Musée Spitzner

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Le musée Spitzner est un musée anatomique créé en 1856 par le docteur Pierre Spitzner, français d'origine alsacienne (1813–1894) et présentant des moulages en cire de corps humains ainsi que des monstruosités. Ce musée est devenu par après une attraction foraine de curiosités médicales.

Histoire[modifier | modifier le code]

Pierre Spitzner achète les quatre-vingt pièces de la collection de cires de Guillaume Dupuytren, chef de travaux de 1799 à 1801 au musée Rouvière, alors entreposée au cloître des Cordeliers, en face de la Faculté de médecine. Grâce à ces pièces, Pierre Spitzner ouvre en 1856 à Paris son "Athaeneum, Muséum anatomique et ethnologique" dans le pavillon de la Ruche, place du Château d'eau (actuellement place de la République). La finalité première du musée était de présenter les secrets du corps humain et aussi de visualiser les maladies que tous pouvaient contracter, notamment les maladies vénériennes. Il complète sa collection par les premières autopsies réalisées dans les hôpitaux. Afin de renouveler et compléter sa collection, Spitzner commande de nouveaux modèles anatomiques à des cérisculpteurs, dont Baretta, Zeiler, Tramond, Vasseur, Talrich, Jurnelin ainsi qu'à des préparateurs des Hôpitaux de Paris. Le développement de la syphilis lui donne l'idée de créer une section complémentaire d'« Hygiène sociale » principalement destinée aux militaires dans une optique d'action de prévention.

En 1885, un incendie détruit l'espace d'exposition et, expulsé, il devient forain et sillonne avec sa collection les champs de foire de Belgique, Pays-Bas, Allemagne et Angleterre. À la mort du docteur, survenue en 1896, sa femme Désirée continue de sillonner les villes de Belgique avec son attraction. Elle meurt en 1939, mais les héritiers continuent d'exploiter le "musée" jusqu'en 1950, et remisent la collection dans un hangar près de Bruxelles, ce type d'attraction n'étant plus au goût du public.

La collection est retrouvée en 1970 par la journaliste Margo Bruynoghe qui monte une exposition à Ixelles la même année, à Paris en 1980, à la Maison de la Communauté belge et au festival d'Avignon en 1983. L'ensemble de la collection, forte de 350 cires, est ensuite mise aux enchères chez Drouot, achetée par les laboratoires Roussel-UCLAF et, par après, offerte à la Société anatomique de Paris.

À partir de 1997, la collection est exposée à Paris au Musée d'anatomie Delmas-Orfila-Rouvière. Elle est ensuite transférée à Montpellier avec le reste des collections du musée en 2011.

Dans les arts[modifier | modifier le code]

(nl) De schilder Paul Delvaux Weeknummer 73-32, vidéo où la toile Le Musée Spitzner (1943) est visible.

Au début des années 1930, le peintre belge Paul Delvaux trouve son inspiration dans ses visites à la Foire du Midi de Bruxelles, où le musée Spitzner présentait en devanture des squelettes et une Vénus mécanique dans une embrasure encadrée de rideaux de velours rouge. Ce spectacle captive Delvaux, lui fournissant des motifs qui apparaissent dans ses toiles et ses dessins tout au long de son travail ultérieur[1].

Delvaux a immortalisé le musée dans une toile intitulée Le Musée Spitzner (collection Communaute francaise de Belgique, 1943) et précédemment dans un dessin du même intitulé (1933)[2].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Spitzner ; L Dekaesmaeker, Grand musée anatomique anthropologique et ethnographique du Dr. P. Spitzner : sciences, arts, progrès, [Paris] : [Dr. P. Spitzner], [ca 1896], catalogue

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Marc Rombaut, Paul Delvaux, New York : Rizzoli, 1990 (ISBN 0-8478-1201-4), p. 28-29
  2. Les monstruosités du fameux docteur P. Spitzner (1813 – 1894), sur le site de la Fondation Collectiana

Liens externes[modifier | modifier le code]