Muriel Cerf

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Muriel Cerf
Nom de naissance Muriel Gisèle Jacqueline Cerf
Naissance
Paris
Décès (à 61 ans)
Anet (Eure-et-Loir)
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture français
Genres

Œuvres principales

Muriel Cerf, née le à Paris et morte le à Anet en Eure-et-Loir, est une écrivaine française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et débuts[modifier | modifier le code]

Fille de Jacques Cerf, expert-comptable qui se suicidera en 1977[1], et de Jacqueline Lefebvre, secrétaire[2], Muriel Cerf naît à Paris IXe dans une famille paternelle juive d'origine néerlandaise[3]. Elle fréquente le lycée Lamartine et est élevée par sa grand-mère « Mamita »[1].

Études et voyages[modifier | modifier le code]

Après des études à l'École du Louvre[4], elle parcourt le monde au début des années 1970 avec son amie Zita[5], en pleine période hippie, pour satisfaire sa curiosité artistique[3],[1] : Asie, Calcutta, le Népal, Bangkok, Singapour, Bali, le Brésil, Le Caire, découvrant, de passage au Maroc, la trilogie Sexus, Plexus, Nexus, d'Henry Miller.

Maîtrisant alors l'anglais et le chinois à son retour à Paris, elle continue de prendre des cours de langue, de dessin et de peinture[1]. Elle fait une école de publicité et devient stagiaire pendant trois mois au service artistique du Figaro, ce qui lui permet d'aller au théâtre ou à l'opéra pratiquement chaque soir[1]. Elle repart en voyage à New York et en Jamaïque[1].

Carrière littéraire[modifier | modifier le code]

Elle envisage dans un premier temps de devenir antiquaire mais, à vingt-deux ans, se trouve « acculée à écrire, comme si c'était la seule chose décente à faire, aussi, par rapport aux fleurs, à l'accueil des Berbères et à ce ciel du désert, la nuit, cette beauté à laquelle on doit tout, c'est-à-dire de faire de son mieux[6]. »

C'est son périple asiatique qui lui inspire son premier livre, L'Antivoyage[7]. Le manuscrit est repéré par Roger Caillois[5],[1], lecteur chez Gallimard, et aussitôt publié au Mercure de France. Salué par la critique, en 1974, comme la révélation d'une « jeune surdouée de la littérature »[8],[9], il connaît un succès immédiat[3]. André Malraux lui écrit alors : « Vous possédez un don des dieux, le talent narratif[9]. » Son second roman, intitulé Le Diable vert, suite de L'Antivoyage, est récompensé du prix Valery-Larbaud.

À trente ans, elle est renversée par une voiture qui lui brise les jambes et la contraint de cesser de voyager pour devenir sédentaire et recluse, dans son appartement parisien rue La Fayette[3],[1].

Son roman Une passion, paru en 1981, est un hommage à Belle du Seigneur d'Albert Cohen, l'un de ses maîtres[3].

Son style d'écriture est apparenté à celui de Proust, de Céline ou de Chateaubriand, inscrit dans une langue française contemporaine au souffle épique, qui puise son inspiration autour des thématiques de la séduction, de la possession et de la passion sous couvert fantasque et baroque, usant de « labyrinthes linguistiques » et d'acrobaties syntaxiques[10],[11],[12]. Les personnages récurrents de la grand-mère dévouée[1], de la mauvaise mère et de l'anorexique empruntent à sa propre biographie[3]. Outre son talent littéraire, on remarque sa beauté fragile de Madone[9],[1].

Le , elle épouse à la mairie du 18e arrondissement Stéphane Pietri, publicitaire, informaticien, auteur et compositeur, travaillant sous le pseudonyme de « RootCat ». Elle décide en 1994 de lui dicter tous ses ouvrages et sa correspondance, étant rebelle à l'écriture sur ordinateur mais passionnée par l'outil Internet comme source de recherches.

En 2006, elle publie Bertrand Cantat ou le Chant des automates, issu d'une correspondance avec le chanteur incarcéré à Vilnius à la suite de l'homicide de sa compagne, Marie Trintignant[9]. L'ouvrage, dernier paru de son vivant, cherche une explication aux coups criminels de Cantat et provoque diverses polémiques[8],[13],[14], dont une altercation avec Lio dans l'émission télévisée Tout le monde en parle du , présentée par Thierry Ardisson, où elle arrive en marchant avec difficulté, et au cours de laquelle la chanteuse lui reproche une forme « d'absolution » de Cantat[15]. Après cet affrontement, elle annule sa participation à l'émission On a tout essayé qui a lieu quelques jours plus tard, le 10 janvier 2006[14].

Muriel Cerf aura écrit 37 ans auprès de sa grand-mère « Mamita », Julia M.[1], en couvrant ses pages manuscrites de paperolles et à l'aide d'une Underwood[1], et dicté 20 ans à son mari Stéphane jusqu'à la fin de sa vie[16].

Fin de vie[modifier | modifier le code]

Elle meurt à son domicile d'Anet des suites d'un cancer, le [17], dans son lit et dans les bras de son mari, en présence de Charles Hurbier, un ami musicien de Stéphane depuis 40 ans[16]. Le procureur de la république de Chartres ordonne une autopsie dont les conclusions lèvent toute suspicion et permet la remise du corps à sa famille[18]. Elle est inhumée dans la plus stricte intimité[19].

La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, lui rend hommage en saluant son « très beau périple littéraire »[9].

Muriel Cerf a publié plus d'une trentaine de romans fournis. Brillants soleils, entrepris en 2008 et achevé quatre jours avant sa mort, est publié à titre posthume, en deux tomes, en 2016[16]. Elle laisse derrière elle de nombreux inédits (terminés mais non remis à leurs éditeurs respectifs), comme Opera Seria, la fin de la saga des Antonella[20], 350 feuillets tapuscrits corrigés à la main, Mexica (quatre volumes de 450 pages chacun) ainsi qu'un certain nombre de courts romans déjà dictés à l'ordinateur.

Décoration[modifier | modifier le code]

Œuvre[modifier | modifier le code]

Prix[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i j k et l Marie-Cécile Royen, « Muriel Cerf : sa grand-mere ou le dernier regard », sur mcerf.free.fr, Vif l'Express, (consulté le ).
  2. « Biographie Muriel Cerf Ecrivain », sur whoswho.fr (consulté le ).
  3. a b c d e et f Josyane Savigneau, « Muriel Cerf », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  4. « Je voulais être antiquaire et me spécialiser dans l'Extrême-Orient. »[réf. nécessaire]
  5. a et b Patrick Besson, « Le dernier antivoyage de Muriel Cerf », sur Le Point, (consulté le ).
  6. Sur alalettre.fr.
  7. Jacques Bofford, « Muriel Cerf, écrivaine », Enregistrement (49') du 10 novembre 1975 (interview), Les Grandes voix, sur rts.ch, (consulté le ).
  8. a et b « La romancière Muriel Cerf est morte », dans Libération le 25 mai 2012.
  9. a b c d et e « La romancière Muriel Cerf est décédée », sur L'Express, (consulté le ).
  10. RootCat, « Muriel Cerf : Effraction pt.1 - Vidéo Dailymotion », sur Dailymotion (consulté le ).
  11. « Muriel Cerf », sur Librairie Mollat Bordeaux (consulté le ).
  12. Portrait Sensible (Muriel Cerf) (Kriss sur France Inter à propos de Servantes de l'œil), (lire en ligne).
  13. Nolwenn Le Blevennec, « Huit ans après, Bertrand Cantat divise toujours le monde en deux », sur L'Obs, .
  14. a et b Isabelle Alonso, … même pas mâle ! : La révolution clandestine, Groupe Robert Laffont, (ISBN 978-2-221-12399-7, lire en ligne).
  15. « Muriel Cerf polémique avec Lio » [vidéo], sur ina.fr.
  16. a b et c Muriel Cerf, Brillants soleils - tome 2 Carnets de Londres, L'Archipel, (ISBN 978-2-35905-201-5, lire en ligne), Préface.
  17. « Mort de la romancière Muriel Cerf » sur le site du Point, le 25 mai 2012.
  18. Centre France, « Muriel Cerf s'est éteinte naturellement », sur lechorepublicain.fr, (consulté le ).
  19. « Mort de la romancière Muriel Cerf à l’âge de 61 ans », sur estrepublicain.fr, (consulté le ).
  20. Cf. Une pâle beauté.
  21. « Nomination ou promotion dans l'ordre des Arts et des Lettres janvier 2005 », sur culture.gouv.fr (consulté le ).
  22. « Muriel Cerf : Le diable vert », sur mcerf.free.fr (consulté le ).
  23. « Muriel Cerf : Une vie sans secret », sur mcerf.free.fr (consulté le ).

Liens externes[modifier | modifier le code]