Musée départemental Albert-Kahn

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Musée départemental Albert-Kahn
Azaleas at Albert Kahn Garden.jpg

Entrée du musée.

Informations générales
Ouverture
Surface
3,9 ha
Visiteurs par an
71 740 (2003)
86 869 (2004)
71 795 (2005)
70 147 (2006)
82 172 (2007)[1]
Site web
Collections
Collections
Jardins, photographies, films
Nombre d'objets
Jardin historique à scènes (japonaise, française, anglaise, forestière), fonds d'images « Archives de la Planète » 1909-1931 : 72 000 photographies couleur (procédé autochrome),
140 000 m (100 heures) de films noir et blanc et couleur, fonds annexes de photographies)
Bâtiment
Protection
Localisation
Pays
Commune
Adresse
14, rue du Port
92100 Boulogne-Billancourt
Coordonnées
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Le musée départemental Albert-Kahn est situé à Boulogne-Billancourt, dans le département des Hauts-de-Seine en France.

Visant à faire connaître et valoriser l'œuvre d'Albert Kahn, il se compose d'une galerie présentant, sous forme d'expositions temporaires, une partie des collections des « Archives de la Planète » constituées par Albert Kahn entre 1909 et 1931 (72 000 photographies couleur sur plaques autochromes, ce qui en fait la plus importante collection au monde de ce type, 140 000 mètres soit une centaine d'heures de film noir et blanc et couleur) et de jardins étendus sur près de quatre hectares qui font partie intégrante des collections du musée.

Depuis 2015, les jardins dans leur totalité, la maison d'Albert Kahn sur le quai du 4 Septembre, les pavillons japonais et le palmarium sont inscrits à l'inventaire des monuments historiques[2].

Les jardins d'Albert Kahn[modifier | modifier le code]

Les jardins ont été créés par Albert Kahn sur des terrains acquis à partir de 1895. Jusqu'en 1910, il élabore sur 3,9 hectares un ensemble de jardins aux styles différents, dont l'ensemble forme un jardin de scènes, style de jardin caractéristique de la fin du XIXe siècle.

Albert Kahn croyait à la paix universelle. Pour appuyer son utopie, il crée un jardin fait de plusieurs jardins réconciliant les styles de chaque pays.

Le jardin japonais moderne par Fumiaki Takano.

Il se compose de :

  • un village japonais, créé en 1898, au retour du premier voyage au Japon d'Albert Kahn, par des jardiniers venus de ce pays (entre autres un maître jardinier « offert » par l’empereur). De son voyage au Japon en 1909, Albert Kahn rapporte en pièces détachées, deux maisons ainsi qu'un ensemble mobilier (pagode, torii, sōrintō, ponts, portes) et un pavillon de thé remplacé en 1967 par la société des maîtres de thé de l'école Urazenke de Kyoto (des cérémonies du thé y sont toujours pratiquées) ;
  • un jardin japonais moderne, qui a remplacé partiellement en 1990 le premier jardin, avec ses deux ponts de bois, sa montagne couverte d'azalées (évocation du mont Fuji) et ses berges de galets conçus par le paysagiste Fumiaki Takano. En hommage à Albert Kahn, F. Takano a organisé son jardin autour d'un cours d'eau qui évoque la vie et l'œuvre du banquier, de la naissance (cône de galets) à la mort (tourbillon inversé) ;
  • un jardin à la française, créé en 1895 par deux prestigieux paysagistes de l'époque : Henri et Achille Duchêne, il comprend un salon de verdure dont les parterres symétriques s'organisent devant les serres d'un jardin d'hiver et un verger ornemental, où des arbres fruitiers taillés (essentiellement des poiriers et des pommiers) sont associés à des rosiers anciens sur des parterres géométriques ;
  • un jardin anglais où des fabriques de jardins (un cottage, un pont de rocailles, un puits -unique vestige d'une laiterie détruite en 1952 dans un incendie) sont disposées sur le pourtour d'une vaste pelouse vallonnée où serpente une rivière. De très grands arbres présentent une large diversité d'essences (séquoïa, ginkgo, palmiers chanvres, tulipiers de Virginie, etc.) témoignent du goût d'Albert Kahn pour la richesse végétale ;
  • une forêt vosgienne rappelle au banquier les paysages de son enfance. L'ensemble planté de pins et d'épicéa, reconstitue sur 3 000 m2 le versant lorrain du massif des Vosges parsemé de rochers de granit, tandis que le versant alsacien des Vosges s'organise autour d'une combe parsemée de quartiers de grès. Cette partie du site a beaucoup souffert de la tempête de 1999 et a bénéficié d'une restauration exemplaire ;
  • une « forêt bleue » présente un ensemble de cèdres de l'Atlas et d'épicéas du Colorado dont les aiguilles forment un écran végétal gris-bleu où contrastent au printemps des fleurs d'azalées et de rhododendrons. L'ensemble évoque un tableau végétal dédié à la couleur au centre duquel un marais, double plan d'eau agrémenté de plantes aquatiques, permet des jeux de lumière ;
  • une forêt dorée et sa prairie d'herbes hautes mêlées de fleurs vivaces, sont plantés de bouleaux qui se parent de teintes dorées à l'automne.

Les jardins sont ouverts au public.

Lanterne dans la partie du jardin japonais traditionnel.

Le musée Albert-Kahn[modifier | modifier le code]

Après la faillite de la banque Kahn en 1932 à la suite de la crise de 1929, la propriété d'Albert Kahn est saisie en 1933. En 1936, elle est acquise, ainsi que les Archives de la Planète, par la préfecture de la Seine. En 1937, les jardins sont ouverts au public et les projections d'autochromes reprennent. Le département des Hauts-de-Seine, à la suite de sa création en 1968, devient propriétaire du site et des collections dont il est garant de la conservation. Le musée Albert-Kahn est aujourd'hui un service du conseil départemental des Hauts-de-Seine et le financement est intégralement départemental.

En , succédant à Mme Magné de Lalonde, Jeanne Beausoleil est nommée responsable des collections d'images. Elle constitue sa propre équipe de chercheurs et de techniciens et entame un important travail de recherches historiques sur la personnalité du banquier philanthrope, mais également de restauration des films et des plaques photographiques. Cette action lui vaut d'être nommée directrice conservateur territorial du Patrimoine puis conservateur en chef des collections Albert-Kahn. Elle porte enfin à la connaissance du public les divers aspects de l'œuvre d'Albert Kahn en créant des expositions thématiques permanentes et temporaires, en France et à l'étranger et par la publication de nombreux ouvrages. En 1986, l'établissement devient juridiquement un musée. Depuis la loi no 2002-5 du « relative aux musées de France », le musée est labellisé « musée de France ». En 1990, une galerie d'exposition de 650 m2 y est ouverte.

Jeanne Beausoleil quitte ses fonctions fin 2003, remplacée par l'historien Gilles Baud-Berthier, puis en 2011 par l'ethnologue Valérie Perlès, conservateur du patrimoine-directrice.

Chaque année, des expositions temporaires sont organisées. Celles-ci ont pu aborder un pays, une région ou une ville : le Japon (à deux reprises), l'Italie, la Normandie, l'Auvergne, la Grèce (le Mont-Athos puis Thessalonique), la Suède, l'Irlande, le Maghreb, l'Inde, la Bretagne, la Mongolie ; mais également traiter d'une question plus transversale comme les multiples facettes de l'œuvre philanthropique d'Albert Kahn, le centenaire de la photographie en couleur ou un thème plus particulier comme les jardins de ville privés, le jardin du lettré en Chine du Sud, l'état actuel des recherches sur Albert Kahn (2013-2016). Parallèlement, un festival de photographie contemporaine intitulé « Allers Retours » s'y déroule régulièrement depuis 2012, visant à mettre en perspective l'œuvre d'Albert Kahn au regard d'enquêtes photographiques sur des problématiques contemporaines[3].

Panorama du jardin japonais moderne.

Le musée a reçu 113 566 visiteurs en 2010 selon l'office du tourisme du département des Hauts-de-Seine. C'est le site le plus visité du département.

Depuis , de grands travaux sont entrepris sous la direction de l'architecte Kengo Kuma, pour la construction d'un bâtiment d'exposition et la rénovation des bâtiments existants, permettant l'accès au public à un parcours permanent dans le courant 2018. Dans le même temps, la collection des Archives de la Planète est accessible en ligne sur le portail Collections[4].

Ouvrage édité[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie sélective (par ordre chronologique de publication)[modifier | modifier le code]

  • Jean Brunhes - Autour du Monde, Musée Albert-Kahn, 1993.
  • Albert Kahn-Réalités d'une utopie, sous la direction de Jeanne Beausoleil et de Pascal Ory. Musée Albert-Kahn, 1995.
  • Jardins-rébus, Érik Bullot, Actes Sud, 1999. (ISBN 978-2-7427-2322-5)
  • Albert Kahn, Henri Bergson. Correspondances. Commentées par Sophie Cœuré et Frédéric Worms, 155 p. Coédition : Desmaret / Musée départemental Albert-Kahn, Jeanne Beausoleil et Xavier Truti. Paris, 2003. (ISBN 978-2913675117)
  • Les jardins Albert-Kahn, J. Beausoleil, J. de Givry, G. Baud-Berthier, M. Farris, C. Lemoing. Collection « L'esprit des lieux », édition JDG Publications, DG Publications, 2004. (résumé).
  • Albert Kahn, singulier et pluriel, Editions Liénart, 2015
  • À la recherche d'Albert Kahn, inventaire avant travaux, printemps 2015.

Audiovisuel[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]