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Murs de Benin City

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Murs de Benin City
Localisation
Pays Drapeau du Nigeria Nigeria
État État d'Edo
Coordonnées 6° 19′ 43″ nord, 5° 37′ 08″ est
Critères (ii) (d), (iii) (d), (iv) (d) et (v) (d)
Géolocalisation sur la carte : Nigeria
(Voir situation sur carte : Nigeria)
Murs de Benin City
Murs de Benin City

Les murs de Benin City étaient un ensemble architectural composé de murs et de douves, nommé Iya Benin en langue yoruba, érigé à l'époque du royaume du Bénin ; il compartimentait Benin City (anciennement Edo, dans l'actuel État d'Edo, au Nigeria) et ses environs. Il est considéré comme l'une des plus grandes constructions artificielles par sa longueur et le plus grand ouvrage en terre du monde, plus grand que son homologue, l'Eredo de Sungbo[1]. Il délimitait une emprise de 6 500 km2. La longueur combinée des murs, dont la plupart se situaient hors de la cité, était supérieure à 16 000 km[1]. Sa construction fut commencée vers et se poursuivit jusqu'au milieu du XVe siècle.

L'ensemble formait « un nid d'abeilles de terrassement linéaire définissant un territoire plutôt que des fortifications défensives. Cela suggère que Benin City aurait été à l'origine un ensemble de petites localités, chacune ayant porté allégeance au roi, mais possédant chacune des terres agricoles entourées de leurs propres murs et fossés[2]. »

Description

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Les murs étaient construits avec des fossés et des digues ; le fossé était creusé pour former une douve intérieure et la terre excavée servait à ériger le mur[3]. Les murs n'étaient pas des « remparts » mais des terrassements linéaires dont la vocation défensive n'est pas assurée[4].

Les murs de Bénin sont actuellement dans un état de dégradation avancé et risquent de se détériorer davantage en raison de l'expansion urbaine[5]. Bien que certaines sources récentes aient affirmé que l'expédition punitive britannique de 1897 ait « détruit » ou « gravement endommagé » les remparts de Bénin[6], aucune preuve historique ou archéologique ne vient étayer cette affirmation[5],[7],[8]. Une étude réalisée en 1964 a révélé que les remparts et les douves étaient encore en grande partie intacts, même si la ville avait déjà commencé à s'étendre au-delà et que certains dommages avaient été causés[9]. Cependant, depuis les années 1960, le développement urbain s'est rapidement étendu et plus de la moitié des remparts et des douves d'origine autour de la ville de Bénin ont été détruits. Parmi les causes de cette destruction, on peut citer l'extraction de terre pour la réparation des routes et la fabrication de briques, l'aplanissement des remparts ou le comblement des fossés pour gagner de l'espace pour les bâtiments, l'érosion accélérée et l'envasement des fossés dus au drainage des rues, la création de brèches dans les remparts pour faire place à des rues et l'utilisation des douves comme dépotoir pour les déchets.[5][4] Les ouvrages de terrassement ruraux répartis dans l'État d'Edo ont également souffert de la destruction et de la négligence des populations locales[10].

Les murs de Benin City furent la plus grande construction artificielle en terre de la planète[11] à l'époque pré-mécanisation : « Ils s'étendent sur 16 000 km au total, en une mosaïque de plus de 500 zones d'habitat, délimitée et interconnectées. Les murs enclosent 2 510 sq. miles (6 500 kilomètres carrés) et ont tous été creusés par le peuple Edo. En tout, ils sont quatre fois plus longs[Passage contradictoire] de la Grande Muraille de Chine et ont nécessité cent fois plus de matériaux que la grande Pyramide de Khéops. Il a fallu environ 150 millions d'heures pour les construire, et ils sont peut-être le plus grand phénomène archéologique de la planète[trad 1],[1]. »

Un capitaine portugais décrivit la cité en 1691 : « Le Grand Benin, où réside le roi, est plus grand que Lisbonne ; toutes les rues sont droites à perte de vue. Les maisons sont grandes, notamment celle du roi, laquelle est richement décorée et dotée de fines colonnes. La ville est riche et industrieuse. Elle est si bien gouvernée que le vol est inconnu et les gens vivent dans une telle sécurité qu'ils n'ont pas de portes à leurs maisons. »

L'ensemble a été inscrit, avec celui de l'Eredo de Sungbo, sur la liste indicative du patrimoine mondial de l'UNESCO en 1995[12].

Références

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Citations originales

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  1. (en) « They extend for some 160 km in all, in a mosaic of more than 500 interconnected settlement boundaries. They cover 2,510 sq. miles (6,500 square kilometres) and were all dug by the Edo people. In all, they are four times longer than the Great Wall of China, and consumed a hundred times more material than the Great Pyramid of Cheops. They took an estimated 150 million hours of digging to construct, and are perhaps the largest single archaeological phenomenon on the planet. »

Références

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  1. a et b Pearce 1999.
  2. Shillington 2013, p. 226.
  3. Connah 1967, p. 594.
  4. a et b Connah 1967, p. 596.
  5. a b et c Christian Schepers et al., « Current Condition of the Iya in Benin City, the Gates and Future Preservation Strategies », African Archaeological Review, vol. 42,‎ , p. 519–537 (DOI 10.1007/s10437-025-09630-y Accès libre, lire en ligne)
  6. Mawuna Koutonin, « Story of cities #5: Benin City, the mighty medieval capital now lost without trace », sur theguardian.com,
  7. Reginald Bacon, Benin: The City Of Blood, Arnold, London & New York, (lire en ligne)
  8. Geoffrey Rawson, « Benin Punitive Expedition Report »,
  9. Christian Schepers et al., « Current Condition of the Iya in Benin City, the Gates and Future Preservation Strategies », African Archaeological Review, vol. 42,‎ , p. 519–537 (DOI 10.1007/s10437-025-09630-y Accès libre, lire en ligne)
  10. Patrick Darling et Kokunre Agbontaen-Eghafona, The Protection of Archaeological Heritage in Times of Economic Crisis, Cambridge Scholars Publishing, , 341 p. (lire en ligne), « Conservation Management of the Benin Earthworks of Southern Nigeria: A Critical Review of Past and Present Action Plans »
  11. Darling 1998, p. 143-144.
  12. UNESCO World Heritage Centre.

Bibliographie

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  • (en) « Benin Iya / Sungbo' s Eredo », UNESCO World Heritage Centre
  • (en) Graham Connah, « New light on the Benin City walls », Journal of the Historical Society of Nigeria, vol. 3, no 4,‎ , p. 593-609 (lire en ligne)
  • (en) Patrick Darling, chap. 5 « A Legacy in Earth. Ancient Benin and Ishan, Southern Nigeria », dans Kit W. Wesler et Philip Allsworth-Jones (dirs.), Historical archaeology in Nigeria, Africa World Press, (ISBN 9780865436107 et 9780865436107, lire en ligne)
  • (en) Fred Pearce, « African Queen », New Scientist, no 2203,‎ (lire en ligne)
  • (en) « The moats & walls of Benin », The Benin Moat Foundation, (consulté le )
  • (en) « Benin, Empire: Origins and Growth of City-State », dans Kevin Shillington (éds.), Encylopedia of African History, vol. 1. A-G, Routledge, (lire en ligne)
  • (en) Mawuna Koutonin, « Story of cities #5: Benin City, the mighty medieval capital now lost without trace », The Guardian,‎ (lire en ligne, consulté le )

Articles connexes

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