions, coll. « Arts martiaux : biographie », , 319 p. (ISBN 978-2846171038).
  • David Kirk, Le Samouraï, Le Livre de Poche, coll. « Littérature », , 504 p. (ISBN 978-2253017271), raconte l'histoire de la jeunesse de Musashi Miyamoto jusqu'à la bataille de Sekigahara.
  • David Kirk et Marina Boraso (Traduction), L'Honneur du samouraï, Albin Michel, , 528 p. (ISBN 978-2226320735), le guerrier de légende Musashi Miyamoto, auteur du célèbre Traité des cinq roues.

Films[modifier | modifier le code]

Dans Les Sept Samouraïs, film d'Akira Kurosawa, le personnage de Kyuzo, interprété par l'acteur Seiji Miyaguchi, est inspiré par Miyamoto Musashi[38].

Un des deux protagonistes du film Aragami, de Ryūhei Kitamura, sorti en 2003, déclare être Miyamoto Musashi.

Anime[modifier | modifier le code]

Miyamoto Musashi, 1855, Historia n°764 - Août 2010, page 45, auteur : Yoshitaki Tsunejiro.
Article détaillé : Anime.
  • Dans le manga Fūma no Kojirō (en) de Masami Kurumada, le personnage Musashi Asuka est inspiré de Miyamoto Musashi.
  • Shura no Toki (L'Ère des Shura), dessin animé japonais réalisé en 2004.
  • Dans l'épisode La Complainte du piège [2/2] de Samurai Champloo, un étrange ermite laisse entendre qu'il pourrait être Musashi.
  • Miyamoto Musashi : Sōken ni Haseru Yume est un anime / documentaire historique, portant sur Musashi[39].
  • Dans la série animée Pokémon, une bande de voleurs initialement baptisée Roketto Dan (Team Rocket) comporte trois membres, dont une d'entre eux s'appelle Musashi (elle se nomme Jessie dans la VF), et le nom de sa mère est Miyamoto… Son ami, qui fait également partie de la Roketto Dan se nomme Kojiro (il s'appelle James dans la VF). Musashi est un personnage connu dans Pokémon pour sa forte personnalité et, comme dans l'histoire de Musashi Miyamoto, elle aime frapper son acolyte Kojiro… Elle est également une experte en arts martiaux. La seule différence notable qu'on puisse faire entre Musashi de la Roketto Dan et Musashi Miyamoto, c'est que Musashi de Pokémon est très amie avec Kojiro… On ne peut pas dire que les Musashi et Kojiro de la série Pokémon soient ceux de l'histoire nippone, mais on peut avoir la certitude que le créateur de la Roketto Dan (Takeshi Shudô) ait puisé dans cette histoire pour inventer ces personnages[40] ' [41].
  • Dans le manga Eyeshield 21, un tireur de l'équipe de football américain des Devils bats se nomme Musashi, il peut marquer de très loin et son principal rival se nomme Kojiro d'une autre équipe.
  • Dans Inazuma Eleven GO, l'esprit guerrier, ou le Keshin de Ryoma, s'appelle Musashi le Samurai Vaillant (Sengoku Bushin Musashi en japonais) et possède deux katanas.

Manga[modifier | modifier le code]

Détail du volume 8 des Hokusai manga par Hokusai, 1817.
Article détaillé : Manga.
  • Shotaro Ishinomori, Miyamoto Musashi, Éditions Kana, coll. « Sensei », 2008, 486 p. (ISBN 978-2505004141).
  • Yamatori Niten, Samourai errant, Clair de lune, coll. « Encre de Chine », 2012, vol. 1 (ISBN 978-2353255023) ; vol. 2 (ISBN 978-2353255030).
  • Le manga de Takehiko Inoue intitulé Vagabond s'inspire librement de la vie de Musashi Miyamoto.
  • Dans le manga Samurai Champloo (épisode 21), il a été dessiné sous les traits d'un vieux pêcheur à moitié fou qui sauve un des personnages (Jin) et lui apprend à pêcher.
  • Miyamoto Musashi apparaît notamment dans le manga Amakusa 1637 de Michiyo Akaishi.
  • Miyamoto Musashi est également un personnage secondaire que rencontre Azumi dans le manga éponyme de Yū Koyama. Il est identifié comme tel au chapitre 172.
  • Dans le manga Baki Dō (バキ道?) de Keisuke Itagaki ,il est ramené à la vie au japon dans notre époque[42].
  • Dans le manga Yaiba (城市风云儿, YAIBA?) de Gōshō Aoyama, Miyamoto Musashi est un des personnages principaux de la série. Âgé de plus de 400 ans, il enseigne à Yaiba Kurogane l'art du sabre.

Usagi Yojimbo, par Sakai Stan, Paquet, 2005, 25T, est un clin d'œil au guerrier philosophe sous les traits du lapin anthropomorphe nommé Miyamoto Usagi (usagi signifie « lapin »).

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Logo du jeu vidéo Brave Fencer Musashi.
Logo de Sengoku Basara: Samurai Heroes

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hirata Munisai (Muni) : le père de Musashi, était expert au Jitte et autres armes, l'homme servit le Clan Shinmen et en adopta le patronyme (tout comme Musashi).
  2. Kenji Tokitsu, Miyamoto Musashi. Maitre du sabre japonais au XVIIe siècle, coll. « Points Sagesses », Seuil, 2008, 559 p. (ISBN 978-2020861069).
  3. Dans les kobujutsu traditionnels et les duels à morts associés, on considère comme juste et équilibré que les adversaires n'utilisent pas les mêmes armes, mais recourent plutôt à leur spécialité, les arts martiaux n'auraient sinon pas de sens.
  4. Miyamoto Iori : deuxième fils adoptif de Musashi. Il rencontra le maître en 1624 et fut plus tard, employé par Ogasawara Tadazane. Il fut ensuite promu au titre de vassal supérieur des Ogasawara. Il mourut en 1678.
  5. Miyamoto Mikinosuke (en) : premier fils adoptif de Musashi. Il aurait rencontré Musashi en 1619. il fut employé comme page de Honda Tadatoki et commit le suicide rituel quand celui-ci mourut en 1626.
  6. La précision de l'auteur au fait qu'il n'étaya pas son exposé de maximes et principes dans cette lettre comme dans Le Livre des cinq roues était une petite pique acérée à l'attention de Yagyū Munenori dont le traité martial - Le sabre de vie - est agrémenté de multiples références empruntées aux textes et sages du bouddhisme zen.
  7. « La Voie du Solitaire » a fait l'objet de nombreuses critiques et beaucoup n'y ont vu qu'un recueil d'articles ordinaires, dépourvus de sens profond, et griffonnés par un vieillard au seuil de la mort.
  8. Il existe de nos jours deux lieux de sépulture dédiés à Musashi à Kumamoto : le Tumulus Oriental tout d'abord, situé en périphérie de la ville et qui est supposé contenir sa dépouille, et le Tumulus Occidental ensuite, plus proche du centre-ville et qui ne serait en fait qu'une pierre tombale en hommage à ce grand homme.
  9. On trouve en 1598 les premières mentions de mousquets rechargeables à l'aide de cartouches, appelés « arme à feu tirant comme l'éclair » (掣电铳 / 掣電銃, chèdiànchòng).
  10. Passer à l'attaque ! – Livre des cinq anneaux, Miyamoto Musashi
  11. Selon la légende, il fut le maître de Miyamoto Musashi mais cela n'est pas établi d'un point de vue historique.
  12. Hosshinshū (発心集) - (Récits de l'éveil du cœur). Recueil d'anecdotes édifiantes. Traduction en français, notes et postface par Jacqueline Pigeot, édité chez Le Bruit du Temps en 2014. (ISBN 978-2358730686)
  13. (en) « Art de Musashi »
  14. Tokitsu, Kenji, 1947-, Miyamoto Musashi : maître de sabre japonais du XVIIe siècle : l'homme et l'œuvre, mythe et réalité, Editions désiris, (ISBN 2907653547 et 9782907653541, OCLC 41259596, lire en ligne), p. 127, p. 147
  15. Miyamoto, Musashi, 1584-1645. et Shibata, M. (Masumi),, Traité des cinq roues : gorin-no-sho, A. Michel, 1996, ©1983 (ISBN 2226018522 et 9782226018526, OCLC 40431649, lire en ligne), p. 11-46, Préface.
  16. Les années qui suivirent la victoire sur Sasaki Kojirō (1612).
  17. Pouvons-nous apprécier la profondeur de la réalisation spirituelle d'un artiste au regard de son œuvre ? Dans le Livre du Ciel (Vide) du « Livre des cinq roues », Musashi écrit que « Si vous comprenez ce qui existe, alors vous comprendrez ce qui n'existe pas. C'est en comprenant ce qui existe que vous parviendrez à comprendre le vide ».
  18. Le substantif « samouraï » est un dérivé du verbe japonais saburau qui signifie « servir ». Si Musashi « servit » les Ogasawara ainsi que les Honda, il le fit avec une certaine mesure, de façon à ne pas perdre sa liberté toute une vie durant. C'est la raison pour laquelle on peut dire de lui qu'il fut un guerrier et un artiste mais pas un « samouraï ».
  19. L'édifice, ouvrit pour la première fois ses portes au public en 1972 est implanté sur le domaine familial à Tokyo. La présence d'un certain nombre d'œuvres de Musashi témoigne de la pérennité des liens qui unissent cette famille à l’artiste depuis 1640.
  20. (en) « Art de Musashi »
  21. Watanabe Kazan, peintre-guerrier célèbre pour ses portraits, trouva cette œuvre dans la vitrine d'un antiquaire et fut si impressionné qu'il se résolut à solliciter son entourage afin de rassembler l'argent nécessaire à l'achat.
  22. Gorin no shō, Miyamoto Musashi, 1643, plusieurs éditions en français : Le Livre des cinq anneaux (Belfond), Traité des cinq roues (Maisonneuve et Larose, 1977 puis Albin Michel, 1983), Traité des cinq roues (Budo Éditions).
  23. Kenji Tokitsu, Miyamoto Musashi, ibid.
  24. a et b Iwami Toshio Harukatsu soke, « Les principes de Musashi », Dragon, no  13, Éd. Mathis, janvier 2006.
  25. L’éthique des samouraïs [1], France Culture, Philosophies du Japon (1/4).
  26. Étude : les 9 principes de Miyamoto Musashi (1584-1645).
  27. Vidéo de Iwami soke 11e successeur de Musashi aux deux sabres.
  28. Voir les photographies sur ce lien
  29. Comme toutes les Koryū, la Hyoho Niten Ichi Ryu enseigne par les seiho (kata). Seiho signifie « conduire l’énergie ».
  30. La ponérologie politique – Etude de la genèse du mal, appliqué à des fins politiques. 2006, éd. Les Editions Pilule rouge, p. 324, (ISBN 978-2916721019).
  31. Démonstration de théâtre No à Dole le 21 juin 2004. Maître Kano Ryoichi et Maître Kano Tanshu.
  32. Voir ce lien [2] et celui-ci pour une photographie du rôle de Musashi [3].
  33. Fiche Yasuo Kohata.
  34. Casting : acteurs principaux.
  35. La Voie de la lumière (1956) sur Allociné
  36. (ja) « 市川海老蔵 » [« Ichikawa Ebizō »], sur www2.nhk.or.jp, NHK (consulté le 21 septembre 2019)
  37. « Miyamoto Musashi (2014) | 宮本武蔵 », luminophore.net,‎ (lire en ligne)
  38. Documentaire Akira Kurosawa: It Is Wonderful to Create, présent en bonus de l'édition 3 DVD de Criterion. Voir critique du DVD : (en) Ivana Redwine, « DVD Pick: Seven Samurai Three-Disc Set », sur homevideo.about.com (consulté le 4 avril 2010).
  39. Miyamoto Musashi : Sōken ni Haseru Yume ; Musashi - Le rêve du dernier samouraï (français)..
  40. Voir Roketto-dan de Takeshi Shudo - YouTub.
  41. Le but de Kojiro/Musashi, Deux destins croisés, deux destins liés.
  42. Baki Dō 2018. Keisuke Itagaki commence la 5e partie de sa saga Baki.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Textes de membres de l'école Hyoho Niten Ichi Ryu

Iwami soke est le 11e successeur de Miyamoto Musashi à la tête de la Hyoho Niten Ichi Ryu et incarne à ce titre la transmission orale et technique descendant de Miyamoto Musashi.

  • Iwami Toshio Harukatsu soke, « Les maîtres sont les aiguilles, les élèves les fils », Karaté-Bushido, no 388, février 2011, Éditions Européenne de magazines.
  • Iwami Toshio Harukatsu soke, « Les principes de Musashi », Dragon, no 13, janvier 2006, Éd. Mathis.
  • Iwami Toshio Harukatsu soke, « L’enseignement de Musashi est d’abord une philosophie », Dragon, no 7, janvier 2005, Éd. Mathis.
Textes d'historiens
  • Roland Habersetzer, « Gorin no Sho, le livre de la stratégie enseignée au XVIIe siècle par Miyamoto Musashi », Dragon, no 1, décembre 2003, Éd. Mathis.
  • William Scott Wilson, Musashi, le samouraï solitaire. La vie et l'œuvre de Miyamoto Musashi, Éd. Budo (traduction française), coll. « Arts martiaux : biographie », 2006, 319 p. (ISBN 2846171033).
  • Kenji Tokitsu, Miyamoto Musashi. Maître de sabre japonais du XVIIe siècle. L'homme et l'œuvre, mythe et réalité, Éd. Désiris, 1998, 408 p. (ISBN 2907653547).
Auteur
  • Miyamoto Musashi et Alexis Lavis (Traduction), Le livre des cinq roues : (Gorin-no-shô), Presses du Châtelet, coll. « Sagesse de l'Orient », , 110 p. (ISBN 978-2845922792)
  • Miyamoto Musashi, Gorin-No-Sho : Ecrits sur les cinq éléments, Budo Editions, , 109 p. (ISBN 978-2846171489)
  • Miyamoto Musashi et Sergio Boffa (Avec la contribution de), Trente-Cinq Articles Sur La Stratégie, Bunkasha International, , 218 p. (ISBN 978-4907009182)
Autres
  • Nelly Delay, L'estampe japonaise, Hazan, coll. « Beaux-Arts », , 660 p. (ISBN 978-2754106436)
  • Collectif et Nathalie Vandeperre (Avec la contribution de), Ukiyo-e : Les plus belles estampes japonaises, Snoeck, coll. « Catal. de Musée », , 320 p. (ISBN 978-9461613363)
  • Yuuko Suzuki, Calligraphie japonaise, Mango, coll. « Caractères », , 80 p. (ISBN 978-2317016844)
  • Pierre François Souyri, Samouraï: 1000 ans d'histoire du Japon, PUR (Presses universitaires de Rennes), coll. « Beaux-Livres », , 296 p. (ISBN 978-2906519572)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Épées de samouraï: le sabre au manche blanc est un tachi, et celui en noir est un katana.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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