Muséum national d'histoire naturelle

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Muséum national d'histoire naturelle
Le logo du Muséum, datant de la Révolution française, symbolise les Règnes de la nature, la liberté, le travail et leurs fruits
Le logo du Muséum, datant de la Révolution française, symbolise les Règnes de la nature, la liberté, le travail et leurs fruits
Informations géographiques
Pays Drapeau de la France France
Ville Paris
Adresse Jardin des Plantes
57, rue Cuvier
75005 Paris
Coordonnées 48° 50′ 32″ N 2° 21′ 23″ E / 48.8422, 2.356448° 50′ 32″ Nord 2° 21′ 23″ Est / 48.8422, 2.3564  
Informations générales
Date d’inauguration 10 juin 1793
Collections Animaux vivants ou naturalisés, plantes vivantes ou en herbiers, graines, fossiles, minéraux, roches, météorites, objets ethnographiques, objets et documents scientifiques
Informations visiteurs
Nb. de visiteurs/an plus de 2 millions par an
(tous sites confondus)
Site web Site officiel du Muséum
Plan détaillé du site principal du Muséum à Paris, classé, avec l'ensemble des bâtiments, monument historique le 24 mars 1993[1].
Localisation des sites du Muséum national d'histoire naturelle.

Le Muséum national d'Histoire naturelle (MNHN) est un établissement français de recherche et de diffusion de la culture scientifique naturaliste. C'est l'un des premiers établissements mondiaux de ce type, avec le Natural History Museum de Londres. Il a aujourd'hui le statut d'établissement public culturel, scientifique et professionnel, placé sous tutelle conjointe des ministres de l'Enseignement supérieur et de la Recherche et de l'Environnement[2]. Son siège se trouve au Jardin des Plantes de Paris mais il comporte d'autres sites à Paris et en France.

Spécificité et établissements du Muséum[modifier | modifier le code]

Le Muséum national d'Histoire naturelle présente, en comparaison de ses homologues d'autres pays, une originalité qui en fait un cas unique car il n'est pas composé d'un seul site mais en comprend treize, dont la plupart sont multifonctionnels : ainsi son siège parisien n'est pas seulement un bâtiment, mais à la fois un jardin, botanique et zoologique, et un ensemble de plusieurs galeries scientifiques, de laboratoires et de serres[3]. D'importants budgets sont nécessaires pour entretenir, faire fonctionner et rénover ces sites selon les normes actuelles (de sécurité et autres) : les entrées payantes ne suffisent pas à couvrir ces dépenses et certains ont dû être fermés pour cette raison ; tous n'ont pu être réhabilités et certains, comme la galerie d'entomologie (fermée en 1996), ont même été sacrifiés[4].

Les sites sont au nombre de quatre à Paris soit un campus de 41,2 hectares au total :

Hors de Paris les sites du Muséum sont au nombre de neuf :

Missions[modifier | modifier le code]

Ses cinq principales missions sont :

  • la conservation de collections scientifiques comprenant environ 65 millions d'articles ainsi que des espèces vivantes sur 12 sites à Paris et dans le reste de la France ;
  • la diffusion de la culture scientifique dans les spécialités propres à l'établissement ;
  • la recherche ;
  • l'enseignement et la formation à la recherche (Master et doctorat);
  • l'expertise scientifique.

Ces spécialités concernent les disciplines propres à l'histoire naturelle, à savoir :

Dans l'expression « histoire naturelle », le mot « histoire » renvoie à l'évolution de notre planète, de la vie (paléontologie) et de la lignée humaine (anthropologie) et le mot « naturelle » renvoie à la biodiversité de notre planète. Les galeries de la paléontologie et anatomie comparée et de l'évolution sont d'ailleurs les plus visitées. Au XXIe siècle, l'histoire naturelle est plus que jamais d'actualité en tant qu'approche systémique pluridisciplinaire, englobant sans les opposer aussi bien l'homme que la nature, l'environnement que le développement, la préservation que la valorisation. La « culture scientifique naturaliste » est, au Muséum, une part intégrante de la culture (voir EEDD).

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Muséum national d’histoire naturelle est fondé le 10 juin 1793 par décret de la Convention[7]. Cet établissement est la métamorphose d’un « jardin d'utopie » plus ancien[8], le Jardin royal des Plantes médicinales qui dispensait déjà le savoir des savants qui l’administraient, et qui avait été créé au XVIIe siècle sur la terre d'Alez où, au XVIe siècle, l’apothicaire philanthrope Nicolas Houël donnait des cours d’herboristerie[9]. Sur ce site, la tradition d’enseigner l’histoire naturelle remonte donc à près de cinq siècles.

XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

La perspective du Jardin des plantes vers la galerie de l'évolution.

En 1635, l’un des médecins du roi, Guy de La Brosse, appuyé par le premier médecin Jean Héroard, et par Richelieu, persuade Louis XIII de créer à Paris un « jardin de plantes médicinales ». Ce jardin devait servir d’une part, à la culture, la conservation, l’étude et l’utilisation des plantes utiles à la santé, et d’autre part, à l’enseignement de la botanique, de la chimie et de l’anatomie, à destination des futurs médecins et apothicaires. Ces cours, enseignés en français (c’est une première, car partout ailleurs c’est en latin), sont également accessibles au grand public. Ils sont dispensés par des « démonstrateurs » et obtiennent un vif succès : des auditeurs de tous âges, français et étrangers, fréquentent les leçons données au jardin[l 1].

Destiné initialement aux collections botaniques et aux besoins de la maison royale (d’où le nom de « jardin royal des plantes médicinales »), le jardin suscite l’hostilité de la faculté de médecine, seule à Paris, à pouvoir décerner le grade de docteur en médecine. D’ailleurs, les démonstrateurs sont tous médecins, mais formés, eux, en province, et notamment à Montpellier, faculté rivale et détestée. Autre sujet d’aversion : les nouvelles disciplines enseignées au jardin, comme la médecine chimique ou la circulation du sang, qui sont des hérésies pour les universitaires parisiens, gardiens des traditions hippocratique et galénique. Jusqu’à la fin du XVIIe siècle, la faculté de médecine de Paris fera tout ce qu'elle pourra pour s'opposer, devant le Parlement, aux décisions prises par le surintendant ou l'intendant du jardin[l 2].

En 1693, Guy Crescent Fagon accède à cette dernière fonction en devenant premier médecin du roi Louis XIV. Petit neveu du fondateur Guy de la Brosse, son administration est remarquable : il apaise par un compromis le conflit devenu aigu avec la Faculté de Paris, recrute un personnel compétent (tels Tournefort, l'un des pères de la botanique française, Vaillant, mais aussi Antoine de Jussieu, fondateur d'une dynastie de botanistes) et enfin encourage les voyages d’étude dans les pays lointains. De cette époque datent les premières collections du jardin, constituées tout d’abord par des missionnaires (Charles Plumier entre 1689 et 1697 aux Antilles, Louis Feuillée entre 1703 et 1711 dans les Andes...), puis par des médecins (Augustin Lippi en 1704 au Soudan et surtout Tournefort en Méditerranée orientale et en Anatolie de 1700 à 1702). Fagon favorise l’importation et l’acclimatation des plantes tropicales, notamment le café, jusqu’alors monopole de l’empire ottoman, que Jussieu introduit aux Antilles[l 3].

XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

L'amphithéâtre ordonné par Buffon et édifié par l'architecte Edme Verniquet (1727-1804).

Au XVIIIe siècle, l’activité se diversifie : de l’art de guérir par les plantes, on passe progressivement à l’histoire naturelle. La déclaration royale du sépare la charge de premier médecin du roi de la surintendance du Jardin et, en 1729, l’ancien « droguier » qui a perdu progressivement son aspect d’officine, prend officiellement le titre de « cabinet d’histoire naturelle »[l 4].

Dix ans plus tard, en 1739, le « Jardin du roi » comme on l’appelle désormais, prend une nouvelle dimension, grâce à l’un des savants les plus en vue du XVIIIe siècle : Buffon (1707-1788). Ce naturaliste complet (il publie tout au long de son mandat la monumentale Histoire naturelle en 36 volumes, un véritable best-seller de l’époque), membre de l’Académie française et trésorier perpétuel de celle des sciences, va diriger l’établissement pendant près d’un demi-siècle, jusqu’à sa mort en 1788. Grâce à lui, en 50 ans le jardin double sa superficie, l’école de botanique ainsi que le cabinet d’histoire naturelle sont agrandis et, avant sa mort, un vaste amphithéâtre et une nouvelle serre sont mis en chantier.

Comme Fagon, Buffon recrute de nouveaux et prestigieux naturalistes : André Thouin, Antoine Laurent de Jussieu, les frères Rouelle (Guillaume-François « l'aîné » auquel succédera Hilaire-Marin « le cadet »), Fourcroy, Mertrud, mais aussi Daubenton, Lamarck ou Dolomieu. Les voyages de découverte et d’étude à but naturaliste se succèdent : Jean André Peyssonnel découvre la nature animale du corail vivant sur les côtes de « Barbarie » (1725) ; Joseph de Jussieu passe 35 ans au Pérou espagnol (1735-1770) et contribue largement à la connaissance du quinquina, découvert par La Condamine ; Jean Baptiste Christian Fusée-Aublet explore la Guyane (1762-1764) tout comme Louis Claude Richard (1781-1789). Dans l’océan Indien, Pierre Poivre acclimate les épices à l’île Maurice (1770) alors que son cousin Pierre Sonnerat accomplit plusieurs périples vers les Indes Orientales à la fin du XVIIIe siècle. D’autres, comme le botaniste Philibert Commerson ou le jardinier Jean Nicolas Collignon, accompagnent les navigateurs Bougainville et Lapérouse. En un demi-siècle, l’énergie et le travail acharné de Buffon font du jardin l’un des phares scientifiques du XVIIIe siècle, de notoriété internationale.

À sa mort, en 1788, le roi nomme à la tête du jardin un militaire, Auguste de Flahaut, qui n’entend pas grand’chose aux sciences, ni même à l’horticulture, et dont se plaignent vainement auprès du roi le naturaliste Louis Jean-Marie Daubenton et les personnels du Jardin, notamment les démonstrateurs.

Révolution française[modifier | modifier le code]

La Révolution modifie profondément le fonctionnement du Jardin. Le , un décret de l’Assemblée nationale demande aux démonstrateurs de rédiger un projet pour sa réorganisation. La première assemblée vote le départ d’Auguste de Flahaut et élit à l'unanimité Daubenton président. Ce dernier charge une commission comprenant Antoine-François Fourcroy, Bernard Lacépède et Antoine Portal de rédiger le règlement de la nouvelle institution et d’en fixer le fonctionnement et les missions du Muséum : instruire le public, constituer des collections et participer activement à la recherche scientifique. Le corps des professeurs et leur directeur, élu et renouvelé chaque année, devaient être les garants de l’indépendance de la recherche.

Mais, prise par l’actualité politique alors tumultueuse, l’Assemblée nationale laisse ce projet de côté. En 1791, de Flahaut démissionne, remplacé en 1792 par Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre. Ce n’est qu’en 1793 que Joseph Lakanal (1762-1845), apportant les collections du prince de Condé rencontre Daubenton et découvre le projet de 1790. Lakanal le porte à l’Assemblée et, dès le lendemain , obtient le vote du décret établissant le Muséum, donnant ainsi au jardin une existence juridique propre.

Le poste d’intendant est alors remplacé par la fonction de directeur. L’ancienne hiérarchie des officiers du jardin, notamment en démonstrateurs et sous-démonstrateurs, est abolie. Douze postes de professeurs assurent, de façon égale et collégiale, l’administration du Muséum. Les enseignements sont répartis en douze chaires professorales[l 5].

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Alphonse Milne-Edwards, directeur du Muséum à la fin du XIXe siècle

Avec deux savants prestigieux, Étienne Geoffroy Saint-Hilaire et Georges Cuvier, l’étude de la vie animale prend, au début du XIXe siècle, l’avantage sur celle des plantes, qui prédominait jusqu’alors[l 6]. Geoffroy St-Hilaire, proche des idées transformistes de Lamarck, créa la ménagerie dès 1793 et s’opposera durant le premier tiers du siècle à Cuvier, partisan convaincu des théories catastrophistes et fixistes. En affirmant, bien avant Charles Darwin, la transformation progressive et successive des espèces au fil des générations et au cours du temps, Lamarck et Geoffroy St-Hilaire précèdent d’un demi-siècle la publication de l’Origine des espèces en 1859. Diverses théories ou découvertes voient le jour au Muséum : le principe de corrélation des formes sur lequel Cuvier fonde l’anatomie comparée et la paléontologie, la série de travaux de Chevreul sur les corps gras, les recherches de Charles Naudin, qui formule vers 1860, au même moment que Gregor Mendel, les lois essentielles de la génétique ou encore la découverte de la radioactivité en 1896 qui vaudra à Henri Becquerel, quelques années plus tard, en 1903, le prix Nobel de physique.

D’autres savants vont ponctuer la vie du Muséum en ce XIXe siècle : entre autres Lacépède, Gay-Lussac, les deux Milne Edwards, Chevreul, Alcide d'Orbigny, la lignée des Becquerel ou Claude Bernard. La plupart d’entre eux sont membres de l’Académie des sciences ou de l’Académie de médecine. Plusieurs enseignent au Collège de France ou à l’École centrale Paris[l 7].

La multiplication tout au long du XIXe siècle des voyages d'exploration augmente considérablement les collections : l'expédition d'Égypte de Napoléon Bonaparte de 1798 à 1801, à laquelle participent près de 170 savants dont Geoffroy Saint-Hilaire, précède de peu celle d’Alexander von Humboldt en Amérique du Sud (1799-1804) ou celle de Nicolas Baudin dans les terres australes (1800-1803). Suivront celles d'Auguste de Saint-Hilaire au Brésil (1816-1822), de Claude Gay au Chili (1828-1842), de l'abbé David en Chine (entre 1862 et 1874) ou d'Alfred Grandidier à Madagascar (1865-1870). Et n'oublions pas l'une des premières expéditions spécifiquement orientée vers la paléontologie, celle d'Albert Gaudry sur le site de Pikermi en Grèce (1855-1860). Et la liste des expéditions auxquels participent les savants du Muséum est loin d'être exhaustive[10].

Pour conserver les collections ainsi enrichies, le vieux château acheté par Louis XIII en 1633, au moment de la création du jardin royal des plantes médicinales, a déjà été remanié et agrandi tout au long du XVIIIe siècle, jusqu'à présenter sous l'Empire une façade de 120 mètres le long de la rue Geoffroy-Saint-Hilaire. Mais ces extensions s'avèrant rapidement insuffisantes, on construit et on déménage à tour de bras : Charles Rohault de Fleury édifie une nouvelle galerie de minéralogie en 1833, premier bâtiment construit en France pour être destiné à un musée. À son extrémité, un grand espace a été réservé pour abriter les herbiers, eux aussi de plus en plus nombreux. Le même architecte élève également deux élégantes serres jumelles, restaurées en 1980-1981 et toujours en service. Enfin, entre 1877 et 1889, Jules André construit la galerie de zoologie et, à l'extrême fin du siècle (1898), est inaugurée la galerie de paléontologie qui abrite aussi les collections d'anatomie comparée[l 8].

Avec la nomination, en 1836, du chimiste Eugène Chevreul (1786-1889), le Muséum commence à s'intéresser, comme sa « rivale » la faculté des sciences de Paris, aux sciences physiques, chimiques et de l'Univers, d'où la création en 1837, pour Antoine Becquerel, de la chaire de physique appliquée[l 9]. Cette période prend fin avec Alphonse Milne-Edwards, en 1890, et la promulgation du décret du 12 décembre 1891 qui signe le retour en force de l'histoire naturelle biologique basée sur l'étude des collections (cette politique restera en vigueur jusqu'à la veille de la Seconde Guerre mondiale)[l 10]. Entre-temps, le gouvernement impérial de Napoléon III avait adopté en 1863 un décret portant le mandat de directeur à 5 ans sans limitation de renouvellement : Chevreul le restera 28 ans. Le nombre de chaires augmente également et certaines sont divisées en deux à mesure que les disciplines se spécialisent.

Pour enrichir les collections au fil de l'extension et de l'exploration de l'empire colonial français, une « école coloniale » a vu le jour en 1889 et un enseignement spécial destiné aux voyageurs a été élaboré en 1893, avant même le ministère des colonies (qui date de 1894).

Trop vastes pour être intégralement présentées, les collections du Muséum font l'objet d'expositions temporaires qui remportent un vif succès. L'une des premières est, en 1884, consacrée aux campagnes océanographiques du Travailleur et du Talisman ; les visiteurs pouvaient y voir les appareils (dragues, sondes, thermomètres) utilisés par les chercheurs embarqués ainsi que de nombreux échantillons en bocaux des animaux (poissons, crustacés, mollusques, échinodermes, zoophytes) recueillis jusqu'à 5 000 mètres de profondeur (une véritable performance pour l'époque)[l 11]. Les travaux naturalistes en Antarctique et ethnographiques en Terre de Feu sur les Selknams par Émile Racovitza de l'expédition Belgica ainsi que le laboratoire du navire furent également exposés dans l'ancienne galerie du Duc d'Orléans, rue Buffon[11].

XXe siècle[modifier | modifier le code]

La loi de finances du 31 décembre 1907 accorde au Muséum l'autonomie financière et un budget propre d'1 million de francs de l'époque (soit autant que le budget de la faculté des sciences)[l 10]. Dans la même année Edmond Perrier, directeur du Muséum, décide de fonder la Société des Amis du MNHN avec pour but de donner son appui moral et financier au Muséum. En ce début du XXe, les collections du Muséum s'accroissent considérablement. Les voyages se multiplient : d'Alfred Lacroix en Martinique à la suite de l'éruption de la Montagne Pelée en 1902, jusqu'à Robert Gessain à la fin des années 1970 au Groenland, en passant par Henri Humbert à Madagascar (entre 1912 et 1960), Marcel Griaule entre Dakar et Djibouti (1931-1933) ou Henri Lehmann (1901-1991) au Guatémala (1954-1969).

La galerie de botanique, contenant plus de 8 millions de spécimens dont 500.000 « types ».

Après la Première Guerre mondiale, le Muséum acquiert de nouveaux établissements dans et hors de la capitale. En 1922, il hérite de la propriété de l'entomologiste Jean-Henri Fabre à Sérignan-du-Comtat, près d'Orange[l 12]. Pour favoriser ses activités de recherche liées à la mer, il implante, en 1928, son laboratoire maritime à Saint-Servan, puis à Dinard en 1935. Son activité botanique ne s'étant pas démentie, il devient propriétaire par legs du domaine de Chèvreloup, en 1934. La même année, le président du Conseil inaugure le parc zoologique de Vincennes, suivi quelques années plus tard par le musée de l'Homme, installé dans le nouveau Trocadéro (1937)[l 13].

À la veille de la Seconde Guerre mondiale, le Muséum compte 19 chaires magistrales pour autant de professeurs-administrateurs. Durant les quatre années d'Occupation, les pénuries d'énergie et d'aliments provoquent la perte d'une partie des collections vivantes (serres, ménagerie et zoo de Vincennes). L'établissement abrite des réseaux de résistants  : l'un au Jardin des Plantes autour des professeurs Roger Heim et Jean-Pierre Lehman, l'autre au Musée de l'Homme autour du pr. Paul Rivet. Au sortir de la guerre c'est Roger Heim qui dirige le Muséum de 1950 à 1965[l 12], parvenant à redresser l'établissement dans un contexte difficile (l'histoire naturelle étant, en pleine croissance économique, souvent considérée comme une « discipline mineure » et obsolète[12]). Conscient des déséquilibres et de la surexploitation des ressources par l'expansion humaine, Heim contribue en 1948 à la création de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). En 1962, il installe au Muséum un « service de conservation de la nature » qui évolue en 1979 en « secrétariat de la faune et de la flore », puis en 1992 en « délégation permanente à l'environnement »[l 12]. Durant cette période, le Muséum acquiert l'abri Pataud en Dordogne (1957), la Réserve de la Haute-Touche dans l'Indre (1958) et le jardin botanique de Val Rahmeh à Menton (1966).

Tout au long du XXe siècle, de nouveaux milieux jusque-là pas ou peu explorés sont découverts : on pénètre de plus en plus loin à l'intérieur des forêts primaires, des moyens techniques permettent d'explorer les fonds océaniques et de découvrir que la vie y réside. D'ailleurs, depuis 1882, le Muséum possède un laboratoire maritime ouvert sur l'île de Tatihou, en face de Saint-Vaast-la-Hougue près de Cherbourg, puis déplacé à Saint-Servan (près de Saint-Malo) en 1928, puis à Dinard (en 1935). La station de biologie marine de Concarneau, fondée par Victor Coste en 1859, est gérée depuis 1996 par le Muséum paritairement avec le Collège de France. On découvre également que la vie réside à l'intérieur des grottes que René Jeannel et Norbert Casteret explorent. Les scientifiques repoussent les limites géographiques de leurs recherches pour couvrir l'ensemble de la biosphère. Le Muséum s'intéresse aussi à l'espace puisque parmi ses collections, on peut trouver des matériaux extraterrestres comme des météorites[13] et quelques pierres de Mars.

Au Muséum l'être humain est bien compris comme une partie et un acteur de l'histoire naturelle : la vie des peuples autochtones par exemple est étudiée par l'ethnographie qui se développe dans la deuxième moitié du XIXe siècle, amenant la création, en 1880, du Musée d'ethnographie du Trocadéro, rattaché en 1928 au Muséum et transformé en musée de l'Homme dix ans plus tard[l 14]. Ce musée collecte également de plus en plus de fossiles d'hominidés : parmi ses riches collections, on peut y voir le crâne de l'homme de Tautavel, le pithécanthrope de Java, la fameuse Lucy, vieille de plus de 3 millions d'années, ou encore la sépulture de La Chapelle-aux-Saints ou celle de l'homme de Menton, datant de 26 000 ans. Et les fossiles d'animaux ne sont pas en reste. Installés dans la galerie de paléontologie de la rue Buffon, on y trouve entre autres merveilles le Mégathérium de Cuvier, le squelette de l'Aepyornis offert par l'Américain Carnegie en 1908 ou encore les fossiles des fouilles varoises de 1985 à Canjuers. Mais ce sont surtout les squelettes de dinosaures qui rencontrent dans cette galerie le plus de succès.

Au cours du XXe siècle les expositions temporaires se multiplient. Celle du tricentenaire du jardin royal des plantes médicinales, en 1935, déploie tout l'arc-en-ciel des divers domaines de l'histoire naturelle et retrace l'histoire du Muséum, aujourd'hui exposée dans le « Cabinet d'Histoire du Jardin des Plantes ». Au fil des années, la muséographie des expositions évolue s'accompagne de beaux catalogues. Parmi les plus visitées, signalons Orchidées et plantes épiphytes en 1966, Météorites, messagères du cosmos en 1968, La Nature au microscope électronique en 1971, Le Sahara avant le désert en 1974, Les plus beaux coquillages du monde en 1975, Histoire naturelle de la sexualité en 1977 avec André Langaney, La bionique, science des inventions de la nature en 1985 et les cristaux géants du Brésil en 1987, qui ensemble ont attiré plus de 1 million de visiteurs. Un public nombreux suit également les conférences-débats et les séances de travaux dirigés[l 15].

À partir de 1975, un plan de réhabilitation des locaux et de regroupement des laboratoires se met en place : on rénove les anciennes galeries du XIXe siècle, on y ajoute des ailes mais on effectue également de spectaculaires réalisations, comme en témoigne la zoothèque souterraine ouverte en 1986 et destinée à abriter les collections de la galerie de zoologie, fermée au public depuis 1965[l 16]. Cette galerie sera rouverte 30 ans plus tard, en 1994, sous la forme d'une « grande galerie de l'évolution » inaugurée par le président de la République François Mitterrand. Pour les enfants, des ateliers pédagogiques sont organisés dès 1970 sous l'égide, entre autres, de Geneviève Meurgues, mais prennent une dimension nouvelle avec la « Galerie des Enfants », salle permanente d'activités ouverte dans la grande galerie de l'évolution[14].

Près de 2 millions de personnes visitent chaque année les divers sites parisiens du Jardin des plantes, y compris les étudiants qui fréquentent le Muséum, car celui-ci est également un campus et un centre de formation pour les futurs chercheurs : depuis 1989, il délivre seul le doctorat nouveau régime et, depuis 1995, il a l'habilitation ministérielle pour sept nouveaux DEA[l 15].

Sur le plan administratif, en 1968, une assemblée générale des personnels (alors plus de 2 200 personnes) avait proposé de remplacer l'assemblée des professeurs (instituée en 1793 comme unique instance dirigeante, scientifiquement comme administrativement) par un conseil où seraient représentés à parts égales les professeurs, les chercheurs et les techniciens. Cette proposition n'a pas abouti, mais au fil des années l'assemblée des professeurs a perdu de ses prérogatives au profit des secrétaires généraux nommés par les ministères de tutelle ; en 1985 le gouvernement a promulgué un nouveau statut mettant fin au rôle d'administrateurs des professeurs et en 1994 il a installé trois conseils pour assurer la gestion du Muséum : conseil d'administration, conseil des laboratoires et conseil scientifique.

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

L'évolution des statuts de l'établissement dans le sens d'une complexification croissante (mais pas forcément plus fonctionnelle) s'est poursuivie au XXIe siècle : le décret de 2001 a créé des niveaux hiérarchiques intermédiaires entre la direction et les chercheurs, ainsi que des structures transversales pour définir les grandes missions du Muséum et y encadrer les recherches. Les fonctions de directeurs sont partagées entre un président, qui préside le conseil d'administration, et un directeur général qui dirige effectivement l'établissement. Tous deux sont désormais nommés pour 4 ans directement par le président de la République. Les laboratoires sont regroupés en départements afin de coordonner les activités des chercheurs. L'établissement est placé désormais sous la tutelle de trois ministères : Éducation nationale, Recherche et Écologie. Ce système est si complexe, que de nouveaux changements sont en discussion pour l'horizon 2015.

Aujourd'hui le Muséum est le gardien d'un patrimoine de 62 millions de spécimens dont plusieurs millions de « types » de tous genres (voir ci-dessous), spécimens incluant des centaines de milliers de plantes vivantes et environ 3 500 animaux vivants. Avec 1 800 personnes en France (pas toutes à Paris), dont une majorité de chercheurs et de techniciens, le Muséum tient un rôle national et international majeur dans le développement de la recherche en histoire naturelle et dans la diffusion de la culture scientifique[15].

Le fonctionnement[modifier | modifier le code]

Le carré Decaisne : une des collections vivantes de végétaux.
Signalétique du Muséum.
Le laboratoire de géologie, dans l'îlot Poliveau.
Les laboratoires de malacologie, minéralogie, mammalogie et ornithologie.
Le laboratoire d'anatomie comparée, principale collection d'ossements de différentes espèces de vertébrés en France.
À droite, le vivarium de la Ménagerie, collection d'arthropodes et de petits vertébrés rares, vivants.

Le Muséum national d'histoire naturelle dispose de :

Cinq directions transversales[modifier | modifier le code]

  1. Direction des collections,
  2. Direction des bibliothèques et de la documentation,
  3. Direction de l'enseignement, de la pédagogie, et des formations
  4. Direction de l'information, de la communication, de l'accueil et des partenariats.
  5. Direction de la Recherche, de l’Expertise et de la Valorisation.

Dix départements scientifiques[modifier | modifier le code]

Sept départements de recherche[modifier | modifier le code]

  1. Écologie et gestion de la biodiversité,
  2. Histoire de la Terre,
  3. Hommes, natures, sociétés,
  4. Milieux et peuplements aquatiques,
  5. Préhistoire,
  6. Régulations, développement et diversité moléculaire,
  7. Systématique et évolution.

Trois départements de diffusion[modifier | modifier le code]

  1. Galeries du Jardin des plantes,
  2. Jardins botaniques et zoologiques,
  3. Musée de l'Homme.

Les anciennes chaires[modifier | modifier le code]

Avant d'acquérir sa structure actuelle, le Muséum national d'histoire naturelle a longtemps fonctionné par chaires, qui ont évolué dans le temps :

Collections scientifiques[modifier | modifier le code]

À l'exception des espèces vivantes, les collections de spécimens du Muséum sont conservées en quasi-totalité sur ses sites parisiens ainsi qu'aux Eyzies et à Sérignan. Elles sont, avec plus de 62 millions de spécimens dont une très forte proportion de « types », parmi les plus importantes du monde avec celles du National Museum of Natural History de Washington et du Muséum d'histoire naturelle de Londres : ce patrimoine de l'humanité est essentiel pour comprendre la biodiversité[16] :

Type de collection Quantité
Minéraux +00250 000, spécimens[17].
Roches +00600 000, échantillons (ce chiffre est une estimation, le chantier des collections étant encore en cours).
Météorites +0 0003 050, échantillons, 3e du monde en nombre de chutes observées (derrière le Musée d'histoire naturelle de Londres et la Smithsonian Institution de Washington)[18].
Fossiles +02 700 000, spécimens[19].
Champignons +00500 000, spécimens (herbier) [20].
Algues et micro-algues +00570 000, spécimens (herbier) [21].
Mousses et lichens +00900 000, et 500 000 spécimens[22].
Plantes à fleurs et fougères +08 000 000, spécimens illustrant 320 000 espèces vasculaires, 30 000 échantillons de graines[23].
Méduses, coraux, anémones +0 0002 000, - 35 000 - 2 000 spécimens respectivement[24].
Mollusques +05 000 000, spécimens[25].
Insectes +40 000 000, spécimens[26].
Poissons +00400 000, spécimens[27].
Reptiles +00130 000, spécimens[28].
Amphibiens +00170 000, spécimens[29].
Oiseaux +00130 000, spécimens[30] mis en peau.
Mammifères +00130 000, spécimens[31].
Crânes humains +00035 000, spécimens.
Pièces préhistoriques +02 000 000, pièces[32].
Objets ethnographiques +00300 000, spécimens.[réf. nécessaire]
Plantes vivantes +00025 000, spécimens.[réf. nécessaire]
Animaux vivants +0 0005 000, spécimens.[réf. nécessaire]

La collection d'algues de la galerie de botanique[21] est composée d'un herbier d'environ 570 000 spécimens et d'une algothèque d'environ 1 000 souches répertoriées d'algues d'eau douce vivantes.

La collection de champignons [20] est composée d'un herbier de 500 000 spécimens, d'une mycothèque comportant 4 000 souches vivantes et de 420 modèles en cire colorée représentant des champignons de la région parisienne, réalisés par André-Pierre Pinson, chirurgien-major sous Louis XVI.

La collection de fossiles est répartie sur plusieurs sites[19] et comprend plus de 2,7 millions de spécimens dont :

  • la collection de vertébrés comprenant 300 000 spécimens de mammifères, reptiles, oiseaux et poissons ;
  • la collection de non-vertébrés comprenant environ 2,5 millions de spécimens, particulièrement riche en mollusques tertiaires de France et d'Europe ;
  • la collection de paléobotanique comprenant plus de 200 000 exemplaires de plantes fossiles ;
  • la collection de micropaléontologie comprenant plus de 30 000 lames répertoriées de foraminifères.

Bibliothèques[modifier | modifier le code]

Le Muséum national d'Histoire naturelle comprend une direction des bibliothèques et de la documentation, qui fédère la bibliothèque centrale du Muséum et 22 bibliothèques spécialisées, certaines au Muséum même, les autres présentes sur certains des autres sites du Muséum.

Le cabinet du roi comprenait déjà au moment de la Révolution quelques dizaines d'ouvrages. Toutefois, le décret du 10 juin 1793 va créer les conditions de son développement. D'une part, la bibliothèque reçoit une existence officielle et le premier étage lui est attribué[33]. D'autre part, le décret prononce l'attribution au Muséum de la collection des « Vélins du Roi », toujours conservés par l'établissement et désormais numérisés, ainsi que les doubles d'ouvrages d'histoire naturelle présents à la bibliothèque royale. Surtout, il autorise le Muséum à alimenter ses collections dans les dépôts littéraires de la capitale.

La bibliothèque prend ainsi rapidement de l'ampleur, constituant une collection encyclopédique avec un net intérêt pour les sciences, en particulier biologiques, et les techniques. La bibliothèque reçoit par ailleurs d'importants dons et legs, notamment de Georges Cuvier ou de Michel-Eugène Chevreul.

En 1823, les collections atteignent déjà 15 000 volumes. En 1833, la construction du bâtiment de minéralogie et géologie par Charles Rohault de Fleury fournit l'occasion d'installer la bibliothèque dans des locaux plus vastes, ouverts en 1837. Cette nouvelle bibliothèque servira pendant plus d'un siècle, alors même que les collections augmentent encore (300 000 volumes vers 1950). Henri Delage conçoit donc l'actuel bâtiment, inauguré le , qui comprend deux salles de lecture et sept niveaux de magasins.

Les collections actuelles de la bibliothèque centrale peuvent être estimées à environ 200 000 volumes de livres modernes, plus de 13 000 titres de périodiques (3 000 vivants environ), environ 105 000 imprimés anciens, près de 8 000 manuscrits, des cartes, des estampes et un millier d'objets d'art[34].

Depuis 1992, la bibliothèque centrale est dépositaire d'un « fonds polaire » constitué par Jean Malaurie. Elle donne désormais aussi accès à une dizaine de bases de données et près de 5 000 titres de périodiques électroniques[35].

Une médiathèque, ouverte à un large public, comprend environ 8 000 ouvrages, une centaine de périodiques et des dossiers documentaires.

Le budget propre de la bibliothèque est d'environ 1,3 million d'euros. La bibliothèque du Muséum est centre d'acquisition et de diffusion de l'information scientifique et technique (CADIST) et « pôle associé » de la Bibliothèque nationale de France.

Parmi les 22 bibliothèques associées, la bibliothèque du musée de l'Homme a été en grande partie transférée au musée du quai Branly, mais des considérations pratiques et scientifiques ont conduit les responsables de ce dernier musée à en restituer une importante partie au musée de l'Homme. À travers cette bibliothèque, le Muséum est CADIST à un autre titre[36].

Direction[modifier | modifier le code]

Directeur élu pour un an.

Directeur élu pour deux ans.

Directeur nommé pour cinq ans.

Président nommé pour cinq ans.


Éléments représentatifs du Muséum national d'histoire naturelle[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]


Références[modifier | modifier le code]

Y. Laissus, 1995
  1. Y. Laissus (1995), p. 12.
  2. Y. Laissus (1995), p. 14.
  3. Y. Laissus (1995), p. 15.
  4. Y. Laissus (1995), p. 16.
  5. Y. Laissus (1995), p. 21.
  6. Y. Laissus (1995), p. 22-23.
  7. Y. Laissus (1995), p. 22.
  8. Y. Laissus (1995), p. 68.
  9. Y. Laissus (1995), p. 24.
  10. a et b Y. Laissus (1995), p. 26.
  11. Y. Laissus (1995), p. 93.
  12. a, b et c Y. Laissus (1995), p. 30.
  13. Y. Laissus (1995), p. 28.
  14. Y. Laissus (1995), p, 73.
  15. a et b Y. Laissus (1995), p. 92.
  16. Y. Laissus (1995), p. 30-31.
Autres sources
  1. « Jardin des Plantes et Museum national d'Histoire naturelle », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Décret no 2001-916 du 3 octobre 2001 relatif au Muséum national d'histoire naturelle
  3. Yves Laissus, Le Muséum national d'histoire naturelle, Gallimard, coll. « Découvertes », Paris, 1995 ; nouv.  éd. 2003, 128 p. (ISBN 2-07-053323-9).
  4. Rapport d'activités du MNHN pour 2006.
  5. Le « clos Patouillet » est une ancienne propriété de Buffon : voir sur [1]En 2013 la partie du Muséum située au sud de la rue Buffon et appelée Clos Patouillet ou Îlot Buffon-Poliveau a failli voir la plupart de ses laboratoires démolis pour faire place à la faculté de Censier durant le désamiantage de celle-ci : voir le rapport de Bernard Larrouturou sur L'îlot Poliveau pour Paris-III et la convention de dévolution.
  6. Page Facebook de la Galerie de Minéralogie consultée le 17 décembre 2014: [2].
  7. Histoire du muséum
  8. Emma C. Spary, Le Jardin d'utopie. L'histoire naturelle en France de L'Ancien Régime à la Révolution, traduit de l'anglais par Claude Dabbak, éd. du MNHN, 2005, ISBN 2-85653-566-6.
  9. Philippe Jaussaud, Édouard-Raoul Brygoo, Du Jardin au Muséum en 516 biographies, Paris, 2004, ISBN 2-85653-565-8 et Yves Laissus, Le Muséum d’histoire naturelle, 2ème édit. 2003 p. 12.
  10. Yves Laissus, « Les voyageurs-naturalistes du Jardin du roi et du Muséum d'histoire naturelle », Revue d'histoire des sciences, vol. 34, no 3-4, juillet-décembre 1981, p.259-317.
  11. Alexandre Marinescu, Émile Racovitza et l'expédition Belgica, éd. All, 1998, ISBN 973-9431-06-2.
  12. Ce désintérêt français pour l'histoire naturelle, inaugure au XXe siècle au MNHN une tradition déplorée par les scientifiques, les muséologues et le public : celle des fermetures prolongées, voire définitives des présentations (Galerie de Zoologie : 28 ans ; Galerie de Minéralogie-Géologie : depuis 10 ans en 2015 ; Musée de l'Homme en partie dépouillé au profit de Branly : 6 ans ; Zoo de Vincennes : 6 ans ; Grandes serres : 5 ans ; Galerie d'Entomologie et Aquarium-Musée de la Mer de Dinard sacrifiés en 1996...). Contrairement aux anglo-saxons et aux peuples nordiques qui considèrent l'histoire naturelle comme un ensemble de disciplines scientifiques d'importance majeure et y consacrent beaucoup d'argent, en France on n'agit qu'au coup par coup lorsque la vétusté arrive à des conséquences spectaculairement scandaleuses et subitement médiatisées à la suite d'incidents fortuits. Ce fut le cas à la Ménagerie, aux Serres et à la Grande galerie, qui n'ont été rénovées que parce que les toitures tombaient littéralement en morceaux ou parce que des journalistes se sont scandalisées des conditions de vie de certains animaux.
  13. (en)Catherine L.V. Caillet Komorowski, The meteorite collection of the National Museum of Natural History in Paris, chapitre de l'ouvrage de Luigi Piccardi, W. Bruce Masse, Myth and Geology, Geological Society,‎ 2007, 350 p. (lire en ligne)
  14. La Galerie des Enfants sur [3]
  15. [PDF] Rapport d'activité 2005.
  16. « Quelles collections ? », sur http://www.mnhn.fr (consulté en )
  17. Chiffre du MNHN
  18. « Quelles collections ? Les météorites », sur http://www.mnhn.fr (consulté en )
  19. a et b « Quelles collections ? Les fossiles », sur http://www.mnhn.fr (consulté en )
  20. a et b « Quelles collections ? Champignons », sur http://www.mnhn.fr (consulté en )
  21. a et b « Quelles collections ? Algues », sur http://www.mnhn.fr (consulté en )
  22. « Quelles collections ? Mousses et lichens », sur http://www.mnhn.fr (consulté en )
  23. « Quelles collections ? Plantes à fleurs et fougères », sur http://www.mnhn.fr (consulté en )
  24. « Quelles collections ? Méduses, coraux, anémones », sur http://www.mnhn.fr (consulté en )
  25. « Quelles collections ? Les mollusques », sur http://www.mnhn.fr (consulté en )
  26. « Quelles collections ? Les insectes », sur http://www.mnhn.fr (consulté en )
  27. « Quelles collections ? Les poissons », sur http://www.mnhn.fr (consulté en )
  28. « Quelles collections ? Les reptiles », sur http://www.mnhn.fr (consulté en )
  29. « Quelles collections ? Les amphibiens », sur http://www.mnhn.fr (consulté en )
  30. « Quelles collections ? Les oiseaux », sur http://www.mnhn.fr (consulté en )
  31. « Quelles collections ? Les mammifères », sur http://www.mnhn.fr (consulté en )
  32. « Quelles collections ? Pièces préhistoriques », sur http://www.mnhn.fr (consulté en )
  33. Pascale Heurtel, « Muséum national d'histoire naturelle », dans Les Bibliothèques parisiennes : architecture et décor, [2002], p. 166-167.
  34. Sophie Guérinot-Nawrocki, Rapport de stage à la bibliothèque centrale du Muséum national d'histoire naturelle, 2004, en ligne sur le site de l'Enssib.
  35. Rapport d'activités pour 2006, p. 13
  36. Véronique Heurtematte, « Ecce homo », dans Livres Hebdo, no 717, 18 janvier 2008, p. 72.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claude Blanckaert, Claudine Cohen, Pietro Corsi et Jean-Louis Fischer (dir.), Le Muséum au premier siècle de son histoire : [actes du colloque de Paris, juin 1993, centre Alexandere Koyré]éd. du MNHN, coll. « Archives », Paris, 1997, 687 p. (ISBN 2-85653-516-X)
  • Dominique Bezombes, La grande galerie du muséum national d'histoire naturelle : Conserver c'est transformer, Paris, Le Moniteur,‎ 1994, 168 p. (ISBN 2-281-19083-8)
  • Philippe Jaussaud, Édouard-Raoul Brygoo, Du Jardin au Muséum en 516 biographies, Publications scientifiques du MNHN, coll. « Archives », Paris, 2004, 630 p. (ISBN 2-85653-565-8)
  • Yves Laissus, Le Muséum national d'histoire naturelle, Gallimard, coll. « Découvertes », Paris, 1995 ; nouv.  éd. 2003, 128 p. (ISBN 2-07-053323-9)
  • Philippe Morat (dir.), L'Herbier du monde. Cinq siècles d'aventures et de passions botaniques au Muséum d'histoire naturelle, Les Arènes, 2004 (ISBN 2-912485-71-1)
  • Cécile Colin-Fromont et Luc Vives, Les galeries d'Anatomie comparée et de Paléontologie : Muséum d'Histoire naturelle, Artlys, 2012, 96 p. (ISBN 978-2854954685)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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