Musée historique d'Abomey

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Palais royaux d'Abomey *
Logo du patrimoine mondial Patrimoine mondial de l'UNESCO
Abomey-Königspalast2.jpg
Coordonnées 7° 11′ 12″ N 1° 59′ 40″ E / 7.18666, 1.994387° 11′ 12″ Nord 1° 59′ 40″ Est / 7.18666, 1.99438  
Pays Drapeau du Bénin Bénin
Subdivision Zou
Type Culturel
Critères (iii) (iv)
Superficie 47 ha
Zone tampon 181 ha
Numéro
d’identification
323
Zone géographique Afrique **
Année d’inscription 1985 (9e session)
Année d’extension 2007 (31e session)
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

Le musée historique d’Abomey est un ensemble de palais royaux dont une partie contient l’un des plus prestigieux musées du Bénin. Le site de 47 hectares dont il fait partie est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis décembre 1985.

En effet, de même que les hiéroglyphes et les pyramides nous permettent de nous imaginer les pharaons d’Égypte que les cathédrales gothiques témoignent du Moyen Âge européen, de même les palais royaux d’Abomey et son musée nous offrent la possibilité de connaître le passé des monarques dahoméens, et les faits qui ont marqué leurs règnes.

Historique[modifier | modifier le code]

La tradition raconte que Tado, localité située près du fleuve Mono, non loin d’Aplahoué dans le sud-ouest du Bénin, mais en territoire aujourd’hui togolais, fut à l’époque où il n’existait pas de frontières en Afrique, le berceau des peuples du Sud-Danhomey et du Togo méridional.

Tado fut une cité royale d’où les descendants d’Agassou, fils de la princesse Aligbonon et d’une panthère mâle, et leurs partisans partirent en exil, après de profondes discordes, pour fonder plus tard le royaume d’Allada ou Ardra.

À la mort du chef de cette première migration, la succession fut difficile. Lassés des querelles de succession, deux des princes, Awesu et Dogbali, décident de s’exiler et de laisser le trône à leur frère Kokpon. Le premier remonta vers le Sud-est dans la région de l’actuelle Porto-Novo et fonda le royaume d’Ajacè (lire Adjatchè) : « mon territoire Adja ». Il prit le nom de Tê Agbanlin. Quant au second, Do-Gbagli, il vint s’installer au pays des Guédévi, précisément à Houawé, près de la ville actuelle de Bohicon. Do-Gbagli mort, son fils Dako prit la succession au détriment de l’aîné Ganyéhessou.

Mais Aho, surnommé Houégbadja, fils de Ganyéhessou, reprit le pouvoir et fonda le royaume d’Agbomè, où il bâtit son palais. Ses successeurs contribuèrent à tour de rôle à l’expansion des palais royaux qui, depuis le siècle dernier, s’étendent sur une superficie de 44 hectares.

En raison de sa structure organisationnelle, le royaume d’Agbomè enregistra des succès parfois très éclatants, mais aussi des échecs quelquefois très humiliants notamment avec les Nagots de Kétou et d’Oyo au Nigéria. Cependant le royaume d’Agbomè finit par s’imposer et sa fougue guerrière inspirait la terreur aux peuples voisins, même après la conquête du royaume par les troupes françaises.

Le palais de Simbodji, après l'incendie (gravure de 1895).

Les ambitions de conquête protectorale des Français aboutirent à la guerre de résistance contre les troupes d’Agbomè.

Le , le drapeau français fut hissé sur le point culminant du palais de Singbodji (maison à étage du roi Guézo). Devant l’adversaire victorieux, le ??? ordonna l’incendie général des palais pour leur éviter la profanation par des troupes françaises. C’est ainsi que de multiples richesses accumulées au fil des siècles disparurent en fumée.

Embarqué sur un bateau pour aller rencontrer le président français, Béhanzin fut détourné en Martinique et déporté, loin de la terre sacrée de ses ancêtres qu’il a, pendant tout son règne, défendu avec bravoure et intelligence.

Le prince Goutchili, son frère et général de l’armée de Danxomè pendant la guerre contre les troupes françaises, accepta de lui succéder pour sauver ce qui pouvait l’être encore de l’héritage ancestral. Goutchili fut intronisé roi du Danxomè par le gouvernement français le sous le nom fort de Agoli-Agbo.

Agoli-Agbo fut le premier restaurateur des Palais royaux d’Abomey. Cependant, après avoir été évincé du trône, Agoli-Agbo connut le même sort que son prédécesseur. Il fut à son tour exilé au Gabon.

Il faudra alors attendre l’administrateur Edmond Chaudoin en 1911 et surtout le gouverneur Reste, soutenu par le prince Justin Aho, petit-fils de Glèlè, pour connaître l’exécution d’importants travaux de restauration dans les palais de Guézo et de Glèlè. Un embryon de musée fut alors constitué. En 1938, le commandant du Cercle en était le conservateur officiel.

En 1943, le Gouvernement général de l’AOF (Afrique-Occidentale française) décida de confier les palais royaux et le Musée historique à l’Institut français d'Afrique noire (IFAN). Un arrêté datant de 1944 confirme la tutelle de l’IFAN et crée le Musée. L’IFAN fut remplacé, après l’indépendance nationale, par l'Institut des recherches appliquées du Dahomey (IRAD) créé le [1].

Collections[modifier | modifier le code]

Le musée historique d'Abomey abrite des témoignages du passé ; bien plus il reflète l’héritage historique et culturel du peuple Fon.

Il est remarquable par sa situation géographique et ses collections. En effet, les palais royaux furent autrefois la capitale du royaume. La ville d’Abomey est jalonnée de multiples temples de vodoun et palais de princes héritiers : palais de Kpengla et de Tegbessou à Adandokpodji, palais d’Agonglo de Guézo à Gbècon et palais de Glèlè à Djègbé palais de Béhanzin à Djimè, d’Agoli-Agbo à Gbindo etc.

Le musée historique d’Abomey couvre actuellement une superficie de 10 hectares. Il comprend deux départements : le plus ancien, qui existe depuis l’ouverture du musée en 1944, est installé dans les palais de Guézo et de Glèlè, le plus récent, situé au sud non loin du marché historique Houndjro date de 2004. Ce dernier, consacré exclusivement au roi Béhanzin, a pour particularité d’offrir aux visiteurs, d’une part la vie et les œuvres de ce roi, d’autre part sa dimension nationale et internationale.

L’exposition qu’abrite ce palais est conçue non pour en faire un musée de type classique, mais un centre d’interprétation.

Fréquentation[modifier | modifier le code]

Évolution de la fréquentation du Musée historique d'Abomey[2].



1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003
- - 10 659 15 048 16 663 21 370 22 013 29 152 21 191
2004 2005 2006 2007 - - - - -
21 373 22 004 22 410 23 269 - - - - -

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Répertoire des services de documentation, de bibliothèque et d'archives d'Afrique, UNESCO, Paris, 1977, p. 69
  2. Joubert et Vital 2008, p. 131

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Léonard Ahonon, « The living consecration of the history of the Kingdom of Abomey : the Musée historique d'Abomey », in Claude Daniel Ardouin (dir.), Museums and history in West Africa, Smithsonian Institution Press, Washington, DC ; James Currey, Oxford, 2000, p. 164-168
  • (en) Anne Ambouroué Avaro et Alain Godonou, « The revitalization of the Abomey History Museum and the Web », in Museum international (Paris), 53 (3), no 211, juillet-septembre 2001, p. 53-57
  • (en) Suzanne Preston Blier, « The Musée Historique in Abomey : art, politics, and the creation of an African museum », in Arte in Africa 2 : raccogliere, documentare, conservare, restaurare ed esporre le opere d'arte traditionale africana, Centro di studi di storia delle arti africane, Florence, 1991, p. 140-158
  • (en) Francesca Piqué et Leslie H. Rainer (et al.), « The Historic Museum of Abomey  », in Palace sculptures of Abomey : history told on walls, Getty Conservation Institute : J.Paul Getty Museum, Los Angeles, 1999, p. 94-103 (ISBN 0-89236-569-2)
  • Léandre R. Accalogoun, Palais et sites royaux d'Abomey : réflexions pour une réhabilitation des ouvrages de fortification, Imp. Grande Marque, Benin, 2003?, 72 p. (ISBN 978-99919-9993-7)
  • Étienne Codjovi Joseph Adandé, Les grandes tentures et les bas-reliefs du musée d'Agbome, Université nationale du Bénin, 1977 (mémoire de maîtrise d'Histoire)
  • Adolphe Pape Cissé Alitonou, « La nouvelle exposition permanente du Musée d'Abomey », in West African Museums Programme bulletin (Londres), no 8, 2000, p. 80-95
  • Marlène-Michèle Biton, L'art des bas-reliefs d'Abomey : Bénin-ex-Dahomey, L'Harmattan, Paris, Montréal, 2000, 202 p. (ISBN 2-7384-9445-5)
  • Arsène Dossou, « Que devient le Musée Historique d'Abomey après PREMA 92 ? », in Prema newsletter (Rome), no 4, 1994, p. 33
  • Hélène Joubert et Christophe Vital, Dieux, rois et peuples du Bénin : arts anciens du littoral aux savanes, Paris,‎ , 304 p. (ISBN 978-2-7572-0185-5), p. 143
  • Junzo Kawada (dir.), La restauration du Palais du Roi Gbèhanzin : Palais royaux d'Abomey : un bien du patrimoine mondial, Unesco, Paris ; CRATerre-ENSAG, Villefontaine, 2007, 28 p. (ISBN 2-906901-50-4)
  • Paul Mercier et Jacques Lombard, Guide du Musée d'Abomey, IFAN, Porto-Novo?, 1959, 40 p.
  • Th. Constant-Ernest d'Oliveira (et al.), La visite du Musée d'histoire d'Abomey, Abomey, 1970 (brochure)
  • (it) Roberta Cafuri, In scena la memoria : antropologia dei musei e dei siti storici del Bénin, L'Harmattan Italia, Turin, 2003, 139 p. (ISBN 9788888684178)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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