Musée international d'horlogerie
| Type | |
|---|---|
| Ouverture |
1974 |
| Site web |
| Collections |
|---|
| Architectes |
Pierre Zoelly (d), Georges-Jacques Haefeli |
|---|---|
| Protection |
Bien culturel suisse d'importance nationale (d) |
| Pays |
Suisse |
|---|---|
| Division administrative | |
| Commune | |
| Adresse |
Rue des Musées 29 CH-2301 La Chaux-de-Fonds |
| Coordonnées |
Le Musée international d'horlogerie (abrégé MIH) est un musée situé à La Chaux-de-Fonds, en Suisse. Il est consacré à l'horlogerie et à l'étude du temps et des instruments destinés à la mesure du temps[1],[2]. Le musée appartient et est géré par la ville même de La Chaux-de-Fonds et est classé comme bien culturel suisse d'importance nationale.
Introduction
[modifier | modifier le code]Historiquement, la ville de la Chaux-de-Fonds est considérée comme un des endroits les plus importants de l'industrie horlogère suisse et mondiale et abrite une des écoles d'horlogerie du pays[2]. Le musée est né de la collection d'étude de l'école et est aujourd'hui considéré comme un des musées d'horlogerie les plus importants au monde[2].
En 1865, l'École d'horlogerie de La Chaux-de-Fonds prit conscience de la nécessité de constituer une collection d'horloges anciennes[2]. Ce dessein aboutit, en 1902, à l'ouverture d'un petit musée dans le bâtiment de l'École[2]. En raison de son développement, le musée fut agrandi à trois reprises, en 1907, 1952 et 1967[2].
Au début des années 1960, une étude conduite pour la Ville par Georges-Henri Rivière, alors directeur du Conseil international des musées (ICOM), mit en évidence l'importance des collections et la nécessité d'un nouveau bâtiment pour les présenter[3],[4]. Quelques années plus tard, il apparut que les locaux n'étaient plus adaptés à une mise en valeur permanente et fonctionnelle de l'ensemble de la collection[2]. Aussi, la Commission du musée proposa à la Ville de La Chaux-de-Fonds la création d'une fondation dans le but de promouvoir la construction d'un nouvel édifice[2]. En 1967, la Ville créa la Fondation Maurice Favre afin de soutenir la collecte de fonds, et le nom « Musée international d'horlogerie » fut adopté en 1968[2],[3].
Inauguré en 1974, sous l'appellation Musée international d'horlogerie, celui-ci se caractérisait par une conception et des techniques à l'avant-garde de l'architecture et de la muséographie[2]. Quelques décennies plus tard, le lieu reste aussi fascinant tant par sa construction que par ces œuvres.
Le MIH conserve une collection d'environ 10 000 objets et développe également des fonds d'archives et de documentation relatifs au temps et à la mesure du temps, afin de rendre compte d'un patrimoine considéré comme vivant[5],[6]. Dans ce contexte régional, les savoir-faire liés à la mécanique horlogère et à la mécanique d'art ont été inscrits en 2020 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'UNESCO (France et Suisse)[7].
Bâtiment
[modifier | modifier le code]Réalisée de 1972 à 1974, l'œuvre du zurichois Pierre Zoelly et du Chaux-de-Fonnier Georges-J. Haefeli occupe un volume souterrain de 20 000 m3, creusé dans le flanc d'un parc[2]. La structure en béton épousant la déclivité du site a engendré un aménagement souterrain à trois niveaux qui correspondent aux principales zones du musée : la salle réservée aux expositions temporaires et aux assemblées, la salle destinée aux œuvres de l'époque ancienne, la salle consacrée aux techniques de fabrication et de décoration ainsi qu'aux pièces du vingtième siècle.
Les surfaces ouvertes les unes sur les autres forment un espace subtilement découpé non seulement par le jeu des niveaux mais aussi par celui des éclairages accentué par la lumière naturelle. En effet le musée s'ouvre sur l'extérieur par les larges vitrages de l'entrée, de la galerie astronomique et des ateliers de restauration. Ces vitres, comme celles du pavillon administratif et de la galerie du beffroi, sont intégrées dans des murs et avant-toits de forme incurvée surgissant avec force dans le parc.
Le travail des deux architectes fut récompensé par le Prix de l'architecture béton 1977[2]. Cette distinction fut suivie, en 1978, par le Prix européen du musée de l'année 1977 qui rendit notamment hommage à l'œuvre des muséographes Serge Tcherdyne, Pierre Bataillard et Mario Galloponi[2]. Élégance des matériaux, poésie de l'atmosphère, sobriété de la présentation caractérisent l'aménagement intérieur. Les éclairages indirects mettent en valeur les jeux de perspective. Les vitrines sphériques et cylindriques, dont la forme répond à la rondeur des cadrans, n'obstruent pas l'espace.
Le bâtiment du Musée international d’horlogerie est notamment décrit comme un témoignage de l’architecture muséale suisse des années 1970, pour son intégration au parc et son usage du béton brut[8],[9]. L’implantation majoritairement souterraine visait à préserver le parc existant tout en offrant des volumes d’exposition continus et modulables, adaptés à la présentation d’objets sensibles à la lumière[9].
L’architecture du musée fait partie intégrante de l’expérience muséographique, la circulation fluide entre les espaces et les variations de niveaux accompagnant un parcours chronologique et thématique consacré à la mesure du temps[10].
Carillon
[modifier | modifier le code]Un carillon monumental, œuvre d'Onelio Vignando (1980), est installé sur le parvis du musée. Conçu comme une œuvre animée associant sonnerie, mouvements d'éléments mobiles, ambiance sonore et jeu de lumières, il s'inscrit dans la volonté initiale de faire du parvis un lieu vivant et un point de rencontre dans le parc[11],[12]. La notice patrimoniale décrit une structure de 14 m de long pour 9 m de haut, reposant sur des tubes d’acier inoxydable, pilotée par une horloge-mère et rythmée par une « animation complexe » à intervalles réguliers[12].
Collections
[modifier | modifier le code]Les collections du Musée international d'horlogerie comprennent horloges de gros et moyen volume, montres mécaniques et électroniques, chronomètres de marine et de bord, instruments de mesure non mécaniques, automates, œuvres peintes[1],[6].
La collection, forte d'environ 10 000 objets, comprend aussi des outils, machines et objets industriels représentatifs du patrimoine horloger régional, et le musée développe en parallèle des archives et documents historiques relatifs au temps afin d'éclairer l'histoire technique mais aussi artistique, sociale et économique de l'horlogerie[6],[5]. Une partie des collections est exposée de manière permanente, avec un ensemble annoncé de plus de 4 500 pièces (dont environ 2 700 montres et 700 horloges) selon Suisse Tourisme[13].
Parmi les grandes pièces de l'exposition, on peut en particulier voir[14] :
- Une des rares reconstructions de l'Astrarium de Giovanni Dondi dont le mouvement imaginé au XIVe siècle déjà comprend un mécanisme montrant les mouvements du soleil, de la lune et des planètes ;
- Une rétrospective complète de l'histoire de la Pendule neuchâteloise ;
- Plusieurs horloges des maîtres Breguet, Janvier, Le Roy, Robin, etc. ;
- Un des premiers chronomètres de marine fabriqué par Ferdinand Berthoud ;
- Une collection d'appareillages anciens permettant de fabriquer des pièces et composants pour l'horlogerie ;
- Une pendule à musique de Pierre Jaquet-Droz ;
- Une collection de Pendules de fabricants comme Strasser & Rhodes, Sigmund Riefler, Zenith et Fedchenko ;
- Des horloges de clocher et des horloges comtoises issues de Franche-Comté ;
- La première montre de poche attestée étanche de West End Watch Co. appelée « L'Imperméable » ;
- La montre dite La Prolétaire de Georges-Frédéric Roskopf
- Des automates, entre-autres de Pierre Jaquet-Droz
- Trois fresques monumentales de Hans Erni, La conquête du temps, exécutées en 1958 pour le Pavillon suisse de l'Exposition universelle de Bruxelles[15]
Exposition permanente
[modifier | modifier le code]L'exposition permanente présente un parcours consacré à la mesure du temps, articulé autour d'une approche à la fois chronologique et thématique, des origines aux développements contemporains[14]. Elle met en scène des objets, instruments et dispositifs liés à l'horlogerie et à la mesure du temps, et propose également des dispositifs de médiation destinés à accompagner la compréhension des techniques et des usages[14].
L'Homme et le Temps
[modifier | modifier le code]« L'Homme et le Temps » est le titre d'une exposition permanente consacrée aux relations entre sociétés, cultures et mesure du temps, en lien avec l'histoire des instruments et de leurs usages[16]. Elle s'inscrit dans la mission du musée d'aborder la mesure du temps non seulement sous l'angle technique, mais aussi dans ses dimensions sociales et culturelles[16].
La conquête du temps de Hans Erni
[modifier | modifier le code]Ces œuvres ont été réalisées en 1958, sur commande de la Chambre Suisse d’Horlogerie, pour l’Exposition universelle de Bruxelles. Elles ornaient la section horlogère du Pavillon suisse. Sous le titre générique de la « Conquête du Temps ». Les fresques de la rangée supérieure illustrent la philosophie universelle du temps avec ses savants ; la rangée du bas, l’avènement et le développement de l’horlogerie à Genève et dans l’Arc jurassien. Les autres fresques réparties dans le musée évoquent la technique moderne[15].
Planétaire de Ducommun
[modifier | modifier le code]François Ducommun, La Chaux-de-Fonds, Planétaire, laiton, carton, bois, peinture à l'huile, 1816, D: 120 cm. 1816. Inv. V-12[17]
Ce planétaire présente le système solaire tel qu'il est connu au début du XIXe siècle. Le globe, peint des figures des constellations, contient le mécanisme en laiton formé de deux parties distinctes : le quantième et le planétaire. Un dessin révèle les calculs ardus de l'horloger chaux-de-fonnier François Ducommun pour mener à bien son entreprise. En plus des qualités techniques incontestables, ce Planétaire unique au monde présente un riche décor précis dû au peintre et graveur Charles Girardet[18].
L’automate turc buvant du café
[modifier | modifier le code]Francois Junod, Automate Turc buvant du café sur un tapis volant, don 2015[19]
Œuvre électro-mécanique contemporaine de premier ordre, ce Turc est le fruit de la rencontre d'un artisan de Sainte-Croix et du patron d'une entreprise de torréfaction de café de La Chaux-de-Fonds, cherchant à célébrer le centenaire de sa société en l'an 2000[19]. Le Turc assis sur un tapis ondulant est entièrement animé. Sur l'air de la célèbre Marche turque de Mozart, l'automate se sert une tasse de café et la déguste avant de retrouver la tranquillité. L'entier du mécanisme est actionné par un simple grain de café.
Centre de restauration en horlogerie ancienne (CRH)
[modifier | modifier le code]Les ateliers de restauration sont en partie visibles par les visiteurs. Le MIH y effectue des travaux de conservation-restauration pour les collections du musée et pour certaines pièces de particuliers choisies selon des critères très précis. Ces différents travaux sont régis par une éthique de restauration très stricte, s'appuyant notamment sur le résultat de colloques, discussions avec d'autres restaurateurs, expérience des possibilités de faire fonctionner une pièce sans altérer son aspect ou de la conserver sans l'idée du fonctionnement. Cette intervention consiste à conserver au maximum les pièces originales de la pendule ou de la montre, même si cela comporte quelques risques pour leur fonctionnement et même si la restauration est visible sur la pièce[20].
Le Centre de restauration en horlogerie ancienne joue également un rôle de référence scientifique et technique, notamment par la documentation systématique des interventions réalisées sur les pièces restaurées. Les restaurations sont menées selon des principes de réversibilité et de traçabilité, conformes aux standards internationaux de conservation du patrimoine[20].
Le CRH collabore ponctuellement avec des institutions patrimoniales et des spécialistes externes, et contribue à la transmission des savoir-faire liés à l’horlogerie ancienne par l’observation directe des ateliers accessibles au public[21].
Centre d'études L'Homme et le Temps (CET)
[modifier | modifier le code]Le Centre d'études L'Homme et le Temps est doté d'une bibliothèque comprenant non seulement des ouvrages anciens et actuels relatifs au temps, à sa mesure et à l’horlogerie en général, mais également de précieuses archives industrielles ou privées, des documents iconographiques, des dossiers de presse d’entreprises horlogères, des revues spécialisées, etc.[22] Les fonds d'archives du MIH sont accessibles au public sur demande. Ce centre organise aussi des colloques et conférences ouverts à un large public[22].
Le Musée international d'horlogerie publie régulièrement non seulement des catalogues d’exposition et des ouvrages de prestige, mais également des études historiques et techniques, des actes de colloques, des thèses et mémoires en relation avec le thème du Temps[22].
Le Centre d’études soutient la recherche académique en horlogerie, en histoire des sciences et en anthropologie du temps, et accueille régulièrement des chercheurs, étudiants et spécialistes suisses et internationaux. Les collections documentaires constituent un fonds de référence unique consacré à la mesure du temps sous ses dimensions techniques, culturelles et sociales[22].
Par son activité éditoriale et scientifique, le CET participe à la diffusion des connaissances produites autour des collections du musée et de l’histoire horlogère, en lien avec les expositions temporaires et les projets de recherche menés par l’institution[23].
Prix Gaïa
[modifier | modifier le code]Imposé sur la scène horlogère internationale comme « le Nobel » de l’horlogerie, ce prix est décerné chaque année[24]. C'est en 1993 que le Musée international d'horlogerie a créé le Prix Gaïa pour distinguer des personnalités qui ont contribué ou contribuent à la notoriété de l'horlogerie - de son histoire, de sa technique et de son industrie[24]. Le Prix Gaïa s'est imposé comme une distinction de référence dans le vaste domaine de la mesure du temps, qu'elle soit abordée par le regard de l'artisan, de l'industriel ou du chercheur. Unique en son genre, ce prix honore des femmes et des hommes dont les carrières sont dédiées à la mesure du temps[24].
Par la remise de cette distinction, le Musée international d'horlogerie souligne chaque année l'apport considérable et incontestable que ses lauréats ont procuré à l'horlogerie, à sa connaissance et à sa culture[24].
Les dossiers de candidature sont à envoyer jusqu’au de chaque année au Musée international d'horlogerie[25]. Un jury représentant les différents milieux de l'horlogerie et de la mesure du temps se réunit durant l'été[25]. La cérémonie de remise du Prix a lieu à l'équinoxe d'automne[25].
Le Prix Gaïa est largement reconnu dans le milieu horloger international et est fréquemment qualifié de « Nobel de l’horlogerie » par la presse spécialisée, en raison de son rayonnement et de la diversité des profils récompensés[26].
Les lauréats sont distingués dans trois catégories correspondant aux axes fondateurs du prix : artisanat et création, histoire et recherche, ainsi qu’esprit d’entreprise. La liste complète des lauréats est publiée et conservée par le Musée international d’horlogerie[27],[25].
Lauréats du Prix Gaïa (depuis 1993)
[modifier | modifier le code]| Année | Artisanat-création | Esprit d'entreprise | Histoire-recherche |
|---|---|---|---|
| 2025 | Roger W. Smith | Jean-Jacques Paolini | Helmut Crott[24] |
| 2024 | Jean-Pierre Hagmann | Jasmine Audemars | Caroline Rothauge |
| 2023 | Georges Brodbeck | Miguel Garcia | Hans Boeckh |
| 2022 | Laurent Barotte | Edouard Meylan | Nico de Rooij |
| 2021 | Carole Kasapi | Eric Klein | Anthony Turner |
| 2020 | Antoine Preziuso | Felix Baumgartner et Martin Frei | Denis Savoie |
| 2019 | Suzanne Rohr | Karl-Friedrich Scheufele | Laurent Tissot |
| 2018 | Paul Clémenti | Maximilian Büsser | Reinhard Meis |
| 2017 | Jean-Marc Wiederrecht | Richard Mille | Laurence Marti |
| 2016 | Vianney Halter | Giovanni Busca et Pascal Rochat | Roger Smith |
| 2015 | Anita Porchet | Giulio Papi | Jonathan Betts |
| 2014 | Kari Voutilainen | Henri Dubois | Pierre Thomann |
| 2013 | Andreas Strehler | Ernst Thomke | Günther Oestmann |
| 2012 | Eric Coudray | Franco Cologni | Francesco Garufo |
| 2011 | François Junod | Philippe Stern | Pierre-Yves Donzé |
| 2010 | Elmar Mock et Jacques Muller | Jean-Claude Biver | |
| 2009 | Beat Haldimann | Robert Greubel et Stephen Forsey | |
| 2008 | Nicolas Hayek | ||
| 2007 | Paul Gerber | ||
| 2006 | Luigi Pippa | John H. Leopold | |
| 2004 | André Beyner | ||
| 2003 | Anthony G. Randall | ||
| 2001 | George Daniels | Rolf Schnyder | Catherine Cardinal |
| 2000 | René Bannwart | Simone Bédat | Kathleen Pritschard |
| 1999 | Derek Pratt | Gabriel Feuvrier | Estelle Fallet |
| 1998 | Philippe Dufour | Luigi Macaluso | Yves Droz et Joseph Flores |
| 1997 | Richard Daners | Jean-Pierre Musy | Jean-Claude Sabrier |
| 1996 | Vincent Calabrese | Günter Blümlein | Jean-Luc Mayaud |
| 1995 | Michel Parmigiani | Antoine Simonin | Ludwig Oechslin |
| 1994 | François-Paul Journe | Anton Bally | François Mercier |
| 1993 | Jean-Claude Nicolet | André Margot | Henry Louis Belmont |
Bourse Horizon Gaïa
[modifier | modifier le code]Horizon Gaïa est une bourse d'encouragement mise au concours chaque année à destination de la relève dans les domaines de prédilection du prix Gaïa : artisanat / création - histoire / recherche - esprit d'entreprise[28].
La bourse finance, en principe, un projet individuel qui puisse se dérouler au maximum sur une année. Le délai de dépôt des candidatures est le même que celui des dossiers concourant au Prix, soit le de chaque année[28].
La bourse Horizon Gaïa vise à encourager l’émergence de nouvelles approches et projets liés à la mesure du temps, en offrant un soutien financier et institutionnel à des profils en début ou en milieu de carrière. Elle s’inscrit dans une démarche complémentaire au Prix Gaïa, orientée vers l’avenir de l’horlogerie et de ses disciplines connexes[28].
Montre MIH
[modifier | modifier le code]La Montre MIH est un garde-temps suisse créé en 2005 comme montre officielle du Musée International d’Horlogerie (MIH) de La Chaux-de-Fonds, en Suisse, destinée à financer des projets de restauration et de préservation du patrimoine horloger[29],[30].
Le concept est né sous l’impulsion de Ludwig Oechslin, alors conservateur du MIH, qui a imaginé une montre à calendrier annuel innovant, conçue pour être à la fois techniquement intéressante et accessible[29]. Paul Gerber, maître-horloger indépendant, a participé à l’adaptation et à l’industrialisation du mouvement, et Christian Gafner a assuré le design externe du modèle[30]. Le détaillant suisse EMBASSY a assuré la commercialisation et la distribution de ce garde-temps[29].
Le modèle original se caractérise par un mouvement chronographe monopoussoir modifié intégrant un calendrier annuel, fonctionnant avec seulement neuf composants supplémentaires par rapport à la base du Valjoux 7750, ce qui représente une approche mécanique minimaliste et ingénieuse[29],[31]. L’affichage combine heures, minutes, chronographe et indication AM/PM, avec la petite indication des minutes du chronographe parfois visible au dos de la montre[32].
La production était limitée, réalisée annuellement en petites quantités, et une part des revenus de la vente était affectée au financement de la restauration d’objets majeurs de la collection du musée, comme l’horloge astronomique monumentale du mécanicien Daniel Vachey [30].
En 2019, le MIH a lancé une nouvelle édition de son garde-temps baptisée « MIH Gaïa – Série I », toujours dans l’esprit de soutenir les missions de l’institution et célébrer l’identité du musée[33].
La Série I est une série limitée à 200 exemplaires, équipée d’un mouvement mécanique à remontage automatique Sellita SW400-1 avec masse oscillante gravée au nom du musée, une réserve de marche d’environ 38 heures et une boîte en acier inoxydable de 39 mm. Le cadran principal est traité PVD, et l’ensemble est assemblé avec des composants réalisés par des artisans suisses, notamment un bracelet en cuir avec boucle gravée des coordonnées géographiques du MIH[33].
Ce modèle s'inscrit dans une démarche de valorisation du savoir-faire horloger local et de soutien direct à la préservation du patrimoine du musée, reproduisant un modèle de financement similaire à celui de la montre originale.
En 2021, le Musée international d’horlogerie a présenté la MIH Gaïa – Série II, conservant les caractéristiques techniques de la Série I, mais introduisant un cadran noir. Cette évolution s’inscrit dans la continuité du projet visant à soutenir les activités de conservation du musée[34],[35].
En 2024, deux nouvelles éditions ont été dévoilées. La MIH Gaïa – Série III propose un nouveau cadran bleu et une production limitée, tandis qu’une édition spéciale du 50e anniversaire du musée a été lancée en 50 exemplaires. Cette dernière se distingue par un cadran en argent guilloché à la main par Georges Brodbeck, lauréat du Prix Gaïa, chaque pièce présentant un décor unique[36],[37],[38],[39].
Programmation et médiation culturelle
[modifier | modifier le code]Chaque année, le MIH propose deux expositions temporaires : une grande exposition thématique mettant l'accent sur des aspects sociaux, économiques, culturels de l'horlogerie et de la mesure du temps ; et une autre consacrée aux acquisitions récentes[2]. Les dons et achats alors présentés sont l'occasion d'une découverte passionnante de l'enrichissement de la collection horlogère la plus significative au monde[2].
Chaque premier mercredi du mois (sauf janvier et août), pendant la pause de midi, un guide ou un conservateur du MIH fait découvrir aux visiteurs un aspect spécifique de la collection[2].
Chaque premier dimanche du mois, l'Association des Amis du MIH propose une visite guidée gratuite[40]. La visite guidée est offerte, l'entrée au musée est également gratuite d'octobre à mars, mais payante d'avril à septembre.
Le MIH s'engage aussi chaque année au mois de mai dans l'organisation de la Nuit et Journée des musées neuchâtelois : de multiples découvertes et des visites inédites de la collection sont préparés par l'équipe du musée.
Au mois de novembre de chaque année, une cinquantaine de marchands-horlogers, antiquaires et collectionneurs se retrouvent pour la Bourse suisse d'horlogerie organisé au MIH[2]. Sont proposés à la vente montres, pendules, outillage, livres et objets divers en relation avec l'horlogerie.
De nombreux ateliers destinés aux jeunes publics, entre 4 et 12 ans, offrent une occupation ludique et pédagogique. Ils sont organisés en tout temps, sur demande préalable auprès du secrétariat du musée. Les thèmes abordés sont la clepsydre, le cadran solaire, la pile Volta, l'émaillage ou encore le montage et démontage de montres[2].
Les Amis MIH
[modifier | modifier le code]L'association des amisMIH regroupe des personnes et des entreprises désirant participer au rayonnement du Musée international d'horlogerie (MIH) et à l'accroissement de ses collections. Pour atteindre ces objectifs, des actions sont menées en concertation avec la Direction du MIH[40].
Créée le , jour de l'inauguration du carillon dans le parc du musée, la société des amis du Musée international d'horlogerie "amisMIH” contribue de manière exemplaire à l'enrichissement des collections[2]. Ainsi l'exposition des "Dons et Achats" permet de remercier chaque année les généreux donateurs de cette association.
Les amisMIH participent également à l'activité constante du musée : en plus des visites guidées gratuites les premiers dimanches du mois (voir plus haut), l'association organise des évènements conviviaux à l’attention de ses membres tels que les balades "À pas contés" au mois d'août. Chaque année, la publication "Le Carillon" réalisée par l'association relate les activités et les faits marquants du Musée international d'horlogerie ; envoyée à tous les membres, elle est un lien précieux entre l'institution et la société des amis[40].
L’association agit également comme relais entre le musée et ses publics, en favorisant la sensibilisation au patrimoine horloger et en soutenant des acquisitions destinées à enrichir les collections permanentes. Elle participe ainsi activement à la mission culturelle et patrimoniale du Musée international d’horlogerie[40].
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Gil Baillod, « Le rôle central du MIH », in watch around, n.012, automne 2011-hiver 2012, p. 72-75
- Nicole Bosshart, « Musée international d'horlogerie - La Chaux-de-Fonds », in Jacques Bujard et Laurent Tissot, Le pays de Neuchâtel et son patrimoine, Chézard-St-Martin, Éditions de la Chatière, 2008, p. 351-354 (ISBN 978-2-940239-16-0)
- Catherine Cardinal et Jean Michel Piguet, Catalogue d'œuvres choisies du Musée international d'horlogerie, La Chaux-de-Fonds, Institut l'homme et le temps, , 384 p. (ISBN 2-940088-10-1)
- André de Limoge, Collections du Musée International d'Horlogerie, La Chaux-de-Fonds, Suisse : Une sélection parmi 3100 objets, La Chaux-de-Fonds, Institut l'homme et le temps, , 151 p.
- François Mercier et Catherine Cardinal, Musées d'horlogerie - La Chaux-de-Fonds - Le Locle, Zurich, Institut suisse pour l'étude de l'art, , 128 p. (ISBN 3-908184-34-7)
Références
[modifier | modifier le code]- « Musée international d'horlogerie (MIH) », sur chaux-de-fonds.ch
- « Dossier de presse institutionnel (MIH) » [PDF]
- « Histoire », sur mih.ch
- ↑ « Le patrimoine technique comme mémoire vivante », sur reseau-patrimoine-culturel.ch
- « Accueil », sur mih.ch
- « Collections horlogères », sur mih.ch
- ↑ « Les savoir-faire en mécanique horlogère et mécanique d'art », sur ich.unesco.org
- ↑ « Brut. 50 ans d'un écrin monumental », sur actu.epfl.ch
- « Architecture du Musée international d’horlogerie », sur mih.ch
- ↑ « Musée international d’horlogerie – What to expect », sur Touring Switzerland
- ↑ « Carillon », sur mih.ch
- « Renouveler la tradition du carillon », sur imagesdupatrimoine.ch
- ↑ « Musée international d'horlogerie », sur myswitzerland.com
- « Exposition permanente », sur mih.ch
- « Hans Erni », sur mih.ch
- « L'Homme et le Temps », sur mih.ch
- ↑ « François Ducommun-dit-Boudry (objets associés) », sur collection.mih.ch
- ↑ « Planétaire (inv. V-12) – MIH collections », sur collection.mih.ch
- « Automate Turc buveur de café – MIH collections », sur collection.mih.ch
- « Centre de restauration », sur mih.ch
- ↑ « Musée international d’horlogerie », sur A Collected Man
- « Centre d’études », sur mih.ch
- ↑ « L’Homme et le Temps – exposition permanente », sur mih.ch
- « Prix Gaïa », sur mih.ch
- « Règlement du Prix Gaïa » [PDF]
- ↑ « The Gaia Prize – watchmaking’s Nobel », sur Swiss Watch Passport
- ↑ « Les lauréats », sur mih.ch
- « Horizon Gaïa », sur mih.ch
- (en-US) Roger Fischer, « MIH Watch - Embassy », (consulté le )
- (en-US) Brice Goulard, « Frank and his MIH Watch developed by Ludwig Oechslin and Paul Gerber », sur Monochrome Watches, (consulté le )
- ↑ (en-GB) « Gold Dust: The MIH Watch – A Purist’s delight, a Milestone and a Pacemaker of the rarest sort – the eclecticum » (consulté le )
- ↑ (en) « MIH Watch Annual Calendar Monopusher Chronograph (Pre-Owned) », sur Horology By The Sea (consulté le )
- « Montre MIH Gaïa I – Montre MIH Gaïa » (consulté le )
- ↑ « The MIH Gaïa Watch Series II », sur Watches by SJX
- ↑ « MIH Gaïa – Série II (noire) », sur montremih.ch
- ↑ « MIH Gaïa Série III », sur montremih.ch
- ↑ « MIH Gaïa 50e anniversaire », sur montremih.ch
- ↑ « Le MIH dévoile deux garde-temps Gaïa », sur Swiss Watch Passport
- ↑ « Le MIH dévoile deux garde-temps utiles », sur fhs.swiss
- « Association des amisMIH », sur amismih.ch
