Munich (film)

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Munich
Réalisation Steven Spielberg
Scénario Tony Kushner
Eric Roth
Acteurs principaux
Sociétés de production DreamWorks SKG
Amblin Entertainment
Universal Pictures
The Kennedy/Marshall Company
Barry Mendel Productions
Alliance Atlantis Communications
Peninsula Films
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau du Canada Canada
Drapeau de la France France
Genre Thriller politique
Durée 164 minutes
Sortie 2005

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Munich est un thriller politique américano-canado-français réalisé par Steven Spielberg, sorti en 2005.

Le scénario, écrit par Tony Kushner et Eric Roth, s'inspire du drame des Jeux olympiques d'été de 1972 à Munich, où des Palestiniens membres du groupe Septembre noir prirent en otages et tuèrent des athlètes de la délégation israélienne. Il décrit l'« opération Colère de Dieu », à travers l'histoire d'un agent issu du Mossad chargé de traquer les responsables et de les éliminer.

Synopsis[modifier | modifier le code]

À la suite de la prise d'otages de Munich organisée par Septembre noir, le gouvernement israélien décide d'exécuter plusieurs responsables palestiniens liés à cet attentat.

Avner, ancien garde du corps de Golda Meir et agent du Mossad, est chargé de constituer une équipe fonctionnant de manière autonome (Avner sera ainsi obligé de démissionner officiellement du Mossad, pour ne pas impliquer ce dernier). Ainsi, il sera chargé avec les quatre hommes qui composent son équipe d'assassiner plusieurs responsables palestiniens à travers l'EuropeRome, Paris, Chypre ou encore Londres), mais aussi au Liban. Au fur et à mesure de leur équipée, ils se rendent compte que les terroristes qu'ils abattent sont remplacés par de plus dangereux encore.

Chasseurs, ils craignent d'être eux-mêmes traqués et la méfiance se transforme en psychose. Petit à petit, Avner et certains membres de son équipe se demandent si un État démocratique tel qu'Israël a le droit d'exécuter des hommes alors qu'il interdit la peine de mort, et, surtout, de procéder à ces exécutions en dehors de tout cadre juridique.

Deux membres de l'équipe sur cinq meurent assassinés, un autre meurt probablement dans un accident. Ils assassinent notamment Abdel Wael Zwaiter dans son immeuble à Rome, Mahmoud Hamchari dans son appartement à Paris, Hussein al Bachir dans une chambre d'hotel à Nicosie. Ils tentent de tuer Ali Hassan Salameh mais échouent.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Drapeau des États-Unis États-Unis :
Drapeau de la France France :
  • États-Unis : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs.
  • Canada : les mineurs de moins de 17 ans doivent être accompagnés d'un adulte.

Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Genèse et développement[modifier | modifier le code]

Le film s'inspire de Vengeance: The True Story of an Israeli Counter-Terrorist Team (en), un livre controversé du journaliste canadien George Jonas qui décrit les évènements qu'aurait vécu l'agent du Mossad Juval Aviv, rebaptisé Avner dans le livre et le film[2]. Compte tenu du manque d'informations fiables en raison du secret qui entoure l'opération, le scénario s'inspire des évènements réels, tout en romançant certaines parties. Le livre avait été adapté une première fois en 1986 dans L'Épée de Gédéon, un téléfilm de Michael Anderson avec Michael York.

Un des scénaristes, Tony Kushner, considère Munich comme une fiction historique :

« Cette histoire est bourrée de paradoxes et de contradictions. Du fait qu'elle a trait à une opération secrète, nous ne disposons d'aucune information totalement fiable et nous n'en aurons sans doute jamais. Nous nous sommes donc octroyé le droit d'inventer et d'aborder nos personnages sous un angle plus humain. Il me semble que nous donnons ici un exemple très scrupuleux de “fiction historique”[2]. »

— Tony Kushner

Les évènements relatés dans le film avaient profondément marqué l'équipe du film. Le producteur Barry Mendel raconte : « Je me souviens avoir vu Mark Spitz remporter une série de victoires et puis, soudain, le lendemain, voilà que Jim McKay nous annonçait cette tragédie. Toute ma famille s'est figée devant la télé, nous avons passé la journée à suivre en direct le déroulement des événements. Je savais dès cet instant que le monde ne les oublierait jamais »[2]. La productrice Kathleen Kennedy suggère alors de confier la réalisation à Steven Spielberg, lui aussi très marqué par les évènements : « Je sais encore à quel endroit exact de la maison je me trouvais, et je me souviens de l'émission sportive que je regardais lorsque le drame fut annoncé. Il me laissa une impression inoubliable, qui gagna encore en intensité lorsque je vis, des années plus tard, le documentaire Un jour en septembre »[2].

Le réalisateur développe ensuite avec précaution le projet. Il demande conseil à Dennis Ross, spécialiste du conflit israélo-palestinien et ancien négociateur au Proche-Orient sous la présidence de Bill Clinton. Steven Spielberg se réfère aussi à l'ancien Président des États-Unis puis au responsables des relations publiques de Hollywood[2].

Le film a fait le choix d'omettre l'assassinat par erreur d'Ahmed Bouchiki, frère du fondateur des Gypsy King, Chico Bouchikhi, à Lillehammer en Norvège le 21 juillet 1973 ainsi que l'arrestation des membres du Mossad qui s'en est suivie.

Distribution des rôles[modifier | modifier le code]

« Munich contient plus de rôles parlants que tous mes films précédents. Cette abondance, dans le cadre d'une histoire se déroulant à plusieurs niveaux, dans divers pays et sur plusieurs années, m'obligeait à rendre le moindre de ces personnages aussi intéressant que les cinq protagonistes du drame[2]. »

Steven Spielberg

Pour composer les cinq « exécuteurs », Steven Spielberg a fait appel à cinq comédiens d'horizons très différents. Il explique : « Il me semblait important qu'ils aient non seulement des physiques distincts mais des styles d'interprétation et des accents différents, des personnalités très marquées ». L'Australien Eric Bana incarne le meneur Avner, le Britannique Daniel Craig est le Sud-Africain Steve, le Français Mathieu Kassovitz est le Belge Robert. On retrouve également l'Allemand Hanns Zischler ou l'Irlandais Ciarán Hinds[2].

Outre Mathieu Kassovitz, la distribution compte plusieurs actrices et acteurs français : Yvan Attal, Michael Lonsdale, Mathieu Amalric, Valeria Bruni Tedeschi, Stéphane Freiss, Amélia Jacob, Mostéfa Djadjam, Laurence Février, Karim Saleh, Mehdi Nebbou et Souad Amidou.

Ben Kingsley, qui avait tourné avec Steven Spielberg dans La Liste de Schindler (1993), devait initialement tenir un rôle dans Munich mais il était occupé par un autre projet[2].

Tournage[modifier | modifier le code]

Le tournage devait initialement débuter à l'été 2003. Il est annulé quelques semaines seulement avant. Steven Spielberg reprend alors son projet La Guerre des mondes avec Tom Cruise dont Mission impossible 3 avait aussi été repoussé[2].

Bien que l'histoire se déroule dans plusieurs pays d'Europe et du Moyen-Orient, le tournage de Munich a eu lieu essentiellement en Hongrie, à Malte et en France. Près 120 décors ont été créés. Plusieurs villes d'Europe du Nord ont été recréées à Budapest. Le chef décorateur Rick Carter raconte : « Le boulevard Andrassy, qui part de l'opéra de Budapest, m'a offert la meilleure réplique possible de Paris. Et le plus beau, c'est que celle-ci se situait... à une centaine de mètres du meilleur des décors romains ! ». L'île de Malte a quant à elle servi pour simuler des pays d'Europe du Sud (Italie, Espagne, Grèce) et du Proche-Orient (Chypre, Liban, Palestine, Israël)[2].

Steven Spielberg ayant reçu plusieurs menaces de mort durant la préparation du film, lui et certains de ses collaborateurs ont même été protégés par plusieurs gardes du corps sur le plateau[2].

Musique[modifier | modifier le code]

Munich
Original Motion Picture Soundtrack
Bande originale de John Williams
Sortie
Enregistré 2005
Sony Pictures Studios
Durée 62:37
Genre musique de film
Label Decca Records
Critique

La musique du film est composée par John Williams, très fidèle collaborateur de Steven Spielberg. Pour son travail, John Williams est notamment nommé pour l'Oscar de la meilleure musique de film.

Liste des titres
  1. Munich, 1972 – 2:37
  2. The Attack at Olympic Village – 3:00
  3. Hatikva (The Hope) – 2:02
  4. Remembering Munich – 4:38
  5. Letter Bombs – 2:48
  6. A Prayer for Peace – 3:51
  7. Bearing the Burden – 8:11
  8. Avner and Daphna – 4:02
  9. The Tarmac at Munich – 3:59
  10. Avner's Theme – 3:07
  11. Stalking Carl – 4:24
  12. Bonding – 1:57
  13. Encounter in London and Bomb Malfunctions – 3:37
  14. Discovering Hans – 2:47
  15. The Raid in Tarifa – 2:03
  16. Thoughts of Home – 4:03
  17. Hiding the Family – 1:25
  18. End Credits – 4:06

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Sortie[modifier | modifier le code]

Critique[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis, le film obtient 78% d'opinions favorables pour 202 avis recensés par l'agrégateur Rotten Tomatoes[5]. Sur Metacritic, il obtient une note moyenne de 74/100, pour 39 critiques[6]. En France,

Le film a été critiqué par les deux parties en présence : Abou Daoud, le chef du commando palestinien, et Zvi Zamir, le chef du Mossad, se sont plaints de ne pas avoir été consultés[7]. Toujours du côté israélien, Ehud Danoch, le consul général à Los Angeles, a reproché au film de mettre sur un pied d'égalité les tueurs du Mossad et les terroristes palestiniens. Il a déclaré lors d'un entretien radiophonique sur une radio israélienne : « Cette production est superficielle, prétentieuse et problématique, car elle place sur le même plan le Mossad et les terroristes palestiniens, ce qui est moralement incorrect. Du point de vue du cinéma hollywoodien, ce film sera probablement classé comme un bon film, mais en ce qui concerne le message qu'il véhicule, il pose problème. »[2]. Ces propos ont été soutenus par Gideon Meir, un haut responsable du ministère des Affaires étrangères israélien.

Box-office[modifier | modifier le code]

Pays ou région Box-office Date d'arrêt du box-office Nombre de semaines
Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau du Canada Canada
47 403 685 $[8] [9] 14[9]
Drapeau de la France France 1 039 340 entrées[10] - -
Alt=Image de la Terre Mondial 130 358 911 $[8] - -

Références[modifier | modifier le code]

  1. Dates de sortie sur IMDb.
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l « Secrets de tournage », sur Allociné, (consulté le 13 juin 2016).
  3. (en) « John Williams - Munich (Original Motion Picture Soundtrack) », sur AllMusic (consulté le 13 juin 2016)
  4. (en) Distinctions sur IMDb.
  5. « Munich (2005) », sur Rotten Tomatoes (consulté le 13 juin 2016).
  6. « Munich (2005) », sur Metacritic (consulté le 13 juin 2016).
  7. Georges Malbrunot, Interview d'Abou Daoud à propos du film, Le Figaro,25 janvier 2006.
  8. a et b (en) « ' », sur Box Office Mojo (consulté le 13 juin 2016)
  9. a et b (en) « Munich - weekly », sur Box Office Mojo (consulté le 13 juin 2016)
  10. « Munich », sur JP box-office.com (consulté le 13 juin 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]