Musée Patek Philippe

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Patek Philippe Museum
Patek Philippe Museum.JPG

Musée Patek Philippe

Informations générales
Ouverture
Site web
Collections
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Nombre d'objets
plus de 2 000
Localisation
Pays
Commune
Adresse
7 rue des Vieux-Grenadiers
1205 Genève
Coordonnées
Localisation sur la carte de Suisse
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Le Musée Patek Philippe est un musée privé d'horlogerie à Genève. Il a été fondé par la direction de la société Patek Philippe.

Histoire du musée[modifier | modifier le code]

En 1989, la maison Patek Philippe fête son 150e anniversaire en présentant au Musée de l'horlogerie et de l'émaillerie de Genève une collection de plus de 500 montres créées par la manufacture. Devant le succès rencontré par cette exposition, Philippe Stern (président de Patek Philippe) et son épouse Gerdi prennent la décision de lui consacrer un musée.

Bâtiment[modifier | modifier le code]

Situé aux abords de la plaine de Plainpalais, ce bâtiment érigé par William Henssler est d'emblée destiné à l'horlogerie et à l'orfèvrerie par son premier propriétaire, la firme Heller & Son, avant d'être racheté, d'abord par la firme Ponti & Gennari, puis par Piaget qui l'occupe de 1967 à 1977. Il est ensuite occupé par une fabrique de bracelets et de boîtiers de montres appartenant à Patek Philippe, la société Ateliers Réunis SA.

D'une ligne architecturale intermédiaire entre le modernisme et le classicisme, ses façades sont habillées de béton armé façonné comme des pierres. À l'intérieur, la cage d'escalier a été conservée, et le bâtiment a été réorganisé et agrandi pour accueillir les collections sur trois niveaux.

Collections[modifier | modifier le code]

Rez-de-chaussée[modifier | modifier le code]

Au rez-de-chaussée, en plus de l'accueil et de l'auditorium sont présentés les outils des différents métiers de l'horlogerie.

Premier étage[modifier | modifier le code]

Le premier étage est consacré à la collection Patek Philippe, de 1839 à 1989, comprenant :

  • des montres de poche ;
  • des montres bracelet ;
  • des montres à complications (quantième perpétuel, phases de la lune, carte céleste, etc.) ;
  • des montres commémoratives, et autres pendules dômes.

Deuxième étage[modifier | modifier le code]

Au deuxième étage se trouve la collection ancienne (XVIe-XIXe siècles) comprenant :

  • Des montres des XVIe, XVIIe, et XVIIIe siècles ;
  • Le salon des automates ;
  • Le salon des portraits en miniature ;
  • Les montres faites pour le marché chinois et pour le marché turc ;
  • Les montres de fantaisie.

Troisième étage[modifier | modifier le code]

Le troisième étage abrite la bibliothèque (4 000 ouvrages relatifs à l'horlogerie) ainsi que les archives de Patek Philippe retraçant l'histoire de l'établissement.

Horlogerie genevoise[modifier | modifier le code]

Après le massacre de la Saint-Barthélemy, le , tandis que le roi Charles IX ordonne le massacre des protestants, une partie de la population française, notamment de nombreux horlogers, se réfugie à Genève, contribuant à l'essor de l'horlogerie genevoise. Jean Calvin ayant interdit le port des bijoux, mais autorisé celui des montres, les orfèvres s'étaient reconvertis dans l'horlogerie.

Automates[modifier | modifier le code]

Dans les années 1780 se développe à Genève l'art de la miniaturisation des automates. Ainsi, de petits personnages, souvent des animaux, mus par de complexes systèmes agrémentent les montres et autres objets ; ces montres sont particulièrement appréciées en Orient. La tradition perdure jusque dans les années 1850 grâce à l'atelier Bruguier et à la maison Rochat.

Miniatures[modifier | modifier le code]

Jean Petitot (1607-1691) , Jean-Étienne Liotard (1702-1789) et Elisabeth Terroux (1759-1822) ont été de remarquables ambassadeurs du savoir-faire genevois quant aux miniatures sur émail qui ornent boîtes à musique, miroirs et montres.

Marché turc[modifier | modifier le code]

La première colonie d'horlogers genevois s'établit à Constantinople, dans le quartier de Galata, à la suite des Français qui s'y trouvent depuis le règne de François Ier. Parmi les horlogers genevois installés en Turquie, on trouve Isaac Rousseau, le père de Jean-Jacques Rousseau, régleur des pendules du palais de Topkapi (qui devait donner l'heure exacte des prières). Les montres destinées au marché turc avaient des décors discrètement exotiques comme des paysages ou des cartes locales.

Marché chinois[modifier | modifier le code]

À la cour de Constantinople, les horlogers genevois profitent de la présence des Anglais pour se faire représenter. En effet, les Anglais utilisent leurs relations diplomatiques pour exporter pendulettes et horloges de leur pays jusqu'en Orient. Le marché horloger ayant atteint une grande importance au XVIIIe siècle, les horlogers suisses organisent rapidement leur commerce directement avec la Chine et deviennent ainsi dès le XIXe siècle le premier fournisseur de montres de ce pays. Les objets fabriqués pour ce marché vont souvent par paire. Était-ce parce que les Chinois à l'époque avaient l'habitude d'offrir deux cadeaux identiques à la même personne ou parce que la distance était si grande et le voyage si long que si une montre était envoyée en réparation, en Suisse, le temps qu'elle revienne, l'autre pouvait être utilisée ?

Montres fantaisie[modifier | modifier le code]

Elles peuvent prendre toutes les formes possibles : couteaux, pistolets, instruments de musique, fruits, etc. Elles peuvent être rehaussées d'émail, de diamants ou d'or ciselé. Elles sont caractéristiques d'une mode qui a connu toute son ampleur à la fin du XVIIIe siècle et qui disparaît rapidement ensuite.

Pièces présentées[modifier | modifier le code]

  • une montre en forme de tambour, fabriquée en Allemagne en 1530-1540, dont il existe moins de douze exemplaires dans le monde ;
  • une montre en forme de croix de l'Ordre du Saint-Esprit signée par Abraham Cusin en 1633-1635 ;
  • 500 pièces anciennes signées des meilleurs horlogers et émailleurs genevois, dont des œuvres d'Elisabeth Terroux[1].
  • 1 000 montres signées Patek Philippe ;
  • 100 portraits miniature peints sur émail ;
  • 200 outils anciens.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Document sans-titre », sur www.watches-lexic.ch (consulté le 2 décembre 2015)

Sources[modifier | modifier le code]

  • Gabriel Tortella et Jean-Claude Pittard, Tribune des Arts de Genève, numéro spécial (non numéroté) consacré au musée, pp. 7–12-22-27 et suivantes