Musée L

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Musée L
Logo Musée L.png
Belgique - Louvain-la-Neuve - Bibliothèque des Sciences - 23.jpg
L'ancienne bibliothèque des Sciences
qui abrite le Musée L depuis 2017.
Informations générales
Ouverture
(réouverture)
Surface
3.820 m²
Site web
Collections
Nombre d'objets
± 32.000
Bâtiment
Architecte
Localisation
Pays
Région
Ville
Adresse
Place des Sciences
Louvain-la-Neuve
Coordonnées
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Le Musée L (ou Musée universitaire de Louvain) est un musée belge appartenant à l'université catholique de Louvain (UCLouvain) et situé dans l'ancienne bibliothèque des Sciences, à Louvain-la-Neuve, en Brabant wallon.

Il est le premier musée de grande taille qui rassemble le patrimoine d'une université belge et le présente au grand public[1],[2].

Historique[modifier | modifier le code]

Historique du musée[modifier | modifier le code]

Musée de Louvain-la-Neuve[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis, toutes les grandes universités ont leur musée, mais elles sont rares à être dans ce cas en Europe[3]. Dans ce contexte, Louvain-la-Neuve innove en 1979 grâce au professeur Ignace Vandevivere qui a convaincu les autorités académiques de construire un musée[3].

Le musée de l'Institut supérieur d'archéologie et d'histoire de l'art, dit « Musée de Louvain-la-Neuve », est inauguré le 22 novembre 1979 au sein de la Faculté de philosophie et lettres au Collège Érasme (no 1 place Blaise Pascal)[4],[5],[6].

Il est basé sur les collections de l'Institut supérieur d'archéologie et d'histoire de l'art, mais présente également des œuvres de Jo Delahaut ainsi que des sculptures de Félix Roulin présentées en plein air, dont les déchirures de métal laissent voir des bribes de corps humains[7].

Le musée est alors un des seuls musées universitaires de Belgique ouvert au public[5] et dispose d'un espace de 1000 m2 dans l'enceinte de la faculté de philo et lettres[6]. Il veut alors être un lieu de rencontres interdisciplinaires, un foyer de création pour les artistes contemporains ainsi qu'un espace d'animation et d'éducation[4].

En 1994, par décision du Conseil d'administration, le musée (géré par l'ASBL Musée Art Présent Passé) est détaché de la Faculté de philosophie et lettres et du Département d'archéologie et d'histoire de l'art pour devenir une entité de logistique scientifique générale[4].

Projets avortés de nouveau musée[modifier | modifier le code]

En 1990, le directeur du musée Ignace Vandevivere envisage de construire un nouveau musée sur les bords du lac de Louvain-la-Neuve et demande un projet à l'architecte japonais Risho Kurokawa[3],[6].

Mais le projet sombre en 1996 et cède la place vers 2000 à un projet plus modeste de musée à côté de l'Aula Magna, par Philippe Samyn[3],[6]. Ce musée de 4000 m2 aurait dû voir le jour en 2003[6] mais il n'est pas construit, contrairement à l'Aula Magna.

En 2006, un généreux mécène, Jean Peterbroeck, fondateur de la société de bourse Petercam et diplômé de l'Université catholique de Louvain, offre 10 millions d'euros pour la construction du nouveau musée[8]. En 2008, sur base d'un concours international auquel 38 projets sont présentés, c'est le projet du bureau américain Perkins+Will associé au bureau belge Émile Verhaegen qui est choisi[8]. Ce nouveau musée de 5000 m2 aurait été situé en contrebas de l'Aula Magna, avec une vue superbe sur le lac[8]. Cette construction basse énergie, toute en courbes afin d'épouser les contours du lac, aurait été dotée d'une toiture végétale inclinée[9]. L'UCL cherche alors des dons supplémentaires pour arriver à un budget total de 18 millions d'euros : elle obtient le permis d'urbanisme en octobre 2011 mais la famille Peterbroeck annonce alors le retrait de son don (retrait dans lequel la mort de Jean Peterbroeck en mai 2011 a sûrement joué un rôle)[8].

Musée L[modifier | modifier le code]

Logo du Musée L sur la façade de l'ancienne Bibliothèque des Sciences.

Ayant multiplié par quatre son patrimoine en trente ans[10], devenu trop étroit et manquant de visibilité[3],[11], le Musée de Louvain-la-Neuve devait trouver une solution après les projets avortés de 1996, de 2003 et de 2011.

En 2012, le recteur Bruno Delvaux explique que l'UCL s'est immédiatement attelée à chercher une autre solution après le coup de théâtre d'octobre 2011 : « Nous avons vite vu qu’on pouvait utiliser notre patrimoine, comme la KUL l'a fait, à la place Mgr Ladeuze avec sa bibliothèque, et l'université de Gand avec la tour Van de Velde, et le mettre en valeur »[12]. L'idée qui émerge alors est d'utiliser la bibliothèque des sciences et des technologies, à la place des Sciences, pour en faire le musée, et de déménager la bibliothèque vers le bâtiment Lavoisier[12]. C'est finalement le bâtiment Van Helmont, voisin du Lavoisier sur la place Pasteur, qui accueille la bibliothèque des sciences et des technologies, après une rénovation menée de 2013 à 2016[13].

L'ancienne bibliothèque des Sciences, édifice de style brutaliste édifié par l'architecte André Jacqmain en 1970-1975[14],[15], qui est depuis sa construction l'un des bâtiments les plus emblématiques de la ville universitaire, est entièrement rénovée de 2015 à 2017 pour accueillir le musée[16], avec l'accord d'André Jacqmain[12].

Les travaux de rénovation commencent en mai 2015[1] et durent deux ans et demi. Le projet coûte 10,4 millions d'euros : 7,4 millions pour la rénovation du bâtiment, 2,3 millions pour la scénographie (conçue par l'agence néerlandaise Kinkorn) et 0,7 million pour le réaménagement des abords du musée[1],[16],[11]. Le projet est financé par l'Université, par les pouvoirs publics (dont la province du Brabant wallon qui a apporté plus d'un million d'euros[2]) et par des mécènes (entreprises et privés)[1].

Le nouveau musée est baptisé « Musée L » : « L » comme « Louvain »[2] mais aussi « L » comme la forme de l'équerre ou comme les « ailes » qui s'ouvrent, selon Anne Querinjean, la directrice du musée[11] qui rappelle les colonnes et pilastres en forme de « L » ou d'équerre qui ornent la place des Sciences ainsi que les façade et l'intérieur de la Bibliothèque des Sciences.

Le Musée L est inauguré le 14 novembre 2017 en présence de la princesse Astrid, du bourgmestre Jean-Luc Roland, du recteur de l'UCLouvain Vincent Blondel et de ses trois prédécesseurs (Marcel Crochet, Bernard Coulie et Bruno Delvaux) ainsi que de nombreuses autorités locales, provinciales, régionales et fédérales[17].

Il est ouvert au public le 18 novembre 2017[16],[18].

Historique des collections[modifier | modifier le code]

L'historique des collections du musée peut se découper en trois temps[19].

En un premier temps, de 1835 aux années 1960, il n'est pas question d'un musée mais bien des collections des facultés de l'Université Catholique de Louvain, qui comprennent des œuvres de l'Antiquité classique et chrétienne, des moulages d'œuvres de l'Antiquité et du Moyen Âge, des collections zoologiques (cabinet de zoologie), des collections de minéraux et fossiles et des collections relatives à l'ethnologie du Congo belge[19],[4] :

  • 1864 : musée archéologique de Louvain créé par le chanoine Edmond Reusens (collection de moulages en plâtre reproduisant des œuvres d'art ancien de nos provinces) ;
  • 1905 : Ed. Remy rassemble les premiers objets d'archéologie grecque et romaine ;
  • 1909-1914 : constitution d'une collection d'archéologie pour la Faculté de théologie (musée biblique), d'une collection d'ethnographie africaine (ex-Congo belge) pour l'Institut de Commerce et d'une collection d'antiquités classiques ;
  • 1920-1935 : installation du musée d'art chrétien (moulages), du musée d'art classique (moulages) et du musée d'art égyptien et oriental (moulages et originaux) dans le bâtiment des Halles universitaires de Louvain.

En 1966, deux ans avant la scission de l'Université de Louvain en une aile francophone et une aile néerlandophone (« splitsing »), un legs important (le legs de l'industriel bruxellois Frans Van Hamme[4] composé de sculptures et de peintures du XIVe au XVIIIe siècle) stipule la création d'un musée[6].

Après la scission de l'université en 1968, apparaît le Musée de Louvain-la-Neuve, dont les collections s'enrichissent au fil du temps[4],[19] :

  • 1975 : donation abbé Adolphe Mignot (céramique grecque, étrusque et d'Italie méridionale) ;
  • 1986, 2004, 2005, 2008 et 2014 : donation Serge Goyens de Heusch (près de 2000 œuvres de peinture belge moderne et contemporaine auxquelles s'ajoute un fonds d'archives sur l'art en Belgique au XXe siècle[20]) ;
  • 1990 : legs du Dr. Charles Delsemme (œuvres de toutes époques et de toutes cultures) ;
  • 1994 : donation Eugène Rouir, fonds Suzanne Lenoir (plus de 1 500 estampes du XVe au XXe siècle) ;
  • 1996 - 2010 : donation N. et M. Boyadjian (art naïf et piété populaire) ;
  • 2002 : donation E. Meeus (dessins d'artistes belges contemporains) ;
  • legs Van Ooteghem[3] ;
  • dons d'artistes...

En un troisième temps, durant la période de transition entre Musée de Louvain-la-Neuve et Musée L, les collections s'enrichissent encore[19] :

  • 2013 : collection d'anthropologie clinique de C. et R. Steichen ;
  • 2015 : machine à calculer (don de L. De Brabandere).

Description[modifier | modifier le code]

Collections[modifier | modifier le code]

Sur une superficie de 3.830 m2 accessibles au public[18], le musée présente une exposition permanente de plus de 800 pièces[16], choisies parmi les 32.000 pièces que compte sa réserve[18] et qui sont issues des collections des professeurs de l'UCLouvain et d'importantes donations privées[1].

Les collections couvrent des domaines aussi variés que ceux de l'estampe (Dürer, Van Dyck, Goya, Rodin, Picasso...), de l'art belge du XXe siècle (Magritte, Alechinski[1]) et de la sculpture[10].

Mais le musée ne présente pas que des œuvres d'art : il présente également les collections scientifiques de l'UCLouvain, consistant en spécimens d'histoire naturelle, des objets archéologiques et ethnographiques ou encore des machines et inventions à vocation scientifique[1],[18],[21].

Les collections sont présentées « à travers cinq thèmes : s'étonner, se questionner, transmettre, s'émouvoir et contempler »[1].

Le musée présente par ailleurs des expositions temporaires et compte 1.200 m2 de réserves[1].

Laboratoire d'étude des œuvres d'art[modifier | modifier le code]

Le Laboratoire d'étude des œuvres d'art, fondé au début des années 1960 par le professeur Roger Van Schoute, a pour objectif principal l'étude de la collection des peintures de chevalet du musée afin d'améliorer leur connaissance associée, dans certains cas, avec des projets de conservation préventive[22].

Il propose également un service d'expertise aux personnes privées[22].

Infrastructures au service du public[modifier | modifier le code]

Les infrastructures du musée comportent également une bibliothèque, une salle pour séminaires, deux espaces pédagogiques, une librairie, un restaurant, un salon de thé et un espace pique-nique[1].

Un auditorium appelé Yves et Rainy du Monceau a été inauguré en mai 2018[20].

Le musée abrite des espaces d'ateliers qui permettent aux publics scolaires et autres d'exercer leur créativité[17].

Expositions[modifier | modifier le code]

  • 2019 : Images et illustrations au Japon d'Edo (1603 - 1868) (exemplaires de la collection de livres japonais anciens de la bibliothèque de l'UCLouvain)[23].

Associations[modifier | modifier le code]

Le musée de Louvain-la-Neuve est membre de plusieurs associations[4] :

  • Association francophone des musées de Belgique ;
  • Conseil international des musées ;
  • Comité international « University museums and collections » ;
  • ASBL « Musées et société en Wallonie » ;
  • Association internationale pour la conservation et promotion des moulages.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i et j Bulletin communal d'Ottignies-Louvain-la-Neuve, n° 209, octobre-novembre 2017, p. 27
  2. a b et c Point BW, journal d'information officiel de la Province du Brabant wallon, n°22, printemps 2017, p. 4
  3. a b c d e et f Guy Duplat, « Toute l'originalité du musée de LLN », LaLibre.be,
  4. a b c d e f et g Université catholique de Louvain - Muse - Musée
  5. a et b Un ancien MC, « Connaissez-vous le musée de Louvain la Neuve ? », LouvainInfo.be,
  6. a b c d e et f Roger Pierre Turine, « L'histoire du musée de Louvain-la-Neuve », LaLibre.be,
  7. Claude Lorent, « Nouvelles de l'art en Wallonie », Les Cahiers de la peinture n°94,
  8. a b c et d Guy Duplat, « Pas de nouveau musée à LLN ! », LaLibre.be,
  9. Christine Pinchart, « Le nouveau Musée de Louvain-la-Neuve verra le jour en 2014 », RTBF,
  10. a et b Le Musée de Louvain-la-Neuve sur le site Tourisme Ottignies-Louvain-la-Neuve
  11. a b et c Guy Duplat, « Bienvenue au Musée L, futur plus grand musée universitaire de Belgique », LaLibre.be,
  12. a b et c Guy Duplat, « Futur musée de LLN : dans la bibliothèque ! », LaLibre.be,
  13. PSS-archi.eu : Université catholique de Louvain - Bibliothèque des sciences et technologies (Bâtiment Van Helmont)
  14. Catherine Dhem, Les Cahiers de l'Urbanisme - 73 - Septembre 2009, Service public de Wallonie - Éditions Mardaga, 2009, p. 4.
  15. Faculté d'architecture La Cambre Horta, Clara n°3/2015: Penser les rencontres entre architecture et sciences humaines, Éditions Mardaga, 2015, p. 181.
  16. a b c et d « À la découverte du nouveau musée de l'UCL », Vivre Ici,
  17. a et b Bulletin communal d'Ottignies-Louvain-la-Neuve, n° 211, février-mars 2018, p. 37
  18. a b c et d Musée L
  19. a b c et d Panneau didactique exposé à l'intérieur du musée
  20. a et b Bulletin communal d'Ottignies-Louvain-la-Neuve, n° 214, août-septembre 2018, p. 36
  21. Le Musée L sur le site de l'UCL
  22. a et b Université catholique de Louvain - Muse - Laboratoire d'étude des œuvres d'art
  23. Bulletin communal d'Ottignies-Louvain-la-Neuve, no 218, avril-mai 2019, p. 36