Mundiya Kepanga

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Mundiya Kepanga
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Biographie
Nationalité
Activité
Chef de tribuVoir et modifier les données sur Wikidata

Mundiya Kepanga est un chef papou originaire de la région de Tari dans la région des Hautes Terres de Papouasie-Nouvelle-Guinée[1].

Originaire d’une société tribale traditionnelle, il pose un regard singulier sur la société occidentale qu’il a explorée au cours de ses nombreux voyages à travers l’Europe[2] et l’Amérique du Nord[3].

Il intervient régulièrement en milieu scolaire[4], à l'invitation de musées[5], de scientifiques[6] et à l’occasion de rencontres consacrées aux peuples autochtones[7]. Au cours de ses conférences, il s’applique à mieux faire connaître la culture de son peuple mais invite également à réfléchir sur le regard que nous portons sur les peuples autochtones et sur nous-mêmes.

Parmi ses nombreuses actions en faveur du dialogue entre les cultures, il a notamment remis un ensemble complet des parures de sa tribu aux collections du Muséum d’Histoire Naturelle de Rouen[8] ainsi qu'au Musée de l'Homme[9]. Mettant également en œuvre des projets concrets de sauvegarde de la planète, il est à l’origine de programmes d’éco-développement comme la création d’une chambre d’hôte traditionnelle, ressource essentielle pour son village[10].

Au cours des quinze dernières années, Mundiya Kepanga a été le personnage principal de plusieurs livres et films dont le documentaire L’Exploration Inversée (Production Bonne Pioche)[11] diffusé par Canal+ et National Geographic dans plus d’une vingtaine de pays. Il a également collaboré à la rédaction de plusieurs articles scientifiques notamment en collaboration avec Philippe Charlier, Yves Coppens et Jean Malaurie où il partage sa vision de la santé, de la nature et de l’environnement[12].

Invité à participer en tant que chef traditionnel à plusieurs rencontres organisées à l’occasion de la conférence sur les changements climatiques COP21, il participe notamment à la conférence organisée au Musée de l'Homme Peuples autochtones face aux changements climatiques[13] aux côtés de Nicolas Hulot, Gilles Bœuf et Raoni Metuktire.

Aujourd’hui, il est à la fois un observateur du monde moderne qu'il aime commenter de façon personnelle et une voix des peuples autochtones.

Biographie[modifier | modifier le code]

Traditionnellement nommé Ukuma Mundiya Kepanga, Mundiya est né au milieu des années 1960 au cœur des Hautes Terres de Papouasie-Nouvelle-Guinée dans une petite case construite spécialement pour sa naissance à Anda Mini, un lieu-dit situé dans la région de Telabo. Appartenant au clan Telabo Angi Puria, il fait partie de la tribu des Hulis dont les membres se concentrent autour de la région de Tari située au centre de la province de Hela. Menant une existence simple et traditionnelle, il vit de la culture des patates douces et de l’élevage des cochons. Adolescent, il fait pousser ses cheveux pour obtenir une manda, une perruque rituelle liée à la période d’initiation des jeunes hulis. Depuis, il cultive l’art des parures et des plumes et fait partie du groupe de sing-sing, le groupe de danse traditionnelle de sa communauté.

Après une rencontre en septembre 2001 avec le photographe français Marc Dozier spécialiste de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, Mundiya devient le guide du reporter et l’accompagne durant plusieurs semaines afin de l’aider à réaliser un reportage sur sa tribu. Cette rencontre donnera lieu à la réalisation du reportage Dans la maison des hommes publié par le magazine Grands Reportages[14].

Touché par l’amitié et la générosité de Mundiya, Marc Dozier aidé par l’agent de voyage français Philippe Gigliotti, décide de l’inviter à venir découvrir l’Hexagone en 2003, accompagné par son cousin Polobi Palia. L’invitation amicale prend vite une dimension inattendue et l'enthousiasme soulevé par leur présence et la pertinence de leurs observations ont donné lieu à la publication du livre Le long-long voyage aux éditions Dakota[15].

Fin 2006 - début 2007, Mundiya et son cousin Polobi sont réinvités en France mais ce nouveau voyage donne naissance à la réalisation du documentaire de 100 minutes intitulé L’Exploration Inversée (Un film de Jean-Marie Barrère et Marc Dozier – Production Bonne Pioche)[11]. Au cours du film, Mundiya et son cousin Polobi explorent l’Hexagone et commentent les us et coutumes des Français à la façon des Lettres persanes de Montesquieu. Diffusé pour la première fois sur Canal+ le , le film qui rencontre un certain succès sera ensuite repris sur de nombreuses chaînes françaises et internationales.

De 2008 à 2015, Mundiya revient en Europe à plusieurs reprises et donne de nombreuses conférences en France, en Belgique, en Suisse, au Luxembourg, aux États-Unis… À l’occasion de ces rencontres, il invite à jeter un nouveau regard sur les peuples du monde dans un esprit de tolérance et de respect[16].

En 2012, avec l’aide de son ami français Marc Dozier qui traduit et adapte ses propos, Mundiya publie sa biographie Au pays des hommes blancs, les mémoires d'un Papou en Occident (Édition Niugini)[17], qui dévoile sa conception pleine d'humour et de philosophie du monde occidental. Le début de l’ouvrage est très révélateur du style direct et du renversement de point de vue opéré par Mundiya : « C’est vous, les Blancs, qui avez inventé les livres… Moi, je ne sais ni lire, ni écrire mais j’ai beaucoup de choses à raconter sur votre drôle de tribu ! »[16].
Cette même année, après avoir appris la restitution d’un crâne maori aux communautés autochtones de Nouvelle-Zélande par Sébastien Minchin, le directeur du Muséum d’histoire naturelle de Rouen[18], Mundiya Kepanga décide d’offrir un ensemble complet des parures de sa tribu aux collections du musée[8]. Au cours de la cérémonie officielle de donation, le , il déclare : « Je suis très fier de remettre mes parures entre vos mains. Je sais que vous en prendrez soin. Plus tard, lorsque je serais mort, vos enfants et les enfants de vos enfants pourront encore les admirer et comprendre leur sens pour ma tribu. C’est un pont que nous construisons entre nos deux mondes. »[16]. Nommé Djeri en langue Huli, l’ensemble est actuellement exposé au troisième étage du Muséum d’histoire naturelle de Rouen dans une vitrine qui lui est spécialement réservée et ouvre la section Océanie.

Dans le cadre de la Conférence de Paris de 2015 sur les changements climatiques (COP21) et en tant que chef traditionnel, Mundiya Kepanga est invité à participer à plusieurs conférences. Il participe notamment, le 25 novembre 2015, aux côtés de Nicolas Hulot, Gilles Bœuf et du cacique Raoni Metuktire, à la conférence Peuples autochtones face aux changements climatiques organisée au Muséum national d'histoire naturelle de Paris[19]. Il y exprime sa vision du dérèglement climatique et son impact sur sa communauté.
Le samedi 5 décembre, Mundiya Kepanga témoigne également des changements climatiques devant les chefs d’Etats à l’auditorium de l’Unesco dans le cadre des Universités de la Terre[20], lors de la conférence Comment apprendre de l'Autre ?, rassemblant alors plus d’une centaine de personnalités parmi lesquelles Jacques Attali, Isabelle Autissier, Jean-Louis Etienne, Nicolas Hulot, Corinne Lepage, Bertrand Piccard, Raoni Metuktire et Reza Deghati[21].

Le , alors qu'il entreprend une croisade à travers le monde pour lutter contre la déforestation et sensibiliser la population moderne, Mundiya Kepanga remet ses parures au musée de l’Homme à Paris, dans le but de favoriser le dialogue entre les cultures[22],[23].

Déjà venu dans l'Aisne en novembre 2017, il revient dans l’académie d’Amiens en mars 2020 afin d'échanger avec des collégiens et lycéens[24],[25].

Orthographe de son nom[modifier | modifier le code]

La langue Huli n’étant pas une langue écrite, l’orthographe du nom de Mundiya n’est pas clairement établie. On trouve plusieurs variantes : Mudeya, Mundeya, Mundiya… L’orthographe la plus couramment retenue est celle qui figure sur son passeport : Mundiya Kepanga.

Bibliographie – Principaux livres et articles[modifier | modifier le code]

  • Contribution of indigenous peoples to the definition of health on the occasion of the COP 21, co-auteur avec Philippe Charlier, Yves Coppens, Jean Malaurie, Brun, Hoang-Opermann, Hassin, Hervé, Paris, 2015.
  • Autopsie de l'Art premier, Préface du livre du paléopathologiste Philippe Charlier, Éditions du Rocher, Paris 2012.
  • La fabuleuse tribu des Papous, Éditions Plume de carotte, 80 pages, 2021.
  • L'étrange tribu des Français, Éditions Plume de carotte, 80 pages, 2021.
  • Au pays des Hommes blancs, Éditions Niugini, 320 pages, troisième édition, 2019.
  • La Tribu des Américains, Éditions Niugini, 320 pages, 2017.
  • Au pays des Hommes blancs, Éditions Niugini, 256 pages, deuxième édition, 2016.
  • Le cabaret du bout du monde, le Lido chez les Papous, Éditions Niugini, 164 pages, 2013.
  • Au pays des Hommes blancs, Éditions Niugini, 184 pages, 2012.
  • La tribu des Français vue par des Papous, Dakota éditions, 288 pages, 2009.
  • L’Exploration inversée, magazine Grands Reportages, 14 pages, no 312, .
  • Le long – long voyage, Dakota éditions, 200 pages, 2006.
  • Dans la maison des hommes, magazine Grands Reportages, no 240, 14 pages, 2002.

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Frères des arbres, production Lato Sensu, 85 minutes, un film de Marc Dozier et Luc Marescot (2017).
  • Un Papou à Binche, production Niugini, 7 minutes, un film de Marc Dozier.
  • Danse avec les Papous, production One Planet, 52 minutes, un film de Jean-Marie Barrère et Marc Dozier.
  • L’Exploration inversée, production Bonne Pioche, 104 minutes, un film de Jean-Marie Barrère et Marc Dozier.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nouvel Observateur article
  2. Article du Monde [1]
  3. Article du New York Daily News [2]
  4. Article du Dauphiné Libéré sur une rencontre à Annonay [3]
  5. Site du Muséum d’Histoire Naturelle de Rouen [4]
  6. Site de l’Université de Versailles [5]
  7. Site Indigenous2015 du Muséum d’Histoire Naturelle de Paris[6]
  8. a et b Délibération 8-6 du Vendredi 6 juillet 2012 - ville de Rouen[7]
  9. Site Musée de l'Homme [8]
  10. Article de Trek Magazine consacré à la chambre d’hôte [9]
  11. a et b Le site de Bonne Pioche Production [10]
  12. Contribution of indigenous peoples to the definition of health on the occasion of the COP 21, co-auteur avec Philippe Charlier, Yves Coppens, Jean Malaurie, Brun, Hoang-Opermann, Hassin, Hervé, Paris, 2015. Autopsie de l'Art premier, Préface du livre du paléopathologiste Philippe Charlier, Éditions du Rocher, Paris 2012.
  13. Site Indigenous2015 du Muséum d’Histoire Naturelle [11]
  14. Magazine Grands Reportages, no 240, janvier 2002
  15. Le long-long voyage, Dakota édition, 195 pages, 2007, (ISBN 2846401918) [12]
  16. a b et c « FAIT DU JOUR Événement : Mundiya Kepanga, un Papou dans la ville ! – Objectif Gard » (consulté le )
  17. Au Pays des hommes blancs, édition Niugini, 188 pages, 2012, (ISBN 978-2953887327).
  18. Affaire des têtes maories Affaire des têtes maories
  19. Présentation par le Musée d’histoire naturelle de Paris [13]
  20. Site de l’Université de la Terre [14]
  21. « La Rochelle accueille le chef Papou Mundiya Kepanga », sur France 3 Nouvelle-Aquitaine (consulté le )
  22. Eric JONNEAU, « Un chef papou en visite dans les lycées et collèges de l’Aisne du 12 au 16 mars », sur L'Aisne nouvelle, (consulté le )
  23. « Une parure du chef papou Mundiya Kepanga offerte au Musée de l'Homme », sur Franceinfo, (consulté le )
  24. « [VIDEO] Narbonne : les élèves de George[sic]-Brassens sensibilisés à l'écologie par un chef papou », sur lindependant.fr (consulté le )
  25. Jerome HEMARD, « Le chef papou Mundiya Kepanga de Nouvelle-Guinée est venu parler environnement au lycée Condorcet de Saint-Quentin et au collège Anne-Frank d’Harly », sur L'Aisne nouvelle, (consulté le )

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]