Musa Hoti

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Musa Hoti

Musa Hoti (Mitrovica, Bruxelles, ) est un enseignant kosovar, militant pour la liberté et l'indépendance du Kosovo.

Patriote et militant, il organise en 1968 des manifestations dans différentes villes albanophones du Kosovo, du Monténégro et de la Macédoine ; son militantisme le fait considérer par le gouvernement yougoslave comme un opposant dangereux.

Après avoir émigré à Bruxelles, il rejoint le Mouvement national pour la République du Kosovo, dont il est un des leaders. Là, en état de légitime défense, il abat le un agent consulaire yougoslave et en blesse un autre. Après plusieurs tentatives avortées des services secrets serbes, il est assassiné le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Musa Hoti naît à Mitrovica au Kosovo le au sein d’une famille patriotiquement réputée. Il est éduqué dans l’aspiration nationale par son père Daut Hoti, ancien guerrier de la brigade de Shaban Polluzha (en) (qui est plus tard un prisonnier politique), par sa mère Naile Jashari et par sa grand-mère Nurie, petite-fille de Shaban Polluzha[1].

Depuis son enfance, Musa Hoti porte un intérêt particulier à la littérature patriotique albanaise. Il est passionné par les livres (interdits à la lecture à l’époque) traitant de l'histoire de la guerre en Albanie, de la protection des terres ethniques albanaises, de la liberté et des droits nationaux du peuple albanais.

Musa Hoti présente les caractéristiques propres aux personnes « qui sont des missionnaires réputés pour leurs œuvres et leurs nobles actions à l'égard des droits humains et politiques »[2]. Les récits de son père sur les méthodes et les tortures que la politique de Aleksandar Ranković lui avaient infligées ainsi qu'à ceux qui militaient pour la cause nationale albanaise marquent sa mémoire à jamais.

Après ses études en pédagogie, Musa Hoti est professeur de l’école La Renaissance dans le village de Dritan à Drenas[3] au Kosovo, où il se consacra à l'éducation de ses élèves dans l'idée de la résistance face aux occupants. Parallèlement, il consacre tout son temps à l’organisation d'activités patriotiques pour la cause du Kosovo. Avec d’autres militants des droits des Albanais, il organise notamment les manifestations de 1968 dans les villes de l’ensemble des territoires albanophones (Kosovo, Albanie, Macédoine, Monténégro)[4]. Musa Hoti est reconnu comme étant un leader politique de très haut niveau par le gouvernement albanais. Par conséquent, le gouvernement yougoslave le considère comme un personnage politiquement gênant[5].

Il est transféré à l'école Migjeni à Obiliq au Kosovo et, après un an d'exercice, de détermination et de résistance, est finalement suspendu de son droit à enseigner. Dès lors, les autorités yougoslaves le pourchassent[6]. Il quitte le Kosovo pour échapper à un emprisonnement de longue durée et émigre à Bruxelles[7]. En Belgique, il continue son combat et rejoint le Mouvement national pour la République du Kosovo (LKRK ; Lëvizja kombëtare për Republikën e Kosovës), au sein duquel il est reconnu et accepté en tant que leader politique.

La vie de Musa Hoti est consacrée à la cause de la libération du Kosovo[8]. C’est avec une activité intellectuelle et journalistique incessante qu’il organise et crée notamment la première station de radio d'information de langue albanaise et continue l’organisation des manifestations à travers les plus grandes villes européennes[9].

Sa célébrité s'accroît lorsque le [10], en situation de légitime défense[11], il tue dans le centre de Bruxelles Djeric Stojan et blesse Zuko Redzo, tous deux agents consulaires yougoslaves[12]. Le coup de feu du militant Musa Hoti à Bruxelles retentit jusque dans les cercles nationalistes de Belgrade et renforce l'éveil pour la liberté[13]. Ce coup de feu est comparé à celui du fusil d’Avni Rustemi à Paris en 1920[14]. Les services secrets serbes (UDBA) et ses espions poursuivent Musa Hoti et tentent de l’assassiner maintes fois[15], jusqu’à ce que le [16], ils y parviennent finalement.

Musa Hoti est enterré dans le cimetière des martyrs de Pristina[17]. La cérémonie funéraire en son honneur est organisée par le gouvernement du Kosovo.

Galerie[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Musa Hoti - Shënime, kujtime, dokumente de Reshat Sahitaj

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (sq) Reshat Sahitaj, Musa Hoti - Shënime, kujtime, përjetime, dokumente, p. 11
  2. (sq) Haqif Mulliqi, « Musa Hoti », Epoka e re, 26 janvier 2004.
  3. (sq) Reshat Sahitaj, Musa Hoti - Shënime, kujtime, përjetime, dokumente, p. 14.
  4. (sq) Reshat Sahitaj, Musa Hoti - Shënime, kujtime, përjetime, dokumente, p. 14 et 15.
  5. (sq) Abdullah Hoti, Hipoteza e një Humnere, p. 28-32.
  6. (sq) « titre=Deshmori Musa Hoti dhe permasa e dokumentit », Agjencioni Floripress, 17 mai 2011.
  7. (sq) Abdullah Hoti, Hipoteza e një Humnere, p. 32-36.
  8. (sq) « Monografi për Musa Hotin », sur Bota Sot (en) Online
  9. (sq) Sose Muhadri, « Edhe pse larg Kosovës, Musa Hoti gjithmonë vepronte për Kosovën », Bota Sot, 23 janvier 2004.
  10. « Meurtre d'un membre de l'ambassade yougoslave », La Libre Belgique, le 6 août 1981.
  11. (sq) Haqif Mulliqi, « Dy krisma në Bruksel », Ekskluzive, 1er juin 1996.
  12. (en) Miranda Vickers, Between Serb and Albanian: a History of Kosovo., Columbia University Press, 1998, p. 224 (ISBN 978-0-2311-1382-3) ; en ligne
  13. (sq) « Akademin përkujtimore Në Mitrovicë kushtuar Musa Hotit, veprimtar i devotshëm për çështjen kombëtare që u vra më 15 janar të vitit 2004 në Brukse nga agjentët e shërbimkit secret serb », sur RadioKosova.net,
  14. Avni Rustemi (1895-1924) assassina le dictateur Essad Pacha à Paris le .
  15. Reshat Sahitaj, Musa Hoti - Shënime, kujtime, përjetime, dokumente, p. 348-350.
  16. Thierry Remacle, « Meurtre dans le parking Loi », La Dernière Heure, 17 janvier 2004.
  17. (sq) V. Rexha, « Flakës së Janarit iu shtua edhe një flakadan Musa Hoti », Kosova Sot, 23 janvier 2004.