Mujina

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Mujina extrait du Wakan Sansai Zue

Mujina (?) est un ancien mot japonais qui désigne d'abord le blaireau japonais. Dans quelques régions, le terme renvoie plutôt au chien viverrin (aussi appelé tanuki) ou pour désigner les civets. Pour ajouter à la confusion, dans certaines régions les animaux semblables au blaireau sont également connus sous le nom Mami et dans une partie de la préfecture de Tochigi, les blaireaux sont appelés tanuki et les chiens viverrins mujina.

Dans la réalité[modifier | modifier le code]

La confusion sur le terme mujina a conduit à des conséquences juridiques au Japon. En 1924 dans la préfecture de Tochigi, un chasseur a tué un tanuki qu'il croyait être appelé mujina. Il croyait que les blaireaux étaient une espèce protégée car on les appelait tanuki dans la préfecture de Tochigi. Cependant, la loi interdisant la chasse aux tanuki faisait référence aux chiens viverrins car ceux-ci sont appelés tanuki à Tokyo. La Cour suprême du Japon a jugé que le chasseur était légitimement confus et il a été jugé non coupable[réf. nécessaire].

Dans le folklore[modifier | modifier le code]

Dans le folklore japonais, de même que le kitsune et le tanuki, les mujina sont fréquemment représentés comme des yōkai qui se métamorphosent et trompent les humains. Ils apparaissent pour la première fois dans la littérature japonaise dans le Nihon Shoki, dans la partie consacrée à la 35e année du règne de l'impératrice Suiko (627) où il est dit : « en deux mois du printemps, il y a eu des mujina dans le pays de Mutsu (春2月、陸奥国に狢有り), ils se transforment en êtres humains et entonnent des chansons (人となりて歌う) », ce qui montre qu'à cette époque, il y avait l'idée générale que le mujina change de forme et trompe les humains[1]. Dans la région de Shimōsa, ils sont appelés kabukiri-kozō (かぶきり小僧?) et peuvent se métamorphoser en kozō (petit moine) portant un kimono étrangement court avec une tête portant un bob semblable à un kappa et apparaissent souvent de nuit sur les routes peu fréquentées et disent : « buvez de l'eau », « buvez du thé » (水飲め、茶を飲め?)[2]. Le recueil de nouvelles de kaidan de Lafcadio Hearn intitulé Mujina[3] sur la rencontre avec un fantôme sans visage (un noppera-bō) est également bien connu.

Autres emplois[modifier | modifier le code]

Le nom peut également faire références à :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. 笹間良彦, 図説・日本未確認生物事典, 柏書房,‎ , 120頁 p. (ISBN 978-4-7601-1299-9)
  2. 小川景, 妖怪其他, vol. 第5巻, 民間伝承の会,‎ , 9 p., chap. 第2号
  3. Monsters You Never Heard Of!: THE MUJINA de Michael D. Winkle, consulté le 8 octobre 2015

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • M. W. de Visser, The Fox and the Badger in Japanese Folklore, vol. 36, , pp. 1–159 p. (lire en ligne)
  • U. A. Casal, The Goblin Fox and Badger and Other Witch Animals of Japan, vol. 18, , pp. 1–93 p. (DOI 10.2307/1177429, JSTOR 1177429)
  • Lafcadio Hearn et Oliver Wendell Holmes, Kwaidan: Stories and Studies of Strange Things, Houghton, Mifflin and company, , 77–80 p. (lire en ligne)

Source de la traduction[modifier | modifier le code]