Munir Saïd Thalib

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Munir Saïd Thalib
Munir Said Thalib and Friends.jpg

Munir Saïd Thalib (au premier rang en chemise verte) en 2004.

Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 38 ans)
AmsterdamVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
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Prix du courage civique (en)
Prix Nobel alternatif ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Munir Said Thalib (8 décembre 1965 - 7 septembre 2004), que selon l'usage indonésien, on appelle par son premier nom, « Munir », est l'un des militants les plus célèbres, des droits de l'homme et anti-corruption, en Indonésie. Fondateur de l'organisation de droits de l'homme Kontras et lauréat de Right Livelihood Award, Munir a été assassiné en 2004, dans l'avion de la compagnie nationale Garuda Indonesia à destination d'Amsterdam, pour se rendre à l'Université d'Utrecht et y poursuivre une maîtrise en droit international et en droits de l'homme[1].

Une carrière d'activiste politique[modifier | modifier le code]

Formé au droit à l'Université Brawijaya de Malang, Java oriental, Munir a commencé sa carrière en 1989 comme officier d'aide judiciaire, à Surabaya.

Bientôt Munir était devenu un important défenseur des droits de l'homme en Indonésie et s'est régulièrement élevé, pour protester et pour défendre la justice face aux intimidations, y compris face aux menaces de mort.

Il était un critique particulièrement sévère envers les militaires indonésiens, les accusant de nombreuses violations de droits de l'homme au Timor oriental ainsi qu'en Nouvelle-Guinée occidentale et à Aceh. L'activiste de 38 ans les a aussi accusés de diriger un réseau criminel, impliqué dans l'exploitation illégale des arbres et la contrebande de drogues.

Assassinat et conséquence[modifier | modifier le code]

Munir a été empoisonné avec de l'arsenic, pendant son vol de Jakarta vers Amsterdam, le 7 septembre 2004. Il voyageait sur un vol de la compagnie aérienne nationale Garuda Indonesia.

Selon les conclusions de l'autopsie du corps de Munir et l'audition des témoins lors du procès, il était décédé deux heures avant l'arrivée à l'aéroport de Schiphol, à Amsterdam. Il avait pris l'arsenic, pendant son transit à Singapour, ou peu de temps avant ou après ce transit. À Singapour, Pollycarpus Priyanto, le principal suspect au procès du meurtre de Munir, a quitté le vol et est ensuite retourné en Indonésie. À l'origine, il est parti d'Indonésie avec un titre de transport sans réservation, avec l'aide d'un document falsifié, ce qui lui a permis de voler sur un autre vol, qui n'était pas son vol régulier. Munir a été pris de diarrhée aiguë et de vomissements peu de temps après son décollage de Singapour pour Amsterdam. L'équipage a immédiatement annoncé aux pilotes qu'un passager était dans un état tel qu'il a été forcé d'aller aux toilettes à plusieurs reprises[2]. Munir a été traité par un docteur à bord de l'avion, mais il a été déclaré décédé, peu de temps avant que l'avion se pose à l'aéroport Schiphol à Amsterdam.

Enquête et procédures judiciaires[modifier | modifier le code]

Quand les résultats de l'autopsie ont été connus deux mois plus tard, le 12 novembre, (fournis par l'Institut Légal des Pays-Bas) ceux-ci ont révélé que le corps de Munir contenait une dose d'arsenic presque trois fois supérieure à celle susceptible de tuer une personne. Ce résultat a été confirmé ultérieurement par la police indonésienne.

Trois suspects : Pollycarpus Priyanto, un ancien pilote qui prétend avoir cédé sa place, en classe d'affaires, à Munir pendant le vol et deux hôtesses de l'air. Il a été avancé qu'il (Priyanto) a placé l'arsenic dans le jus d'orange de Munir, sur des ordres du directeur de Garuda, à l'époque, Indra Setiawan.

Le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono avait promis que les tueurs de Munir seraient déférés en justice.

Le 20 décembre 2005 Pollycarpus Priyanto a été reconnu coupable du meurtre de Munir par une cour indonésienne et condamné à une peine d'emprisonnement de quatorze années. Les partisans de Munir prétendent que Priyanto agissait sur des ordres, fait qui n'a pas été révélé pendant le procès.

Puis début octobre 2006, la Cour suprême a annulé la condamnation contre Pollycarpus Priyanto, affirmant que les preuves étaient insuffisantes[1]. Il sera libéré le 26 décembre 2006. Finalement condamné à 20 ans de réclusion pour assassinat avec préméditation et incarcéré à la prison de Sukamiskin à Bandung, il a bénéficié, à l'occasion de la fête nationale 2008, d'une remise de peine de 3 mois[3] puis à nouveau de 7 mois et dix jours, pour bonne conduite à l'occasion du 65e anniversaire de l'indépendance, le 17 aout 2010[4]. Indra Setiawan, lui a été condamné à une peine d'un an d'incarcération et a été libéré, à l'issue de l'exécution de celle-ci, le 14 avril 2008[5]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) « Munir murder conviction quashed », BBC News, (consulté le 4 février 2008)
  2. (en) Tiarma Siboro, Muninggar Sri Saraswati, « Rights campaigner Munir dies on plane », The Jakarta Post, (consulté le 4 février 2008)
  3. (id) « Puteh dan Poly Dapat Remisi », sur Pikiran Rakyat, (consulté le 6 octobre 2008)
  4. (id) « Remisi Pollycarpus dinilai usik keadilan », sur Koran Tempo, (consulté le 18 aout 2010), A2
  5. (id) « Penahanan Indra Setiawan Berakhir Hari Ini », sur Tempointeraktif, (consulté le 10 octobre 2008)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Ada hal penting di percakapan Pollycarpus », KOMPAS,‎
    p.4

Autres sources[modifier | modifier le code]

Sites étrangers[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Munir Said Thalib » (voir la liste des auteurs).