Muséum d'histoire naturelle de Genève

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Muséum d'histoire naturelle de Genève
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Entrée du bâtiment

Informations générale
Ouverture
15 décembre 1966 (bâtiment de Malagnou)
Visiteurs par an
250 000
Sites web
Collections
Collections
histoire naturelle, zoologie, géologie, minéralogie, paléontologie
Bâtiment
Protection
Bien culturel suisse d'importance nationale (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation
Pays
Commune
Adresse
1, Route de Malagnou
1208 Genève
Coordonnées
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Le Muséum d'histoire naturelle de Genève (MHNG) est un établissement de recherche scientifique, de conservation du patrimoine naturel et historique, et de diffusion des savoirs. L'institution prend naissance à la fin du XVIIIe siècle, et connaît plusieurs déménagements dans la ville de Genève avant de disposer de son bâtiment actuel, situé dans le parc de Malagnou. C'est le plus grand musée d'histoire naturelle de Suisse, gérant près de la moitié des collections du pays. Ces collections scientifiques regroupent l'héritage de naturalistes genevois comme Fatio, Forel, Jurine, Necker, Pictet, Saussure, mais aussi les collections d'autres grands naturalistes, comme les français Lamarck et Delessert. Elles totalisent près de 15 millions de spécimens, dont quelques dizaines de milliers de types qui leur donnent une importance internationale. Elles sont continuellement enrichies par les missions de terrain effectuées par les chercheurs travaillant dans l'institution, qui décrivent une cinquantaine de nouvelles espèces par année. Le muséum de Genève édite depuis sa fondation en 1893 la Revue suisse de Zoologie, ainsi que la Revue de Paléobiologie fondée en 1982.

Le Muséum d'histoire naturelle de Genève abrite une importante bibliothèque de littérature scientifique — zoologie et sciences de la Terre — et d'archives. Elle est créée en 1832, sur la proposition de François Jules Pictet de La Rive, et comprend quelques milliers d'ouvrages précieux. Depuis les années 1980, elle abrite la collection de la société Nos Oiseaux ainsi qu'une importante collection consacrée aux chauves-souris. Historiquement dirigé par le chiroptérologue Villy Aellen, le Muséum d'histoire naturelle entretient un pôle chauves-souris, abritant le Centre de coordination ouest pour l'étude et la protection des chauves-souris et organisant chaque année des animations pour la Nuit européenne des chauves-souris. Le Musée d'histoire des sciences de la Ville de Genève est depuis 2006 une filiale du Muséum d'histoire naturelle.

En plus des aspects de maintien et d'enrichissement des collections et de recherche scientifique, le muséum d'histoire naturelle de Genève a une mission de médiation culturelle. Il est reconnu comme bien culturel d'importance nationale. Son entrée est gratuite et il reçoit en moyenne 250 000 visiteurs par an, en faisant le musée le plus visité du canton de Genève. Ses galeries d'exposition permanente s'étalent sur 8 500 m2, et présentent sur quatre niveaux la faune régionale, la faune du reste du monde, les sciences de la Terre et l'histoire de l'homme. La faune exotique est répartie sur deux étages, et comprend une salle dédiée aux sculptures de Léopold et Rudolf Blaschka. L'institution a accueilli divers animaux vivants au cours de son histoire. Depuis 1997 c'est une tortue à deux têtes, Janus, qui est présentée au public.

Historique de l'institution[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Henri Boissier, fondateur du Musée académique.

C'est à l'époque de la Révolution française que les grand bourgeois de Genève « se préoccupent de rendre accessibles à leurs concitoyens […] les vérités scientifiques fraîchement acquises[1] ». Le 18 janvier 1789, Henri Boissier propose à la Société des Arts la création d'un cabinet public d'histoire naturelle, arguant « qu'un établissement de ce genre est nécessaire dans une ville qui produit tant de naturalistes célèbres, et où la fortune des particuliers ne permet pas à chacun de suivre une étude dont les bases sont très dispendieuses[2] ». Cette proposition n'est pas suivie, et l'accès aux collections précieuses des grands naturalistes genevois (comme les Saussure, Jurine, Pictet) restent alors réservé à quelques visiteurs étrangers ou à quelques proches. C'est en 1794, au plus fort de la Révolution, que le Département provisoire de l'Industrie et des Arts concrétise le projet. Le 29 octobre de cette année, la Commission Nationale vote un crédit pour l'achat de deux collections d'histoire naturelle : les instruments de physique de Marc-Auguste Pictet et le cabinet d'histoire naturelle de Pierre-François Tingry[2].

Premiers déménagements[modifier | modifier le code]

À gauche l'ancien « hôtel du Résident », où se trouve le Musée académique de 1820 à 1872 ; à droite l'aile Jura de l'université des Bastions, qui héberge le Musée académique de 1872 à 1965.

En 1811, les milieux académiques fondent le Musée académique et, au fil des ans, augmentent leurs collections et ces richesses qui s'accumulent obligent leur propriétaire à déménager plusieurs fois de locaux. Du « Salon de la municipalité » rapidement devenu trop étroit, le Musée académique est déplacé en mars 1820 vers l'ancien « hôtel du Résident », sis Grand-Rue 11. En mai de la même année, la ville de Genève devient le nouveau propriétaire des collections et s'engage à en assumer les frais d'administration[1]. Elle vote en 1867 un crédit pour la construction des bâtiments du musée et de la bibliothèque aux Bastions pour près d'un million de francs. Le Muséum d'Histoire naturelle aux Bastions est inauguré le 10 octobre 1872[1].

Rapidement le bâtiment des Bastions devient trop exigu car les collections et les dons s'accumulent. Une partie est transférée au Palais Eynard, notamment la faune locale et la collection présentée par Victor Fatio à l'Exposition nationale suisse de 1896[1]. L'arrivée ininterrompue de nouvelles collections rend la construction d'un nouveau bâtiment de plus en plus nécessaire. En 1902, les autorités municipales prennent conscience du problème, un crédit de 1 250 000 francs est voté en 1912 et des travaux commencent en 1914 place Sturm, mais la Première Guerre mondiale stoppe tout et le projet est abandonné en 1918. Des solutions de fortune sont trouvées, et certaines collections sont provisoirement placées dans différents greniers d'écoles publiques[2]. En 1946, un concours d'architecture est finalement lancé, mais le Conseil municipal ne vote les crédits nécessaires à la construction qu'en février 1960[2],[3],[4].

Émile Dottrens rapporte que le nom de muséum remplace celui de musée pour la première fois en 1907, « modification judicieuse, indiquant clairement que l'institution n'est pas une simple collection d'exposition, mais un institut d'études[1] ».

Le Muséum de Malagnou[modifier | modifier le code]

Vue aérienne du muséum, avec le Léman et le jet d'eau et le quartier des Eaux-Vives en arrière-plan.

C'est l'architecte suisse Raymond Tschudin qui se voit confier la réalisation du bâtiment[5]. Les travaux débutent en 1961 et le déménagement complet a lieu en 1965[2]. Le bâtiment de Malagnou est publiquement inauguré le 15 décembre 1966, et seule la galerie de la faune régionale est alors ouverte[6],[4]. Son architecture surprend par sa simplicité et sa modernité[5]. Le bas relief en bronze présent au-dessus de l'entrée du Musée est une œuvre de l'artiste Paul Bianchi (1920-1973). Inaugurée le 16 novembre 1973, elle symbolise « la croûte terrestre et la vie née de la mer[7] ». La façade est constituée de marbre blanc de Carrare, qui contraste avec les vitrages carrés noirs. Le marbre ayant subi l'usure du temps, il est entièrement remplacé dans les années 2010, l'isolation revue et le toit équipé de panneaux solaires[5].

Le Musée d'histoire des sciences de la Ville de Genève, créé en 1964 et un temps affilié au Musée d'art et d'histoire de Genève, est depuis 2006 une filiale du Muséum d'histoire naturelle[8]. Fin 2016, un crédit d'étude est voté pour la conception de nouveaux locaux qui permettraient le stockage des collections scientifiques dans de meilleures conditions, afin de mieux les protéger des ravageurs, limiter les fluctuations de température et d'humidité et répondre aux normes de sécurité en vigueur[9].

Collections scientifiques[modifier | modifier le code]

Zoologie[modifier | modifier le code]

Le muséum de Genève est le plus grand musée d'histoire naturelle de Suisse. En 2014, on estime que ses collections scientifiques comprennent plus de 15 millions de spécimens, soit près de la moitié des collections du pays. Elles hébergent des collections d'importance nationale et internationale, avec 50 000 types déposés dans l'institution[10]. Les collections se répartissent sur cinq étages où les spécimens sont regroupés selon la classification du vivant. L'institution alimente et entretient également une collection d'échantillons ADN constituée de plusieurs milliers de tubes[9]. Le muséum et le Jardin botanique de Genève, en collaboration avec l'Université de Genève, se proposent d'être dépositaires de la première collection de référence de tissus ADN pour l'ensemble de la biodiversité suisse[11].

Invertébrés[modifier | modifier le code]

Série de lames d'Eugène Penard conservées au Muséum d'histoire naturelle de Genève.

Le département des invertébrés non-arthropodes possède d'importantes collections de conchyliologie, et notamment les collections historiques rassemblées par le français Benjamin Delessert et dont l'entièreté — quelque 150 000 spécimens — est léguée à l'institution par ses héritiers en 1869. Elles contiennent notamment la collection de Jean-Baptiste de Lamarck qui inclut les nombreux types décrits dans son Histoire naturelle des animaux sans vertèbres, celle de Christian Hee Hwass qui est étudiée dans l'Encyclopédie méthodique et celle de Constant A. France Récluz[12],[13]. Les mollusques rassemblent aussi les collections de Jules René Bourguignat, de Maurice Bedot et Camille Pictet[11], de Pierre Marie Arthur Morelet et de Moïse Étienne Moricand[11]. Ce département héberge les protistes d'Eugène Penard[11]. Les collections de parasitologie sont également importantes, avec plusieurs groupes d'helminthes bien représentés[11],[14]. En 2006, elles comptent plus de 30 000 préparations comprenant près d'un quart des types de cestodes décrits. Elles se classent donc parmi les plus importantes au monde, et sont activement enrichies et étudiées par les chercheurs du muséum[15].

L'un des syntypes d'Acromyrmex subterraneus (Forel, 1893), de la collection d'Auguste Forel, photographié par AntWeb.

Les collections entomologiques rassemblent des collections importantes de coléoptères et hyménoptères[14], comprenant notamment celle d'importance mondiale du myrmécologue Auguste Forel qui contient 3 000 types de fourmis[14]. Parmi les autres collections historiques, se trouvent les hyménoptères et diptères de Louis Jurine, les aculéates d'Henri de Saussure[11]. Ce dernier travaille également intensément sur les orthoptères, en plus des hyménoptères, mais publie aussi quelques contributions à l'étude des myriapodes et crustacés, entre autres. Il entretient un réseau de contacts avec des chercheurs du reste du monde, de sorte que de nombreux types décrits par des entomologistes de renom comme Josef Redtenbacher et Karl Brunner von Wattenwyl finissent dans les collections de l'institution[16]. Au XIXe siècle toujours, François Jules Pictet de La Rive a grandement contribué à agrandir les collections d'entomologie par son propre travail et par l'acquisition de petites ou grandes collections. Parmi ses travaux notables sur ce matériel comptent plusieurs monographies sur les trichoptères, les plecoptères et les éphémères[16]. Les collections de coléoptères connaissent un premier développement important en 1871, avec l'acquisition de 370 boîtes d'André Melly[16]. En 2011, les seuls coléoptères comptent 50 000 espèces et plus de deux millions de spécimens. La faune cavernicole est bien représentée, ainsi que la faune humicole. Les staphylins (notamment les Pselaphinae) représentent un groupe très étudié, et incluent les collections de Georg Benick[11], Gustav Lohse, Rudolf Petrovitz[16]. Les collections de papillons contiennent celles de Jean Romieux, Jacques-Louis Reverdin et Jacques Plante[11]. Les collections d'orthoptères comprennent celles de l'allemand Kurt Harz, ainsi que plus de 100 000 spécimens du Paléarctique occidental légués par l'entomologiste Adolf Nadig en octobre 2001[17]. La collection de psocoptères, initiée par Charles Lienhard, est d'importance internationale[18]. Elle contient entre autres les spécimens types du genre Neotrogla, qui représente le seul exemple connu d'inversion des organes génitaux, avec des femelles dotés d'une sorte de pénis érectile et les mâles d'un équivalent de vagin[19],[20],[21] et qui vaut à Lienhard, ainsi qu'aux co-découvreurs de ces insectes, le prix Ig-Nobel de biologie en 2017[22].

Vertébrés[modifier | modifier le code]

Les collections historiques de vertébrés sont celles de Godefroy Lunel, Victor Fatio, François Jules Pictet de La Rive et Henri de Saussure. Le département d'herpétologie et ichtyologie possède également celles d'Émile Dottrens et de Villy Aellen concernant la faune locale, et d'Aellen et Jean-Luc Perret concernant l'herpétofaune d'Afrique et d'Amérique du Sud[11]. Les collections de mammalogie et d'ornithologie comprennent, en plus de la faune locale, de nombreuses collections d'Amérique du Sud, mais aussi d'Afrique et d'Asie du Sud-Est. Chez les mammifères, les chauves-souris sont un « groupe fétiche » de l'institution[11]. Parmi les pièces rares, le muséum possède l'unique plumage au monde de l'Émeu de Baudin (Dromaius novaehollandiae baudinianus), oiseau coureur aujourd'hui disparu[9].

Le département d'archéozoologie créé en 1982 regroupe une vaste collection de squelettes récents, qui sert de base de comparaison pour l'étude des relations passées entre les hommes et les animaux, mais également du matériel ancien provenant de fouilles archéologiques. Entre autres, ces collections comprennent du matériel légué par Jean-Pierre Jéquier, et des squelettes provenant des sites de Kerma (Soudan) ou Pétra (Jordanie)[11].

Sciences de la Terre[modifier | modifier le code]

La collection lithologique de Horace-Bénédict de Saussure, datant du XVIIIe siècle, est la plus ancienne collection historique de l'institution. Les collections de sciences de la Terre comprennent aussi celles de Louis Necker, qui s'intéresse à la minéralogie et à la géologie, et celles des géologues Jean André Deluc et Alphonse Favre. En paléontologie, le muséum héberge les collections historiques de François Jules Pictet de La Rive et de son collaborateur Aloïs Humbert, celles de Perceval de Loriol, d'Étienne Joukowsky et de Jules Favre[23].

Bibliothèque[modifier | modifier le code]

La bibliothèque du Muséum d'histoire naturelle de Genève trouve son origine en 1832, sur la proposition de François Jules Pictet de La Rive qui la dote d'une somme importante pour l'acquisition de livres[24]. Elle est avant tout spécialisée dans la littérature scientifique — zoologie et sciences de la Terre — mais comprend aussi des archives et des livres de vulgarisation. En 1970 elle compte quelque 30 000 livres, 80 000 tirés-à-part pour une valeur estimée à plus de cinq millions de francs[25]. En 2016, ses quatre kilomètres de rayonnage comptent entre autres 70 000 monographies, chiffre qui croît à raison de cinq-cent nouvelles acquisitions chaque année, une base de données de 200 000 tirés-à-parts et 4 000 ouvrages précieux[24]. Depuis les années 1980, la bibliothèque de l'institution abrite la collection de la société Nos Oiseaux ainsi qu'une importante collection consacrée aux chauves-souris[24],[26].

Recherche et collaborations[modifier | modifier le code]

Depuis les années 1970, le muséum emploie plus d'une centaine de personnes, de corps de métiers très variés : taxidermistes, menuisiers, dessinateurs, décorateurs, bibliothécaires et chercheurs. Il reçoit en outre des scientifiques de l'étranger venant d'institutions homologues pour travailler quelques semaines dans les collections d'histoire naturelle genevoises. Un certain nombre de scientifiques y travaillant donnent également des cours à l'Université de Genève[27],[28].

Recherche scientifique[modifier | modifier le code]

Holotype de Colilodion schulzi Yin & Cuccodoro, 2016, décrit en 2016 par un chercheur du muséum et un collègue chinois.

L'activité scientifique du muséum s'exprime par ses publications, qui paraissent dans les revues spécialisées[29]. En 2014, le Muséum de Genève est l'institution suisse qui a la plus grande production scientifique dans le domaine de la systématique[30]. Les chercheurs travaillant dans l'institution décrivent une cinquantaine de nouvelles espèces par année[10], mais leur recherche porte également sur l'établissement de phylogénies, sur des analyses biogéographiques et sur certains aspects de biologie de la conservation[30]. La recherche bénéficie ou a bénéficié du soutien du Fonds national suisse de la recherche scientifique, et de la collaboration avec l'Université de Genève. Une centaine de visiteurs scientifiques extérieurs à l'institution vient travailler dans ses collections chaque année[31].

Le muséum de Genève édite la Revue suisse de Zoologie, revue scientifique fondée en 1893 et publiant des travaux de recherche principalement en systématique[32], et la Revue de Paléobiologie, fondée en 1982[33]. Historiquement, il publiait la revue de chiroptérologie Le Rhinolophe, ou le bulletin Le Héron des jeunes de la société Nos Oiseaux. Il a également édité de nombreux catalogues et ouvrages faunistiques[31].

Centre chauves-souris[modifier | modifier le code]

Dirigé par le chiroptérologue Villy Aellen de 1969 à 1989, le muséum entretient un « projet spécifique d'excellence » concernant les chauves-souris et héberge le pôle romand du Centre de coordination pour l'étude et la protection des chauves-souris. Ce projet, initié en 1984, coordonne des actions de communication et d'éducation autour des chauves-souris, mais soutient également leur protection et la recherche scientifique[34]. En 1988, il bénéficie du soutien de différents services de protection de la nature dans plusieurs cantons et se décentralise en réseaux cantonaux gérés par deux centre régionaux, l'un alémanique, l'autre romand[35]. Chaque année des animations pour la Nuit européenne des chauves-souris sont organisées dans les murs de l'institution[36].

Expositions[modifier | modifier le code]

Animaux vivants[modifier | modifier le code]

Dès l'ouverture du bâtiment de Malagnou en 1966, un alligator d'Amérique donné au muséum en 1958, Ali, vit dans le bassin central du hall d'entrée du muséum[37]. Ses conditions de vie interpellent un temps les visiteurs, si bien que son cas est discuté au Conseil administratif de la ville, et que le spécialiste René E. Honegger, alors conservateur de l'aquarium-terrarium de Zurich vient expertiser son cas en 1983. L'animal, sauvé dans sa jeunesse d'un restaurant alors qu'il mesurait 80 centimètres semble heureux, bien nourri et dispose d'un espace largement suffisant[38]. Il reste dans le hall jusqu'à sa mort en 1990, à quarante ans. En 1992, il est remplacé par Maïcan, un caïman à lunettes, qui meurt deux ans plus tard et qui ne sera pas remplacé[39].

Dès l'ouverture, des terrariums et vivariums sont également présents dans le hall d'accueil[40]. Toujours présents en 2008 et accueillant des serpents exotiques[41], ils ont depuis disparu. En octobre 1975, le muséum réalise une exposition temporaire avec la collaboration de l'Aquarium et Terrarium-Club de Genève présentant des milliers de poissons vivants et une trentaine de terrariums regroupent une centaine de reptiles[42]. L'évasion d'un boa fait la une des journaux, trois semaines après sa disparition, ce qui ne décourage pas les visiteurs[43]. L'animal, mesurant 1,5 mètres, est retrouvé vivant non loin de son terrarium plus d'un mois plus tard[44].

En mars 1977, une colonie de fourmis champignonnistes du genre Atta et comptant près de 100 000 individus est présentée au public[45]. À son installation, elle est destinée à rester trois ou quatre ans avant de s'éteindre, mais onze ans plus tard, la fourmilière se porte mieux que jamais, bien que les Atta soient alors difficiles à garder en captivité[46],[47]. Malgré quelques fluctuations de populations, elle atteint les 300 000 individus en août 1983 grâce aux soins de Claude Besuchet[48], puis 360 000 individus en mai 1984[49]. Elle est donnée fin août 1984 au Musée des sciences naturelles de Lausanne où elle est prise en charge par le conservateur, l'entomologiste Daniel Cherix[50]. Une nouvelle fourmilière géante de fourmis Atta est présentée pour les 50 ans de l'institution en 2017[51].

La tortue à deux têtes Janus, mascotte du muséum, photographiée en 2008.
Article détaillé : Janus (tortue).

Le 3 septembre 1997, Janus, une tortue grecque bicéphale nommée en référence au dieu romain du même nom, naît dans les couveuses de l'institution et est également présentée au public[41]. En 2017, cette mascotte de l'institution fête ses 20 ans, un record de longévité pour une tortue à deux têtes[52].

Galeries publiques[modifier | modifier le code]

Les galeries d'exposition permanente représentent 8 500 m2 de surface[10]. Le rez-de-chaussée présente une exposition sur la faune régionale, ouverte dès l'inauguration du bâtiment de Malagnou, en 1966[6]. Le premier étage, accueillant mammifères et oiseaux exotiques, ouvre fin 1971[53]. Le deuxième étage, présentant poissons, batraciens et reptiles, est ouvert au public en juin 1973[53]. L'ouverture du deuxième étage se fait en deux étapes : les poissons, reptiles et amphibiens, sont accessibles dès juin 1974, et la seconde partie présentant les invertébrés en février 1975. L'inauguration de cette dernière est réalisée en présence des autorités et du directeur de l'époque, Villy Aellen. Plus de 2 500 animaux y sont alors présentés, ainsi que huit aquariums d'eau de mer présentant la faune de la Méditerranée et de l'Océan Indien[54],[55],[56]. Le requin-tigre du diorama est le moulage d'un spécimen commandé par Émile Dottrens, alors directeur du muséum, et capturé en mai 1960 par Adrian Conan Doyle, fils d'Arthur Conan Doyle, qui en relate la capture dans son roman Lone Dhow[57]. En octobre 1975, le muséum de Malagnou reçoit son millionième visiteur moins de neuf ans après son ouverture[58].

L'American Women's Club of Geneva donne deux squelettes de dinosaures au Muséum d'histoire naturelle le 19 février 1969, un allosaure de plus de 10 m et un camptosaure de près de 5 m de long, qui ne peuvent être exposés dans un premier temps en raison de leur taille[59]. En mars 1977, les squelettes de grands mammifères sont montés dans les galeries publiques du troisième étage, dédié à la géologie, la minéralogie et la paléontologie[60]. Début 1978, cet étage ferme pour trois ans : d'importantes transformations sont nécessaires afin de pouvoir présenter les deux squelettes de dinosaures offerts à l'institution neuf ans plus tôt. Dans le même temps, une cafétéria est aménagée au premier étage[61],[62]. La cafétéria est opérationnelle et le gros œuvre fini en octobre 1981, mais le matériel d'exposition n'est pas encore en place[63]. Le camptosaure est présenté monté à partir de mai 1985 — avec la tête dans le puits central — mais seul le crâne de l'allosaure est montré[64]. Les dinosaures pourront être présentés pour de bon avec les autres grands squelettes à partir de 1988[65].

Dans les années 2010, la fréquentation moyenne du Muséum est de 250 000 visiteurs par an, en faisant l'institution muséale la plus visitée du canton de Genève[10],[66].

Extérieur[modifier | modifier le code]

Le Muséum d'histoire naturelle de Genève est situé dans le parc de Malagnou, et plusieurs installations se sont succédé autour du bâtiment. En août 1982, plusieurs sculptures de bronze et de pierre sont installées sur l'esplanade : un héron de Robert Hainard placé dans le bassin d'eau jouxtant l'entrée publique, un guépard de Paul Bianchi, une chouette en vol et un tamanoir d'Yvan Larsen[67]. En 2014, le bassin est vidé et le héron cède la place à une sculpture contemporaine, constituée d'une colonne basaltique cerclée d'un anneau de bronze[68]. Une statue de taureau, sculptée en 1947 par Luc Jaggi et trônant auparavant devant l'abattoir de Genève, est placée sur l'esplanade du muséum en 1997. Enlevée en 2014, elle retrouve le parc l'année suivante après que des riverains ont manifesté leur attachement pour l'œuvre[69],[70]. Elle est vandalisée peu de temps après, ainsi qu'une statue de marmotte réalisée par Hainard[71].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Émile Dottrens, Le Muséum d'Histoire naturelle de Genève, Muséum d'histoire naturelle de Genève, , 16 p.
  • (fr) Villy Aellen, 150 ans du Muséum d'Histoire naturelle de Genève, Muséum d'histoire naturelle de Genève, 1970, 37 p.
  • (fr) Muséum d'histoire naturelle de Genève, Musées de Genève, vol. 335 : Naissance d'un musée, Département des affaires culturelles de la ville de Genève,
  • (fr) Muséum d'histoire naturelle de Genève, Le Muséum en 80 histoires, 2013, 80 p.
  • (fr) Muséum d'histoire naturelle de Genève, « Muséum Genève 2020 - projet scientifique et culturel », (consulté le 10 décembre 2016)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Le Muséum d'Histoire naturelle de Genève (1957), p. 2-4, chapitre « Court historique »
  2. a, b, c, d et e Naissance d'un musée (1995), p. 2-6, chapitre « Les origines du Muséum d'histoire naturelle » (par René Sigrist)
  3. « Le Musée d'histoire naturelle à Malagnou. Enfin nous l'aurons ! », Journal de Genève,‎ , p. 6 (lire en ligne)
  4. a et b « Genève inaugure les locaux du Muséum d'histoire naturelle », Gazette de Lausanne,‎ , p. 4 (lire en ligne)
  5. a, b et c Le Muséum en 80 histoires (2013), p. 77, « Le plus moderne »
  6. a et b G. Kohler, « Le Muséum d'histoire naturelle ouvre ses portes », Journal de Genève,‎ , p. 11 (lire en ligne)
  7. Le Muséum en 80 histoires (2013), p. 79, « Œuvre sans titre »
  8. « Muséum et Musée d'histoire des sciences », Ville de Genève (consulté le 19 décembre 2016)
  9. a, b et c Quentin Pilet, « Les trésors cachés du muséum », Le Courrier,‎ (lire en ligne)
  10. a, b, c et d Projet scientifique et culturel (2014), p. 15
  11. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Naissance d'un musée (1995), p. 7-19, chapitre « Collections et recherches actuelles »
  12. Alain de Chambrier, « Le capitaine Cook a-t-il vraiment collecté pour le Muséum ? », Musées de Genève, vol. 261,‎ , p. 7-10
  13. (en) Alan J. Kohn, Conus of the Southeastern United States and Caribbean, Princeton University Press, , 480 p., p. 131-132
  14. a, b et c Projet scientifique et culturel (2014), p. 39
  15. Jean Mariaux, « À la recherche de la biodiversité cachée », Hotspot, vol. 13 « Collections Biologiques Archives de la nature »,‎ , p. 15 (lire en ligne)
  16. a, b, c et d (en) Bernhard Merz, John Hollier et Peter Schwendinger, « The entomology collections of the Geneva Natural History Museum », Antenna, vol. 35, no 4,‎ , p. 163-168
  17. Charles Lienhard, « La collection d'orthoptères du Dr Adolf Nadig (Coire) », Le Carnet du Muséum, Muséum d'histoire naturelle, vol. 8,‎ , p. 8-10
  18. « Arthropoda Hexapoda (autres que mouches, abeilles, fourmis, papillons) », Muséum d'histoire naturelle de Genève (consulté le 15 septembre 2017)
  19. (en) Charles Lienhard, Thais Oliveira do Carmo et Rodrigo Lopes Ferreira, « A new genus of Sensitibillini from Brazilian caves (Psocodea: 'Psocoptera': Prionoglarididae) », Revue suisse de zoologie, vol. 117,‎ , p. 611–635 (ISSN 0035-418X, DOI 10.5962/bhl.part.117600)
  20. (en) Kazunori Yoshizawa, Rodrigo L. Ferreira, Yoshitaka Kamimura et Charles Lienhard, « Female penis, male vagina, and their correlated evolution in a cave insect », Current Biology, vol. 24, no 9,‎ , p. 1006–1010 (ISSN 0960-9822, DOI 10.1016/j.cub.2014.03.022)
  21. « Inversion sexuelle chez des insectes brésiliens », Le Temps, (consulté le 12 mars 2017)
  22. Vincent Tanguy, « Ig Nobel 2017 : fromage, didgeridoo et influence des crocodiles sur le jeu », Sciences et Avenir, (consulté le 15 septembre 2017)
  23. 150 ans du Muséum d'Histoire naturelle de Genève (1970), p. 11-18, chapitre « Les savants »
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