Musée de cire

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Un musée de cire est un musée qui expose des statues en cire représentant des personnes célèbres, qu'elles soient contemporaines, historiques, ou imaginaires, éventuellement dans des reconstitutions de scènes mémorables dont elles ont été les protagonistes.

Les musées de cire ont souvent une section spéciale regroupant les modèles les plus macabres, généralement dénommée chambre des horreurs.

Les deux plus célèbres musées de cire sont le Musée de Madame Tussaud à Londres, et le Musée Grévin à Paris.

En France[modifier | modifier le code]

Antoine Benoist[modifier | modifier le code]

Sous le règne de Louis XIV, Antoine Benoist (1629-1717) réalise des bustes en cire du roi, devient peintre ordinaire et premier sculpteur en cire du roi et ouvre un cabinet de cire à Paris, rue des Saints-Pères. Il y expose le "cercle de la cour" composé de figures de cire grandeur nature (avec entre autres : François VII de La Rochefoucauld, Madame de Maintenon, Madame de La Fayette, Bossuet, Jean Racine, Jean de La Fontaine, Nicolas Boileau). Il réalise aussi le cercle de la cour du roi d'Angleterre Jacques II en 1684. Jean de La Bruyère raille Benoist dans " Des jugements " car " Il s'enrichit à montrer des marionnettes dans un cercle ".

Curtius[modifier | modifier le code]

Curtius, mentor de Marie Grossholtz (épouse Tussaud) ouvre en 1762 à l'Hôtel d'Aligre, du 121 au 125 rue Saint-Honoré, un cabinet de figures de cire à Paris, déplacé en 1776 au Palais-Royal, 17 Galerie Montpensier. Il compte le tableau " la famille royale au Grand couvert à Versailles ". Il ouvre une annexe en 1782 au Boulevard Saint-Martin, transférée ensuite au Boulevard du Temple : la caverne des grands voleurs. Il meurt en 1794 et lègue une partie de son exposition à Marie Tussaud. La partie de l'exposition restée à Paris et gérée par François Tussaud, mari séparé de Marie Tussaud, ferme en 1847.

Musée français (Talrich)[modifier | modifier le code]

Situé sur le boulevard des Capucines, ce musée créé par le céroplaste et modeleur-anatomiste Jules Talrich connaît une existence éphémère entre 1866 et 1867.
Après s'être acquitté d'un franc d'entrée, le visiteur y découvre différents tableaux inspirés de la littérature (Don Quichotte et Sancho Panza, Renaud et Armide, Sara la baigneuse), de la mythologie (Hercule et Omphale) ou de l'histoire de l'anatomie (André Vésale, Guillaume Dupuytren). Au sous-sol, la « Chambre de la Question », représentant une scène de torture, sert d'introduction à un tour de magie, le Décapité parlant (visible moyennant un supplément de cinq francs).

Musée Oller[modifier | modifier le code]

Situé dans les sous-sols de l'Olympia à Paris (38, boulevard des Capucines), le musée, initié par Joseph Oller, a été ouvert de 1895 à 1900. Le musée Grévin a présenté des séances de cinématographe pour le concurrencer. Il présentait des scènes de la Révolution Française, de la Passion du Christ, des personnages historiques et contemporains et des scènes comiques.

Musée Grévin[modifier | modifier le code]

À l'initiative d'Arthur Meyer qui sollicite Alfred Grévin, Le musée Grévin ouvre en 1882 à Paris sur le boulevard Montmartre.

Des années 1970 à 1990, le musée Grévin a ouvert des succursales en province ; à Lourdes en 1974 (acheté en 1979, vendu en 1987), Tours en 1984 (fermé en 2005), La Rochelle en 1989 (fermé en 2002), Dijon en 1990 (fermé en 1995), au Mont Saint-Michel en 1991, Saint-Jean-de-Luz et Salon-de-Provence en 1992. En 1998, le groupe parc Astérix a acheté le musée Grévin, devenu le groupe Grévin & Cie, a vendu les musées de province. Seuls subsistent les musées de Lourdes, du Mont Saint-Michel et de Salon de Provence. Les figures de cire du musée Grévin de Tours ont été vendues aux enchères à l'hôtel Drouot le 15 février 2006 pour 225 000 €.

Musées de cire d'après-guerre[modifier | modifier le code]

Après 1945 de nombreux musées de cire ont ouvert. Beaucoup ont fermé dans les années 1990 et 2000. Quelques musées de cire indépendants subsistent, tel le musée du Saint Curé d'Ars (réalisé par le musée Grévin), le diorama Thérèse de Lisieux, le musée de cire de l'historial de Sainte-Anne-d'Auray, le musée de l'histoire et des traditions de Basse Bretagne de Perros-Guirec, le musée de cire de la Chaise-Dieu (réalisé par M. Crespin, architecte de théâtre du musée Grévin) ou le musée de juin 1944 (inauguré en 1953) de l'Aigle. Les musées de cire de Issoire (ouvert en 1965), le musée Jeanne-d'Arc de Rouen (1953-2012) les musées de cire de Saint-Malo (1947-1997), Granville, Aurillac, Trouville, Moulineaux (château de Robert le Diable), Saintes-Maries-de-la-Mer, Rocamadour (musée de Roland le Preux), Le Plessis-Brion, Loudun, Albi ou l'historial de Montmartre (1954-1991) ont fermé. Deux musées de cire contigus, le musée des martyrs de Paris (inspiré du London Dungeon) et le musée du rock'n'roll (inspiré du Rock Circus de Piccadilly Circus du Tussauds Group), ont ouvert en 1990 au Forum des Halles à Paris. Faute de visiteurs, ils ont fermé en 1993. Les musées de cire français (en dehors du musée Grévin) étaient (ou sont encore) sur des thèmes historiques (on parle aussi d'historial) ou religieux. Des figures de cire sont intégrés à des sites remarquables ou à des monuments historiques tel que le château d'Ussé, le château de Breteuil, le château de Vaux-le-Vicomte, le château de Langeais, le château de Chenonceau, la conciergerie ou l'abbaye Notre-Dame de Daoulas (transférées en 2010 au manoir de Kerandraou de Troguéry)[1]. Le château de Chavaniac, lieu de naissance du marquis de La Fayette, a ouvert un historial en 1974, fermé dans les années 1990 au profit d'une muséographie plus moderne[2].

Au Canada[modifier | modifier le code]

Le Musée Grévin Montréal est inauguré le .

Le Québec comptait deux musées de cire majeurs : Le musée historique canadien ou musée de cire de Montréal et le musée de cire de Québec. Les collections ont été cédées au musée de la civilisation de Québec et sont présentés ponctuellement dans le cadre d'expositions thématiques.

Le musée Grévin Montréal[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Musée Grévin Montréal.

Le musée historique canadien[modifier | modifier le code]

Ouvert en 1937, le musée historique canadien présentait d'anciennes scènes du musée Grévin de Paris comme les catacombes de Rome et les chrétiens jetés aux lions ainsi que des scènes originales sur l'histoire du Québec. Situé en face de l'Oratoire Saint Joseph il a fermé en 1989. Le musée de la civilisation s'est porté acquéreur de 200 figures de cire.

En 1955, Radio-Canada l'a visité en compagnie de son directeur, Gérard Lafortune[3].

Le musée de cire de Québec[modifier | modifier le code]

Ouvert en 1945, le musée était situé dans l'auberge Place d'armes au no 22 de la rue Sainte-Anne à Québec et comptait 16 scènes classées sous trois thématiques : Nouvelle-France, événements historiques du monde et culture populaire québécoise. Il a fermé en 2007. Le musée de la civilisation s'est porté acquéreur de 12 scènes et de 50 figures de cire dont Champlain, Madeleine de Verchères, Montcalm, Wolfe, Marie de l'Incarnation, Dollard des Ormeaux, Louis XVI, Christophe Colomb, les acteurs de la conférence de Québec en 1943 (Mackenzie King, Franklin Delano Roosevelt, Winston Churchill), René Lévesque et Émile Nelligan[4].

Le musée de cire Ville Marie de Josephine Tussaud[modifier | modifier le code]

Le musée de cire Ville Marie de Joséphine Tussaud (arrière arrière petite-fille de Marie Tussaud) a existé au no 1198 de la rue Sainte-Catherine Ouest (à l'intersection de la rue Drummond) à Montréal de 1964 à 1967. Comme les musées Louis Tussaud, le musée de Joséphine Tussaud de Montréal et ceux de Boston, Atlanta, Saint Petersburg (Floride), Phoenix, Virginia Beach, Tucson, Newport (Oregon), Victoria (Colombie Britannique) Niagara Falls ou Hot Springs - le seul qui subsiste - n'avait aucun rapport ni lien avec le Musée de Madame Tussaud à Londres ni avec le groupe Tussauds.

En 1965, les statues des Beatles ont été inaugurées par les Beatles eux-mêmes lors de leur visite au Canada.

Le Musée a confectionné une statue de cire et publié une carte postale en l'honneur du 500e but de Maurice Richard contre les Blackhawks de Chicago[5].

Le Musée La Salle puis le Musée Éden de Montréal[modifier | modifier le code]

Raymond Beullac, un statuaire, après avoir visité le musée Grévin à Paris et le musée de Madame Tussaud à Londres, a commandé 80 statues au musée parisien et ouvert au 1682-1684 rue Notre-Dame à Montréal, le musée La Salle le 22 décembre 1892. Il comptait 13 tableaux :

  • 1. découverte du Canada
  • 2. audience royale
  • 3. les découvreurs canadiens
  • 4. siège de Québec
  • 5. cathédrale de Québec en 1665
  • 6. départ de La Salle
  • 7. fondatrices d'institutions religieuses
  • 8. fondation de Montréal 1642
  • 9. mort de Montcalm 1759
  • 10. mort du Général Wolfe 1759
  • 11. visions de Jeanne d'Arc
  • 12. Jeanne d'Arc en prison
  • 13. Jeanne d'Arc au bûcher.

Le musée a fait faillite le 21 février 1894 et a fermé le 31 mai 1894[6], [7]. Il est racheté, rouvre le 21 avril 1894 et déménage le 9 juillet au Monument National pour devenir le Musée Eden. Des scènes criminelles, des moulages anatomiques et des phénomènes de foire s'ajoutent aux scènes historiques. Il a inspiré la série télévisé du même nom diffusée en 2010 sur Radio Canada. Le musée Eden à fermé en 1940.

En Belgique[modifier | modifier le code]

Musée de cire de Waterloo[modifier | modifier le code]

En Europe[modifier | modifier le code]

Museu de Cera de Barcelone[modifier | modifier le code]

Le musée de cire de Barcelone se trouve au Passage de la Banca nº 7, près des Ramblas. Il a été inauguré en 1973 et compte plus de trois cents statues qui représentent tant des personnages réels que de fiction.

National Wax Museum Plus à Dublin[modifier | modifier le code]

Le "National Wax Museum Plus" est le musée de cire de Dublin. Fermé en 2005, il a rouvert dans le quartier de Temple Bar. Il appartient aujourd'hui à Patrick Dunning. Depuis les années 1980, le musée a eu un nombre de visiteurs très bas et très peu de figures de cire étaient ajoutés, sauf celles des nouveaux présidents et premiers ministres de l'Irlande.

Panoptikum Hamburg[modifier | modifier le code]

Le Panoptikum de Hambourg est le musée de figures de cire le plus ancien et le plus grand d'Allemagne. Fondé en 1879 par Friedrich Hermann Färber sur le champ de foire du Reeperbahn entre l'Opéra et le théâtre Schmidt, il est toujours la propriété de famille Färber. Pendant la Deuxième Guerre Mondiale le bâtiment a brûlé après un bombardement. Avec 28 figures sauvées, le Panoptikum a rouvert en 1948 au même endroit. Le bâtiment d'aujourd'hui a été construit en 1961 dans le style des années 1950. Au début de 2007, une restauration a rendu son caractère à la vieille façade. Le Panoptikum présente des figures historiques, des célébrités internationales et des stars de Hambourg. Le musée compte plus de 130 figures de cire et un cabinet de cires anatomiques historiques. Le musée présente la statue de Uwe Seeler jeune (un champion de football de Hambourg).

Culture populaire[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Le musée de cire est au cœur de l'intrigue de plusieurs films d'horreur, dont :

Séries télévisées[modifier | modifier le code]

Ce thème fait également l'objet de plusieurs épisodes de séries télévisées, dont :

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]